• Eh ! Salvador ! Avec l'aval d'une juge de Madrid, une voyante espagnole qui se prétend ta fille veut te faire exhumer 28 ans après ta mort pour le prouver. Pour toi qui affirmait qu’un génie ne devait pas procréer et pensait s’être abstenu de le faire, c’est une surprise. Mais avoue que cet attachement filial au point de forcer ta sépulture vaut de l’or.

    Même dans tes délires les plus extravagants tu n’avais pas songé à l’exposition de tes restes comme l’Eglise le fait pour ses saints. Mais tu vas être ulcéré, ce ne sera qu’une exposition brève, sans dévotion aucune, le temps de t’enlever un bout de ce qui reste encore de toi.

    Ô ADN ! Que d’irrespects on commet en ton nom !..Et au nom de l’argent.

    Salvador Dali : « La ballerine et la tête de mort »


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  • Cachez ce monument que je ne saurais voir

    On se demande pourquoi les combattants de l’Etat islamique ont détruit la mosquée Al-Nouri, édifice millénaire de Mossoul, un des symboles de leur religion, caractérisé par un minaret « bossu ».

    On sait que l’islam, encore plus que les autres religions monothéistes, a une extrême pudeur vis à vis des organes sexuels (voir "Pudibonderie" et "Obsédés sexuels"). On se souvient que lors de la visite du président iranien en Italie, les Italiens, pour ne pas heurter son chaste regard, se sont lâchement empressés de recouvrir sur son passage les statues dénudées qui abondent dans la péninsule (« Cachez ce nu que je ne saurais voir »).

    Or que voit-on sur la photo ci-dessus ? Un minaret qui ressemble bigrement à un phallus dressé et de surcroît un phallus qui ne ferait pas la fierté d’un homme (mise à part sa dimension) car déformé comme pourrait l’être une verge durcie de travers par les nodosités scléreuses de la maladie de La Peyronie ou au contraire touchée par une certaine mollesse la rendant sensible à la pesanteur.

    Il n’est donc pas étonnant que des islamistes radicaux, très fiers de leur supériorité masculine marquée par un pénis en état de marche, et très pudique quant à son exhibition, aient avant de quitter les lieux fait sauter ce phallus monumental à tirer dans les coins.


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  •  

     

     

    Il fait chaud

    La femme nue assoupie

    Etreint le lit

    La tête dans ses bras en berceau

     

    Il fait chaud

    Le corps découvert alangui

    Dans la beauté de son impudeur

    Dans le charme de sa candeur

     

    Une heure de sommeil

    Volée sur la nuit

    A l'ombre de la chambre fleurie

    Dehors le soleil

    Frappe sur les volets fermés

     

    Au pied du lit

    Les vêtements éparpillés

    De trop

    Et un chien endormi

     

    Il fait chaud

    La femme s'est s'abandonnée

    Nue

    Sans retenue

    Dans la chaleur de l'été


    Paul Obraska

    Pierre Bonnard "Sieste" 

     


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  • Les dessous douteux de la fête

    Lorsque Lang a lancé la « fête de la musique » (elle se déroule aujourd’hui et va mobiliser 27000 policiers en région parisienne ! ), à sa première édition j’ai déambulé dans les rues de Paris, allant d’un orchestre à un autre, d’un chant au suivant, de bruits en bruits et de couacs en couacs. Depuis, je n’ai jamais renouvelé l’expérience, restant sagement chez moi, n’aimant ni la foule, surtout lorsqu’elle un peu survoltée, ni les fausses notes.

    J’ai eu l’heureuse occasion de lire les remarquables mémoires de Jean-François Revel : Le voleur dans la maison vide. A cheval sur les pages 595 et 596 (de l’édition Plon), on peut lire ceci :

    « Dix ans après L’Idéologie française[1], Marc Fumaroli a dévoilé dans L’Etat culturel[2], les origines Vichyssoises, non pas vagues mais explicites et bien inscrites dans les institutions, les organisations, les manifestes, de tout un courant inspirateur des politiques de la culture sous les IVe et la Ve République de Jeanne Laurent à Jack Lang. La haine de l’individu, l’éloge du groupe, le culte du grégaire et du collectif, la répudiation de l’éducation de l’esprit comme conquête de l’autonomie du goût et du jugement, au profit de l’effusion abêtissante et des braillements grégaires dans les « fêtes » de foules anonymes et acéphales – on a même inventé une « science en fête » ! – dirigées et subventionnées par l’Etat, toute cette négation récente[3] de l’essence même de la civilisation occidentale, telle qu’elle court de Socrate à Proust, prend sa source en Vichy et, plus généralement, dans les philosophies totalitaires ».

