Publié le 7 Janvier 2013



Kandinsky "Bleu ciel"


PETIT CONTE

 

Par la cheminée il entendait des rires

Un rire de gorge d'enfant aux éclats cristallins

La cascade claire du rire de la mère

Le rire retenu du père attendri

Et par la cheminée de la chaumière

Une fumée de joie montait jusqu'à lui

La hotte vide à ses pieds

Il écoutait en souriant assis sur le toit

Pendant que les rennes éparpillés

Broutaient la neige des nuages froids


Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013


William Turner "Pêcheurs à la mer"


LES FORMES DE L’EAU

 

Tu n’es pas incolore : tu reflètes le ciel

Tu n’es pas inodore : tu sens les algues marines

Tu n’es pas insipide : tu es le sel

Je ne t’ai jamais quittée : tu es en moi

Mer intérieure, mer clandestine

Je suis fait de toi

 

En sortant des ondes, je t’ai emportée

Eau codée jetée sur la terre

Poussé par le hasard et la nécessité

Vers une aventure fabuleuse

Je suis resté longtemps près de ton univers

Près du sein de la mer accoucheuse

 

Puis l’eau a marché sur la terre

Elle a pris les formes les plus belles

Ou les plus grotesques

Le sculpteur délirant et cruel

M’a attribué une forme simiesque

 

Regarde ce que je suis devenu

Je jette mes ordures dans tes flots

Regarde cet inconnu

Pirate gorgé de sang et d’eau

Mais toujours assoiffé

De la naissance au tombeau

Jamais apaisé


Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013

 Egon Schiele "Arbres en automne"


MEFIANCE

Ne vous fiez pas à leurs troncs noircissant

Les arbres font semblant de mourir

 

Ne vous fiez pas à leurs feuilles de sang

Si elles tombent dans la terre pour pourrir

Elles remonteront dans la sève gluante

Qui les fera renaître, lisses et luisantes

 

Ne vous fiez pas à l’incendie de l’automne

Les arbres reprennent ce qu’ils abandonnent

 

Ne vous fiez pas à la beauté des ramures

C’est le requiem d’une mort spectaculaire

Avant résurrection et guérison des blessures

Mais jouissez de la flamme du chant funéraire

 

Ne vous fiez pas aux arbres pour toujours revenir

Il arrivera dans un lointain avenir

Où les feuilles tomberont pour la dernière fois

 

Ne vous fiez pas à l’hypocrisie du printemps

On n’échappe pas à la mort à chaque fois

Si revivre c’est pour mourir, restons méfiants


Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013

monet-impression.jpg

 

 

IMPRESSION

 

Un homme dressé dans sa barque sombre

La main sur sa rame abandonnée

Contemple fasciné

Le soleil effacer la nuit et façonner les ombres

 

L’œil rouge maquillé de mauve et de bleu

Encore petit comme mal réveillé

Saigne un peu

Sur les écailles de l’eau glacée

 

Les braises froides des nuages lourds

Couvent de leur inquiétante lumière

Le bleu tendre et naissant du jour

 

L’azur commence à teinter la mer

Par petites traînées de pleurs

Sous le regard émerveillé du pêcheur

 

 

Paul Obraska

 

Claude Monet « Impression : au soleil levant »

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Publié le 7 Janvier 2013

DSC00218.JPGC’est un coquillage aux murs nacrés

Spirale de douces courbes érotiques

Comme un pas de vis pour entrer

Dans les profondeurs prolifiques

 

C’est un coquillage couleur chair

Serti dans un fourreau de dentelle

Pour séduire les futurs locataires

La coquille exposée se fait belle

 

Et les hommes de passage

Sont invités à monter l’escalier

A ouvrir les valves du coquillage

 

Mais ils ne doivent pas s’attarder

Pour laisser à d’autres arrivages

Le plaisir bref de le consommer

 

Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013

  

Matin

 

L’homme ouvrit la fenêtre

Et regarda le matin naître

Etirer ses bras au loin

Ce séducteur de matin

Tenait la terre embrassée

Enfin sa moitié

L’homme en fit autant

Et gloussa doucement

Il était heureusement surpris

D’être encore en vie

 

La nuit était passée

Et la nuit tout peut arriver

Il s’était encore une fois

Sorti de ce mauvais pas

Ils disent que la nuit c’est du repos

C’est faux

Il se passe des tas de choses la nuit

On est poursuivi

On tombe dans une chute sans fin

On cherche des choses en vain

Les morts surgissent du temps

Ils ne sont jamais contents

Ils viennent vous faire des reproches

Surtout les défunts proches

 

C’est pire quant le jour est dans la nuit

C’est bien pire l’insomnie

On ne peut pas se réveiller

Soulagé d’avoir rêvé

Et la douleur se retourne dans le lit

Fâchée de ne pas être endormie

 

Il y a tout de même de bonnes choses dans la nuit

La mort peut arriver sans crier gare

On peut mourir sans le savoir

Sans attendre la peur au ventre

Que la mort frappe et entre

En déchirant le corps à sa façon

La nuit on meurt par distraction

En pensant à autre chose

C’est une bonne chose

 

Alors l’homme regarde le matin se lever

Un matin de plus c’est toujours ça de gagné

Il se dit qu’il faut en profiter

Ce sera peut-être le dernier

Et il va déjeuner

En murmurant ces deux vers

De Prévert :

« Et j’égorge en plein soleil

Les plus beaux rêves de mes nuits »

 

Paul Obraska

 

Illustration : Camille Pissaro « Soleil levant à Eragny »

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Publié le 7 Janvier 2013

Barocci-Federico-nativity.jpg

 

SQUATTERS

 

Si ce n’est pas malheureux de voir ça !

Ce n’est pas chrétien d’en arriver là !

Ce sont des braves gens bien éduqués

Pas des immigrés

L’homme a du travail

La femme n’a jamais fauté

Ils sont pourtant sur la paille

C’est dans une étable qu’elle a du accoucher

Entre un âne et un bœuf

D’un enfant beau comme un dieu

Blotti dans une crèche, c’est scandaleux !

 

Les associations se sont mobilisées

Les autorités ont été alertées

C’est une étoile jaune qui les a guidées

Des messieurs ont fini par venir à leur secours

Avec un psychologue dans une cellule

Dans l’étable ils sont restés incrédules

Alors il y a eu de beaux discours

Ils se sont pris pour des rois mages

Ils ont fait semblant d’adorer le nouveau-né

Pour donner d’eux une belle image

Heureusement qu’il y avait les bergers

Pour donner à la famille de quoi manger

 

Pour finir, pérorant dans l’étable, les autorités

Devant l’homme, la femme et le nouveau-né

Devant le bœuf, l’âne, les bergers et leurs agneaux

Sont montés sur leurs grands chevaux

Et ont dit avant de partir : « plus jamais ça ! »

J’espère que Dieu les entendra

 

 

Paul Obraska

 

Illustration : Barocci Federico « Nativité » 1597

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Publié le 7 Janvier 2013

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Kandinsky : "Cimetière arabe"

 

 

Où vont-ils tous ces morts depuis la nuit des temps ?

