• Ségolène Royal dont on ne savait que faire a été envoyée aux pôles - comme le fut Rocard - ce qui lui a permis de se faire photographier dans un équipage adéquat, et de diffuser son image pour bien montrer qu’elle prend son rôle au sérieux malgré le froid intense qu’elle affronte dans son nouveau fief. S’estimant la référence en matière d’écologie, elle intervient de façon plutôt « encombrante » aux dires de ses interlocuteurs non consentants. Mme Royal a répliqué vertement à ceux qui la considéraient comme « encombrante » que cette accusation était sexiste.

    Le sexisme s’est rapidement inscrit, propulsé par les affaires récentes, dans la panoplie des « ismes » : racisme, fascisme, nazisme, panoplie complémentaire à celle des phobies. On a donc un double panel pour couvrir de honte l’interlocuteur avec lequel on est en désaccord sans avoir besoin de recourir à une argumentation raisonnée.

    A noter que « communisme » ne fait pas partie de ces panoplies nauséabondes malgré les millions de morts et les souffrances dont il fut responsable au XXe siècle, alors qu’il continue à sévir sous nos yeux sous une forme ou sous une autre. Cet « isme » marxiste, bien que totalitaire et sanglant, conserve une virginité étonnante. Le communisme n’a jamais vraiment été considéré sous nos climats comme un insulte car c’est une croyance qui, comme les religions, est hors de la raison et mérite donc le respect.

    L’usage du « isme » peut se faire de deux façons : soit en défense, soit en attaque.

    L’accusation de sexisme par Mme Royal est de l’ordre de la défense : à ses yeux, elle n’est jugée encombrante que parce qu’elle est femme, sous-entendu que des interventions auprès de Mr Hulot de la part d’un homme auraient été jugées judicieuses. Affirmation pour le moins ridicule et je le dis sans le moindre sexisme.

    Le portrait de la communicante noire (certains utiliseraient le terme ridicule de « racisé », plus « colonial » que diversité, mais que l’on pourrait justement considérer comme raciste) de Macron publié dans le Canard enchaîné fut jugé raciste dans un article rédigé par un autre Afro-Français alors que ce portrait n’avait que la causticité habituelle des portraits, que le sujet soit noir ou blanc, rédigés par cette journaliste.

    Il arrive que la défense d’un Afro-Français dans une discussion consiste à traiter l’autre de raciste après un échange un peu vif. Il arrive même qu’un Afro-Français dans son tort traite l’autre de raciste sans aucune raison pour sortir vainqueur de l’altercation. Ce fut l’aventure survenue à un médecin accusé à tort de propos racistes par un patient mécontent (celui-ci fut par la suite débouté en justice).

    Le sexisme ou le racisme comme arguments défensifs risque d’exiger de la part de l’homme blanc des précautions oratoires, et cette réserve prudente pour ne pas se faire taxer de racisme (ou de sexisme) constitue en elle-même un racisme (ou un sexisme) à l’envers : ne pas trop critiquer, même ce qui est objectivement critiquable, c’est ne pas considérer l’autre sur un pied d’égalité puisque l’on s’efforce de le ménager. Lorsque Macron osa parler du contrôle souhaitable de la natalité en Afrique il fut accusé dans l’hexagone de s’attaquer au ventre des femmes noires alors que la surnatalité sur ce continent est un problème réel et admis par les Africains eux-mêmes.

    Les « ismes » d’attaque sont essentiellement le fascisme et le nazisme. C’est à tort et à travers que le terme de « fasciste » est utilisé par des gens qui ne semblent pas bien connaître sa signification et qu’ils dégainent avec une grande facilité pour déconsidérer des personnes qui ne le sont manifestement pas lorsqu’il s’agit simplement de conservateurs de la culture du pays et de sa langue.

