« La balle est dans leur camp ». Ce copeau de la langue de bois d’allure sportive
a un côté ludique. Voilà des gens, en principe sérieux, qui jouent à la baballe. Le jeu consiste pour un camp politique ou syndical à se débarrasser de la balle, comme une patate chaude, en
l’envoyant chez l’adversaire pour regarder avec intérêt ce qu’il va en faire. On pourrait comparer ce jeu politique à du tennis ou du volley-ball où les joueurs envoient la balle de l’autre côté
du filet avec violence, en montrant les dents et en levant le poing lorsque la patate reste de l’autre côté. Ce qui ne les empêche pas de rigoler ensemble dans les vestiaires, comme les
politiques le font dans les palais de la République où seuls persistent les filets à provisions.
« Que le gouvernement (ou toute autre direction) prenne ses responsabilités ». On se demande ce que cela veut bien dire. Les responsabilités, il les a déjà. Ou alors d’habitude il les met de côté, bien rangées dans une armoire et quand on le sollicite, il les sort, les époussette et les prend. Ce copeau n’a aucun sens, même une direction qui ne fait rien reste tout aussi responsable de ce qu’elle est censée diriger.
« Il faut déchiffrer le message » Le message émane en général du peuple et est destiné aux gouvernants. Il parait difficile à lire sans doute en raison d’une certaine incurie du peuple à s’exprimer clairement, surtout lorsqu’il le fait en marchant. Les politiques, voire les journalistes se penchent donc avec perplexité sur le message abscons pour le déchiffrer. On comprend l’embarras de ces diplômés des grandes écoles devant des messages cryptés comme : « Je crains d’être licencié » ou « Je suis chômeur et je ne retrouve pas de travail » ou « Mon salaire ne me permet pas de vivre correctement ». Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ? En général les gouvernants devant les difficultés du déchiffrage se contentent d’une solution approximative comme « Ce message traduit un inquiétude ». Ah ! Bon, c’est rassurant, il ne se passe rien, c’est seulement la crainte qu’il se passe éventuellement quelque chose, on peut donc continuer comme avant.
« Il faut se retrousser les manches » copeau prolétaire toujours prononcé par ceux qui ne le sont pas en réponse aux prolétaires qui réclament une augmentation de leur salaire et de façon indécente aux chômeurs qui ne demandent qu’à les retrousser.