Publié le 30 Novembre 2015

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Des études aux USA et en France ont montré que la prescription de Truvada (association d'antirétroviraux) diminuait nettement (mais pas absolument) le risque d'une contamination par le virus du SIDA chez les homosexuels séronégatifs, aux multiple partenaires, notamment occasionnels, lorsqu'elle encadrait un rapport sexuel anal susceptible d'être contaminant, et non protégé par un préservatif.

A la fin de mon article sur le sujet : 165. Convenance inconvenante, je me posais les questions suivantes :

Doit-on appliquer un traitement, certes bien toléré mais qui n’est pas dénué d’effets secondaires, à des gens en bonne santé (séronégatifs) ?

Doit-on le prescrire uniquement pour permettre à ceux qui sont le plus exposés à la contamination par le VIH de prendre des risques et de ne pas utiliser le préservatif ?

Le bien-fondé du remboursement par la sécurité sociale se posera. Le prix du Truvada est de l’ordre de 500 euros pour 30 comprimés ! Faut-il pour satisfaire des convenances très personnelles (multiplicité des partenaires, rapports anaux) que le contribuable débourse 50 euros (3 comprimés) à chaque fois que le bénéficiaire éprouve l’envie de s’envoyer en l’air à son goût ?

Il me semblait que poser la question, c’était déjà avoir la réponse. Mais je concluais que la polémique était à venir, car l’argument sérieux probablement avancé serait celui de l’intérêt de cette prophylaxie pour réduire le nombre de contaminations (ce que l’usage régulier du préservatif serait également capable de faire).

La réponse de Marisol Touraine ne s'est pas fait attendre : et elle n'est pas celle que j'avais suggérée. Pour ma part, il me semblait aller de soi qu'il était préférable d'avoir un minimum de prudence et de se protéger par un préservatif, plutôt que de demander à la société de prendre en charge les frais de ses frasques sexuelles. Mais faire appel au sens des responsabilités (pour une fraction des homosexuels) c'est faire preuve d'une grande naïveté.

Marisol qui ne semble pas supporter que les homosexuels masculins subissent la moindre contrainte dans l'épanouissement de leur libido, a préféré annoncer le 23 novembre 2015, la promesse du remboursement à 100% de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) pour le début 2016, répondant ainsi aux attentes pressantes des associations de lutte contre le SIDA qui s’étaient récemment exprimées. Dommage que cette promesse ne se soit pas concrétisée avant les fêtes de fin d'année, période particulièrement propice pour s'envoyer en l'air.

Soulignons que la ministre de la Santé, court-circuite ainsi la procédure officielle qui supposait l’intervention de l’ANSM et de la Haute autorité de Santé (HAS) avant de prendre une décision. A noter également que s'il est envisagé de rembourse une trithérapie particulièrement coûteuse, il n'a jamais été envisagé de rembourser le préservatif, bien plus efficace et bon marché.

Et ça va faire du monde, même si l'on ne suit pas les recommandations de l'OMS qui préconise la PrEP pour tous les homosexuels (HSH). Selon un rapport récent : « 1,6 % des hommes de 18 à 69 ans déclarent avoir eu au cours des 12 derniers mois des rapports sexuels avec une personne du même sexe et, dans l’enquête presse gays et lesbiennes 2011, 16 % des HSH non infectés par le VIH et 55 % de ceux ignorant leur statut sérologique disent avoir eu au moins une pénétration anale non protégée avec des partenaires occasionnels et sans aucune pratique de réduction de risque discernable dans les 12 derniers mois ».

Par contre, le comité d’experts qui s'était penché sur les indications de la PrEP n'a pas recommandé sa mise en place au sein des couples hétérosexuels sérodifférents, dont la prévention passe pour lui par l’utilisation du préservatif et un traitement bien suivi.

Encore une discrimination : que les hétérosexuels en couple mettent des capotes (ce sont donc des gens responsables), mais surtout pas les homosexuels dispersés et menacés. Comme c'est mignon !

Cependant, en étant réaliste, et comme il est impossible d'imposer l'utilisation régulière du préservatif, dans leur propre intérêt, à des gens irresponsables, si l'on met en balance le coût du traitement chronique de l'infection à VIH, et le coût de la prophylaxie pré-exposition qui permettrait d'éviter un nombre conséquent de contaminations, le traitement "à la demande", même remboursé, pourrait peut-être se révéler plus avantageux sur le plan économique que son absence. Comme quoi les calculs sont parfois vicieux, mais j'ignore s'ils ont été faits.

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Publié le 29 Novembre 2015

Le cauchemar de Sarkozy


Je suppose que Nicolas Sarkozy doit ronger son frein. Je suppose qu'il est ulcéré de ne pas être sur le devant de la scène, et de voir grandir la stature de François Hollande, tirée vers le haut – non par des talonnettes - mais par les circonstances exceptionnelles que vit la France, et qu'il semble correctement assumer. 
 

Hollande n'a pas hésité à aller de pays en pays pour tenter de mettre sur pied une grande coalition contre l'Etat islamique, certes avec un piètre résultat, mais on ne pourra pas lui reprocher de ne pas avoir été réactif, et d'avoir tenté de le faire. Peut-être que l'avenir montrera, d'ailleurs, que ceux qui refusent aujourd'hui cette coalition auront eu tort. 
 

Quant au registre compassionnel, la prestation de Hollande s'est toujours montrée à la hauteur, au point d'en abuser. Les acteurs ne rejettent jamais un rôle où ils excellent.
 

Et énorme cerise sur le gâteau, voilà la grande messe écologique qui réunit 150 chefs d'état, et qui permet à Hollande de parader pour la bonne cause au milieu du gratin mondial.
 

Intolérable.
 

Que pourrait reprocher Sarkozy à Hollande ? En dehors, bien sûr, de l'état de l'économie française qui ne peut que s'aggraver dans les circonstances actuelles, mais où l'ancien Président de la République a largement sa part de responsabilité.
Sarkozy n'est pas de ceux opposés à l'interventionnisme en Syrie ou ailleurs, étant lui-même passé par la case Libye. Il ne peut lui reprocher que le retard à l'allumage. Mais l'application de l'état d'urgence, et le contrôle des frontières auraient paru disproportionnés et sans doute critiqués après les attentats de janvier qui visaient des cibles spécifiques, alors que ceux du 13 novembre était un acte de guerre touchant la population sans distinction.
 

Mais le retard à l'allumage est certain pour ce qui concerne le contrôle plus serré et des interventions plus énergiques dans les milieux islamistes que l'on connaissait pourtant. Un retard dans l'utilisation d'un langage moins hypocrite, en cessant de psalmodier le « ça n'a rien à voir avec l'islam », et dont les gouvernants ont du mal à se débarrasser puisqu'ils hésitent à utiliser le terme « d'Etat islamique » pour le remplacer par « Daech » qui veut dire la même chose, mais en arabe. Les barbares qui le composent font partie d'un islam hétérogène comme l'inquisition fit partie du christianisme.
 

Mais le retard à l'allumage dans ce domaine n'a-t-il pas touché également Sarkozy quand il était au pouvoir après les assassinats d'enfants dans une école juive et de soldats français ?