    Felix Nussbaum : "Mascarade"

     

    [1] Un des ouvrages intéressants de Bernard-Henri Lévy, qui fit grand bruit lors de sa sortie.

    [2] Livre écrit par un érudit mais que je n’ai pas lu, il souleva les mêmes « vociférations » lors de sa parution que le livre de BHL ; preuve qu’il y a des sujets auxquels il ne faut pas toucher.

    [3] Les mémoires de Revel sont parues en 1997 chez Plon.


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  • Je voudrais rendre hommage ici à l’efficacité de la DGSI (sécurité intérieure) car tous les individus ayant commis ou tenté de commettre des attentats, comme le dernier aux Champs Elysées, un certain Adam D, qui s’est malencontreusement tué dans un accident de la circulation en conduisant un véhicule transportant imprudemment des armes et des bombonnes de gaz, tous, dis-je, étaient fichés S et connus pour leur adhésion au radicalisme islamiste meurtrier.

    Ceci montre que la DGSI fait bien son travail de repérage comme le prouve – a posteriori -  le passage à l’acte de ces individus.

    Doit-on féliciter la préfecture de l’Essonne pour avoir délivré un permis de détention d’arme à ce salafiste fiché ? Certes, il faut faciliter les initiatives des habitants des quartiers défavorisés, mais étant donnée la maladresse dont a fait preuve Adam D dans sa conduite, il aurait pu se blesser avec une arme en la manipulant.

    Le principe de précaution est tout de même inscrit dans la Constitution.

    ADDENDA : Le ministre de l'intérieur, Collomb, qui, comme son homonyme (nanti cependant que d'une seule aile), a découvert l'Amérique par hasard, déclare que cette tentative d'attentat prouve que la prolongation de l'état d'urgence est nécessaire alors qu'il vient de démontrer, au contraire, que cet état ne permet même pas de prévenir le passage à l'acte d'un individu "bien connu des services de police".

    Compliments

    Dessin de Geluck


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  • Ce matin, dans une revue de presse sur les ondes, la présentatrice fit état de l’analyse d’un journaliste allemand qui saluait « la sagesse des Français » pour avoir donné au second tour des législatives la majorité absolue à Macron, mais sans l’excès que prévoyaient les sondages, afin de bien rappeler au nouveau président de la République qu’ils lui donnaient les moyens d’agir mais sans en abuser.

    Penser que les 47 millions d’électeurs se sont concertés pour adopter une stratégie commune vis à vis du futur pouvoir ou qu’ils ont tous les mêmes motivations pour s’abstenir tient évidemment du fantasme journalistique a posteriori.

    L’importance de l’abstention au second tour est probablement liée au fait, outre le beau temps, que les deux candidats en lice pouvaient ne pas satisfaire une grande partie des électeurs dépossédés de leur candidat préféré, en ajoutant l’effet délétère des sondages donnant l’impression que tout était joué.

    Cet effet des sondages a également influencé le premier tour des législatives, car lors de celui-ci le panel des candidats était très étendu pouvant toucher toutes les sensibilités. Le choix était vaste, l’abstention le fut aussi et sa signification plus péjorative.

    Cette abstention record est évidemment utilisée par les vaincus pour minimiser la victoire du vainqueur en décrétant que celui-ci ne représente en fait qu’une partie très minoritaire de la population, sous-entendant ainsi qu’il n’a pas la légitimité nécessaire pour appliquer son programme. Interprétation qui conduirait à un immobilisme perpétuel.

    Ce que les vaincus passent volontiers sous silence est que cette abstention s’applique également à eux, et si le vainqueur ne représente qu’une petite minorité de la population, eux, sont encore moins représentatifs et l’adhésion à leur programme encore plus faible, le système électoral, conçu pour dégager une majorité (et donc injuste), étant identique pour tout le monde.


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  • La pharmacopée officielle au XVIIe siècle comportait des médications insolites (pour nous) comme des yeux de crabe, des plumes de perdrix, des araignées vivantes enrobées de beurre, des œufs de fourmi, des excréments de chien et même de la poudre de momie égyptienne ou de la lunea faite avec de la poudre d’os de crâne humain…

    On croyait cette époque révolue dans un siècle où l’on est capable de modifier l’activité des récepteurs moléculaires de la cellule ou de manipuler les gènes de l’acide désoxyribonucléique pour intervenir dans le cours d’une maladie.

    Et bien, pas du tout.

