Hier, pendant toute la journée, nous avons eu sur les chaînes d'information le spectacle permanent des attentats du vendredi 13.
Nous avons entendu le récit itératif des témoins, et senti leur émotion au bord des larmes.
Nous avons vu en boucle les images nocturnes de gens terrorisés, fuyant dans les ruelles, cherchant un abri, jusqu'à se pendre à une fenêtre, avec en fond sonore les appels, les cris, le bruit sec des détonations et des explosions.
Nous avons vu le même défilé de policiers, de militaires, d'ambulances, des corps que l'on évacuait, et l'image des hôpitaux qui les recevaient.
Nous avons été bouleversé, à chaque fois, par les parents qui cherchaient leurs enfants, par les amis qui cherchaient leurs amis, une photo de l'être aimé dans leurs mains.
Nous avons aussi vu à de multiples reprises les bougies et les fleurs sur les terrasses criblées de balles, et les gens faisant la queue pour donner leur sang.
Nous avons ainsi vu tourner, grâce aux médias, l'horrible manège du triomphe des terroristes .
Ces crétins meurtriers avaient atteint le but assigné par d'autres, bien à l'abri : distiller, diffuser, répandre la peur.
Edvard Munch ; « Le cri »