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Publié le 28 Novembre 2015

 

On sait que les entreprises et le commerce se sont emparés des préoccupations écologiques pour apparaître comme vertueux dans leur communication en prétendant tenir compte de ces préoccupations. L'écologie est devenue un argument de vente en utilisant un langage approprié dans leur publicité même s'il ne correspond à rien de concret. On constate donc une débauche de « durable », de « renouvelable » ou « d'écochose ».

Nous sommes également préoccupés par le terrorisme qui ne fait que croître depuis une décennie, et le réchauffement climatique s'accentuant parallèlement, il était tentant de les rapprocher en faisant du second une cause du premier.

C'est ainsi qu'il est espéré que la réunion de Paris du 30 novembre permettra de mettre sur pied « un plan fort contre le changement climatique [qui] contribuerait également à neutraliser certaines des causes profondes du terrorisme » (Mollie Reilly, Le Huffington Post).

On ne peut contester que la sécheresse retentissant sur les ressources agricoles risque de provoquer ou a pu provoquer des migrations de populations, une instabilité de la société, et une impuissance politique devant les conséquences des conditions climatiques . « Ces déficits de gouvernance favorisent les idéologies extrémistes et les conditions propices au développement du terrorisme. »(rapport du Pentagone de 2014)

Pour des études américaines on a là la cause de la guerre civile en Syrie.

Il est certain que des conflits risquent d'éclater dans l'avenir pour s'approprier des ressources et notamment les sources d'eau, et que les migrations elle-mêmes peuvent être à l'origine de conflits, mais n'est-il pas un peu sommaire de considérer le réchauffement climatique comme une cause profonde du terrorisme ? Deux phénomènes peuvent évoluer dans le même sens sans qu'il y ait un rapport de cause à effet, même si l'un peut aggraver l'autre.

N'y a-t-il pas là un argument un peu spécieux (pour ne pas dire opportuniste) pour pousser les pays à prendre des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique ? Car si le réchauffement climatique n'aura ses effets désastreux que dans l'avenir, le terrorisme est vécu dans le présent, et malheureusement les gouvernants sont plus sensibles au présent qu'à l'avenir.

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Publié le 27 Novembre 2015

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Etant parisien et ayant toujours vécu à Paris, j'ai connu dans ma vie beaucoup d'attentats, chacun avec ses caractères spécifiques quant à la population visée, le symbole à atteindre, l'idéologie à promouvoir, la méthode et les moyens utilisés.

Mais à de rares exceptions près, ces attentats ont toujours eu un rapport avec le Maghreb, le Proche ou le Moyen Orient, c'est à dire avec le monde arabe ou musulman dont les soubresauts n'en finissent pas, et ne sont pas près de finir. C'est lassant.

Le monde arabe est écartelé entre le passé que certains veulent rétablir, et la modernité à laquelle il n'a guère participé, et que d'autres veulent enfin établir. Il existe des pays, telle l'Arabie saoudite, « théocratie obscurantiste, où une innombrable famille royale, jouisseuse, hypocrite et corrompue, bénéficie d’une double rente de situation : le pétrole et les lieux saints de l’islam »1, qui se comportent comme des chimères en juxtaposant les deux : La pointe de la technologie, inventée par d'autres, dans laquelle ils investissent leur fortune, mais au bénéfice d'une population dont les mœurs sont restés totalement figés dans le temps.

Chaque attentat nous choque, et il est fait pour choquer. Le dernier a été monstrueux par la façon dont il s'est déroulée, le nombre de victimes, leur âge, et les lieux, symboles de la douceur de vivre.

Puis les jours vont passer, et on va s'habituer aux attentats, comme on s'habitue aux accidents de la route, en espérant ne pas en être la victime.

La peur va s'estomper. Pour un temps. Elle renaîtra au prochain attentat comme le ferait une piqûre de rappel.

Mais nous ne serons jamais immunisés.

1 Jacques Julliard, Marianne le 31/10/15

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Publié le 26 Novembre 2015

 

Hani Ramadan, prédicateur proche des Frères musulmans et directeur du Centre islamique de Genève, autant dire le phare de la pensée islamique, a encore frappé.

On se souvient de son interprétation des événements survenus dans le Thalys Amsterdam-Paris (Voir : « La vérité sur les événement du Thalys »), parlant de mise en scène, et de manipulation pour rehausser le prestige des militaires américains qui avaient réussi à maîtriser l'arabe surarmé, au prix de quelques blessures, et pour jeter le discrédit sur les maghrébins, alors que ce pauvret, alourdi par ses armes, mis brutalement hors d'état de nuire, n'était qu'un « terroriste présumé » et non pas un « terroriste avéré » puisqu'il n'avait encore tué personne.

Cette fois le phare de la pensée islamique ne pouvant contester le caractère terroriste « avéré » de la tuerie du 13 novembre , perpétrée par de « gentils maghrébins » (terme utilisé dans ses commentaires sur les événements du Thalys) a donc écrasé une larme en parlant de « crimes odieux ».

Mais le Canard enchaîné signale que « Hani soit qui mal y pense », égal à lui-même, a émis quelques jours après,le 21/11/15, sur le site « Conspiracy Watch » cette recommandation d'une perspicacité hallucinée : « Commençons par surveiller le Mossad ».

Ce qui prouve que même un tragi-comique est capable de surveiller un service secret.

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Publié le 24 Novembre 2015

 

L'intégriste applique à la lettre les préceptes de sa religion, les voulant inchangés dans le temps, et en s'adaptant le moins possible aux circonstances et à l'environnement. La religion monothéiste la plus anachronique et la plus intemporelle, est l'islam puisque son texte fondateur exprimerait la parole divine alors qu'il n'est, pour les historiens, que le reflet d'une époque déterminée, celle du début du Moyen Âge.

En tant que parole divine elle est, par définition, inaltérable, et inadaptable. En théorie, l'islam qui prétend régir les mœurs et la justice est une impasse sociétale.

Les préceptes de l'islam, obnubilés par le sexe et la soumission de la femme, paraissent donc décalés par rapport à notre société d'origine judéo-chrétienne qui, elle, a subi l'évolution historique même sur le plan religieux.

Pour les islamistes de l'EI, la solution est simple : pour supprimer le décalage il suffit de supprimer les autres sociétés jusqu'à leurs souvenirs comme le montre la destruction des temples antiques. Ces islamistes cherchent à supprimer le passé et l'avenir, et à immobiliser l'histoire en la replaçant au temps de leur prophète. Mais ils ne manquent pas d'utiliser pleinement la technologie moderne qui est pourtant le produit le plus démonstratif de l'évolution historique, et de la société qu'ils veulent détruire. Paradoxe obligé, car cela fait des siècles que la société musulmane, après avoir été brillante, n'a rien inventé.

Tout ça pour en venir à l'imam de Brest dont l'expulsion est en question. Ce serait un « salafiste quiétiste », il ne prêcherait pas la violence mais l'intégrisme religieux. Ses prêches diffusés par internet ont une large audience. Celui sur la musique, celle-ci considérée comme une activité satanique, destiné à des enfants d'une dizaine d'années, où l'imam les menace d'être transformés en cochon ou en singe s'ils osent se livrer à cette activité monstrueuse en est un exemple, alors que les jeunes baignent dans la musique au point de l'absorber toute la journée par les écouteurs.