Ils sont innombrables et les cimetières si petits

Sont-ils la terre que piétinent les vivants ?

 

Peut-être lassés d’être piétinés sortent-ils la nuit

Hors de leurs boîtes de bois verni les squelettes

Iraient se promener dans un bruit de cliquetis

Les momies dérouleraient leurs bandelettes

Et sortiraient du sarcophage sans leur habit

Les pharaons quitteraient le noir des pyramides

Pour jouer sous la lune avec le sable du désert

Et ceux qui n’ont pas eu de sépulture solide

Émergeraient comme des racines de la terre

 

Où vont-ils tous ces morts depuis la nuit des temps ?

Les cimetières sont si petits mais le ciel est si grand

 

Peut-être errent-ils dans le firmament

En soufflant sur la queue des comètes

Pour en faire de la poussière d’argent

Les morts emporteraient leurs squelettes

Pour fabriquer avec des météorites filants

Aux cieux les morts feraient ainsi la fête

Et laisseraient la terre aux vivants

 

Alors les vivants ne devraient pas encombrer les nues

S’ils veulent que les morts ne leur tombent pas dessus

 

 

 

 Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013

 

LES CONFESSIONS DE SATAN (Une brève histoire du XXème siècle)  Bosch : "L'Enfer"

 

I

Dans le XXe siècle, J’ai beaucoup investibosch38

Et  Me voilà diablement content.

On recherche des Justes pour le Paradis,

Et ici, Je ne sais que faire des Méchants.

II

L’Europe M’a offert dès le début

Ses peuples sombrant dans la guerre,

Dans un grand massacre inattendu

Pour de misérables talus de terre.

Les soldats creusaient leurs tombes,

En sortaient tels des spectres pour mourir,

Les membres amputés par les bombes.

On fête en Novembre leur souvenir.

III

J’ai eu le Géorgien destiné à la prêtrise,

Quittant heureusement le séminaire,

Pour torturer ses amis accusés de traîtrise

Et emplir par millions les cimetières.

Mais ses nombreux peuples opprimés

L’appelait avec amour : « Petit Père »

Je ne peux qu’admirer cet être aimé

Pour avoir tiré un rideau de fer

IV

Mon préféré était le fol Autrichien,

Quatrième enfant de parents issus

De cousins germains. Par Mes soins,

Ce fut le premier qui  survécut.

Ah ! L’Autrichien n’a pas été ingrat.

Il s’est de suite attaqué au peuple élu,

Celui-là même qui au monde révéla

Mon Concurrent et le Paradis perdu.

Massacre grandiose parce qu’inutile.

Dans le monde, il souffla la tempête,

Dans l’ignoble, l’Autrichien était habile

Pour transformer les hommes en bêtes.

Il déclencha une guerre mondiale,

Terminée en apothéose au Japon.                                                                                   

A côté du beau feu d’artifice final,

L’Enfer lui-même paraissait pâlichon.

V

Deux Asiatiques m’ont fait bien rire !

Le Chinois qui débordait d’imagination

Pour baptiser avec délicatesse le pire,

En jouant avec les morts par millions.

Les Cent Fleurs bien arrosées de sang,

Le Grand Bond en Avant : une culbute

Qui laissa son pays affamé et pantelant,

Et la Révolution Culturelle des incultes.

Il se piquait de danse et de poétique,

Mort, on ne semble pas lui en vouloir

Son portrait reste sur les places publiques

Comme un fantôme gardant son pouvoir.

VI

Le Cambodgien était un triste comique :

Il voulait bâtir les villes à la campagne,

Et sans diplôme, il trouva plus pratique

De tuer ou mettre les diplômés au bagne.

Si le Cambodgien était plus primaire,

Sa folie efficace a mis sans remords

Un bon tiers de son peuple au cimetière,

Pour finir en paix en escamotant sa mort.

Il a été aussi élève d’une école catholique,

Et je remercie en passant les bons pères,

Les Evangiles révélées aux diaboliques

Ont envoyé nombre de clients en Enfer.

VII

Le quatuor du XXe siècle reste inégalé,

Leur requiem flotte encore sur le monde,

Ses membres ont leurs amateurs fascinés

Qui viennent encore fleurir leurs tombes.

D’autres à l’écoute sont leurs apprentis,

Je ne compte plus les sombres dictateurs,

Gras vampires saignant à blanc leur pays,

Sous tous les cieux, des pôles à l’équateur.

VIII

Les meutes se sont passées de meneurs,

A l’occasion elles ont tué leurs voisins,

Charcutant la chair comme des amateurs.

La perversité des hommes parait sans fin,

La cruauté a des ressources prolifiques :

Attentats, guerres, famine, machettes,

Et frappes chirurgicales hémorragiques.

Le Mal et l’Enfer a toujours été à la fête !

IX

La Science a offert aux hommes des jouets

Qui leur permet de contempler les agonies.

Je me réjouis des avantages du Progrès

Qui rend plus efficaces ceux pris de folie,

Et on tue au Nom de Mon Concurrent.

Je me régale du massacre des innocents,

Le XXe siècle était une bonne cuvée,

Mais le siècle présent a bien commencé !

 

Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013

 

Dédié à Mr Antoine Zacharias

VORACE

 

J'accumule...J'accumule...J'accumule...

Même quand je dors, pendant mon absence

J'accumule de l'argent à ne savoir qu'en faire

 

Il arrive dans mes poches sous toutes ses formes

Actions, bénéfices, jetons de présence

Indemnités, primes, salaires

Ma fortune est énorme

 

Je n'ai jamais assez de sous

Je tire de l'argent de partout

Même si je ne sais qu'en faire

Mes autos, je ne m'en sers guère

J'ai bien sûr une voiture de fonction

Je possède appartements et maisons

Mais je ne m'y rends que pour recevoir

Ceux dont je cherche à tirer de l'argent

 

Du matin jusqu'au soir

Je consacre tout mon temps

A grossir mes avoirs dont je n'ai nul besoin

 

J'ai un pied dans la tombe mais j'accumule toujours

La Faucheuse n'est pas à vendre et je serai fauché un jour

 

Je regrette les temps anciens

Où les morts emportaient leur trésor dans leur tombe

Je n'aurai sur moi qu'un costume moche

Et pas un sous en poche

C'est le comble

 

Je laisserai aux autres mon énorme pécule

Ils attendent de me mettre dans la tombe

J'accumule...J'accumule...j'accumule...


