Sur une centaine d’îlots des maisons de briques rouges, brunes ou noires
surmontées de pignons comme des houppes bouclées. Des maisons avec plus de fenêtres que de murs. Des fenêtres encadrées de blanc, dont les vitrages alignés avec sérieux, se tordent en se
reflétant dans les vitrages opposés ou dans l’eau sombre du canal.
Un palais Royal
dans une housse à l’abri des regards, le musée Van Gogh avec en prime des
tableaux de Picasso de la première période, un musée royal où dominent des peintures de Rembrandt échappées de la réfection, un musée moderne qui vient de ré-ouvrir avec plus de
salles vides que de pleines et où les salles pleines n‘exposent que du vide.
Nous nous somme consolés en goûtant au passé colonial des Pays-Bas dans un restaurant indonésien.
Dans le port d’Amsterdam, que nous avons vu de jour, nous aurions du le voir la nuit pour rencontrer les marins bataves de Brel se mouchant dans les étoiles.
Des cafés aux
murs brunis par la fumée de tabac où l’on ne fume plus, où l’on parle une langue lourde, mais où le patron vous présente avec le sourire une boîte de sachets
de thé aux multiples parfums. Malgré une nourriture abondante (et bien meilleure que sa
réputation), les gens d’Amsterdam sont plutôt minces, alors que, le plus souvent, les touristes néerlandais que nous accueillons ne le sont pas.
Des troupeaux de
cycles le long des trottoirs étroits et sur un millier de ponts, coursiers abandonnés attendant leurs cavaliers qui ne tarderont pas à les enfourcher, le dos bien
droit, les mains au guidon comme on tient les rênes.
Amstellodamiens perchés sur leurs grands vélos, circulant la nuit tous feux éteints, glissant en silence sans vous avertir comme des fantômes dont on sent le souffle et le grincement des chaînes lorsqu’ils vous frôlent en vous surprenant.