Certes, cet imam ne prêche pas la violence, mais il y prépare. Il coupe radicalement ses auditeurs, d'autant plus sensibles qu'ils sont jeunes, de la société qui les environne. De tels prêches risquent donc d'aboutir au rejet de la société où ils vivent, au repli communautaire, voire à la haine des autres. Parfait terreau pour le terrorisme. Le chauffeur de bus qui a participé aux attentats du 13 novembre ne voulait pas s'asseoir sur le siège auparavant occupé par une conductrice femme. Je suppose que l'imam de Brest le lui aurait conseillé.

Les parents musulmans qui envoient leurs enfants se faire laver le cerveau par l'imam de Brest sont plutôt satisfaits de son activité, et constatent que le quartier est plus calme depuis qu'il est là, avec moins de dealers.

Pour ma part je préfère des dealers qui se tuent entre eux que des intégristes qui tuent les autres.

Malheureusement l'islam est intégriste par nature, et les musulmans éclairés sont obligés de faire leur marché à travers les textes fondamentaux, privilégiant certains et fermant les yeux sur d'autres. Mais les imams exerçant en France continuent de discuter ouvertement des conditions dans lesquelles le Coran permet au mari de battre sa femme. Si les non musulmans battent parfois leur femme, ce n'est jamais avec l'aval de leur religion.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 23 Novembre 2015

 

On se demande quelle mouche vénéneuse a piqué Manuel Valls pour déclarer la semaine dernière que la France pourrait être l'objet d'attaques chimiques ou bactériologiques. Menace qui n'était pas ignorée mais qui prenait un caractère officiel dans la bouche d'un Premier ministre. Déclaration renforcée par des médias qui ont par la suite affirmé que selon les services de renseignement, l’Etat islamique aurait la capacité de fabriquer du gaz moutarde dont a pu admirer les effets lors de la première guerre mondiale.

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s'est empressé de vouloir rassurer la population en affirmant que « Toutes les précautions sont prises pour éviter ce type de risque ». C'est tant mieux. Mais on peut remarquer que, d'une part, si ces précautions sont prises (et il nécessaire qu'elles le soient) le risque existe bel et bien, et que, d'autre part, ces précautions ne peuvent pas être préventives mais imposées après coup car il est impossible de distribuer des masques et /ou des tenues de protection à porter préventivement par des millions d'individus vaquant à leurs occupations.

Est-ce la raison pour laquelle à l'hôpital pédiatrique Necker, qui dispose d’un important stock d’équipements de protection individuelle (EPI), dont des combinaisons, des masques, des lunettes, des gants ou encore des bottes en polyéthylène, équipements lourds, souvent délicats à manipuler, il a été constaté qu'une dizaine d'équipements ont été volés dans un local, sécurisé par un code d’entrée, mais qui n'empêchait aucunement d'être fréquenté par une petite foule .

Une enquête est en cours, mais il me semble qu'il n'existe que trois possibilités :

  1. Le vol a été commis par des membres du personnel pour leur propre besoin (ou pour les revendre) car inquiétés par les déclarations gouvernementales,

  2. Le vol a été commis par des terroristes, venus de l'extérieur, pour assurer leur survie lors de leurs manipulations.

  3. Un ou plusieurs membres du personnel sont de futurs terroristes qui prennent leurs précautions.

Je vous souhaite une bonne soirée.

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Publié le 22 Novembre 2015

 

L'empire de la lumière

Aujourd'hui sur Paris le ciel est d'un beau bleu.

Ce bleu d'Île de France teinté de la douceur d'une goutte de lait.

Les terrasses sont pleines. Les gens profitent de la tiédeur du soleil automnal, les joues un peu rougies par un petit froid bienfaisant.

Et les passants passent, et les couples s'enlacent avec un petit sourire en coin pour dire merde à la baudruche menaçante, gonflée de sang, brûlant dans le désert sous le soleil de l'enfer, et le froid de la mort sans lendemain.

L'empire de la lumière

Magritte : « L'empire des lumières »

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Publié le 21 Novembre 2015

 

Que faire d'autre sinon « Laisser pisser le mérinos » pour le vulgum pecus que nous sommes en ces temps perturbés où chacun d'entre nous ne peut guère avoir d'influence sur les événements si nous ne sommes pas aux responsabilités.

Mais puisque nous parlons de laisser couler l'urine, certains d'entre vous pourraient peut-être vouloir le recueillir si l'on en croit l'article paru dans Planetesante.ch. Et dont je reproduis le texte ci-dessous.

« Des millions de personnes dans le monde boivent leur urine afin de soigner tous leurs maux. Cette médecine alternative en vogue en Asie notamment, ne repose sur aucune base scientifique et n’est pas sans danger. Son attrait ne date pas d’hier. Dans l’Antiquité, l’urine était déjà parée de multiples vertus thérapeutiques, au point qu’Hippocrate, le père de la médecine, prônait son ingestion. Suscitant à la fois dégoût et fascination, ce liquide biologique a toujours fait l’objet de multiples croyances, comme celle défendue par le naturaliste romain Pline l’Ancien qui prétendait que l’urine d’eunuque rendait les femmes fécondes.

Plus tard, au XVIe siècle, "la boisson d’or", comme on l’appelait alors, servait à confectionner des remèdes variés. Ambroise Paré, le pionnier de la chirurgie moderne, utilisait d’ailleurs ce liquide stérile pour désinfecter et cicatriser les plaies.

Aujourd’hui, le recours à l’urine à des fins médicales est remis au goût du jour et porte le nom d’urinothérapie. Cette médecine alternative aurait déjà des millions de partisans dans le monde –surtout au Japon, en Allemagne et aux Pays-Bas– et son influence ne cesse de s’étendre en Europe. A lire les témoignages des adeptes, l’urine serait la panacée. Il suffirait de la boire ou de se l’injecter dans un muscle pour traiter le sida, le cancer, le diabète, la sclérose en plaque, l’asthme et bien d’autres maladies. Ou encore de l’étaler sur sa peau pour soigner ses problèmes dermatologiques.

Le pape de cette méthode, le Néerlandais Coen Van der Kroon, considère en effet que l’urine est un véritable «élixir de vie» (c’est le titre du Guide complet d’urinothérapie qu’il a publié aux éditions Jouvence). Selon lui, les reins produisent des substances qui, une fois réintroduites dans l’appareil digestif, auraient des effets bénéfiques. Notamment des produits qui fortifient le système de défense de notre organisme.

"Il est vrai que l’urine renferme des composants du système immunitaire, comme des cytokines produites par les globules blancs, commente Olivier Bonny, médecin-associé au service de néphrologie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Mais cela ne signifie pas que, lorsqu’on boit son urine, ces substances peuvent être réabsorbées par le corps".

Les partisans de cette méthode partent aussi du fait que le fœtus qui se développe dans le ventre de sa mère est plongé dans le sac amniotique constitué à 80% d’urine et que celle-ci contient des sels minéraux, des acides, des hormones, des enzymes et des vitamines. Un argument qui ne convainc pas le néphrologue du CHUV. "L’urine présente dans le liquide amniotique évolue dans un milieu stable et fermé. Elle ne ressemble pas à celle que nous produisons, dont la composition varie sans cesse en fonction de notre métabolisme".

