• Et ce qui devait arriver, arriva. La pharmacovigilance signale des patients hospitalisés pour des complications liées à la prise d’hydroxychloroquine en automédication. Des décès ont même été signalés provoqués par des troubles du rythme cardiaque puisque ce médicament en allongeant la durée de l’activité électrique du cœur provoque parfois un « emballement » des ventricules sur un mode particulier (torsades de pointe) mortel en l’absence de traitement. Le contraire peut se voir, c’est à dire un ralentissement excessif du cœur.

    Lorsqu’un médecin prescrit ce médicament, il a en tête ces effets indésirables possibles, il enregistre un électrocardiogramme avant (pour mesurer la durée de l’activité électrique du cœur : « intervalle QT »), examen qui sera renouvelé par la suite, il s’enquiert de tout ce qui pourrait favoriser une intolérance, et notamment des autres médicaments pris par le patient et dont certains peuvent également allonger la durée de l’activité électrique du cœur, leur association avec la chloroquine étant alors catastrophique.

    Je suis certain que l’équipe de Raoult prend toutes ces précautions, et je ne sais pas si la chloroquine est efficace ou non dans l’attente des essais en cours. Mais on se demande ce qui a pris à cet infectiologue renommé de faire tout ce cinéma, de faire ces déclarations fracassantes et dont les premières devraient entamer sa crédibilité puisqu’il a claironné au début de la pandémie que le covid-19 n’était qu’une petite infection facile à traiter en se basant sur un petit essai foireux.

    Les conséquences de son show est, certes, que la chloroquine, dont on connaît depuis longtemps l’action antivirale in vitro, a été incluse dans des essais plus sérieux que les siens, mais aussi que la publicité déraisonnable faite à cet antipaludéen a conduit les gens à vouloir à tous prix se procurer le médicament « miracle », aux dépens des malades habituellement traités par le plaquenil pour d’autres affections, à le prendre sans la moindre précaution, à titre préventif ou pour des symptômes peut-être à tort attribués au covid-19.

    Ce show sur la place publique a provoqué une polémique bien française où se sont mêlés des politiciens et des personnalités des plus diverses, évidemment totalement incompétentes, mais venant à la rescousse du génie rebelle, allant à contre-courant des autorités médicales « officielles » lesquelles voudraient le faire taire. Ainsi un homme de talent s’est-il transformé en gourou dont il a un peu l’allure.

    Voilà un des aspects de la démocratie médicale tant vantée. La médecine est censée se conformer à l’opinion. Et pourquoi pas un referendum pour le choix des prescriptions médicales ?

    Note : Comme ses pairs ont critiqué le protocole de son essai, Raoult affiche un mépris pour la méthodologie utilisée habituellement pour démontrer l’efficacité d’un médicament. Certes, cette méthodologie (groupe contrôle, double aveugle etc…) est critiquable mais c’est la seule que nous avons. En dehors d’elle, on retombe dans l’empirisme d’antan. C’est un peu à lui que se réfère Raoult car les découvertes au cours de l’histoire n’ont été basées que sur l’empirisme (comme la vaccination), mais celui-ci a été aussi à l’origine de conduites délétères de la part des médecins qui ont amené à plus de morts que de guérisons.


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  • Le germe d’un complotIl est tout de même étonnant de constater qu’un Français sur 4 (26%) pense que le coronavirus est une fabrication humaine, et plus inquiétant encore, que près d’un Français sur 5 (17%) est persuadé qu’il s’agit d’une fabrication intentionnelle.

    Cette méfiance du « on ne nous dit pas tout » touche de préférence les gens que l’on peut considérer comme insatisfaits ou dans une situation instable. Ainsi, 27% des moins de 35 ans pensent que le virus a été développé “intentionnellement” dans un laboratoire contre 6% des plus de 65 ans. Les vieux sont-ils naïfs ou sages ? 22% des pauvres le croit également contre 4% pour les catégories aisées. Mais le complotisme des jeunes et des pauvres n’est rien à côté de celui des sympathisants du RN dont 40% estiment qu’un laboratoire (chinois ?) a volontairement créé ce virus. On ne voit pas très bien dans quel but car s’il s’agit d’une préparation à une guerre bactériologique on connaît des germes qui provoquent un taux de mortalité bien plus élevé que le covid-19, et il est peu vraisemblable que des écologistes radicaux (s'il y en a en Chine) viseraient ainsi à dépeupler le monde. Seuls 29% des sympathisants RN pensent que le virus est d’origine naturelle (l’élite ?) et 15% que sa création est accidentelle.