    Le terme de « nazi » est vicieusement réservé aux Israéliens, descendants des survivants des camps d’extermination nazis. Quelles que soient les critiques que l’on peut faire à la politique à courte vue du gouvernement israélien et à ses agissements, les Israéliens ne se conduisent évidemment pas comme des nazis. L’adolescente palestinienne, dont on parle ces jours-ci, qui a insulté et frappé un soldat israélien en public et devant les caméras n’eut pas vécu bien longtemps avec un soldat nazi. Le soldat israélien, lui, s’est efforcé de ne pas réagir devant les provocations de cette jeune fille, fière de son exploit pour lequel elle ne prenait qu’un risque limité, et par lequel elle s’est assurée une célébrité mondiale et la gloire dans son camp.


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  • Un article paru dans Le Point du 11 janvier traite du narcissisme à propos de l’ouvrage d’un philosophe, fondateur de l’Ecole occidentale de méditation, rien de moins, intitulé : « Sauvez votre peau ! Devenez narcissique » et le journaliste embraye sur « l’amour de soi s’est quelque peu démocratisé : 2 milliards d’humains se contemplent dans le miroir de Facebook en guettant les likes, 300 millions gazouillent leurs humeurs sur Twitter, chaque seconde, plus de 1000 selfies sont pris à travers le monde »

    Pour ce qui concerne la multitude des tweets, on ne peut pas parler d’amour de soi mais de l’expression brève d’une opinion avec l’avantage que peut apporter l’anonymat permettant insulte et haine : c’est plus souvent la haine de l’autre que l’amour de soi qui s’exprime par ce réseau.

    Par contre pour ce qui concerne Facebook ou tous les réseaux où l’on peut exposer sa bobine et/ou son corps, il s’agit d’une exhibition de soi. Bien entendu, cette exhibition peut avoir un intérêt professionnel, c’est ainsi que des personnes gagnent leur vie avec leur image. Pour les autres, ce n’est pas du narcissisme mais de l’exhibitionnisme, c’est à dire l’inverse du narcissisme.

    Narcisse était, dans la légende, amoureux de lui et que de lui, en étant totalement indifférent à l’amour des autres. A l’inverse, s’exposer sur internet c’est rechercher l’amour des autres en comptant fébrilement les « suiveurs » et les « likes ». On espère l’admiration des autres, on existe que par les autres, et justement, peut-être, parce que l’on ne s’aime pas. De même une fréquence trop élevée des selfies peut signifier l’inquiétude sur son propre corps, ce qui n’est pas le cas de Narcisse.

     

    Narcissisme et exhibitionnisme

    Le Caravage "Narcisse"

     

    Existe !...Sois enfin toi-même, dit l’Aurore,

    O grande âme, il est temps que tu formes un corps !

    ................................................................................................................................

    Mais moi, Narcisse aimé, je ne suis curieux

    Que de ma seule essence ;

    Tout autre n’a pour moi qu’un cœur mystérieux,

    Tout autre n’est qu’absence.

    ................................................................................................................................
    Toi seul, ô mon corps, mon cher corps,

    Je t'aime, unique objet qui me défend des morts ! 


    PAUL VALERY (Poésies)


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  • La foudre jupitérienne ayant frappé les partis, le débat politique a pratiquement disparu au profit du discours sur le discours. Car en dehors du métadiscours, quels sont les débats qui occupent en ce moment les Français ?

    On débat à peine sur l’économie et le social ou la politique étrangère de la France. Les reliquats des partis n’ont rien à proposer, sinon des perspectives qui ont toutes échoué ailleurs ou dans le passé, ce qui explique qu’ils les défendent du bout des lèvres, sans grande conviction et leurs projets (s’ils existent) sont inaudibles.

    Les territoires perdus de la République sont soigneusement mis de côté, et Macron a même le culot de parler du « radicalisme de la laïcité » en mettant sur le même plan le radicalisme islamique meurtrier et la neutralité par essence de la laïcité.

