J’ai beaucoup de sympathie pour une femme de ménage – pardon une technicienne de surface – du musée Ostwall de Dortmund. Cette employée, pleine de bon sens et soucieuse de bien faire son travail, avisant une bassine en caoutchouc d’une propreté douteuse en a récuré le fond avec énergie. Elle en fut mal récompensée car cette bassine faisait partie d’une œuvre d’art intitulée : « Quand le plafond commence à fuir » évaluée à 800000 euros, œuvre à jamais endommagée et qui va sûrement manquer aux générations futures. La technicienne de surface (cette fois, je n’ai pas fait la gaffe), a confessé en larmes à son employeur “ce moment d’inattention”, mais elle n’a heureusement pas été sanctionnée note Der Westen. Je trouve, pour ma part, qu’elle a fait preuve de lucidité et que l’on devrait peut-être faire appel à son jugement pour distinguer ce qui est de l’art et ce qui ne l’est pas.
Marcel Duchamp : « Fontaine » 1917 (original perdu), œuvre exposée au Philadelphia Museum of Art. Urinoir "tout fait" en porcelaine d’une
hauteur de 60 cm.
L’article paru dans Wikipedia et qui m’a été signalé par Jacques Pamart dans les commentaires sur l’histoire et l’interprétation de la « Fontaine » de Duchamp est intéressant. Un des urinoirs a été vendu aux enchères par Sotheby’s pour la somme de 1,677 million d’euros à un homme d’affaires grec Dimitri Daskalopolos, car pour lui « cela représente l’origine de l’art contemporain ».
Pierre Pinocelli qui avait dégradé une des « Fontaine » à coups de marteau a été condamné en janvier 2007 par la Cour d’Appel de Paris à 3 mois de prison avec sursis, 2 ans de mise à l’épreuve et à verser la somme de 14352 € au musée Beaubourg pour remboursement des frais de réparation (le musée avait réclamé la somme de 2 ,8 millions de dommages et intérêts).