    Force est de constater que les sympathisants de la République en marche paraissent plus sensés car ils ne sont que 2% à penser que le virus a été fabriqué “intentionnellement” en laboratoire, et 7% “accidentellement”. La grande majorité (84%) pense qu’il est apparu de manière naturelle. De là à penser qu’ils ne sont ni jeunes, ni pauvres et qu'ils sont moins cons...

    Source : une étude de l’Ifop publiée le 28 mars 2020.


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  • Il y a pas mal d’années, une gigantesque panne d’électricité à New-York s’est soldée par une flopée de naissances supplémentaires neuf mois après.

    Ce confinement quasi mondial risque de pousser la planète à copuler abondamment pour varier les plaisirs en chambre, et la contemplation quasi permanente des écrans passant en boucle l’extension de l’épidémie et sa menace de mort ne peut que pousser les couples à s’adonner aux plaisirs terrestres avec cependant le frein possible de la présence inopportune des enfants.

    Les écologistes peuvent se réjouir de la diminution de la pollution et d’une décroissance dont ils n’auraient pas osé rêver, mais dans un proche avenir ils devront déchanter en voyant la population terrestre bondir en comblant largement les pertes provoquées par le covid-19.

    La situation est d’autant plus préoccupante que nous risquons fort de manquer de préservatifs. Car, bien sûr, les préservatifs ne sont pas fabriqués en Europe. Notre continent se retrouve encore à poil et montre sa nudité au monde entier. La honte.

    En raison du confinement, les trois usines de Karex Berhard, l’un des plus grands producteurs de capotes (1 sur 5 vendues dans le monde), a été à l’arrêt en Malaisie pendant une semaine, de quoi provoquer, d’après The Guardian, un déficit d’au moins 100 millions de préservatifs. Heureusement la production a repris en partie le 27 mars, en vertu d'une exemption spéciale pour les “industries critiques”, mais avec seulement 50% des effectifs. C’est dur. La pénurie est certaine car les autres lieux de production, la Chine, l’Inde et la Thaïlande sont dans la même situation.

    La France comme les autres pays européens ne sont même plus capables de fabriquer leurs capotes anglaises.

    On est baisé. La honte.


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  • UBULes confinis de la CGT atteints de la forme sénile du covid-19, marquée par une confusion et des chutes, déposent des préavis de grève pour tout le mois d'avril pour la fonction publique (dont fait partie le personnel des hôpitaux) avec des revendications maximales.


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  • 311. Le coronavirus n’est pas racisteLes Africains ont d’abord cru que le covid-19 était une maladie de Blancs. Il semble donc que pour les Noirs, tout ce qui n’est pas noir est blanc, comme sur une portée de partition, y compris les Jaunes qui ont apparemment une appétence particulière pour les animaux sauvages, porteurs de virus inédits, et à qui ils attribuent des vertus secrètes dont certaines portent sur le sexe.

    Bien entendu, le coronavirus n’est aucunement raciste, il frappe avec égalité tout le monde, et si la majorité en réchappe, certains en meurent (comme dit la fable) quelle que soit leur couleur de peau, que l’animal soit humain ou pas.

    La chloroquine auréolée à Marseille fait un sacré Raoult et s’est répandue comme une trainée de poudre en franchissant la Méditerranée à la vitesse de la lumière. Les Africains qui s’en servent contre le paludisme la connaissent bien et comme le covid-19 n’est manifestement plus une maladie réservée au Blancs, comme ils l’avaient espéré, peut-être en rigolant, les pharmacies africaines sont dévalisées. Le gouvernement marocain a même racheté le stock de Nivaquine (une forme de chloroquine) de l’usine Sanofi de Casablanca.

    Evidemment, je n’ai pas d’avis autorisé sur la chloroquine, je sais qu’elle peut avoir des effets secondaires sérieux – secondaire, curieux terme pour des effets qui peuvent entraîner la mort – notamment cardiaques, car en allongeant la durée de l’activité électrique du cœur elle peut provoquer de graves troubles du rythme, le muscle cardiaque lui-même peut être atteint, ce qui implique une surveillance cardiologique pendant le traitement et la connaissance des associations médicamenteuses. Bien d’autres organes sont parfois touchés, comme l’œil, mais sans exagérer la fréquence de toutes ces complications.