Paul Obraska 

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Publié le 7 Janvier 2013

turner le Mew Stone à l'entrée de Plymouth
William Turner : "Le Mew Stone à l'entrée de Plymouth"

VENTS

 

Les vents écartelés, voyageurs invisibles

Entre levant et ponant ou septentrion et midi

Promènent sur la Terre leur force invincible

De dépression en dépression jusqu’à la folie

 

Ils rendent ridicules même les plus beaux

Décoiffent les dames et soulèvent leurs atours

Courbent les hommes et volent leur chapeau

Sous leurs risées, ils jouent de mauvais tours

 

 Papiers et feuilles valsent en mesure

Les ballons abandonnés roulent sans arrêt

Les perruques dévoilent les tonsures

Battent les portes, claquent les volets

 

Ils fouettent sans égard les drapeaux déchirés

Les bâches arrachées ondulent comme des oiseaux

Nappes retournées, chaises renversées

Craquent les voiles, emportent les bateaux

 

Le grondement des vents grossit dans les bois

Les arbres gémissent, les racines cramponnées

Les ramures en folie se révulsent aux abois

Dans un barrit ligneux, ils sont déracinés

 

Les vents irascibles secouent la mer

Blanchissent ses crêtes hérissées

Les vagues affolées se ruent sur la terre

Et vomissent sur le sol leurs hoquets salés

 

Une brise persiste sur les lieux brisés

Un zéphyr doucereux caresse les visages

Une main légère pour se faire pardonner

D’avoir, en colère, commis tant de ravages

 

La mer exténuée clapote sur les rivages

Frangée de détritus, d’algues et d’épaves

Lutteuse marquée par un combat sauvage

Elle laisse stagner de sa bouche la bave

 

 

Paul Obraska

 

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Publié le 7 Janvier 2013

Noirmoutier-07-028.jpg

INCENDIE

 

Là-bas l’incendie déverse sa lumière

Glisse en cernant d’un fard doré

L’œil blanc incandescent sans paupière

 

Le feu étale un fond de teint orangé

Sur les ombres noires des toits

Alignées au bord du doigt de mer

 

Là-haut le ciel a sauvé son bleu roi

Balafré de deux traits de lumière

Que deux avions de proie ont laissés

 

Fuyant l’incendie un couple de bateaux

Filent sur la surface argentée

En creusant deux rides sur l’eau

 

 

Paul Obraska

 

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Publié le 7 Janvier 2013

Brulloff-Pomp-i.jpg
Karl Brulloff « Le dernier jour de Pompéi »

 

CATACLYSME

 

Les hommes fats installés sur la braise

Regardent, satisfaits, leur unique nombril

Et dressent sur la croûte d’une fournaise

Les monuments orgueilleux de leur ville.

 

Les puissants vaniteux font trembler les gueux

Et tous sont balayés lorsque la terre frissonne,

Lorsqu’elle éructe et vomit ses entrailles en feu

En couvrant de ses cendres jardins et colonnes.

 

La mer bascule comme une coupe renversée,

Déverse dans l’écarlate sa marée monstrueuse

En noyant dans ses flots ce qui n’a pas brûlé.

 

La terreur des hommes devant la terre furieuse

Est celle des enfants assaillis de cauchemars

Qu’une mère insensible abandonne dans le noir.

 

 

Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013

DSC00248.JPG

 

LA COMPLAINTE DE LA PENICHE

 

Près de moi un bateau vient de passer

Enfilant les ombres humides des ponts

Chargé jusqu’à la gueule d’une foule ensoleillée

Les têtes tournantes à l’unisson

 

Ma carcasse balance à son passage

Mes chaînes cliquettent attachées au quai

Je roule mais je reste à terre, bien sage

C’est pourtant pour naviguer que j’étais fait

 

On m’a garni de fanfreluches et de pots de fleurs

Je porte sur mon dos tables et chaises

Aucun marin à la barre, seulement des serveurs

Et des voyageurs factices racontant des fadaises

 

J’ai des fourmis dans ma quille engourdie

Ma proue oscille tourmentée par des impatiences

Ma coque se ronge de rester à l’écurie

Je rêve de naviguer, je rêve de partances

 

Ah ! Me détacher de ce quai où je suis prisonnier

Partir sur le fleuve, longer l’histoire pétrifiée de Paris

Aller plus loin, vers Rouen où fourmillent les clochers

Au Havre ! Où je me frotterai aux gros navires surpris

 

Sentir l’eau clapoter et caresser mes flancs

Voir la Lune dans le fleuve naviguer devant moi

Voir défiler les berges, aller la proue au vent

Avoir des marins pour amis, un capitaine pour roi

 

Et pourquoi pas la mer ? Pourquoi pas l’océan ?

Plus de berges, plus de limites, que le ciel et l’eau

Les vagues joueraient de moi comme d’un enfant

Et me briseraient enfin en mille morceaux

 

Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013

chagall87.jpg

 

C’est un joli cimetière

Où les tombes bien en rangs

Comme s’alignent les enfants

Dans la cour de l’école primaire

Guettant le signal pour s’éparpiller

A tous vents en criant leur liberté

 

Et les morts attendent sagement

Qu’on vienne un jour les délivrer

Immobiles sans trop s’impatienter

L’endroit est joli et ils ont le temps

 

Ses portes comme des bras écartés

Ouverts sur le monde des vivants

Invitent les nouveaux morts à entrer

A se coucher sans faire de manière

Les anciens  pousseront leur pierre

Pour faire une place au nouvel arrivé

 

Les vivants entrent toujours gênés

Ils marchent lentement en silence

Avec respect pour ne pas les réveiller

Mais ne montrent aucune impatience

Dans ce joli cimetière pour y rester

 

Paul Obraska

 

Marc Chagall « Les portes du cimetière » 1917

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Publié le 7 Janvier 2013

manet-tor-ador.jpg

Manet : « La mort du toréador »

 

LE DORMEUR DE L’ARENE

 

C’est une arène ocre bordée d’étables.

La clameur lentement s’est retirée,

Comme meurt une vague sur le sable.

La foule regarde en silence, fascinée.

 

Le matador allongé sur son échine,

Tranquille, la tête tournée de côté,

Une main repose à plat sur sa poitrine,

Celle qui tenait son épée abandonnée.

 

Il paraît endormi, il a terminé son rôle,

La cape au sol comme un drapeau vaincu,

Une flaque de sang près de son épaule,

 

Du sang que l’ocre de l’arène a déjà bu.