    Vide politique

    En faisant l’impasse sur les problèmes gênants ou en minimisant leur impact, il reste comme débats :

    - Celui qui oppose les bonnes âmes qui veulent accueillir tous les migrants, ce qui leur donne bonne conscience à peu de frais car ils savent que c’est impraticable, et ceux qui sont montrés du doigt pour vouloir sélectionner les entrants, mais qui ont bien des difficultés à le faire. La quasi impuissance de ces derniers devraient satisfaire la compassion des premiers.

    - La farce cinquantenaire de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Une farce, certes, mais qui nous coûtera la peau des fesses, et qui a déjà coûté celle d’un jeune homme.

    - Est-ce qu’une drague grossière est l’équivalent d’un viol criminel ? Et les hommes sont-ils tous des porcs ? Un truisme pour les féministes radicales.

    - Les djihadistes sont-ils plus dangereux dans les prisons qu’en liberté ?

    - Le gouvernement doit-il examiner le lait des biberons ? Il a tout de même d’autres crèmes à fouetter.

    - La publication des pamphlets antisémites de Céline aurait-elle encore augmenté l’antisémitisme des banlieues ? En admettant que les habitants des quartiers défavorisés sachent lire couramment et pour du Céline délirant c’est pas donné.

    - Comment dépister les fausses nouvelles et sévir contre leurs auteurs ? Je crains que l’annonce d’une nouvelle législation (car il en existe déjà une) ne soit qu’une « fake new ».

    - Est-ce que l’association de Duflot mise sur les rails intéresse quelqu’un ?

    - Quel est le dernier tweet merdique de Trump ? A ne pas négliger, car par contraste les Français pourront se glorifier d’avoir élu un président qui présente bien et s’exprime mieux, bien que parfois trop longuement.

    - Qui est raciste ? Diallo ou l’Etat ? J’ai mon idée.

    - Dans peu de temps il faudra ajouter un autre débat : les lesbiennes pourront-elles disposer gratuitement de sperme in vitro ?

    Je n’ai pas horreur du vide politique, c’est reposant. Mais la nature ayant horreur du vide, il est probable qu’il disparaîtra, mais avec quoi ? Là est le débat.

    Vide politique


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  • 257. Quand le féminisme devient idiot et nocifEn décembre dernier, les gynécologues qui se réunissaient en congrès à Lille ont eu droit à des affiches placardées à proximité de leur lieu de rassemblement (le Grand Palais de Lille) les accusant de sexisme et de violences envers leurs patientes.

    La teneur de ces affiches (anonymes) était particulièrement agressive :

    "Mon consentement doit être demandé et son refus respecté, connard".

    Une autre dit "NON" au congrès, jugé "sexiste, patriarcal et paternaliste"

    Ou : "La gynécologie, ses pratiques et son enseignement ont hérité d'une histoire sexiste et continue de violenter le corps des femmes"

    Et : "Cher gynéco, je n'ai pas besoin de ton avis sur : mon désir d'enfant ou pas; mon choix de contraception ou pas ; mon corps; mon orientation sexuelle ; mes choix de vie; mes convictions et croyances ; mon identité de genre". "Soigne-moi et tais-toi"

    Cette information diffusée par le syndicat médical UFML et parue dans Egora a évidemment scandalisé les médecins dont les réactions ont été nombreuses.

    L’une d’elles résume mon sentiment : "Si tu veux que le médecin te soigne mais se taise, tu vas sur Doctissimo et tu fais pas chier". Ce qui ne saurait tarder puisque l’on manque cruellement de gynécologues.

    Je pense que les rédact-eur-rice-s de ces idioties seraient enchanté-e-s de suivre l’exemple des islamistes qui exigent que les femmes soient soignées et accouchées uniquement par des femmes. Mais il faut savoir que les gynécologues féminines font exactement les mêmes gestes sexistes que les hommes et elles violentent de la même façon le corps des femmes, mais peut-être dans ce cas à la grande satisfaction des lesbiennes.


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  • Le mot de 20017Il me semble que le nom commun le plus communément utilisé en 2017 est : harcèlement.