    Je pense que pour l’instant, dans l’incertitude où l’on est quant à l’efficacité de la chloroquine sur le vivant (son activité serait nette in vitro), l’attitude du gouvernement est prudente en réservant le médicament aux cas graves, mais il n’est pas certain qu’il ait raison. Par contre prendre la chloroquine pour des formes bénignes ou à titre préventif c’est prendre des risques inutiles. Voir la queue de gens qui paraissent bien portants devant le service de Raoult pour éventuellement bénéficier de ce traitement me paraît aberrant, à moins que leur but soit de se faire tout simplement tester.


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  • Je ne parle pas de celui pour limiter au minimum les contacts entre les humains dont la fréquentation est souvent décevante. Je ne parle pas de l’intérêt médical, encore que je me demande pourquoi la Suède et les Pays-Bas où les mesures sont minimales, le taux des contaminés est le même qu’en France, et nous devons constater que, sans confinement, la Corée du Sud a pu contrôler l’épidémie, il est vrai qu’il s’agit d’un pays développé qui avait les moyens de le faire.

    Je parle du silence qui s’est abattu sur Paris à tel point que lorsqu’un véhicule égaré passe dans la rue, je vais à la fenêtre pour voir qui peut bien être cet intrus. Les voitures de police sont rares et summum de la jouissance : plus de manifestations de rue : plus de gilets jaunes, plus de CGT, plus de black blocs, plus de féministes excitées, plus de foules revendicatives aux banderoles débiles.

    Le silence. Le calme avant la tempête.


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  • Les religions et le coronavirusL'Église évangéliste Shincheonji en Corée du Sud en rassemblant ses fidèles au début de la pandémie, et par son comportement a facilité la propagation du virus. Même chose pour le rassemblement évangélique de Mulhouse. En ce moment, en Afrique, les fidèles se précipitent dans les églises, malgré les autorités : "Soyons responsables. Nous allons tous mourir et ensuite aller en enfer !", a lancé le porte-parole du gouvernement zimbabwéen, Nick Mangwana. En cause, l'affluence dans les églises de Harare, dimanche, malgré l'interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes. Mégaphone à la main, la police de Lagos, ville tentaculaire de 20 millions d'habitants, tentait, elle aussi d'empêcher les fidèles de se rendre dans les églises, d'habitude bondées au Nigeria. » (AFP).

    Des prédicateurs islamiques affirment que des phrases magiques adressées à Allah sont capables de protéger les musulmans de toute contamination. L’un d’entre eux (vidéo signalée par Carlus dans les commentaires de l’article précédent) devant une belle bibliothèque pour faire sérieux révèle une phrase magique à répéter trois fois dans la journée en affirmant qu’avec cette incantation, le fidèle n’aura plus rien à craindre et sera totalement protégé " SAUF SI DIEU EN A DECIDE AUTREMENT" (réserve dite très vite et à peine audible). Imparable. Mais dangereux, ne pas prendre de précautions risque de pousser Allah à en décider autrement pour le crédule et ses proches.

    Des Marocains sortent dans la rue malgré le confinement pour prier : "Allah Akbar, Dieu est grand et seul à pouvoir nous aider", ont scandé les fidèles réunis à Tanger, Fès ou encore Tétouan (nord), certains parlant du nouveau coronavirus comme d'une "épreuve divine",

    Ces attitudes nous ramènent au temps des pestes dévastatrices du Moyen Âge où tous les moyens étaient recherchés pour amadouer le Ciel : prières, processions, pénitences et flagellations. Lors de la peste du XIVème, des centaines d'hommes et de femmes venant d'Aix-la-Chapelle exécutaient jusqu'à épuisement une danse de Saint Guy sur la place publique, et allaient de ville en ville : Cologne, Metz et Erfurt, entraînant les spectateurs dans leurs convulsions frénétiques. La Confrérie de la Croix arrivant de Hongrie, traversait l'Europe, les frères tête couverte et yeux baissés, portaient des costumes sombres avec une grande croix rouge sur la poitrine. Ils exécutaient en public, deux fois par jour, des flagellations avec des fouets à triples lanières terminées par des pointes de fer. Leur venue était annoncée par des sonneries de cloches. La compagnie continuait sa tournée de ville en ville à moins que la peste de la décime.  Ces démonstrations impressionnantes, comme on pouvait s’y attendre, étaient toutes inefficaces. Les hommes d'Eglise s'efforçaient de déterminer le péché responsable. Il variait selon les pays. On incriminait l'impiété, l'opéra ou le théâtre ou les habits trop voyants ou les longs souliers pointus, attribuant à Dieu des préoccupations pour le moins frivoles.

