Certains auraient pu s’étonner de mon absence depuis quelques jours (on peut toujours se faire des illusions). Le tableau du Caravage, « L’arracheur de dents » en donne la raison (et ce n’est pas fini).
Ce tableau montre que l’arrachage de dents sans anesthésie était à l’époque un spectacle prisé. La famille, les amis et peut-être les voisins y assistaient et même les enfants.
La souffrance a été longtemps un spectacle de choix. Les jeux du cirque romains étaient une grande distraction et les foules se déplaçaient pour voir crucifier un homme, le pendre, le rouer de coups, l’écarteler, le brûler, le guillotiner ou le lapider (dans ce cas, nous pouvons parler au présent et c’est plus volontiers une femme).
« Et la souffrance des autres on peut très bien y demeurer insensible. » (Mishima, Le Pavillon d’or,). Pour ma part, je ne l’ai jamais supportée, et par ma profession j’ai longtemps été placé aux premières loges. Mon dentiste aussi.