Sable sanglant : du jaune et du vermeil,

Couleurs hispaniques tendues au soleil.

 

Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013

Antonello de Messine l'homme qui rit

 

Un homme disait n’importe quoi

Il disait qu’il était heureux

Sans la moindre preuve

Ça va de soi

Dire que l’on est heureux !

Pas étonnant que les gens s’en émeuvent

L’être peut-être mais le dire !

Et à des gens qui ne le sont pas

Ou qui ne parlent que du pire

Ou sont peut-être heureux

Mais ne le savent pas

Ou le cachent bien

Pour ne pas provoquer le destin

Montrer que l’on est heureux

Ce n’est pas malin

C’est de la méchanceté

Ça rend les autres un peu malheureux

 

Alors les gens attendent d’être vengés

Oh ! Sans se l’avouer

Ils ne sont pas envieux

Qu’allez-vous penser !

Ils guettent seulement l’homme heureux

Ses yeux rieurs et son sourire

En espérant le voir s’évanouir

Ils guettent l’ombre d’une peur

Ils guettent un petit soupir

Ils guettent un petit malheur

Parce que le malheur ça arrive tout le temps

Alors ils attendent le moment

Patiemment

De le plaindre de tout leur cœur

En écrasant une larme en soupirant

De bonheur

 

Paul Obraska

 

Antonello de Messine : « L’homme qui rit »

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Publié le 7 Janvier 2013

 

Ce matin, le ciel de Paris est gris. Les trottoirs et les chaussées sont noirs, repeints par la pluie. La ville est ensommeillée. Peu de monde dans les rues. L’année s’installe en période digestive. Aux courageux qui passeront par là, je souhaite mes meilleurs vœux pour 2012 et au-delà.

 

 Le premier jour de l’année nouvelle

l’homme âgé se regarde dans le miroirDali-montre-molle-2.jpg

Qu’espère-t-il y voir ?

Objet glacial impudique et rebelle

le miroir efface l’illusoire

 

Encore une année de gagnée

se dit l’homme pour se consoler

Encore une année de perdue

se dit l’homme amer

 

Gagnée ou perdue ?

La vie est un jeu à qui gagne perd

 

Et le temps s’écoule

sur les montres molles de Dali

et l’on se noie dans sa houle

et l’homme se dit

pourquoi lutter à contre-courant ?

de toute façon on coule

emporté par le temps

 

Alors l’homme tire la langue au miroir

Qu’importe ce qu’il avait été

Il chasse son fantôme de la mémoire

et sans hésiter

prend son rasoir

sourit à ses restes

et commence à se raser

en savourant les petits gestes

les petits gestes coutumiers

les petits gestes modestes

de la vie

 

Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013

 

 

Le divin peintre

 
  

Nous sommes à l’image du Très-Haut

Et vice versa.

Alors comme nous, le Très-Haut se sent parfois morose,

Lui, en regardant en bas,

Nous, en regardant en haut.

 

Un jour, le Très-haut en pensant à autre chose,

(Il a tellement de choses à penser)

Mit Son Auguste Doigt dans le ciel d’un bleu profond,

L’agita distraitement comme on remue son café

Et fut surpris de créer un céleste tourbillon

De grosses volutes d’azur attristé.

 

En voyant ce qu’Il avait créé contre Sa Volonté,

Il voulut compléter le tableau

Et demanda à un peintre un peu fou

De mettre une église dessous.

Le peintre qui ne vendait aucun tableau,

Accepta par désespoir cette proposition,

Mais ne se faisait aucune illusion,

Le Très-Haut ne s’abaisserait pas à payer son tableau.

En plus, Il voulait quelque chose de grand et de beau :

Une basilique ou une cathédrale,

Et le peintre qui n’en faisait qu’à sa folle tête,

Fit une église de guingois, toute bancale,

Avec une modeste paysanne à cornette.

 

Bien sûr, le Très-Haut n’était pas contre la modestie.

Un instant décontenancé par le peintre un peu fou,

Dans Sa Grande Bonté impitoyable, Il ne l’a pas puni.

Il lui avait déjà tiré l’oreille dans un accès de courroux

Et le Tout-Puissant ne connaissant pas Sa Puissance,

Le pavillon de l’oreille était resté dans Sa Divine Main,

Avant d’échouer dans celle profane d’une prostituée.

Il y a vraiment des gens qui n’ont pas de chance,

Même quand on est un peintre divin.

 

Alors le Très-Haut, dans Sa Grande Bonté

Permit au peintre un peu fou de se suicider

Devant une toile inachevée

Dans un beau champ de blé.

 

Paul Obraska

 

Vincent Van Gogh « L’église à Auvers »

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Publié le 7 Janvier 2013

Durer-A.--1516.jpgPour faire un tableau de la vierge et l’enfant

Il est simple de prendre une belle jeune femme

Même si elle n’est pas vierge depuis longtemps

L’important est que son visage exprime son âme

 

Le plus difficile à trouver est le modèle de l’enfant

Il doit être sérieux, laid et un peu hydrocéphale

Avec le visage pénétré d’un adulte pensant

Et s’il est circoncis ce n’est pas plus mal

 

Vous voyez qu’un tableau de la vierge et l’enfant

N’est pas si simple à faire même avec du talent

Comment trouver un petit enfant qui convienne ?

 

Les bambins ne sont guère tristes et sont plutôt beaux

Les hydrocéphales sont soignés dans les hôpitaux

Hélas ! On ne peut plus peindre à l’ancienne

                                                                                                                            

Paul Obraska

Albrecht Dürer

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Publié le 7 Janvier 2013

vangogh la nuit

 

 

LA MAUVAISE EDUCATION

 

C’est un spectacle muet où les étoiles crépitent

Et le Cosmos explose dans un silence abyssal.

Les éclats incandescents roulent comme des pépites

Dans la noirceur du vide glacial.

Des confins de l’Univers sans frontières,

Dans la sidérante immensité sidérale,

Voyagent leurs éternelles lumières.

 

Et Dieu dans tout ça ?

Et le royaume des cieux ?

Ils sont quelque part. La place ne manque pas.

 

L’Homme est à l’image de Dieu,

Dieu est blanc

Dieu est jaune

Dieu est noir

Mais Il n’est pas Femme

Et Il est barbu.

 

Aux Cieux, les anges et les vierges sont séparés.

Le sexe des anges est incertain et la prudence s’impose.

La volière des vierges s’épuise et doit être préservée,

Aux suicidés assassins de les consommer.

Dans l’ennui éternel, le sexe rend moins morose.