    L’individu sous nos climats semble avoir perdu toute sérénité, toute joie de vivre, il se sent harcelé, moralement et parfois physiquement, chez lui par ses voisins, dans la rue, dans les transports en commun, au travail par les réflexions désagréables du chef, ou son regard concupiscent ou sa main baladeuse, à l’école où l’élève est harcelé par le professeur qui lui demande de travailler et le professeur harcelé par l’élève qui le traite de bouffon.

    Un harcèlement réciproque et universel où l’on veut vous humilier, vous discriminer, vous obliger à travailler, à étudier, on ne vous écoute pas assez même quand vous n’avez rien à dire et on ne vous informe jamais assez mais quand on vous informe, vous êtes harcelé par la publicité.

    Chaque individu se sentant harcelé par autrui se tourne vers l’Etat pour lui demander protection et punir ses petits camarades qui le harcèlent.

    Mais si nous sommes tous harcelés, il y en a qui le sont plus que d’autres. Et le monde au sud frappe à nos portes pour venir se faire harceler à notre manière.


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  • A propos de la publication envisagée par Gallimard des pamphlets antisémites de Céline suant de haine, de violence et d’imbécillité, le premier ministre a déclaré dans un entretien au Journal du Dimanche :  "Je n'ai pas peur de la publication de ces pamphlets, mais il faudra soigneusement l'accompagner".

    Passons sur l’illusion de l’efficacité de « l’accompagnement » qui ne fera ni chaud ni froid à ceux qui ne rêvent que de bouffer du juif et qui trouveront là un hors-d’œuvre à leur goût, mais saluons le courage d’Edouard Philippe qui en tant que non-juif[1] n’a pas peur que soit alimentée la haine antijuive, rebaptisée antisionisme, qui fleurit notamment dans les quartiers dits défavorisés au point - entre autres - de rouer de coups des adolescents, d’assassiner des enfants, de jeter une brave femme par la fenêtre, de torturer un jeune homme pour lui extorquer de l’argent qu’il n’a pas, de terroriser un couple âgé pour les mêmes raisons avec la logique élémentaire suivante : juif = argent. On peut certes penser que des raisonnements aussi primaires sont à la hauteur de la cervelle défavorisée de ceux qui raisonnent ainsi. Pas du tout. Céline était un salaud avec une plume logorrhéique que l’on peut aimer ou pas, mais n’était pas débile, et que dire de Marx (d’origine juive de surcroît) qui dans la « Question juive » considérait que quasiment tous les juifs étaient banquiers à l’époque où dans l’est de l’Europe la plupart étaient dans la misère.

    Le courage de Mr Edouard Philippe

    Marc Chagall : « Vitebsk »

    L’antisémitisme n’est pas de l’ordre de l’intelligence, mais de la psychiatrie. L’antisémite ne demande qu’à alimenter son fantasme et son amour du complot. « Les Protocoles des sages de Sion », publiés aujourd'hui en démontrant au préalable, ce que tout le monde sait, qu’il s’agit d’un faux qui avait été jadis fabriqué par les services russes, seraient néanmoins perçus comme un projet authentique par ceux qui sont a priori persuadés de sa réalité.

    Il est tout de même étonnant que l’on tente de nos jours, et jusqu’au ridicule, de modifier l’histoire et les œuvres d’art pour ne pas heurter la sensibilité des uns ou des autres, mais que l’on trouve tout à fait admissible de diffuser dans toutes les bonnes librairies des œuvres qui appellent au meurtre d’une minorité sous un label littéraire fallacieux.

    Enfin, il est heureux que Mr Edouard Philippe n’ait pas peur, mais comme tous les inconscients. Son courage lui permet d'affronter les agressions anti-juives qui se multiplient depuis des années dans l'hexagone.

