• Nous sommes allés voir hier la rétrospective consacrée à Bernard Buffet au musée d'art moderne de la ville de Paris. Peu de paysages. De grandes toiles (en dimension) que je n'avais pas eu l'occasion de voir, notamment sur la guerre. L'ensemble m'a paru inégal. Des tableaux puissants, d'une grande tristesse. Une rigidité des personnages qui semble préfigurer la rigidité de la maladie de Parkinson dont fut atteint le peintre. Un aspect mortuaire qui préfigure son suicide en 1999.

    Cliquez sur les images pour les agrandir.

    Autoportraits

    Bernard Buffet, peintre de la dépression

    Bernard Buffet, peintre de la dépression

    Hommes

    Bernard Buffet, peintre de la dépression

    Bernard Buffet, peintre de la dépression

    Bernard Buffet, peintre de la dépression

    Femmes

    Bernard Buffet, peintre de la dépression

    Bernard Buffet, peintre de la dépression

    Bernard Buffet, peintre de la dépression

    inspiré de Courbet

    Bernard Buffet, peintre de la dépression

    Bernard Buffet, peintre de la dépression

    Bernard Buffet, peintre de la dépression

    Bernard Buffet, peintre de la dépression

    Annabel dont il est tombé amoureux après avoir quitté Pierre Bergé et qui échappe à sa vision de la femme

    Crucifixion

    Bernard Buffet, peintre de la dépression

    Bernard Buffet, peintre de la dépression

    Une piéta des plus prosaïques

     

     

     


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  • La cérémonie de la bien-pensanceJe n’ai regardé de la retransmission télévisuelle de la remise des Césars que l’hommage rendu à Georges Clooney qui, avec son compère Dujardin, avait abandonné la publicité pour des capsules de café pour déplorer l’élection de Donald Trump à la tête des USA.

    Mais aussi l’hommage bien mérité rendu par le cinéma français à Belmondo, un acteur qui m’a donné bien du plaisir. J’ai été touché par le contraste entre cet homme diminué par les séquelles de son accident vasculaire cérébral et le jeune homme pétaradant, virevoltant, cascadant, montré auparavant dans des extraits de ses films.

    Je n’ai pas vu le reste, mais lu le compte-rendu de la soirée et des remises des récompenses.

    Il me semble que les spectateurs ont eu le privilège de recevoir sur leurs smokings et leurs robes de soirée un coulis abondant de bons sentiments.

    Les interventions rapportées donnaient plus l’impression d’un meeting politique que d’une manifestation artistique. Le britannique Ken Loach, s’était même fendu d’un message lu sur scène en son absence : « À présent, c'est à vous, Français, de faire un choix. Nous, qui sommes vos amis depuis tant d'années, espérons que dans l'élection à venir vous pourrez rejeter l'amertume de la droite et voter en faveur de l'espoir suscité par la gauche. ». De quoi je me mêle ? Si le Brexit nous le permet, nous sommes prêts – généreusement - à exporter Outre-Manche notre gauche pleine d’espoir bien qu’un brin farfelue. Je suis sûr que l’humour anglais et leur Reine permettront d’y résister.

    Bien sûr, les spectateurs émus ont eu droit aux inévitables films sur la banlieue où les acteurs et réalisateurs d’origine africaine montrent leur talent – et c’est tant mieux – mais qui commencent à avoir un air de déjà-vu.*

    La réalisatrice de l’un d’eux n’a pas manqué d’égrainer les noms des jeunes victimes de la violence des policiers qui, bien entendu, n'est pas admissible lorsqu’elle n'est pas justifiée pour se défendre, mais elle a aussi rappelé, pour faire le plein, le nom des deux gamins qui, poursuivis pour un délit qu’ils avaient commis, sont malheureusement morts électrocutés dans l’enceinte d'un poste électrique dans lequel ils s'étaient bêtement réfugiés pour échapper au contrôle de police. Il me semble que dans ce cas la violence venait plus de l’EDF que des policiers eux-mêmes. En lisant ce discours j’ai eu l’impression que la France vivait sous un régime autocratique où la justice n’intervenait jamais.

    Il faudrait tout de même prévenir tous ces malheureux qui risquent leur vie en traversant Méditerranée pour rejoindre nos banlieues que les survivants, une fois arrivés, seront exposés au pire.

