Cette affiche
du film « Les infidèles » a été retirée pour « dégradation de l’image de la femme » et remplacée par une autre moins « choquante » (ce qui constitue une excellente
publicité pour le film). Cette affiche, qui se voulait drôle sur le mode grivois en illustrant l’expression « une partie de jambes en l’air » et dont on peut discuter du bon goût, n’a
rien de pornographique. Elle suggère l’acte sexuel sans le montrer et elle est aussi dévalorisante pour l’homme (que l’on voit et qui ne semble pas avoir le beau rôle dans le film) que pour la
femme (supposée, car on ne voit que des jambes, d’ailleurs fort jolies).
La France devient-elle pudibonde ? Curieusement aux USA, les médias, pourtant plus
sévères sur les représentations sexuelles dans l’espace public et plutôt féministes, n’ont aucunement tiqué sur cette affiche (il est vrai qu’ils ont un faible pour Dujardin) et s’étonnent
que les Français aient pu s’en offusquer.
Il me semble qu’au siècle dernier les gens jouissaient d’une plus grande liberté
qu’aujourd’hui : liberté de parole, liberté des images, moins d’interdits (dans tous les domaines), les pièces de théâtre un peu transgressives soulevaient moins de scandales. Les
religieux s’occupaient de leur religion, les associations étaient faites pour aider les autres, alors que de nos jours nombre d’entre elles n’ont
comme seul but que l’exercice d’une police de la pensée, imposant un politiquement correct souvent à sens unique, et obligeant chacun à surveiller ses paroles de peur de soulever un scandale
et d’être traîné en justice. La liberté, sous surveillance pointilleuse, susceptible et sans humour, s’affiche de moins en moins hors du prêt-à-penser.