
Karl Brulloff « Le dernier jour de Pompéi »
CATACLYSME
Les hommes fats installés sur la braise
Regardent, satisfaits, leur unique nombril
Et dressent sur la croûte d’une fournaise
Les monuments orgueilleux de leur ville.
Les puissants vaniteux font trembler les gueux
Et tous sont balayés lorsque la terre frissonne,
Lorsqu’elle éructe et vomit ses entrailles en feu
En couvrant de ses cendres jardins et colonnes.
La mer bascule comme une coupe renversée,
Déverse dans l’écarlate sa marée monstrueuse
En noyant dans ses flots ce qui n’a pas brûlé.
La terreur des hommes devant la terre furieuse
Est celle des enfants assaillis de cauchemars
Qu’une mère insensible abandonne dans le noir.
Paul Obraska