 

Dans l’infini de l’Univers,

Parmi les myriades de galaxies,

Dieu ne s’intéresse qu’à la Terre.

Il écoute chacune des innombrables prières

Et les appels gratuits qui montent vers lui,

Il envoie des livres, Il envoie des anges,

Il a même envoyé Son Fils sur la Terre.

Les Hommes moins gâtés que pourris,

L’ont renvoyé, mal en point, en échange.

Mauvaise éducation.

Bien que le sacrifice du Fils fût dans Ses intentions,

Pour les punir, le Père laisse faire le Malin,

Et S’en lave les mains.

 

Paul Obraska

 

Illustration. Van Gogh : « La nuit étoilée, Saint-Rémy »

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Publié le 7 Janvier 2013

caravaggio22.jpg

 

LE GENERAL QUI PERDIT LA TÊTE

 

Charmante Judith à la peau si blanche

Au visage si lisse bien qu’un peu dégoûté

Est-ce bien raisonnable de couper une tranche

D’un Holopherne séduit par votre beauté

 

Charmante Judith si innocente

Décapiter un homme même infâme

N’est guère un travail de femme

Les giclées de sang sont si salissantes

 

Charmante Judith si virginale

Que de force vous avez déployée

Pour détacher la tête du général

Qui même enivré semble hurler

 

Charmante Judith si volontaire

Le plus difficile reste à faire

Les vertèbres sont à peine entamées

Et la vieille attend tendant son tablier

 

 

Paul Obraska

 

Le Caravage « Judith décapitant Holopherne »

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Publié le 7 Janvier 2013

Curieux : Obama, on dit le plus souvent qu’il est noir, parfois qu’il est métis, jamais qu’il est blanc.

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Publié le 7 Janvier 2013

Depuis 2006 la CNAM stocke dans un entrepôt d’Evreux les données sur la santé de 65 millions de personnes : l’ensemble des assurés, les professionnels de santé et les établissements prescripteurs (Système national d’information inter-régimes de l’assurance-maladie ou SNIIRAM).

Les organismes complémentaires (assurances privées et mutuelles) lorgnent sur ces données et depuis l’arrêté du 28 octobre 2008 ils vont pouvoir y accéder, mais pour cela ils vont devoir payer en 2009 la coquette somme de 1 milliard d’euros (augmentation de la taxe sur le chiffre d’affaires).

Mais soyez tranquilles il existera des règles et des contrôles pour l’utilisation de ces données. Comme le dit le responsable de chez AXA « …à terme, ces informations doivent nous permettre de proposer des contrats plus ciblés qui rembourseraient plus ou moins certaines prestations en fonction du profil de l’assuré… ». Suivez mon regard.

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Publié le 7 Janvier 2013

Si vous avez besoin d’une greffe d’organe, venez en Chine. Nous vous garantissons un délai d’attente au maximum de 3 mois et même d’un mois pour un rein, ainsi que la livraison de produits de la plus grande fraîcheur.


90% des organes transplantés en Chine proviennent de condamnés à mort (Pr Jiefu Huang, vice ministre de la Santé chinois [Lancet du 20 octobre 2008] )

Les chirurgiens (un peu choqués, tout de même) se rendent sur le lieu de l’exécution, parfois programmée en fonction des besoins, et attendent dans un camion stérile. Les prélèvements sont effectués juste après l’exécution, alors que la mort n’est pas toujours immédiate.

De l’intérêt de la peine de mort.

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Publié le 7 Janvier 2013

Pour son budget l’hôpital va être désormais soumis à la « tarification à l’activité » (T2A). Or il y a des activités qui « rapportent », ce sont les actes techniques : la chirurgie et les examens sophistiqués nécessitant un plateau technique lourd. Par contre des services comme la pédiatrie, la gériatrie, les maladies infectieuses, les maladies chroniques exigent du personnel (onéreux) et ne « rapportent » guère ou sont même « déficitaires ».

Dans le Canard enchaîné du 22 octobre 2008, B.R. écrit que le directeur de l’hôpital St Joseph par ses directives se conduit en digne chef d’entreprise : fermeture du service de pédiatrie, suppression des 2/3 des lits de gériatrie et le service des maladies infectieuses (dont le sida) doit bientôt  fermer. A cela ce directeur n’hésite pas à demander à son personnel de repérer d’éventuels donateurs (ceux assujettis à l’ISF), les rabatteurs pourraient en être récompensés par un éventuel intéressement.

Mais ces actes qui « rapportent », qui les paye ? L’assurance-maladie bien sûr. L’opération consiste donc à combler le déficit de l’hôpital en creusant le déficit de la Sécurité Sociale, les deux appartenant en principe au même pays, dirigés par les mêmes ministères. On ne soigne plus la débilité mentale car ça ne « rapporte » pas.

Pour compléter cette vision marchande de la maladie et du malade, je me permets de rééditer ici ma « chronique médicale » sur le nouveau langage de la médecine

 

Un nouveau langage est apparu en médecine et dans les lois qui la concernent, fortement inspiré de celui de l’entreprise et introduisant enfin la pratique médicale dans l’économie de marché en dehors de laquelle il n’y a pas de salut. Voici un petit glossaire médico-libéral qui permettra aux attardés de se mettre à la page :

 

Usager du système de santé désigne en fait tout le monde, puisque dès la naissance on acquiert ce statut, ne serait-ce que par les vaccinations obligatoires. On devient usager du système de santé bien avant d’être abonné à un distributeur de service quelconque. D’après le code civil « L’usager ne peut céder ni louer son droit à un autre », c’est un privilège de naissance dans les heureux pays où ce système existe. Etre un usager plutôt qu’un patient contribue à banaliser la maladie et à en faire un état commun, presque normal.

 

Consommateur de soins désigne une personne malade ou craignant de l’être. Il était opportun de remplacer le terme malade par consommateur, plus  valorisant. La maladie constitue un handicap et introduit une discrimination, alors que consommer des soins c’est comme acheter une marchandise et participer à l’activité économique du pays.

 

Producteurs de soins. Le médecin en fait partie, mais il n’est pas le seul. Un producteur de soins a la particularité de ne rien produire et élever le médecin au rang de producteur devrait le satisfaire. Formé pour porter secours aux autres, il avait jusqu’à présent une conception romantique de son rôle et devenir enfin un acteur économique est tout de même plus sérieux.

 

Capital santé. Etre malade ou en bonne santé ne signifie plus grand chose. Nous sommes tous capitalistes. Notre santé constitue un capital. Malheureusement, on ne peut ni l’investir, ni le faire fructifier. Par contre, on peut tenter de le préserver ou de le récupérer. « …le patient est prêt à participer à la décision médicale et à acquérir une certaine autonomie dans la gestion de son capital santé »[1]. Le capital santé, comme tout capital qui dort, s’érode avec le temps, sa particularité est de disparaître avec le capitaliste. Ses descendants n’héritent que du capital génétique qu’ils ne peuvent refuser même lorsqu’il est défaillant.