    Bien sûr, François Ruffin était là après s’être reposé après une trop longue Nuit debout. Il s’en est pris à ce pauvre François Hollande pour ne pas avoir fait cesser les délocalisations et ne pas avoir terrassé la Finance comme promis : « François Hollande a l'occasion sur le fil de prouver que son ennemi, c'est la finance, qu'il puisse sortir de l'impuissance et se bouger le cul ». C’est comme si c’était fait.

    Un beau meeting politique, mis sans débat. On a vu le succès de l’unanimité hollywoodienne opposée à l’élection de Trump.

    * A noter que dans cet étalage de bons sentiments, personne n'a osé s'offusquer de l'antisémitisme de la réalisatrice franco-marocaine oscarisée de Divines, Houda Benyamina, et de son actrice Oulaya Amamra. L'antiracisme de la bien-pensance est sélectif.


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  • Les candidats à la présidentielle déroulent leurs programmes. Une grosse poignée de milliards par ci, une grosse poignée de milliards par là. Un aller-retour qui ne manque jamais de passer par les poches des contribuables mais qui va rarement vers ceux et celles qui en ont le plus besoin.

    Heureusement, comme le montre la photo ci-dessous, la banque, elle,  vous demande si vous avez besoin d'aide. Saluons sa philanthropie.

    Comment une personne qui vit dans la rue fait-il ses besoins ?


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  • Le Français se détourne-t-il de la politique ?

    John Sloan : "Nuit d'élection"

    On dit que les Français sont dégoûtés de la politique et s’en détournent.

    Je ne crois pas. Le Français est un animal politique qui n’est pas en voie de disparition, malgré les misères que lui font les politiciens, le spectacle qu’ils donnent d’eux-mêmes, et de l’impuissance dont ils font souvent preuve.

    Peut-être que le Français sent confusément qu’il a sa part de responsabilité dans cette impuissance par le rejet des actions lorsqu’elles lui sont proposées, et, en définitive, c’est lui qui met au pouvoir des hommes et des femmes dont le CV devrait parfois le dissuader de leur donner des responsabilités, de les installer, puis de les pérenniser dans les ors de la République alors qu’il avait toutes les raisons de les renvoyer à la maison. Il faut dire que le choix qui lui est proposé répond rarement à son attente, d’où l’importance de l’abstention lors des élections. Mais le Français est un animal politique difficile à satisfaire, sauf en tant que militant où il est capable de se satisfaire de n’importe quoi.

    On dit qu’il se désintéresse de la politique. A voir. Dans ma sphère minuscule, je remarque que lorsque je commets, en tant qu’amateur incompétent, un petit article sur la politique, j’ai en général deux fois plus de visiteurs et de commentaires que lorsque je traite d’un autre sujet. Certes, la blogosphère n’est nullement représentative du pays, mais l’ensemble des réseaux sociaux en sont un reflet et finissent par être considérés comme l’émanation du peuple, sans doute à tort, quand on se penche sur leur contenu qui donne parfois la nausée.

    Lorsqu’un auteur rédige des articles où il se dit consterné par la politique, il ne cesse lui-même de les multiplier pour exposer sa consternation, ce qui est tout de même une preuve d’intérêt. La politique est manifestement le sujet principal des conversations publiques ou privées. Même ceux qui se disent philosophes parlent bien plus souvent de politique que de philosophie.

    Le moindre pet de travers pousse des gens à descendre dans la rue. Les moindres déclarations des politiciens suscitent des commentaires, critiques ou approbateurs. Les gens sont à l’affût : ils dégainent le tweet plus vite que leur ombre ou le quolibet vengeur au comptoir du café du Commerce.

    Alors je ne pense pas que le Français se détourne de la politique. Il aime la politique, d’un amour dont il se dit invariablement déçu dans le présent pour n’aimer que son souvenir, et n’apprécie le plus souvent les responsables politiques qu’une fois morts.


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  • Dans un précédent article (« Cervelles d’oiseau ») j’avais ironisé sur l’utilisation émotionnelle et irréfléchie de Twitter, notamment par les politiques pour lesquels ce mode de communication est devenu indispensable, leur permettant de pondre facilement et immédiatement des messages de 140 caractères, aussi courts que leur réflexion sur les évènements sur lesquels ils réagissent avec une spontanéité infantile.