    La famille indienne Bathini Goud possède un remède secret qui lui aurait été transmis au XIX siècle par un saint hindou pour traiter l’asthme. Chaque année des milliers de personnes se rassemblent dans une ville du sud de l’Inde pour bénéficier de ce traitement. Il s’agit de « gober un petit poisson vivant dans la bouche duquel on a fourré une boule de pâte à base de plantes censée agir comme remède traditionnel ». Le poisson frétille car il est vivant (alors que l’huitre a la décence de ne pas s’agiter), aussi faut-il des volontaires pour fourrer d'un coup et profondément le poisson chargé du remède dans la bouche du patient et l’obliger à l’avaler en lui bouchant le nez. Les enfants qui, eux, sont restés sains d’esprit n’apprécient pas la chose et sont tenus fermement. Cette ingestion doit être suivie d’un régime strict pendant 45 jours.

    C’est du sérieux. Le gouvernement indien affrète des trains spéciaux et déploie des policiers supplémentaires pour canaliser la foule.

    L’article de l’AFP dont est tirée cette information médicale ne précise pas si cette thérapeutique piscivore à couper le souffle est efficace sur la respiration.

    Aujourd’hui se termine enfin cette trop longue pêche aux voix qui a débuté voilà quelques mois. Les bancs des nouveaux députés vont pouvoir frétiller. Ils vont vite apprendre à nager entre deux eaux. Nous aurons à gober leurs nouvelles lois, espérons que nous n’aurons pas à nous boucher le nez pour pouvoir les avaler et que les remèdes, si ce ne sont pas des placebos, ne nous couperont pas le souffle.

    Un remède à couper le souffle


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  • Si certains territoires sont dépourvus de médecins, c’est tout simplement parce qu’ils ne veulent pas y vivre et rarement en raison de la difficulté d’y exercer leur métier. Ils ne veulent pas y vivre parce que les infrastructures peuvent manquer, parce qu’ils seraient isolés, parce que leur famille aux habitudes citadines ne veut pas se résoudre à devenir campagnarde, que le conjoint ne veut pas abandonner son activité professionnelle lorsqu’il ne peut pas l’exercer dans ces territoires désertés.

    J’ai toujours pensé qu’une des solutions possibles est de demander aux médecins d’assurer une consultation hebdomadaire dans ces « déserts médicaux ». Il suffit de leur donner quelques avantages pour rendre ces déplacements attractifs, la France étant finalement un petit pays, les distances à parcourir ne sont pas élevées et sortir du train-train ne devrait pas être désagréable et plutôt formateur. Pour ce qui me concerne, je n'aurais pas hésité à le faire.

    Aussi ai-je été agréablement surpris par les propositions dans ce domaine de la nouvelle ministre de la Santé, Agnès Buzyn (Le Parisien) :

    « Dans les zones rurales, il faut être ingénieux ! Prenez le cas d'une ville avec un ou plusieurs hôpitaux. Une à deux fois par semaine, certains médecins pourraient être 'détachés' pour aller donner une consultation dans les endroits en désertification, sans avoir l'obligation d'y vivre. Idem pour les médecins libéraux. Dans un rayon de 30 km à 50 km, ils pourraient faire une consultation temporaire".

    Elle ajoute, à juste titre, que la télémédecine peut rendre des services et elle cite le cas de la dermatologie qui se prête effectivement bien à ce mode de consultation. Le diagnostic étant d’abord basé sur la vue des lésions, la transmission des images à un spécialiste est aujourd’hui aisée.

    245. Pâturage et vapotagePar contre en déclarant : « Le vapotage permet de réduire sa consommation mais pas l'arrêt complet du tabac. Or, c'est ce qui compte pour prévenir les cancers et les maladies cardiovasculairesOn ne reviendra donc pas sur l'interdiction de vapoter mise en place le 1er octobre prochain dans certains lieux publics », la nouvelle ministre tombe dans le même contresens que Mme Touraine : considérer que la e-cigarette est avant tout une méthode de sevrage du tabagisme. Elle l’est, bien sûr, mais elle n’a pas, comme les autres méthodes (patchs de nicotine), une efficacité absolue, tout en permettant tout de même de réduire la consommation, ce qui n’est déjà pas si mal.

    Ce qui compte est de ne pas inhaler la fumée toxique du tabac et de ne pas la faire inhaler aux autres, c’est elle qui favorise cancers et maladies cardiovasculaires, ce qui n’est pas le cas de la vapeur d’eau dégagée par le vapotage. Il faut favoriser, si on ne peut pas arrêter de fumer, le remplacement d’une fumée toxique par une qui ne l’est pas, même si le vapotage délivre de la nicotine (dont on peut diminuer progressivement la dose).