 

Propriétaire. Un consommateur de soins est propriétaire de sa maladie (et bien sûr du dossier qui la décrit). Le détenteur cette propriété cherche à s’en débarrasser au plus vite et à tous prix, jusqu’à rémunérer celui qui l’en débarrassera. Quoi qu’il en soit, la propriété est sacrée et il n’est pas question que le médecin s’en empare comme si elle était sienne et prenne des décisions au nom du propriétaire légitime. Le médecin ne doit pas s’approprier indûment la maladie de son patient et lui retirer cet avantage sans son avis.

 

Gestion. Ce terme fait fortune dans tous les domaines et il n’y a aucune raison de ne pas l’appliquer à la médecine. On gère un amour, une amitié, un mariage, des enfants…Alors on peut gérer un malade, une maladie, un traitement comme on gère une entreprise.

 

Co-gestion. Laissons la parole au Dr M. Ducloux, Président du Conseil National de l’Ordre des Médecins[2] : «  le passage du malade passif, dans une relation de bienveillant paternalisme médical, à un patient devenant davantage actif et co-gestionnaire de sa santé ». En bonne logique économique, il aurait du parler de la co-gestion du capital santé. Chacun sait à présent que le médecin et le consommateur de soins sont des partenaires, voire des associés dans la gestion de la maladie, mais seul l’un d’entre eux en est le propriétaire et l’autre fait de son mieux pour l’exproprier en ménageant sa susceptibilité.

 

Négociation. Il est évident que les partenaires d’une co-gestion sont amenés à négocier. Ils négocient quoi ? Les examens et le traitement dont doit bénéficier l’un d’eux, toujours le même. Et que se passe-t-il si ce dernier les refuse ? Il reste propriétaire de sa maladie. C’est tout.

 

Prestataire de service. La jurisprudence[3] fait du médecin un prestataire de service comme un autre, soumis aux mêmes obligations vis à vis de son client qu’un assureur, un vendeur ou un banquier. Non seulement le médecin doit dire la vérité, mais il doit aussi prouver qu’il l’a dite et que son patient l’a bien comprise. Dans le contrat qu’il passe avec le consommateur de soins, les petits caractères illisibles qui viseraient à tromper son client sont interdits. La transparence permet au consommateur de soins de se voir tel qu’il est, à lui d’assumer pleinement sa propriété.

 

C’est beau l’humanisme.

 

[1] Philippe Eveillard, La Revue du Praticien / 2004 : 54

[2] Conférence inaugurale du Médec 2004

[3] « Celui qui est légalement ou contractuellement tenu d’une obligation particulière d’information doit rapporter la preuve de l’exécution de cette obligation ».( Arrêt Hédreul de la Cour de Cassation de 1997)

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Publié le 7 Janvier 2013

Entendu ce matin à France Inter. Que faut-il faire lorsque des sifflets accompagnent la Marseillaise lors d’un match de football ? Réponse de Roselyne Bachelot : les organisateurs devront prendre leurs responsabilités. Expression totalement vide, très prisée des politiques, surtout lorsqu’elle s’accompagne d’un mouvement volontaire du menton. Expression d’autant plus curieuse que ceux qui doivent prendre ainsi leurs responsabilités les ont déjà.

 

Un projet de loi européen sur les produits pharmaceutiques est pour l’instant retardé. L’un des textes vise à autoriser les groupes pharmaceutiques à informer directement les patients sur leurs produits, dans la presse écrite et sur les sites Internet spécialisés. Entre information et publicité, la frontière est très perméable. Quelle serait la conséquence si ce texte était adopté ? Les patients iraient réclamer à leurs médecins les médicaments dont les vertus auraient été ainsi vantées au public. Rien n’arrête la marchandisation malgré l’inflation des dépenses de santé. Comme le disait, je crois, Lénine : « Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle on les pendra »

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Publié le 7 Janvier 2013

A compter du 1er février 2009, les professionnels de santé devront établir un devis à partir de 70 euros d’honoraires en cas de dépassement du tarif fixé par l’assurance-maladie.

Le médecin et surtout le chirurgien est enfin assimilé à un artisan spécialisé dans la réfection des êtres humains au même titre qu’un plombier, un électricien ou un peintre en bâtiment que l’on sollicite pour rénover son appartement. Quant au malade, doit-on le considérer comme un lavabo, un montage électrique ou un mur ? Est-ce que le chirurgien pourra « rogner » sur les fournitures comme ses collègues artisans pour rester dans l’enveloppe du devis ? Il risque en effet une amende s’il le dépasse et comme un chirurgien ne sait pas à l’avance ce qu’il va trouver en ouvrant un ventre, pour respecter le devis devra-t-il ne faire que le travail prévu, fermer, retirer ses gants et attendre le réveil de l’opéré (partiel) pour établir un devis complémentaire concernant le travail non prévu qui resterait à faire ?

NB Personne n’oblige un patient à aller consulter un praticien dont les honoraires dépassent le tarif fixé, il peut s’adresser à celui qui ne le dépasse pas et dont la compétence est le plus souvent identique.

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Publié le 7 Janvier 2013

Le racisme est une maladie qui atteint les uns et tue les autres.
Jean Waligora


La meilleure façon pour un juif d'échapper à l'antisémitisme est de devenir Dieu. L'ennui, c'est que la place est déjà prise.
Dr WO 

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Publié le 7 Janvier 2013

- Trois révélations en 1800 ans (ce qui est très court, l’univers serait vieux de 15 milliards d’années), Dieu se répète. L'âge n'épargne personne.

- Dans les religions révélées le dernier arrivé prétend toujours passé devant.

- Le premier monothéisme est né dans la fuite, le second dans la torture, le troisième dans la guerre. L'humanité a intérêt à en rester là...

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Publié le 7 Janvier 2013

Les médias, notamment spécialisés, ne cessent de demander leur avis et leurs prévisions sur la crise actuelle aux oracles de la finance et en particulier à :

- Ethan Harris « gourou de Wall Street » qui, lorsqu’il ne fait pas de prévisions, est (était) chef économiste de Lehman Brothers (en faillite retentissante)

- Patrick Artus, présent dans tous les journaux économiques français, directeur de la recherche et des études de Natixis (3,7 milliards de pertes) qui prévoyait à la fin août que : « l’affaire des subprimes est dans le rétroviseur »

Etonnant, n’est-il pas ?