    Sommes-nous si loin du XIVe siècle ? Aujourd’hui les gens se précipitent en Afrique et sans doute ailleurs, dans les églises et dans les rues pour prier Dieu de les épargner ou adressent à Allah une phrase magique censée assurer une protection totale sauf  si Dieu en décide autrement.

    Reste tout de même que les autorités religieuses, aujourd'hui, ne perdent pas leur bon sens, ne recherchent pas le péché à l'origine de la punition divine (bien que certains pourraient bien avoir leur idée là dessus*) et demandent aux fidèles de rester chez eux, de ne pas se rassembler dans les églises ou les mosquées et l'esplanade de La Mecque est déserte. Ce qui montre le peu de confiance qu'elles ont dans l’intervention divine considerée sans doute comme moins efficace que le masque FFP2.

    Les religions et le coronavirus

    Le coronavirus n'oserait pas s'attaquer au dieu de la Corée du Nord, le seul sans masque et dont les postillons sont sacrés

    Illustration : Chaim Soutine : "L'homme en prière"

    * Hani Ramadan, le frère de Tarik Ramadan (dont on connait les agissements) déclare que la pandémie actuelle « est le fait que les hommes se livrent ouvertement à la turpitude, comme la fornication et l'adultère, ce qui déclenche des maladies et des épidémies nouvelles ».


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  • La fange

    Le pire peut faire des heureux. A côté d’Edvy Plenel, la moustache hérissée à la Staline, se réjouissant par provocation de la descente des bourses, les vrais heureux sont certains écologistes comme Antoine Buéno qui déclare : « le coronavirus, une aubaine pour la planète ». Par humanité je ne souhaite ni à l’un, ni à l’autre d’étouffer au point d’avoir un tube enfoncé dans le larynx et relié à un respirateur.

    On sait que les circonstances exceptionnelles font aussi bien surgir des héros que remonter la fange. Les vols se multiplient. Les masques qui manquent si cruellement aux soignants sont dérobés, la chloroquine dont on espère une efficacité sur le covid-19 disparaît des pharmacies, les voitures des soignants sont fracturées pour y dérober des caducées ou des macarons afin de pouvoir circuler plus librement, des antennes des « Resto du cœur » sont dévalisées et de grandes quantités de produits alimentaires destinés aux plus démunis ont été emportés.

    La liste des méfaits par des malfrats sans conscience ne s’arrêtera sûrement pas là.

    La menace exacerbe les sentiments. Elle peut faire naître la générosité et l’entraide comme elle peut faire apparaître la part mauvaise de l’être humain, masquée sous une mince pellicule civilisée, jusqu’à la violence et le meurtre pour se venger d’un coupable présumé aussi innocent soit-il ou pour sa survie comme les épidémies d’antan nous l’ont montrée.  

    Illustration : Bernard Buffet "L'enfer"


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  • Le président de la République a pris des accents Churchilliens pour déclarer que nous étions en guerre. Une guerre civile un peu spéciale où l’ennemi invisible utilise les tanks constitués par les Français eux-mêmes, opposés les uns aux autres, et où les armes sont leurs postillons et les aérosols projetés par leurs toux et de leurs éternuements.

    Une guerre spéciale où en pleine bataille, les combattants veulent passer leurs chefs en cour martiale.

