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Etant parisien et ayant toujours vécu à Paris, j'ai connu dans ma vie beaucoup d'attentats, chacun avec ses caractères spécifiques quant à la population visée, le symbole à atteindre, l'idéologie à promouvoir, la méthode et les moyens utilisés.
Mais à de rares exceptions près, ces attentats ont toujours eu un rapport avec le Maghreb, le Proche ou le Moyen Orient, c'est à dire avec le monde arabe ou musulman dont les soubresauts n'en finissent pas, et ne sont pas près de finir. C'est lassant.
Le monde arabe est écartelé entre le passé que certains veulent rétablir, et la modernité à laquelle il n'a guère participé, et que d'autres veulent enfin établir. Il existe des pays, telle l'Arabie saoudite, « théocratie obscurantiste, où une innombrable famille royale, jouisseuse, hypocrite et corrompue, bénéficie d’une double rente de situation : le pétrole et les lieux saints de l’islam »1, qui se comportent comme des chimères en juxtaposant les deux : La pointe de la technologie, inventée par d'autres, dans laquelle ils investissent leur fortune, mais au bénéfice d'une population dont les mœurs sont restés totalement figés dans le temps.
Chaque attentat nous choque, et il est fait pour choquer. Le dernier a été monstrueux par la façon dont il s'est déroulée, le nombre de victimes, leur âge, et les lieux, symboles de la douceur de vivre.
Puis les jours vont passer, et on va s'habituer aux attentats, comme on s'habitue aux accidents de la route, en espérant ne pas en être la victime.
La peur va s'estomper. Pour un temps. Elle renaîtra au prochain attentat comme le ferait une piqûre de rappel.
Mais nous ne serons jamais immunisés.
1 Jacques Julliard, Marianne le 31/10/15