Robert Campin « La trinité affligée (le trône de Dieu) »
MELODRAME DIVIN
Dieu sur Son trône Se tient Lui-même dans Ses bras,
Sa part souffrante comme un pantin inerte
Que le montreur abandonne à sa perte.
Un Dieu éternel peut-Il souffrir et mourir ici-bas ?
Si la mort de l’homme est le châtiment de la vie,
Elle fait partie de la perfection du Seigneur,
Capable de vivre l’agonie et de mourir en acteur
Pour Se relever à la fin et être applaudi.
Le Père sur Son trône semble affligé.
Mais pourquoi en voudrait-Il aux humains ?
Ne s’est-Il pas envoyé sur terre pour être tué ?
Les acteurs ont suivi le script de Son dessein.
Pourquoi culpabiliser les hommes ?
Sans supplice le message serait tombé à plat,
Sans Golgotha pas de Rome,
Pas de Christianisme sans croix.
La Bonne Nouvelle a pu se répandre
Une fois le sang du supplice versé
Et le Héros revenu de Ses cendres.
Le mélodrame divin s’est bien terminé.
Paul Obraska