Une chose est sûre: il n’y a aucune base scientifique prouvant les bienfaits de l’urine sur la santé. "Il y a bien eu une lettre de lecteur, publiée dans la revue médicale réputée The Lancet, rapportant deux cas de cancer du foie traité par l’urée, constate Olivier Bonny. Mais il ne s’agissait que d’observations qui n’étaient pas fondées sur des critères scientifiques". C’est un peu bref pour extrapoler et en déduire que l’urine guérit du cancer. "Si le corps élimine certaines substances par l’intermédiaire de l’urine, cela signifie qu’il n’en a pas besoin, souligne le spécialiste. Je ne vois donc pas l’utilité de les ingérer à nouveau".

D’autant que cette pratique n’est pas sans risque. Certes, de nombreuses histoires circulent à propos de ces soldats perdus dans le désert et privés d’eau qui ont réussi à rester en vie en consommant leur urine. Cela leur a permis de tenir quelques jours. Toutefois, "si l’on réingurgite les déchets éliminés, on peut s’intoxiquer". En outre, remarque Olivier Bonny, "lorsque l’urine contient des agents pathogènes, elle devient une source d’infections potentielle". En prendre un verre de temps en temps, passe encore. Mais le faire régulièrement ou ne boire que cela peut avoir de fâcheuses conséquences.

191. « Laisser pisser le mérinos »Pour prouver les bienfaits de l’urinothérapie, les partisans de la méthode soulignent que les laboratoires pharmaceutiques n’hésitent pas à tirer de l’urine certains médicaments. C’est vrai. La gonadotrophine (hormone utilisée dans la procréation assistée) a longtemps été extraite de l’urine de femmes enceintes. Ce mode de production est désormais abandonné car, pour éviter d’éventuelles contaminations, on préfère maintenant produire cette hormone à l’aide des biotechnologies. Quant à l’urokinase, elle doit son nom au fait qu’elle a, pour la première fois, été isolée de l’urine. Cette enzyme, employée pour dissoudre les caillots sanguins, est encore aujourd’hui parfois extraite de l’urine humaine.

Toutefois, les laboratoires ne se contentent pas de séparer la substance qui les intéresse du liquide biologique. Ils prennent soin aussi de la purifier, ce que l’on ne fait pas en buvant son urine »

François Boucher : « Toilette intime ou une femme qui pisse »

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 20 Novembre 2015

 

Et ça recommence. Après un attentat commis par des islamistes illuminés, les médias nous imposent la répétition en boucle de leur vie édifiante, vide et sans intérêt. Des assassins dont les cerveaux bien lavés ou plutôt bien salis les ont conduit, comme des robots sans âme, à tuer et le plus souvent à être tués à leur tour, parfois en se suicidant.

On nous rabâche par les discours et les images, à longueur de journée, le parcours de ces individus, un parcours stéréotypé, qui ne nous apprend pas grand chose, et pourrait servir comme modèle en changeant simplement le nom.

Nous avons toujours droit à l'interview des proches ou des voisins qui ne manquent pas d'insister, presque toujours, sur le caractère affable de l'assassin. Le plus irritant est le passage en boucle de leurs portraits souriants, des gens comme vous et moi. Il est dommage que les journalistes ne disposent pas de la photo de l'assassin enfant jouant dans un bac à sable, sinon nous aurions pu nous attendrir dessus.

Je sais bien que nous sommes en démocratie et que l'information est encore libre, mais nous faisons des héros de ces individus minables qui n'ont rien fait de leur vie, sinon tuer, et nous transformons leur parcours en épopée, ce qui ne peut qu'encourager d'autres à suivre le même chemin pour laisser leur nom dans l'histoire.

Je sais que c'est impossible, mais j'aurais préféré que l'on ne divulgue pas leur nom, et que l'on ne désigne ces individus que par un numéro : tueur n°1 ou tueur n°2 de l'attentat X comme on le ferait pour des robots meurtriers.

Robots meurtriers

Dessin de Pétillon paru dans le Canard enchaîné du 18/11/15

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 18 Novembre 2015

 

Un article de Courrier international, qui fait état d'études américaines, nous met en garde sur les conséquences psychologiques, voire psychiatriques, d'une consommation excessive d'informations, et d'images de catastrophes ou d'attentats transmises par la télévision, les réseaux sociaux ou les journaux.

Une consommation en boucle, pendant plusieurs heures, ce qui est souvent le cas lorsqu'un événement vient de survenir, peut provoquer un stress post-traumatique parfois prolongé, alors même que l'on n'a pas assisté soi-même à l'événement, et peut même apparaître lors des commémorations et des rappels du drame.

Les conséquences psychologiques (insomnie, angoisse, dépression) sont d'autant plus à craindre que l'on est soi-même vulnérable, et que l'identification avec les victimes s'impose d'emblée lorsqu'un attentat s'est déroulé - comme ce fut le cas pour les Parisiens le 13 novembre – dans des lieux que l'on fréquente fréquemment, tels une terrasse de café, un restaurant ou une salle de spectacle.

Il faut dire que les médias dans de telles circonstances ont du grain à moudre, et nagent dans la catastrophe comme des requins dans l'eau. Les journalistes tiennent absolument à nous faire revivre l'événement comme le montre ce titre dans Le Huffington post :

Désintégration

Le plus sage pour notre santé mentale, une fois l'information reçue, serait de fermer les boîtes à images et les moulins à paroles.

Néanmoins, ce matin, apprenant que la police avait donné l'assaut d'un appartement à Saint-Denis, j'ai ouvert la télévision. Au début le journaliste ne sachant pas trop ce qui se passait, s'est empressé d'interroger un témoin. J'ignore si c'est par malice : voici la photo du témoin interrogé :

Désintégration

Une femme en burqa noire, le visage masqué, exemple de l'intégration réussie. Elle a pu cependant prononcer en français quelques mots à travers sa bavette mortuaire pendant que ses coreligionnaires échangeaient des coups de feu avec les forces de l'ordre, et qu'une consœur, sans doute également en burqa (c'est plus commode pour masquer une ceinture d'explosifs) se faisait désintégrer en désespoir de n'avoir pu le faire au milieu d'une foule d'innocents.

 

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 17 Novembre 2015

 

Une journaliste, animant un débat d'experts à propos des attentats du vendredi 13, semblait avoir eu subitement une illumination - je n'ose pas dire une révélation - en posant cette question existentielle à ses invités : « mais l'organisation de l'état islamique n'est-elle pas une secte ?! » Ce qui à ses yeux paraissait tout expliquer.

Bien que cela ne fut pas la réponse donnée par l’aréopage, il me semble, ma bonne dame, que toutes les religions sont des sectes.

Le Petit Robert donne plusieurs définitions du mot « secte » :

(D1) Groupe organisé de personnes qui ont la même doctrine au sein d'une religion.

(D2) Communauté fermée d'intention spiritualiste, où des guides, des maîtres exercent un pouvoir absolu sur les membres..

(D3) Ensemble de personnes qui professent une même doctrine.

Toutes les religions répondent à (D3) et toutes les religions monothéistes ont répondu à un moment ou à un autre de leur histoire à (D1) ou (D2).

Sortant de l’Égypte polythéiste, Moïse a imposé au peuple hébreu la croyance en un dieu unique à la fois protecteur et exigeant, d'autant plus puissant qu'il était unique. Pour le protection ce fut plutôt raté, mais les dévots ne manquent jamais d'affirmer après chaque massacre que la protection n'avait été retirée que parce que les exigences n'avaient pas été intégralement respectées. Les prêtres ont tendance à ajouter la culpabilité au malheur.

