
Manet : « La mort du toréador »
LE DORMEUR DE L’ARENE
C’est une arène ocre bordée d’étables.
La clameur lentement s’est retirée,
Comme meurt une vague sur le sable.
La foule regarde en silence, fascinée.
Le matador allongé sur son échine,
Tranquille, la tête tournée de côté,
Une main repose à plat sur sa poitrine,
Celle qui tenait son épée abandonnée.
Il paraît endormi, il a terminé son rôle,
La cape au sol comme un drapeau vaincu,
Une flaque de sang près de son épaule,
Du sang que l’ocre de l’arène a déjà bu.
Sable sanglant : du jaune et du vermeil,
Couleurs hispaniques tendues au soleil.
Paul Obraska