Hier, à la sortie du métro Palais Royal, nous fumes accueillis par une araignée multicolore. Ce n’était pas en notre honneur, elle est toujours là.
Dans le jardin du Palais royal, la voûte exubérante des arbres sagement alignés et taillés comme des caniches masquait le bleu du ciel et l'éclat du soleil, mais leurs pieds prenaient un bain de lumière.
Il y a bien longtemps, alors que les colonnes de Buren dans leur pyjama rayé n'étaient pas encore là, il y eut à leur place, et seulement pour une nuit, des tablées de jeunes gens costumés en habits du XVIIIème, transis de froid dans leurs dentelles, réunis un 13 mai pour l’un des derniers bals de l'internat.
Sous la voûte sombre du Louvre qui mène à la cour, derrière la vitrine, dans une caverne lumineuse, s'exhibaient les statues venues de temps reculés.
A la terrasse du café Marly, pendant que les pyramides nous contemplaient, et
offraient leurs miroirs au Louvre austère, le soleil s'est emparé avec avidité de nos peaux blanchies par l'hiver en y mordant à pleins
rayons.
A la table à côté, trois américaines buvaient un vin doré qui lançait des éclairs et elles riaient d'être à Paris.
Nous aussi.