Il est possible que Moïse se soit inspiré du pharaon Akhenaton qui imposa pendant son règne, environ un siècle auparavant, la croyance en un dieu unique : le disque solaire. Une croyance des plus sensées, puisque le Soleil est à l'origine et au maintien de toute vie sur Terre et que tous peuvent vérifier chaque jour son existence. Religion d'une simplicité biblique qui n'a duré que le temps de son créateur.

Le christianisme, comme chacun sait, fut d'abord une secte juive constituée par un petit cercle de disciples croyant en la parole de Jésus de Nazareth, mais qui comptaient bien rester dans la religion de leurs pères. Sa séparation du judaïsme et son expansion furent surtout l’œuvre du juif Saul de Tarse (Saint Paul), et il est possible que sans lui l'Empire romain aurait tôt ou tard adhéré au monothéisme juif qui s'était déjà répandu en son sein, et ces noyaux judaïques furent finalement les vecteurs du christianisme. L'influence gréco-romaine fit du christianisme un polythéisme résiduel par la croyance (imposée tardivement) d'un dieu incarné dans un homme, et en faisant de sa mère une divinité. Ces dernières croyances n'avaient plus rien à voir avec le judaïsme dont le nom même de dieu est un mystère.

Mahomet imposa par les armes aux tribus bédouines polythéistes un monothéisme que celles-ci considéraient au début comme sectaire. Monothéisme très épuré, dont la simplicité allait séduire de gré ou de force beaucoup de monde. Inspiré du judaïsme, Mahomet le proposa logiquement aux juifs de Médine lorsqu'il fut accueilli par eux après sa fuite de la Mecque. Les tribus juives de la péninsule arabique habituées à leur religion depuis près de deux millénaires refusèrent la proposition de Mahomet, ce qui leur coûta la vie par la suite.

L'adage qui veut que les religions ne sont que des sectes qui ont réussi se vérifie dès que l'on se penche sur leur histoire. Alors espérons que l'EI, qui répond aux trois définitions, échouera, mais on ne peut nier qu'il revêt l'aspect sectaire et sanglant de l'islam originel qu'il revendique. Même s'il disparaît en perdant l'attrait du califat, il n'est pas sûr que sa doctrine intégriste et obscurantiste ne se développe pas dans le monde musulman qui comporte déjà des pays dont la doctrine religieuse est similaire.

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Publié le 16 Novembre 2015

 

"Le syndicat de la magistrature (situé à gauche) "s'inquiète" de la mise en place d'un état d'urgence. Dans un communiqué, l'organisation poursuit : "Lutter contre le terrorisme, c'est d'abord protéger nos libertés et nos institutions démocratiques en refusant de céder à la peur et à la spirale guerrière" (Slate.fr).

Donc, ne rien faire. Peut-être même tendre l'autre joue, ça éviterait la spirale. Les terroristes en seraient sûrement gênés.

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Publié le 15 Novembre 2015

 

Peur sur la ville

Hier, pendant toute la journée, nous avons eu sur les chaînes d'information le spectacle permanent des attentats du vendredi 13.

Nous avons entendu le récit itératif des témoins, et senti leur émotion au bord des larmes.

Nous avons vu en boucle les images nocturnes de gens terrorisés, fuyant dans les ruelles, cherchant un abri, jusqu'à se pendre à une fenêtre, avec en fond sonore les appels, les cris, le bruit sec des détonations et des explosions.

Nous avons vu le même défilé de policiers, de militaires, d'ambulances, des corps que l'on évacuait, et l'image des hôpitaux qui les recevaient.

Nous avons été bouleversé, à chaque fois, par les parents qui cherchaient leurs enfants, par les amis qui cherchaient leurs amis, une photo de l'être aimé dans leurs mains.

Nous avons aussi vu à de multiples reprises les bougies et les fleurs sur les terrasses criblées de balles, et les gens faisant la queue pour donner leur sang.

Nous avons ainsi vu tourner, grâce aux médias, l'horrible manège du triomphe des terroristes .

Ces crétins meurtriers avaient atteint le but assigné par d'autres, bien à l'abri : distiller, diffuser, répandre la peur.

Edvard Munch ; « Le cri »

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Publié le 14 Novembre 2015

 

Après les attentats d'hier la grande majorité des réactions politiques nationales (et internationales, même de ceux qui soutiennent plus ou moins les terroristes) ont été celles que l'on pouvait attendre : compassion, hommage aux forces de l'ordre, solidarité, fermeté, mesures sécuritaires renforcées dont on verra en pratique ce qu'elles vont ajouter en efficacité à celles qui existent déjà.

Et bien sûr « des terroristes qui se disent «islamistes» (qui se revendique, absurdement, de l’islam) » (Aude Lorriaux, Slate.fr). Absurde ? Quand on crie « Allah est grand » avant de tirer et quand l'Etat islamique revendique les attentats de Paris en se référant à la volonté d' « Allah le très miséricordieux », il serait en effet absurde de considérer que ces assassinats de masse ont quelque chose à voir avec l'islam.

Comme après les assassinats dans la rédaction de « Charlie hebdo » où l'on a rapidement entendu des « ils l'ont bien cherché », les victimes devenant les coupables, aujourd'hui on ne manque pas d'accuser l'Etat français. Accusation attendue de la part d'une bonne partie de la droite qui souligne les failles sécuritaires de la part du gouvernement. On peut sans doute mieux faire, mais il est bien difficile d'éradiquer une menace de la part de terroristes prêts à donner leur vie pour une cause délirante si les soutiens à ce terrorisme ne sont pas supprimés. Les attentats ne manquent pas sous les régimes autoritaires.

Plus originale est la mise en accusation sur le mode : « la France l'a bien cherché » :

« Que dire, aussi, de la complaisance de l’extrême-gauche à l’égard de l’horreur islamiste ? « Cette barbarie abjecte en plein Paris répond à la violence tout aussi aveugle et encore plus meurtrière des bombardements perpétrés par l'aviation française en Syrie suite aux décisions de François Hollande et de son gouvernement », déclare le Nouveau Parti Anticapitaliste dans un communiqué : « Nous refusons toute union nationale avec les responsables des guerres, la bourgeoisie, Hollande, Sarkozy et Le Pen. » Même tonalité de Lutte Ouvrière, qui proclame n’avoir « aucune solidarité avec l’Etat français et avec ses dirigeants politiques. » (Thibaut Pézerat, Marianne).

On voit donc que cette extrême-gauche se révèle l'alliée "objectif" (qualificatif dont elle raffole) de l'Etat islamique.

Pour couronner la mise en accusation, nous avons également droit à celle de Bachar El-Assad puisqu'il vient de déclarer que l'attitude de la France à son égard a contribué à l'expansion de l'Etat islamique. Sous-entendu de la part du bourreau de son peuple que c'est bien fait pour nous, alors qu'il comptait plus ou moins sur les islamistes pour mater ses rebelles.

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Publié le 14 Novembre 2015

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Publié le 12 Novembre 2015

 

« Me voici, après la parution de La seule exactitude, doté d' « intentions putrides »1 et d'une pensée « nauséabonde » (Alain Finkielkraut).