    C’est ainsi que des combattants en première ligne, c’est à dire des médecins groupés en un collectif intitulé « C19 » attaque Agnès Buzyn et Edouard Philippe pour mise en danger des personnes. Il faut dire que l’ancienne ministre de la santé, sans doute dépitée par son échec aux municipales de Paris, avait affirmé dans un entretien au Monde le 17 mars dernier, avec une élégance dont je ne la savais pas capable, avoir alerté le Premier ministre du danger que courait la France face au coronavirus dès le début de l’épidémie. “Quand j’ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. Je suis partie en sachant que les élections n’auraient pas lieu”, “On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade”. Ceci, après avoir officiellement minimisé le danger et elle s’est donc présentée aux municipales en pensant qu’elles n’auraient pas lieu. Bizarre. Mais si elle dit vrai à propos de l’épidémie, il y a manifestement un retard à l’allumage. Ce collectif 19 a déclaré dans un communiqué : “Il est clair que c’est par négligence coupable que le Premier ministre, mais aussi l’ancienne ministre de la Santé, n’ont pas anticipé une crise dont ils savaient manifestement la gravité, et qu’ils ne pouvaient, en tout état de cause ignorer”. Mais il est toujours facile de faire des prévisions rétrospectives. A l’époque personne ne pensait que l’épidémie diffuserait aussi vite et partout. Il est vrai que la crise hospitalière était manifeste avant l’épidémie, mais ce n’est pas le gouvernement actuel qui en est le seul responsable. (J’ai moi-même protesté contre la fermeture de lits et la suppression des « petites » urgences, il y a bien longtemps)

    Macron appelait à l’union nationale face au péril et voilà quune association représentant des patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) porte plainte contre X pour "mise en danger délibérée de la vie d'autrui face au manque d’informations et de moyens de prévention". « À travers cette plainte, nous visons toute la chaîne de responsabilités de l'Etat en matière de politique sanitaire", a indiqué le président de l'association.

    Mise en danger délibérée ?! Nous voilà bien. Pour ce qui concerne les informations nous en sommes abreuvés jusqu’à la nausée, quant aux mesures "barrières" ils sont répétés sans cesse et partout. Cependant,  on pourrait reprocher au gouvernement, outre les directives contradictoires, un manque d'anticipation pour les masques, les tests de dépistage et le contrôle sanitaire strict aux frontières, ce qui oblige les responsables à trouver des arguments du type "ça ne sert à rien" pour rendre logique la pénurie de matériel ou des décisions tardives.

    Je veux bien croire que les patients atteints de BPCO sont effrayés par cette épidémie virale à laquelle ils seraient particulièrement sensibles en les exposant certainement à un risque vital, mais en accuser l’Etat me semble extravagant et aucun Etat n’a pu prévenir la pénétration de l’épidémie dans son territoire. C’est encore une fois donner à l’Etat une fonction de maternage en déresponsabilisant le citoyen. Le seul procès que les patients atteints de BPCO pourraient faire à l’Etat est celui de leur avoir vendu des cigarettes, le tabagisme étant, et de loin, la cause principale de leur maladie, mais personne ne les a obligés à fumer.


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  • Confiné chez moi comme tout le pays, loin de la horde de mes semblables, je pense que Blaise Pascal avait bien raison de dire : "Tout le malheur des hommes est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre". Devant la fenêtre ouverte où entre le soleil, je lis « Les papiers de Jeffrey Aspern » d’Henry James, un récit désuet d’une élégante futilité. La rue vide est d’un silence suspect. Ce matin j’ai entendu les croassements inquiétants d’un corbeau, attendait-il un cadavre ? Et cet après-midi j’ai eu la surprise d’entendre le cri déchirant d’une mouette perdue bien loin de la Seine ! Et plus tard, dans la cour, les trilles superbes d’un oiseau dont j’aurais aimé connaître le nom. Curieuse impression du retour des animaux joyeux dans la ville désertée, attirés par le silence.

    L’immeuble en face semble désert, ses habitants sont-ils partis apporter leurs germes en province sous le regard hostile des campagnards et la réprobation furibarde des médecins de campagne ?

    La vue de l’immeuble en face sans vie est plutôt monotone. Un peu de verdure ne m’aurait pas déplu. Pour la mer, il faut attendre un réchauffement climatique plus conséquent.

    Demain, nous serons vendredi. « Une vidéo circule sur les réseaux sociaux montrant un étrange appel à la prière, lancé par un muezzin qui, à la fois, signale l’heure du rite et invite les auditeurs à prier chez eux. Une première depuis des siècles de convocations ». (Kamel Daoud). L’esplanade de La Mecque serait entièrement déserte. Ce virus est un mécréant. C’est la fin des prières de rue, mais sur les marchés de Barbès dans la foule bêtement compacte, ce mécréant s’est converti.


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