
C’est un joli cimetière
Où les tombes bien en rangs
Comme s’alignent les enfants
Dans la cour de l’école primaire
Guettant le signal pour s’éparpiller
A tous vents en criant leur liberté
Et les morts attendent sagement
Qu’on vienne un jour les délivrer
Immobiles sans trop s’impatienter
L’endroit est joli et ils ont le temps
Ses portes comme des bras écartés
Ouverts sur le monde des vivants
Invitent les nouveaux morts à entrer
A se coucher sans faire de manière
Les anciens pousseront leur pierre
Pour faire une place au nouvel arrivé
Les vivants entrent toujours gênés
Ils marchent lentement en silence
Avec respect pour ne pas les réveiller
Mais ne montrent aucune impatience
Dans ce joli cimetière pour y rester
Paul Obraska
Marc Chagall « Les portes du cimetière » 1917