Je n'ai pas lu le nouveau livre de l'académicien, mais l'ayant écouté et déjà lu, je me doute un peu de son contenu. Il ne s'est jamais privé de dénoncer les renoncements de l'école de la République, les dangers de l'islamisme, et la naïveté d'une gauche dite « progressiste » qui combat l'antisémitisme mais excuse les antisémites arabes ou noirs, et qui à défaut de ne plus pouvoir défendre des exploités, s'est rabattu sur la défense de ceux qu'elle considère comme des exclus ou des opprimés, et dont beaucoup se moquent en retour de leur compassion en exprimant ouvertement leur « aversion pour la laïcité, la liberté d'esprit, [et] l'égalité des hommes et des femmes », mais demande en revanche à cette gauche béate de lutter contre l'islamophobie.

Il faut constater que la gauche devient de plus en plus sensible de l'odorat : elle reconnaît le mal à son odeur. Elle n'argumente plus, elle renifle, et détecte immédiatement le « nauséabond», le « rance », le « moisi » et maintenant le « putride »

Je crains cependant que dans nombre de cas elle ne soit atteinte de cacosmie subjective, c'est à dire de la perception d'une odeur fétide par hallucination ou perturbation du sens olfactif.

Il est à noté qu'une partie de la gauche semble avoir depuis longtemps des problèmes avec son odorat, car il fut un temps où les communistes et les maoïstes étaient atteints d'anosmie au point de ne pas sentir l'odeur de la putréfaction dégagée par les millions de cadavres russes, chinois ou cambodgiens.

1. Nicolas Offenstadt dans Libération

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Publié le 10 Novembre 2015

 

Ce matin, dans le métro, en jetant un coup d'oeil discret aux hommes se trouvant dans le wagon – discrétion oblige car Dieu sait (le sait-il ?) qu'un regard peut avoir des conséquences imprévisibles – j'ai constaté, comme d'habitude, qu'en dehors de ma modeste personne, il n'y avait qu'un seul homme rasé de près. C'était un homme entre deux âges (formule que tout le monde comprend, et qui pourtant ne veut rien dire puisque le seul moment où l'on n'est pas entre deux âges est celui de la mort), et Ô paradoxe, cet homme était aveugle avec son chien étendu à ses pieds, et qui regardait de temps en temps son maître comme pour s'assurer que tout allait bien.

S'il y avait une personne dont on pouvait comprendre qu'elle ne puisse pas se raser de près était bien un aveugle, à moins que celui-ci n'ait pas été mis au courant que la mode imposait aux hommes dans le vent d'entretenir soigneusement une barbe de trois jours. Se raser proprement paraît de plus en plus ringard, et le poil mi-long se développe comme une épidémie dermatologique. Cette négligence de la couche épidermique du visage touche toutes les couches sociales, mais elle s'impose presque comme une obligation dans le milieu médiatique.

Un voyage aux poilsNous avons donc à la télévision une exposition de tous poils, et comme cette épidémie touche également des gens d'un certain âge, nous avons droit au spectacle affligeant d'un hirsutisme bicolore où de rudes poils blancs viennent enlaidir des visages qui, auparavant, ne manquaient pas de charme.

Cette mode est déjà ancienne, et s'étend plutôt qu'elle ne régresse. Est-ce l'indice d'une procrastination généralisée ? Que l'on pourrait résumer ainsi : Je ne suis pas encore barbu, mais je ne suis plus glabre. J'hésite. Mais je suis viril.

Un voyage aux poilsCurieusement dans le même wagon (mon trajet est assez long), à côté des effets du rasoir paresseux, j'ai pu également constater les effets du rasoir actif. Une tête entièrement rasée, celle d'un chauve* qui de cette façon avait cessé de se faire du souci pour les derniers cheveux qui lui restaient, et un jeune noir inspiré par « le phare de l'humanité » qui éclaire le monde sur ses courtes pattes depuis la Corée du Nord. En suivant son exemple, il s'était fait raser Un voyage aux poilsintégralement les tempes. Comme cette dernière mode qui touche nombre de jeunes est souvent suivie par les noirs pourvus d'une chevelure dense et crépue, l'ensemble donne l'impression moins d'une chapka que d'une haie bien taillée que l'on se retient de vouloir arroser.Un voyage aux poils

"Souris donc" me signale dans son commentaire la  catégorie des hipsters qui, eux, ont franchement opté pour la barbe mais assortie d'une chemise à carreaux.

J'avais éliminé les barbus de mon propos : trop dangereux.

 


* L'inverse est possible : "C'est une information très sérieuse. Selon l'agence de presse turque Dogan, un djihadiste français, soupçonné d'appartenir au groupe État islamique (EI), a été identifié à son arrivée sur le sol turc. Pris en filature par la police, les forces de l'ordre ont eu la surprise de le voir entrer dans un salon de beauté d'Izmir et d'en ressortir avec... des cheveux ! Souffrant de calvitie, l'homme a expliqué aux enquêteurs vouloir "présenter mieux". Il devait subir prochainement une intervention chirurgicale dans le même établissement de soins esthétiques. Mehdibend Saïd, dont l'âge n'a pas été précisé, était parti de Syrie avec l'intention de commettre un attentat sur le sol turc, affirment les autorités" (Le Point.fr)

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Publié le 9 Novembre 2015

 

Bel automne sur Paris

Même les feuilles meurent chacune à leur façon

Bel automne sur Paris

Rivière de feuilles brunes. Les riverains y trempent leurs pieds

Bel automne sur Paris

Même les Gréco-Romains avaient des becs de gaz

Bel automne sur Paris

Explosion atomique sympathique

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Publié le 8 Novembre 2015

 

Lors de sa visite au Mont Saint-Michel, le chef de l'Etat a déclaré : « Si on n'aime pas les étrangers, c'est difficile de vouloir développer le tourisme […]. Si on veut protéger les frontières, ce sera le cas si nous somme menacés, mais nous ne sommes pas menacés par les touristes, et, s'ils ne voient pas dans notre pays une grande nation ouverte, ils se détourneront nécessairement » (Le Figaro du 2/11/15, relevé par le Canard enchaîné).

Passons sur le style de la plume présidentielle, à moins qu'il ne s'agisse que d'une improvisation Hollandesque.

En dehors de quelques dictatures folles, a-t-on vu un pays se fermer au tourisme ? La « nation ouverte» semble donc suggérer un rapprochement entre les touristes et les immigrés en tant qu'étrangers, ce qui est plutôt original. Considérer l'immigration comme du tourisme est assez osé, mais considérer les touristes comme des immigrés qu'il faut s'efforcer de bien accueillir ne l'est pas moins.

Penser que les touristes éviteraient de venir en France si l'on rejette les immigrés, c'est avancer : soit qu'ils pourraient se considérer ou être considérés comme tels, ce qui ne vient à l'idée de personne, soit que le choix de leur destination risque d'être influencé par la politique migratoire du pays où ils comptent se rendre, ce qui pourrait être néanmoins le cas si cette politique favorise l'insécurité.

Dans sa grande clairvoyance et dans son discours, le Président de la République a bien voulu admettre que nous ne sommes pas menacés par les touristes. Ouf ! Ceux-ci vont se sentir soulagés de ne pas être considérés comme des étrangers agressifs et pourront venir paisiblement dépenser leur argent en France.

Mais si nous ouvrons généreusement nos frontières aux touristes, par qui serions-nous éventuellement menacés au point de les protéger ?

Bienvenue aux touristes !