    Pour moi, la e-cigarette est avant un substitut au tabac et sous prétexte qu’elle ne permet pas toujours son arrêt total, on dresse des obstacles qui poussent les vapoteurs à sortir en plein air et à se mêler aux fumeurs de tabac, ce qui risque fort de les conduire à reprendre la cigarette qu’ils avaient abandonnée. C'est probablement la raison pour laquelle on constate la baisse actuelle de l’utilisation de la e-cigarette et c'est dommage.

    Dessin de Philippe Geluck


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  • Décomposition

    Depuis le surgissement inattendu du parti centriste de Macron accomplissant en une saison le rêve trentenaire de Bayrou, les analystes compétents parlent de recomposition du monde politique français.

    En ma qualité d’analyste totalement incompétent mais néanmoins bavard, je parlerais plutôt de décomposition.

    Le parti centriste, selon les estimations, va représenter 16% de la population et occuper 70% des sièges de l’Assemblée. La seule représentation conséquente sera probablement celle des LR, mais pour ma part, je ne trouve pas de différence fondamentale entre le programme de LRM (selon les quelques bribes lâchées deci delà) et celui de LR (selon le résidu du projet Fillon). A noter que ce qui différencie « La République en marche » : LRM, et « Les Républicains » : LR, c’est le M, c’est à dire, en fait, Macron.

    Après la tempête de nombreuses épaves écolo-socialistes ont été emportées par les flots quand elles n’ont pas été repêchées par le paquebot « En marche », n’ayant pas revêtu à temps une tenue social-démocrate insubmersible. Autant dire que pour les survivants restés dans le potage, la tête est un peu perdue et la réanimation risque d’être longue.

    Dans la décomposition actuelle du bipartisme convenable, la seule alternance possible, si LRM échoue, serait celle proposée par les partis extrémistes de droite et de gauche qui ne se distinguent vraiment que par leur attitude envers l’immigration. Pour être efficaces, ces partis devraient se regrouper en un vaste parti populiste (le LIFN) qui représenterait environ la moitié de la population française, le FN apportant son « petit peuple » et ses « fachos » et Mélenchon, ses « gens » et ses « bobos ». L’idée paraît heureusement farfelue, mais l’on ne compte plus les extrémistes de gauche ayant viré à l’extrême droite et ne vient-on pas de voir un candidat FN éliminé au premier tour des législatives demander à ses électeurs de voter pour un mélenchoniste ?

    Théodore Géricault : « Le radeau de la Méduse »


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  • 244. Le retour de Dracula

    Au XIIe siècle, les conciles (Clermont, Latran, Tours) interdirent aux membres du clergé la pratique de la médecine et surtout de la chirurgie en vertu du principe : « Ecclesia abhorret a sanguine ». En 1492, le Pape Innocent VII, gravement malade, aurait dû s'en souvenir quand son médecin lui proposa la première transfusion sanguine humaine connue avec le sang de trois enfants. Les quatre en moururent. Le Pape aurait pu supporter la transfusion si son groupe sanguin avait été celui du « receveur universel », mais le monde est mal fait et ce groupe est le plus rare des quatre principaux découverts par l'autrichien Karl Landsteiner en 1901. La chance que les enfants soient tous trois des « donneurs universels » était également mince.

    Les histoires de vampires alimentent les légendes et les spectacles, où l’on met en scène la jouissance vampirique de boire du sang ou de se baigner dedans. Du sang provenant de préférence du cou gracile et bien tentant de jolies jeunes femmes dont l'éventuelle virginité lui apporte un supplément de qualité.

    Les vertus soi-disant rajeunissantes du sang juvénile viennent d’être remis à la mode par Jess Karmazin physicien de 32 ans, diplômé de l’université de Stanford qui a fondé une start-up dénommée Ambrosia. Il aurait déjà une centaine clients. Ils doivent être au moins âgés de 35 ans, sans doute pour que l’efficacité de la cure ne les transforme pas en nourrisson, l’autre condition étant de débourser 8000 dollars pour en bénéficier.

    L’opération sera probablement très rentable car le promoteur se fournit comme tout un chacun dans les banques de sang (dont les « donneurs » sont rémunérés aux USA, ce qui assure leur plein succès) sans avoir à recruter des jeunes gens pour en faire couler le sang comme ce fut le cas du pape Innocent VII.

    Henry Fuseli "Le cauchemar"


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