Après avoir séjourné une heure dans les boyaux du métro parisien, après avoir senti d’un peu trop près la chaleur de l’humanité, après avoir calé son corps entre deux corps étrangers, après avoir trouvé sur une barre un endroit sans chair pour accrocher sa main, après avoir évité d’accrocher les regards, après avoir zigzagué dans les couloirs des correspondances pour éviter les flots énergiques des voyageurs venant en sens inverse ou débouchant traitreusement des boyaux latéraux, après avoir croisé les mendiants assis sur les marches ou couchés sur les bancs, après avoir emporté dans ses oreilles les massacres musicaux de ceux qui veulent offrir quelque chose en échange de quelques pièces, on débouche sur cette beauté.
On s’empresse alors de monter les marches pour la dévoiler toute entière, respirer le parfum des feuilles mortes déjà tombées à terre, et profiter de la seule mort qui sent bon.