     

    [1] Du moins je le suppose, car tout le monde a probablement un ascendant juif dans sa famille : il a été évalué que les juifs représentaient environ 10% de la population de l’empire romain. A cela il faut ajouter les mariages mixtes, , et bien sûr les conversions au christianisme depuis 2000 ans, soit par conviction (Cardinal Lustiger), soit par obligation (probablement Montaigne du côté maternel), soit par intérêt (père de Karl Marx converti au protestantisme et dont la famille comptait nombre de rabbins).


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  • Hommage à twitterLa spontanéité du tweet pourrait être rafraîchissante s’il ne s’en dégageait pas souvent une vilaine odeur, car il a la brièveté et l’inconsistance d’un rôt ou d’un pet.

    Mais le tweet a un grand avantage : celui de pouvoir révéler la véritable nature de celui qui l’émet, et il s’agit le plus souvent d’irréflexion, de méconnaissance, d’émotivité superficielle, de vulgarité, de haine et d’idiotie. On sait ce que les gazouillis ont révélé de la nature de Trump et dans un de ses derniers, il se qualifie "non pas d'intelligent, mais de génie. Et un génie très mentalement stable! ".

    Aussi je fais amende honorable, le réseau twitter est indispensable comme révélateur de la connerie humaine.

    Pour étayer mon propos, la révélation récente de la teneur des tweets anciens (pendant son séjour à l’ENA) du nouveau porte-parole de LREM, Rayan Nezzar, professeur d’économie, s’il vous plait, montre la classe réelle de l’individu. Même s’il s’est empressé d’en effacer 5000 depuis qu’il a été promu, sans doute de la même veine, les gazouillis retrouvés par BuzzFeed sont de l’ordre de l’insulte vulgaire à l’égard des journalistes ou du personnel politique : pute, fiotte, poufiasse, zéro couille ou couille molle et « niquer sa mère » ne manque évidemment pas dans cette panoplie de grande classe.

    Le nouveau promu aura beau s’excuser, ses tweets spontanés (et imprudents) révèlent bien sa nature profonde : une fiotte diplômée, en utilisant son expression. On est ce que l’on écrit, le lieu et le moment de l’écriture importent peu.


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  • Orwell revient, ils sont devenus fous !

     

    Il serait temps de créer un « commissariat des archives artistiques » que l’on pourrait dénommer dans la novlangue de Orwell : « commarcha » et qui ferait partie, comme dans le roman 1984, du « Ministère de la Vérité » (Miniver) chargé de remodeler le passé en fonction du présent. Ce commissariat aurait un regard contraignant sur les mises en scène des spectacles du répertoire et des vieux films (on songe, par exemple, à l’aspect raciste insoutenable de Autant ne emporte le vent), afin de les adapter à la bien-pensance du monde contemporain. Cet organe officiel permettrait aux artistes d’éviter les foudres de la « police de la pensée » qui sévit dans chaque foyer sous la forme des réseaux sociaux et accessoirement dans les médias.

    Une question resterait à résoudre : comment repeindre les tableaux (mais on peut demander le retrait d'une toile comme celle de Balthus exposée au MET) et retailler les statues ?

    De toute façon, en cette période de féminisme offensif, pour ne pas dire radical, on ne peut que féliciter le metteur en scène Leo Muscato qui, à Florence, compte présenter le 7 janvier, spontanément, une version du célèbre opéra de Bizet, Carmen, politiquement compatible, et tenant compte des préoccupations contemporaines.

    Il estime, en effet, qu'à notre époque, marquée par le fléau des violences faites aux femmes, il est inconcevable qu'on applaudisse le meurtre de l'une d'elles. Dans la version qu’il va présenter, l’action se déroule dans un camp de Roms qui, occupé illégalement, sera évacué par les forces de l'ordre en tenue antiémeute.

     A la fin ce n’est pas Don José qui tue Carmen comme le voulait Bizet (le monstre !), mais Carmen qui tue le brigadier. Il faut dire que dans la version de Leo Muscato l’amoureux jaloux et en uniforme aurait la matraque facile. C’est quand même plus moral d’assister à la mort de l’agresseur, et de surcroît policier. Une mort doublement justifiée, mais rien ne justifie (à mon avis) la torture de l’opéra de Bizet pour lui faire dire ce qu'il ne dit pas.