Source : Le "Canard enchaîné" du 24 septembre 2008

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Publié le 7 Janvier 2013

Gérard Larcher, probable prochain président du Sénat, est à l'origine du volet hospitalier de la loi "Hôpital, santé et territoire". Il a été vétérinaire. Il sait soigner les "animaux politiques".


Le péril jaune (rien à voir avec Larcher) est une vue de l'esprit, quoique...jouets dangereux, dentifrices toxiques, lait frelaté, médicaments qui rendent malade (la Chine est le principal exportateur de matières premières en ce domaine). Le directeur de l'agence chinoise des médicaments et des aliments a été condamné à la peine capitale et exécuté en juillet 2007 pour corruption. Les erreurs continuent. On voit donc que la peine de mort, si elle soulage certains, ne sert à rien.

 

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Publié le 7 Janvier 2013

J'aime parfois ce qu'ils apportent
Je regrette toujours ce qu'ils retirent


Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

La foire a eu lieu hier. La plus belle femelle humaine de France a été élue parmi tous les spécimens régionaux, sélectionnés par une maquignonne chapeautée au terme d’une présentation de leurs avantages anatomiques devant un jury concupiscent (le mot le plus évocateur de la langue française)

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Publié le 7 Janvier 2013

Le stéthoscope (voir la chronique médicale n° 15 « Les médecins bricoleurs ») a perdu de son aura depuis l’introduction en médecine de l’échographie, mais même jadis il ne pouvait pas tout faire. Dans les années 1950, à l’époque où les patrons examinaient un malade « exemplaire » dans un amphithéâtre devant les étudiants réunis, le Pr Louis Pasteur Vallery-Radot, manifestement préoccupé, mit son stéthoscope aux oreilles et dit, en appliquant le pavillon sur le dos du patient : « allo !! » dans un silence respectueux.

Ce que l’on peut obtenir avec un stéthoscope, ce sont les bruits du corps et le silence du patient. Si chez certains patients il faut arracher chaque mot, chez d’autres, au contraire, le problème est d’interrompre ou d’orienter le flux ininterrompu de paroles. L’utilisation du stéthoscope permet d’obtenir le silence et un havre de paix (ou certains médecins fatigués peuvent penser à autre chose). Si pendant l’auscultation le patient reprend son discours, le médecin à l’écoute entend une musique cacophonique et traumatisante mais pas les paroles.

C’est ainsi qu’une vieille dame de 88 ans se mit à parler alors que j'avais le stéthoscope aux oreilles. Je l’ai donc retiré pour l'avertir que je n'entendais pas ce qu'elle me disait et elle me répondit : " ça n'a pas d'importance, ce que je vous dis n'a pas d'intérêt". Lucidité.

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Publié le 7 Janvier 2013

Tirée du "Journal intime" de Franz Kafka cette phrase un peu mystérieuse :

"… j’eus quelques appréhensions quant à savoir si ma vie suffirait pour la durée de ma vie."

Elle me plaît bien, la question est de savoir ce qu'elle signifie exactement.

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Publié le 7 Janvier 2013

En Arabie Saoudite, deux médecins égyptiens, Mohamad Raouf et Chawqi Abd-Rabbo, accusés (sans aucune expertise médicale, ni véritable procès) d’avoir provoqué chez une patiente, épouse d’un haut dignitaire saoudien, une dépendance à la morphine, ont été condamnés à recevoir 1500 coups de fouet durant 15 années de détention.

Cette patiente en abusant de la prescription avait réussi à obtenir d’un hôpital de Riyad, des doses très supérieures à celles recommandées par ces médecins. Le Conseil national de l’ordre des médecins et l’Académie de médecine s’insurgent contre de telles pratiques. Protestation qui, malheureusement, ne servira sans doute  à rien dans un pays où la technologie inventée et amenée par l’occident est au service de mœurs datant du Moyen-âge ou de l’Antiquité (Code de Hammourabi)

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Publié le 7 Janvier 2013

Si vous voulez être heureux profitez des publicités sur les banques qui continuent à envahir les ondes et les écrans. Les banquiers philanthropiques, sourire aux lèvres et mains tendues, vous proposent, parfois en chantant, de résoudre tous vos problèmes financiers au besoin en se sacrifiant. Je ne sais pas pourquoi, j’ai beau être heureux, en les regardant j’ai comme une nausée.

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Publié le 7 Janvier 2013

Que Dieu me pardonne, mais je ne résiste pas à transcrire ici les paroles inspirées du cardinal-archevêque de Paris André Vingt-Trois prononcées à l’émission « Face aux chrétiens » le 6 novembre 2008 et rapportées par Le Canard enchaîné du 12 novembre 2008.

Voici la réponse du saint homme à la question, ô combien épineuse, sur la possibilité que pourraient avoir les femmes de lire l’Evangile pendant la messe, comme le souhaitent certains évêques : « Les femmes lisent l’Ecriture tant qu’elles le veulent, je ne pense pas que ce soit une question très difficile […]. Ce qui est plus difficile, c’est d’avoir des femmes qui soient formées : le tout, ce n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête ». Et d’après le journal, cette « réflexion », preuve que le saint homme a quelque chose dans la tête, aurait été accompagnée de rires gras.

Consternant.

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Publié le 7 Janvier 2013

Dédié à ceux qui, à la fin de l’enregistrement d’une émission de télévision, se lèvent pour apparaître dans le champ de la caméra, agitent les bras en affichant un sourire imbécile.

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Publié le 7 Janvier 2013

Ils partent traverser les mers pour leur plaisir et par orgueil sur leurs beaux jouets hors de prix et à chaque fois la mer, qui ne joue pas, en casse un ou deux. Alors les avions décollent et les navires, qui ne jouent pas non plus, se déroutent pour tenter de sauver le naufragé devenu un héros hors de prix et ceux qui gagnent péniblement leur croûte en traversant les mers se demandent, pas contents d’accroître ainsi leur labeur : « Mais qu’allait-il faire dans cette galère ? »

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Publié le 7 Janvier 2013

En Arabie Saoudite il a été trouvé le moyen de se prémunir contre les propos et les pensées malfaisants. Les médisances, les calomnies et les jalousies s’exprimant le mieux lors des mariages et des festivités autour des repas, les restes de ces repas sont censés protéger du mauvais œil. Les bonnes et serveuses les vendent en petits sachets de reliefs et ragotons, peu ragoûtants, anti-ragots fourmillant de microbes au prix de l’équivalent de 10 à 20 euros pièce.

Cette superstition a cela d’intéressant qu’elle permet aux pauvres de vendre à prix d’or des saletés aux riches, alors que c’est habituellement l’inverse.