    Je dois faire ici amende honorable. Les gazouillis émis sur les fils électriques de ce réseau social ont un intérêt : ils permettent de connaître la vraie personnalité des oiseaux qui les émettent, un peu comme les lapsus révélateurs que laisse échapper un patient en analyse.

    Les tweets surabondants et épidermiques de Trump permettent de cerner son profil psychologique, pour ne pas dire psychiatrique.

    Quant aux tweets innombrables que l’on vient d’exhumer, lâchés sous un pseudonyme par le journaliste et écrivain Mehdi Meklat, ex chroniqueur de Bondy blog, qui parade sur les plateaux, montrent bien que cet individu est homophobe, antisémite et misogyne (la totale) avec un soupçon de sympathie pour les terroristes islamiques. Quoi qu’il puisse dire à présent, sa haine, bien enfouie par intérêt, s’était exprimée dans le passé et sans retenue sur Twitter, et c’est pour cette raison que je finis par trouver de l’intérêt à ce mode d’expression révélateur d'une maladie que l'on tente par la suite de cacher.


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  • David Gréa, le curé le plus populaire du diocèse de Lyon a décidé d’abandonner laLe Grand Entremetteur prêtrise pour se marier. Dans une lettre qui a été lue à ses ouailles de l’église Sainte-Blandine où son groupe de rock se produisait régulièrement, il a déclaré : « Il y a quelque temps, j'ai commencé à construire une relation avec une femme avec laquelle je pense que Dieu m'appelle à vivre ». 

    On se demande évidemment ce que Dieu vient faire dans cette histoire plutôt banale. C’est aussi attribuer à Dieu la prise de nos décisions aussi prosaïques soient-elles, ce qui laisse à notre liberté un espace plutôt restreint.

    Pense-t-il sincèrement que c’est Dieu qui l’a appelé à coucher avec cette femme en lui donnant ainsi un rôle d'entremetteur ? On est toujours trahi par les siens.

    Les prêtres de tout temps, même défroqués, savent ce que Dieu veut. C’est un métier. Ils savent interpréter le silence. Ce sont des médiums de l’Au-delà. Mais les messages qu’ils reçoivent sont rarement en leur défaveur et le plus souvent en défaveur des autres.  


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  • Je lis assez régulièrement les chroniques que Kamel Daoud fait paraître dans Le Point. Algérien vivant à Oran, il a, me semble-t-il, un regard lucide et courageux (il est l’objet d’une fatwa létale) sur l’islam qu’il connaît bien puisqu’il a une vision de l’intérieur et qu’il a lui-même été très croyant dans sa jeunesse.

    Ce qui n’a pas empêché un aréopage d’intellectuels français, se proclamant meilleurs connaisseurs de l’islam que lui, de le conspuer lorsqu’il s’est permis de dire, après les agressions sexuelles commises sur plusieurs centaines d’Allemandes par des Arabes dans la nuit du jour de l’an 2016, que les musulmans avaient un problème sérieux avec la sexualité et le corps des femmes. Ce qui n’est pourtant qu’une évidence, mais aux yeux aveugles de ces intellectuels bien-pensants, il ne fallait pas toucher à ce qu’ils considèrent comme les nouveaux damnés de la terre quoi qu’ils aient pu faire.

    Dans sa chronique dans Le Point du 16/2/17 intitulé « Le droit de ne pas achever un livre », il écrit que l’on a le droit sans se sentir coupable d’abandonner un livre que l’on estime mal écrit ou ennuyeux. Ce qui m’a soulagé, car l’ironie veut que j’ai abandonné la lecture du roman par lequel il s’est fait connaître : « Meursault, contre-enquête ». Je l’avais largement entamé, mais je finissais par m’y ennuyer et la vie est trop courte pour persister dans l’ennui. J’ai néanmoins relevé dans cet ouvrage cette réflexion du héros qui m’a plu : « La religion pour moi est un transport collectif que je ne prends pas. J’aime aller vers ce Dieu, à pied s’il le faut, mais pas en voyage organisé » (p 76 Actes sud – Babel).

