
Kandinsky : "Cimetière arabe"
Où vont-ils tous ces morts depuis la nuit des temps ?
Ils sont innombrables et les cimetières si petits
Sont-ils la terre que piétinent les vivants ?
Peut-être lassés d’être piétinés sortent-ils la nuit
Hors de leurs boîtes de bois verni les squelettes
Iraient se promener dans un bruit de cliquetis
Les momies dérouleraient leurs bandelettes
Et sortiraient du sarcophage sans leur habit
Les pharaons quitteraient le noir des pyramides
Pour jouer sous la lune avec le sable du désert
Et ceux qui n’ont pas eu de sépulture solide
Émergeraient comme des racines de la terre
Où vont-ils tous ces morts depuis la nuit des temps ?
Les cimetières sont si petits mais le ciel est si grand
Peut-être errent-ils dans le firmament
En soufflant sur la queue des comètes
Pour en faire de la poussière d’argent
Les morts emporteraient leurs squelettes
Pour fabriquer avec des météorites filants
Aux cieux les morts feraient ainsi la fête
Et laisseraient la terre aux vivants
Alors les vivants ne devraient pas encombrer les nues
S’ils veulent que les morts ne leur tombent pas dessus
Paul Obraska