Alors que l’économie européenne est en train de se déglinguer sous nos yeux dans une crise qui touche une bonne partie du monde, l’industrie du luxe ne s’est jamais aussi bien portée. Le poids du marché du luxe dans l’économie mondiale est d’un peu plus de 1000 milliards d’euros cette année et 1200 milliards sont attendus en 2014. L’Europe en profite largement (près de 2 millions d’emplois) et en particulier la France et l’Italie. Les griffes européennes dominent le marché mondial avec une production de 440 milliards d’euros (3% du PIB), ce qui rapporte aux Etats environ 110 milliards de taxes.
Les Chinois, Indiens, Russes, Brésiliens et les ressortissants des Etats pétroliers du Moyen-Orient sont très demandeurs des grandes marques européennes comme Louis Vuitton, Hermès, Prada ou Gucci. Elles attirent les touristes qui se pressent dans les grands magasins parisiens dont la clientèle devient plus cosmopolite que parisienne.

Aux galeries Lafayette : groupe de Chinois vus de dos faisant sagement la queue devant le stand d’une marque de luxe et homme de la sécurité vu de face, pas content de me voir prendre une photo.
Pour rendre hommage à une des rares industries françaises qui reste pour l’instant florissante et encore capable d’exporter – en attendant que les pays émergents la concurrencent et que les contrefaçons la submergent – Je me suis rendu pour la première fois dans une boutique Hermès (celle de la rue de Sèvres) où le luxe vous attend dès la porte qu’un portier en costume et cravate vous ouvre aimablement pour vous faire entrer et récidive à votre sortie alors même que vos bras ne sont pas encombrés car vous n’avez rien acheté. La classe.