Dessin de Jean paru dans le Point du 22/10/15

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Publié le 7 Novembre 2015

 

Que les visiteurs égarés sur ce blog ne s'étonnent pas d'y trouver éventuellement des annonces publicitaires alors que j'ai commis plusieurs articles, ici-même, où j'exprimais une certaine réticence à l'égard de cette activité de vantardise envahissante, et pas toujours du meilleur aloi.

Mais si pour vivre heureux il est plutôt souhaitable de vivre caché, pour commercer il est nécessaire de se faire connaître, tout en sachant que pour l'intérêt de tous, certains devraient restés inconnus, et que d'autres, trop connus, auraient intérêt à être plus discrets.

Cette publicité ne m'a été aucunement imposé par Eklablog, mais il m'a paru souhaitable de soutenir cette plateforme qui héberge gratuitement et efficacement mon blog. Je fais donc un essai, car je peux revenir en arrière si j'estime que la pollution est vraiment trop envahissante.

J'avoue qu'une des annonces mises sur mon blog entre deux articles s'est révélée plutôt impertinente : elle représente une voyante avec ce slogan : "Trouvez les solutions à vos problèmes", or l'article juste au-dessous au moment de sa première insertion s'intitulait "CIMETIERES".

Je ne suis évidemment pas responsable de la qualité de ces annonces, et je ne vous engage pas personnellement à suivre les invitations parfois alléchantes qui vous sont faites.

RE-ANNONCE

Essai concluant, mais de façon négative. La publicité est génétiquement invasive, c'est sa raison d'être car discrète elle ne servirait à rien. Aussi suis-je amené à me rétracter honteusement...

Annonce

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 5 Novembre 2015

 

En avril 2015, le Comité Consultatif national d'éthique (CCNE) s’était déclaré favorable au maintien des restrictions pour le don de sang par les homosexuels masculins, restrictions qui datent de 1983 et étaient fondées sur la forte prévalence du VIH dans cette population (jusqu’à 70 % dans certaines cohortes américaines) et ont été maintenues en raison de l’existence d’une "fenêtre sérologique silencieuse" où les tests de dépistage peuvent s'avérer négatifs alors que le sang prélevé est contaminé. Cette « fenêtre » peut durer de 3 à 6 semaines, mais en cas de traitement prophylactique, elle peut durer 3 mois.

On comprend la position du Comité Consultatif national d'éthique lorsque l'on jette un coup d'oeil sur l'encadré ci-dessous :

En France, en 2011 :

- Environ 6 100 personnes ont découvert leur séropositivité au VIH. Pas de diminution par rapport aux années précédentes.

- L’infection au VIH touche 3 fois plus les hommes que les femmes.

- Les deux groupes les plus concernés sont les homosexuels masculins (40%), les découvertes étant pour eux en progression depuis 10 ans, et les hétérosexuel(le)s né(e)s à l’étranger (40%), dans 75 % des cas en Afrique Sub-Saharienne. Il faut y ajouter les utilisateurs de drogues IV.

- Pour les homosexuels masculins les comportements à risque ont augmenté de 32% en 2004 à 38% en 2011, et l’incidence (nouveaux cas) de l’infection à VIH est chez eux 200 fois plus élevée que chez les hétérosexuels. La prévalence (nombre de cas dans la population) est 65 fois plus élevée. 19% des transgenres seraient séropositifs (Lancet 2012) 

- Pour la syphilis (comme pour les autres maladies sexuellement transmissibles), le nombre de cas récents est en augmentation chez les homo-bisexuels masculins, qui représentent toujours la grande majorité des cas rapportés.

Les homosexuels masculins ne sont pas les seules populations à avoir plus de risque d'être contaminées. Ce n'est pas l'homosexualité elle-même qui est en cause (cela ne concerne pas par ex. les lesbiennes) mais les pratiques sexuelles (multiplicité des partenaires, rapports anaux) qui peuvent très bien être le fait des hétérosexuels.

Le CCNE en avril dernier a tenu compte, pour conseiller le maintien de la prohibition, de travaux récents qui estiment que la levée de l’interdiction multiplierait le risque de transmission du virus du sida par 4 lors d’une transfusion.*

Mais voilà, cette « réforme » était une promesse de campagne de François Hollande et une demande de longue date des associations LGBT.

Et hier, le 4 novembre 2015 - Le ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine, a annoncé, dans les colonnes du Monde, la levée progressive de l’interdiction du don du sang pour les homosexuels. Elle a expliqué vouloir « procéder par étapes » : « Dans un premier temps, le don du sang sera ouvert aux homosexuels n’ayant pas eu de relations sexuelles avec un autre homme depuis douze mois. Les homosexuels pourront donner leur plasma s’ils sont dans une relation stable depuis quatre mois ou s’ils n’ont pas eu de relations sexuelles sur la même période... » en concluant :« C’est la fin d’un tabou et d’une discrimination ».

Evidemment, cette condition préalable d'abstinence pendant un an a bien fait rigoler les homosexuels (du moins, je le suppose) sur la toile. Voici quelques gazouillis relevés par le Huffington post :

- "Si je comprends bien, c'est ok pour les gays qui seraient croyants mais pas pratiquants. Le ridicule n'est pas loin!"

- "deux couples mariés monogames l'un hétérosexuel et l'autre gay pas traités de la même façon: discrimination"

- "Proposons aux hétéros de faire aussi un pas en pratiquant l'abstinence 1 an avant leur don de sang"

- "Un an d'abstinence !? Est-ce qu'ils peuvent ajouter ne pas avoir de moustiques dans sa chambre"

- "[Dernière minute] Pour donner leur sang, les homosexuels devront au préalable avoir résolu le conflit israélo-palestinien"

- "Conditions aux homos pour le don du sang : - 1 an d'abstinence sexuelle - Manger un nombre impair de grains de riz sur les 6 derniers mois"

- "Seul les embryons clonés de moins de 12 mois et nourris au lait d'amande Bjorg pourront donner leur sang, d'après Marisol Touraine".

Si ces gazouillis ne manquent pas d'esprit, ils dénotent une certaine confusion des problèmes.

D'abord, de quoi s'est mêlé le candidat Hollande en promettant la levée de l'interdiction ? Quelle est sa capacité pour juger des modes de contamination d'une maladie infectieuse ? Depuis quand donner son sang est-il un droit ? Depuis quand prendre des précautions vis à vis d'une population pour éviter la propagation d'une pandémie est-il une discrimination de cette population ? Comme l'avait d'ailleurs déclaré l'association Aides en juin 2012 à rebours des réactions actuelles : « le don du sang n’est pas fait pour démontrer l’égalité des droits»**

Le don du sang n’est pas un droit mais une offre généreuse et seul le corps médical devrait pouvoir juger de son opportunité, n’est-il pas ahurissant que les politiques et les groupes de pression ne cessent de s’en mêler ? L’interdiction est  largement étayée par les constatations actuelles (mais elles peuvent changer dans l’avenir) et ne cherche aucunement à nuire aux personnes visées. Il s’agit avant tout d’un problème médical : protéger la population contre une infection. Isoler un malade contagieux n’est pas une discrimination du malade en tant qu’être humain, mais une protection des autres. Un navire que l’on met en quarantaine n’est pas une discrimination des passagers, mais un isolement des porteurs possibles d’une maladie contagieuse, parmi ces passagers certains ne sont pas atteints mais ils risquent de l’être ou de transmettre la maladie, d’où leur isolement obligatoire. La situation est semblable pour les homosexuels masculins, environ 60% d’entre eux n’ont pas ou n’ont plus de comportements à risque, mais la difficulté est d’en être certain, et la prudence s’impose.