    A propos de livresDans sa dernière chronique, Kamel Daoud rapporte la réflexion d’un de ses collègues : « La religion est un livre qui a bien marché » et il ajoute cette phrase : « Autodafé inversé : le livre brûle le monde ». Il s’agit, bien sûr, des livres dits sacrés et je trouve cette phrase remarquable par sa vérité et sa concision.

    Le livre le plus original est la Bible hébraïque, l’Ancien Testament, une réussite dont les auteurs ne devraient pas se réjouir à titre posthume car leur œuvre littéraire a fait le malheur de leurs descendants en suscitant deux suites qui ont brûlé le monde : le Nouveau Testament et le Coran.


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  • Mr Macron n’a pas hésité à déclarer en Algérie que la colonisation était un crime contre l’humanité. Comme vous y allez, jeune homme !

    Il est cependant indéniable que les colonisations se sont le plus souvent accompagnées de crimes touchant les populations civiles, et que ces exactions peuvent entrer dans les définitions multiples des crimes contre l’humanité, notion qui date de 1945.

    La colonisation n’est pas le mode le plus redoutable de la conquête. C’est ce mode que les Romains avaient utilisé pour bâtir leur empire en respectant les mœurs et les dieux des peuples conquis, mais à qui ils imposaient leur administration, leurs impôts et leur armée.

    Les conquêtes que l’on peut appeler « assimilatrices » qui visaient à imposer aux peuples conquis les mœurs et la religion des conquérants ont été autrement plus dures. Ce fut le cas des conquêtes arabes. Dès que les arabes sont sortis de la péninsule arabique ils sont devenus des colons bien plus exigeants que les colonisateurs européens. A côté de la population d’origine berbère, une partie des Algériens est constituée de descendants des armées arabo-musulmanes venues d’Egypte conquérir une terre plus ou moins chrétienne.

    Demander des comptes à l'Occident n'exonère pas les autres de leurs propres crimes dont ils n'ont jamais fait repentance comme pour l'esclavage organisé par les Arabes.

    Toute l’histoire de l’humanité, faite de guerres et de conquêtes, pourrait être considérée comme une succession de crimes contre l’humanité selon les définitions adoptées après la II ème Guerre mondiale, et continuent à être largement commis de nos jours et notamment par les anciens colonisés. Les civilisations se sont bâties et mélangées sur des montagnes de cadavres. Mais elles se sont aussi mutuellement enrichies en créant art et savoir.

    Les interlocuteurs algériens de Mr Macron ont probablement apprécié sa déclaration. Pensez donc ! Eux qui continuent à macérer dans la colonisation passée en la rendant responsable de leurs erreurs de gouvernance alors qu’ils sont indépendants depuis plus d’un demi-siècle. Une colonisation que l’on peut condamner aujourd’hui selon une idéologie qui n’avait pas cours dans le passé, mais qui a laissé derrière elle, à côté des souvenirs douloureux, un pays structuré et une manne pétrolière.

    Se placer en victime éternelle de la colonisation est une « posture alibi » qu’il n’était pas nécessaire de renforcer. Posture contagieuse car également adoptée par une fraction de la population française d’origine maghrébine qui n’a jamais, par son âge, connu la colonisation et qui prétend continuer à être colonisée dans la société française en revendiquant le statut de victime par procuration, et celui d’accusatrice perpétuelle d’une société démocratique qu’elle semble rejeter alors qu’elle n’est pas avare d’assistance.    


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  • Aimer la vie

    Berthe Morisot : « Chrysanthèmes (le panier renversé) »

    Quand on a la chance de ne pas se sentir vieux, il vaut mieux n’utiliser son miroir que pour le strict nécessaire. Ce miroir, qui, comme le disait Cocteau, devrait réfléchir avant de renvoyer votre image.

    Il y a cependant trois signes qui me rappelle mon âge :

    Le premier tient à la courtoisie des autres (et oui, ça existe encore) : ce fut le moment (et ce moment crucial m’a surpris) où l’on a commencé à me céder une place assise dans le métro. On peut éviter son miroir mais pas le regard implacable des autres. Signe d’autant plus patent que la place est cédée par une femme et pire, par un homme d’âge moyen, dont je me sentais plutôt proche.