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Publié le 7 Janvier 2013

Ne prenez pas de résolutions pour la nouvelle année...
Vous ne les suivrez pas et vous vous sentirez coupable.
Ah ! Bon, vous allez les suivre ? Alors je n'ai rien dit.

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Publié le 7 Janvier 2013

Dès janvier prochain  le slogan suivant s’affichera sur les bus londoniens : « Dieu n’existe probablement pas, alors cessez de vous en faire, et profitez de la vie”. Lasse des publicités chrétiennes placardées sur les bus de la capitale, émanant d’un groupe vouant les infidèles aux tourments de l’enfer, la journaliste Ariane Sherine a lancé une campagne pour financer des contre-publicités athées. En dix heures les promoteurs de cette initiative, soutenue par le scientifique et militant de l’athéisme Richard Dawkins, ont réuni 100000 livres (123000 €). Ainsi à Londres vont circuler trois types de bus : les athées, les chrétiens et les séculiers (publicité habituelle). Quels seront les bus qui assureront le meilleur service ? Dieu seul le sait.

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Publié le 7 Janvier 2013

Dans Le Point du 4/12/2008 est parue une interview d’un psychanalyste intitulé « L’insécurité, le mal absolu ». Cette interview porte sur les peurs de la société occidentale actuelle. L’analyse ne manque pas d’intérêt jusqu’aux derniers paragraphes « …en deçà de ces peurs multiformes et toujours renaissantes, ce qu’elles expriment et camouflent à la fois : une angoisse sociale diffuse et dont l’objet est voilé. ». Bien se dit-on, cet homme de l’art va nous dévoiler la cause première de toutes ces peurs et il le fait magistralement dans les dernières lignes « La peur de la bombe atomique n’est plus ce qu’elle était, mais la dernière en date de nos peurs médiatiques est plus subtile, s’insinue au plus intime (suspense) : récession alarmante de la production spermatique, croissance indue des cancers du testicule et des malformations masculines. Eh bien, le voilà, l’objet caché de l’angoisse. SOS phallus ! » Il n’y a plus qu’à tirer la chasse d’eau.

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Publié le 7 Janvier 2013

Objet résistant et imperméable à enfiler sur un Pape afin de l’empêcher de dire des bêtises criminelles, surtout en se rendant en Afrique.

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Publié le 7 Janvier 2013

Plutôt que de trop rouler des hanches, on peut se servir de ses hanches pour rouler.

Un certain Dr Alan Bittner, installé comme chirurgien plasticien à Beverly Hills, avait eu l’idée d’utiliser les résidus graisseux des liposuccions qu’il réalisait sur ses clientes pour produire du biocarburant (1 litre de graisse humaine équivaut approximativement à la même quantité de biocarburant habituellement produit à partir d’un mélange de maïs et de graisse de porc ou de bœuf). Ce bon docteur aurait réalisé 7000 liposuccions, il est vrai que sa compagne et lui avaient de grosses voitures à alimenter.

En raison de quelques ennuis le Dr Bittner aurait pris la fuite en novembre 2008 et se trouverait en Amérique du Sud. Il est regrettable de décourager ainsi les gens qui veulent sauver la planète.

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Publié le 7 Janvier 2013

Le mort objet commercialAprès le succès des séries américaines centrées sur l’examen de cadavres dans un triste état, après l’exposition « artistique » de pièces anatomiques, les Parisiens ont la chance de pouvoir visiter depuis le 12 février à l’espace 12 de la Madeleine l’exposition « Our body » qui exhibe enfin des cadavres humains entiers, démonstration ayant rencontré ailleurs un vif succès. Leur conservation a été réalisée par la méthode du professeur d’anatomie allemand Gunther Von Hagens (imprégnation polymérique ou plastination) qui consiste à substituer à l’eau et aux graisses des tissus, de la silicone, de la résine ou du polyester, travail qui exige 2000 à 3000 heures par corps.

Mais d’où viennent les cadavres ? On sait maintenant qu’ils sont chinois et soumis aux soins d’une société basée à Hong Kong. Le bon professeur a lui-même indiqué, il y a quelques années, que certains des corps exposés en Allemagne avaient une balle dans la tête. Notons en passant que la société du bon professeur est présente à Dalian, ville chinoise célèbre pour ses camps de travaux forcés. Qu’allez-vous penser là ? Les Chinois dont on expose les corps ont bien sûr consenti à ce que leur cadavre soit ainsi exploité à des fins commerciales. Un peu de dignité tout de même !

Le succès des séries américaines et des expositions anatomiques révèle chez beaucoup une fascination morbide. Ne faut-il pas écarter la foule qui se presse sur la voie publique pour voir un mort ? Cette fascination n’est pas récente : la visite du cimetière souterrain de Palerme fait partie du circuit touristique, on peut y voir de chaque côté des allées des cadavres debout ou assis, habillés de leur plus beau costume et contempler de leurs yeux vides la marche silencieuse des touristes en short.

Cette fascination, ou pour être moins radical, cette curiosité, si elle n’est pas récente, atteint de nos jours un niveau inconnu dans le passé : l’exploitation commerciale, retirant toute dignité aux morts et tout le respect qu’on leur doit.

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Publié le 7 Janvier 2013

Dans mon coup d’œil du 28/02/09, je m’étais montré fort irrespectueux envers un perroquet, soulevant d’ailleurs quelques protestations. Je fais donc amende honorable en publiant cet entrefilet : « Les médias américains ont rapporté l’étonnante histoire de Brian Wilson. Il y a quatorze ans, ce jeune pompier a été grièvement blessé dans un accident de voiture. Ayant perdu l’usage de la parole et de ses jambes, Brian Wilson resta pendant de longues semaines en compagnie de ses deux perroquets, qui eux n’avaient pas perdu leur langue… A force de les entendre jacasser, Brian Wilson aurait progressivement retrouvé ses mots, alors que les médecins considéraient qu’il ne s’exprimerait jamais mieux qu’un enfant de deux ans ! » (Journal International de Médecine du 26/02/09)

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Publié le 7 Janvier 2013

Mr Mugabe, vous qui êtes le dictateur du Zimbabwe depuis 29 ans, vous qui avez ruiné votre pays, où la misère a attiré le vibrion cholérique qui se sent comme chez lui au point de tuer 3500 de vos concitoyens, vous qui avez 85 ans, nous vous souhaitons, avant de mourir (paisiblement, bien sûr), de pouvoir jouir, la conscience tranquille (cela ne fait aucun doute), de la villa que vous vous êtes récemment payée à Hongkong pour la modeste somme de 4,5 millions d’euros.

 
Ainsi va le monde.

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