Le principe de précaution n'est-il pas inscrit dans la Constitution ? Il semble qu'il soit à géométrie variable selon l'influence des groupes de pression.


* D’après le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) qui avait consacré son numéro du 23 octobre 2012 à la sécurité des produits sanguins, si tous les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) s’abstiennent de donner leur sang le risque de transmettre le virus du sida serait de 1 sur 5700000 dons. Entre 2008 et 2010, 28 séroconversions sont survenues chez les donneurs réguliers, 23 étaient de hommes et 12 d’entre eux ont admis a posteriori leurs rapports sexuels réguliers avec des hommes, de ce fait, le risque actuel est estimé a 1 sur 2900000. En excluant du don de sang que les homosexuels multipartenaires au cours des 12 derniers mois, le risque pourrait s’élever au pire à 1 sur 700000, soit 4 fois plus élevé qu’aujourd’hui.

** Le président actuel de Aides a réagit de la même façon :« Le don du sang n’est pas un droit, c’est un geste de solidarité qui doit d’abord assurer la sécurité des receveurs. Or, cette avancée par étapes s’explique. Déjà par la prévalence du sida chez les homosexuels qui représentent encore 40 % des nouvelles contaminations chaque année. En outre, on ne dispose pas de données scientifiques suffisantes concernant le don du sang dans cette population ». Une réaction de bon sens.

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Publié le 2 Novembre 2015

I

C’est un joli cimetière Où les tombes bien en rangs Comme s’alignent les enfants Dans la cour de l’école primaire Guettant le signal pour s’éparpiller A tous vents en criant leur liberté

Et les morts attendent sagement Qu’on vienne un jour les délivrer Immobiles sans trop s’impatienter  L’endroit est joli et ils ont le temps

Ses portes comme des bras écartés Ouverts sur le monde des vivants Invitent les nouveaux morts à entrer A se coucher sans faire de manière Les anciens pousseront leur pierre Pour faire une place au nouvel arrivé

Les vivants entrent toujours gênés Ils marchent lentement en silence Avec respect pour ne pas les réveiller Mais ne montrent aucune impatience Dans ce joli cimetière pour y rester

II

Où vont-ils tous ces morts depuis la nuit des temps ? Ils sont innombrables et les cimetières si petits Sont-ils la terre que piétinent les vivants ?

Peut-être lassés d’être piétinés sortent-ils la nuit Hors de leurs boîtes de bois verni les squelettes Iraient se promener dans un bruit de cliquetis Les momies dérouleraient leurs bandelettes Et sortiraient du sarcophage sans leur habit Les pharaons quitteraient le noir des pyramides Pour jouer sous la lune avec le sable du désert Et ceux qui n’ont pas eu de sépulture solide Émergeraient comme des racines de la terre

Où vont-ils tous ces morts depuis la nuit des temps ? Les cimetières sont si petits mais le ciel est si grand

Peut-être errent-ils dans le firmament En soufflant sur la queue des comètes Pour en faire de la poussière d’argent Les morts emporteraient leurs squelettes Pour fabriquer avec des météorites filants Aux cieux les morts feraient ainsi la fête Et laisseraient la terre aux vivants

Alors les vivants ne devraient pas encombrer les nues S’ils veulent que les morts ne leur tombent pas dessus

III

Bruissement sous nos pas des feuilles écrasées Leurs débris odorants embaument la terre Notre mort est moins belle que leur mort empourprée Sous la dureté de la pierre pourrissent nos chairs

Dans les allées mordorées aux ramures nues Les troupes noires des vivants regroupés Marchent en murmurant sur la terre feuillue Réceptacle sans retour de leur destinée

C’est ici que l’on empile les êtres aimés Dans les étages d’une demeure souterraine Dans de longues boîtes de bois effeuillé Présences si proches et pourtant si lointaines

Ami, c’est en automne que tu m’as quitté C’est ici, parmi les feuilles, que je t’ai perdu

Ami, tu me manques, quand reviendras-tu ?

IV

Combien de fois devrai-je venir dans ce cimetière Accompagner à pas lents un proche ou un ami Supporter la litanie convenue des prières Serrez les mains, baiser les joues, les yeux rougis

Combien de fois devrai-je jeter un peu de terre Et une seule fleur coupée aux pétales d’acajou Sur la boîte hexagonale de bois clair Posée par les cordes au fond du trou

Combien de fois avant de venir dans ce cimetière Porté par des bras étrangers, sans l’avoir voulu Sans entendre les mots murmurés sans prières

Sans sentir la poudre de terre me tomber dessus Et la douce chute des quelques fleurs coupées Jetées par des vivants venus m’accompagner

 

Paul Obraska

 

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Publié le 1 Novembre 2015

 

En lisant un article de Pierre Barthélémy rapportant une étude récemment parue ICI, j'ai appris (il n'y a pas d'âge pour combler ses multiples lacunes) que des travaux auraient montré ICI qu'il existerait une zone particulière du cortex préfrontal impliquée dans l'identification des menaces et l'élaboration des réponses à y apporter. Devant une menace comme l'évocation de la mort, l'isolement ou le sentiment de ne pas comprendre la situation, cette région du cerveau s'activerait et serait associée à une réaction de repli identitaire sur son groupe social, ethnique ou religieux ou bien à un désir de punir ceux qui violent la norme.

Que devant une menace, et chaque jour le montre, les individus cherchent refuge dans le groupe dont ils font partie, qu'il soit social ou ethnique et/ou se raccroche à une idéologie notamment religieuse est une évidence. Qu'ils cherchent à défendre cette identité est compréhensible, même si cette défense peut devenir meurtrière, mais qu'un groupe de neurones situé dans le lobe préfrontal soit spécialisé dans cette conservation de l'identité en tant que défense lors des conflits est tout de même étonnant.

D'où l'idée qu'ont eu des chercheurs de l'université de Los Angeles et de l'université d'York (Royaume-Uni), de désactiver temporairement cette zone à travers le crâne par des impulsions magnétiques pour voir si, en présence d'un contexte angoissant ou de ce que les sujets testés considèrent comme une menace étrangère, ceux qui étaient "neutralisés" auraient moins tendance aux replis religieux et identitaires et à moins d'hostilité envers la menace supposée.

Effectivement, en neutralisant la « zone identitaire » et de gestion des menaces, ces chercheurs ont obtenu des résultats allant dans ce sens, mais le faible nombre de sujets testés (une quarantaine) et une méthodologie critiquable invitent à la prudence.

Quelles que soient les critiques que l'on peut formuler à l'égard de cette étude, elle est est tout de même troublante. Cette zone préfrontale est-elle le fruit de l'évolution, faisant partie des structures et des comportements liés à « l'instinct de conservation » ? ou s'est-elle spécialisée secondairement à nos comportements ? Et peut-on considérer la religion comme une défense ? Peut-être l'est-elle face à la mort (ce qui n'empêche pas les croyants d'avoir peur de la mort), mais l'histoire démontre que la religion est identitaire au point de se comporter davantage comme une idéologie agressive que comme une idéologie protectrice.

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