    Le second est une petite difficulté à mettre ses chaussettes, signe qui vous rappelle que la rigidité a remplacé définitivement la souplesse.

    Le troisième est la répétition des enterrements. Aujourd’hui, je fréquente plus d’amis morts que de vivants.

    Et dans le cortège qui accompagne la personne défunte, il y a toujours quelqu’un qui ne manque pas de dire cette phrase irritante : « il ou elle aimait la vie ». Une phrase que l’on entend fréquemment dans les médias lorsqu’on interroge les proches d’une personnalité défunte.

    Le moins que l’on puisse dire est « qu’aimer la vie » est un trait de caractère sans grande originalité, et qui ne mérite donc pas d’être mis en exergue. Et qu’en outre, cette formule sous-entend, assez bêtement, que puisque cette personne aimait la vie, elle ne méritait pas de mourir ou qu’aimant autant la vie, il est étonnant qu’elle ait pu la quitter.

    On peut en déduire que ceux qui mériteraient de mourir ne seraient que ceux qui n’aiment pas la vie. D’ailleurs, logiquement, nombre d’entre eux se suicident. Cependant, certains claironnent à qui veut les entendre qu’ils n’aiment pas la vie en évitant soigneusement de se suicider pour en faire parfois leur gagne-pain, comme le fit Cioran.


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  • 239. Le Yin et le YangLa ministre de la santé du gouvernement de Thabo Mbeki, qui succéda à Nelson Mandela, le premier président noir de l’Afrique du Sud, soutenait en 2003 que pour lutter contre le sida il était plus sûr d’utiliser de l’ail, de l’huile d’olive et de l’oignon que des anti-rétroviraux. En 2008, à la fin de la présidence de Thabo Mbeki, 1 personne sur 5 en Afrique du Sud était séropositive.

    D’après les statistiques transmises par la Chine à l’ONU en 2015, il y aurait en Chine 501000 personnes atteintes du sida ou porteuses du virus fin 2014.

    Les autorités chinoises viennent de publier (le 5/02/17) leur plan quinquennal anti-sida. Un des objectifs est de doubler le nombre de patients atteints de sida traités par la médecine traditionnelle chinoise par rapport à 2015.

    Cette médecine traditionnelle comporte, entre autres, des médicaments à base de végétaux, des massages, de l’acupuncture ou encore le qigong (gymnastique traditionnelle).

    Il est certain que cette médecine traditionnelle, et ceci a été souligné par les autorités chinoises, est moins onéreuse et mieux supportée que les anti-rétroviraux. Mais on peut se demander quel effet pourraient avoir les massages, la gymnastique ou l’acupuncture sur le virus bien au chaud dans les cellules infectées. Probablement pas plus que l’ail, l’huile d’olive et l’oignon préconisés par l’ineffable ministre de la santé sud-africaine. Les Chinois sont-ils devenus fous en marchant sur ses traces ?

    Non, les Chinois sont des gens pragmatiques qui réussissent à allier les contraires complémentaires, le Yin et le Yang, le communisme et le capitalisme, la tradition et le modernisme.

    Le plan exhorte, en effet, les services de médecine traditionnelle à collaborer avec les organismes officiels de santé "pour trouver un schéma thérapeutique combinant la médecine traditionnelle chinoise et la médecine occidentale" (la trithérapie).

    On peut cependant remarquer que si l’on ampute une partie de la trithérapie au profit par ex. de la gymnastique, le traitement risque de devenir inefficace, et si l’on ajoute à la trithérapie la médecine traditionnelle, le traitement restera efficace mais en deviendrait plus onéreux (mais peut-être mieux supporté).

    L’intérêt ne serait-il pas de démontrer par ce couplage l’efficacité de la médecine traditionnelle chinoise en attribuant à cette dernière une part de l’efficacité démontrée de la trithérapie ? Ils sont malins ces Chinois : une thérapeutique mixte permettrait de promouvoir leur médecine traditionnelle mais en y mettant le prix. Dans le cas où l’on remplacerait la trithérapie ou une partie d’elle par la gymnastique ou l’acupuncture, le traitement serait plus économique, et avec l’intérêt supplémentaire de réduire la surpopulation, notamment dans sa partie homosexuelle.


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