« Soyons sérieux » : c’est un copeau-clé de la langue de bois. Elle a pour but de
rabaisser l’adversaire ou le journaliste dont les arguments même exacts deviennent ainsi fantaisistes, pour tenter de rendre son propre discours crédible en lui donnant un label de véracité,
surtout s’il s’agit d’un mensonge.
« Nous le ferons après une large concertation » : c'est-à-dire, la décision étant déjà prise elle sera néanmoins exposée à ses adversaires qui ne pourront rien y changer. La concertation se situe entre la décision et son application.
« C’est un débat démocratique » est un copeau du même ordre : le débat l’est parfois (mais qui participe au débat ?), la décision qui en découle, rarement.
« C’est un progrès pour la démocratie ». Là il faut vraiment dresser l’oreille car le plus souvent c’est un recul (ex. un conseiller de Sarkozy a osé dire sur France Inter que la nomination du président de la TV publique par le président de la république était un progrès pour la démocratie)
« C’est une loi votée par les élus du peuple ». Il n’y a plus rien à dire, sauf que ce n’est pas pour cela que la loi est bonne, qu’il n’est pas du tout certain que le peuple dans sa majorité la veut, qu’une grande partie du peuple n’est pas représentée au parlement et qu’une fois élus – surtout en début de mandat – les représentants se fichent le plus souvent de ce que veut le peuple qu’ils sont censés représenter. Le peuple ne peut s’exprimer que par les sondages dont les résultats sont parfois manipulés, ne serait-ce que par les questions posées.
« La France est un pays d’assistés ». A commencer par les hommes politiques qui montrent l’exemple en n’hésitant jamais à augmenter leurs émoluments et à défendre leurs privilèges (à tel point que, comme pour les hauts fonctionnels, leur salaire ne leur sert, pour la plupart, que d’argent de poche).