« Envoyer un signal » ; c’est le pendant du message. Le peuple envoie un message
qu’il faut déchiffrer et les gouvernants envoient un signal, de préférence fort. Il est curieux que le peuple et les gouvernants soient obligés de communiquer de façon aussi sibylline, du type
sémaphorique. C’est sans doute pour permettre à chacun d’avoir une interprétation qui lui soit favorable.
« Nous le ferons dans la transparence ». C’est un copeau très prisé par les politiques, sans doute en raison de sa connotation de limpidité et de pureté. Mais il veut dire aussi qu’auparavant ce n’était pas le cas. Dans une démocratie tout devrait être clair et vérifiable (sic) et cette affirmation n’est donc pas une avancée mais un aveu d’opacité habituelle.
Bien sûr il y a le « secret-défense » dont on comprend l’utilité, ne serait-ce que pour enterrer des affaires glauques.
« Nous avons créé une commission ». Chacun sait que c’est la façon la plus élégante d'enterrer un problème. Un copeau voisin est « nous avons demandé un rapport » avec des variantes plus gaies comme livre blanc ou livre vert. Les résultats d’une commission ou d’un rapport ont une utilité bien connue : ils servent à caler les meubles des ministères. Personne n’en tient compte ou on en prend un petit bout pour faire plaisir. Mais en attendant les résultats de la démarche, les gens sont obligés de se taire.
Les « Hautes Autorités », les « Conseils de… » qui poussent comme des champignons sont de la même veine, en doublant des structures déjà existantes (ne seraient-ce que les ministères). Les unes n’ont le plus souvent qu’une autorité limitée et les conseils des autres ne sont en général pas suivis, Quant aux observatoires, si l’on tient compte des retombées pratiques et en général filantes de leurs observations, leur coût pourrait être considéré comme astronomique.
Les gouvernants et les administrations font en outre une grande consommation de médiateurs dont on ne sait pas à quel genre ils appartiennent. Le médiateur est une chimère mi-politique, mi-civile qui s’interpose entre les élus du peuple et le peuple ou entre les services publics et le public, ce qui prouve leur éloignement. Le médiateur est chargé d’accélérer les démarches en créant une étape supplémentaire à franchir.
Mais tous ces bidules ne sont-ils pas la meilleure façon de caser des copains désœuvrés ou de récompenser des fidèles ?