    Edouard Manet : "Portrait d'Emilie Ambre dans le rôle de Carmen"


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  • Les congressistes réunis à Barcelone en août dernier lors du congrès de la Société européenne de cardiologie (ESC 2017) ont dû frémir et probablement se poser cette question iconoclaste après la présentation de l’étude PURE (la recherche d’un bon acronyme fait parfois le succès d’une publication, celui-ci est excellent). Je dis probablement, car je n’y étais pas et pendant mon activité professionnelle j’essayais toujours d’éviter d’y être. Je n’ai jamais aimé les congrès médicaux où des gens qui se ressemblent s’assemblent pour écouter ensemble des exposés en anglais ou pire en américain alors qu’il est plus confortable de lire leur publication ultérieure dans la presse médicale. Les seuls intérêts de ces congrès sont de pouvoir poser (en anglais) des questions à l’orateur, d’écouter les bruits de couloirs autrement plus sincères que les présentations, et de faire du tourisme en parallèle (ou exclusivement).

    Cette étude PURE « boulversifiante » est une enquête alimentaire adaptée à chacun des 18 pays concernés (Amérique du Nord et du Sud, Europe, Moyen Orient, Asie, Afrique) entreprise chez135 335 sujets de 35 à 70 ans, avec un suivi moyen de 7,4 ans, au cours duquel il a été constaté 5796 décès et 4784 événements cardiovasculaires majeurs.

    Cette étude, bien que seulement observationnelle, est tout de même impressionnante. Elle conclut que si la consommation de fruits et légumes a toujours un effet protecteur sur le risque cardiovasculaire et la mortalité, la mortalité globale est accrue par une forte consommation de glucides (sur-risque de 28% de la mortalité globale), alors qu’elle est abaissée par des apports élevés en lipides ! 

    Patatras ! « la mortalité globale était abaissée de 23 %, la mortalité non cardiovasculaire de 30 %, et le risque d’AVC de 18 % chez les sujets consommant le plus de lipides (5equintile) par comparaison à ceux en consommant le moins (1er quintile). Tous les types de lipides étaient associés à une réduction de la mortalité : - 14 % pour les graisses saturées[1], - 19 % pour les mono-insaturées, - 20 % pour les poly-insaturées[2]. Une consommation élevée de graisses saturées s’accompagnait, par ailleurs, d’une baisse de 21 % des AVC. »

    Horreur ! Cela fait des décennies que nous recommandons à nos patients de limiter les lipides à moins de 30 % des apports énergétiques et les graisses saturées à moins de 10 %.

    J’ai bien fait de raccrocher ma blouse.

    Mais il faut rester prudent. Comme une hirondelle ne fait pas le printemps, une étude ne donne pas la vérité. J’ai vu beaucoup d’études qui paraissaient ouvrir des horizons s’avérant en définitive sans lendemain. Il serait léger de passer à la trappe les nombreuses études antérieures qui sont en faveur de la nocivité d’un excès de lipides.

    Reste que j’ai également vu des virages à 180° enterrant des « vérités » sur lesquelles on s’appuyait doctement pour décider et traiter.

    La diététique est un des sujets qui fait couler le plus d’encre. Les sélections les plus diverses, les plus farfelues et parfois les plus dangereuses se succèdent et encombrent les étagères des librairies. On finit par croire que tout devrait être interdit : de la viande rouge (mais les poissons qui bouffent n’importe quoi présentent également un danger), aux lipides et au sucre (nouvelle bête noire). Si la plupart des aliments risquent de nous tuer, il faut bien manger pour vivre. Heureusement, les légumes et les fruits ont toujours bonne presse, mais leur consommation exclusive risque de provoquer des carences et n’oublions pas les pesticides. Quant à l’agriculture bio elle peut être dénuée de pesticides mais pas de germes dangereux. La vie est compliquée et toujours mortelle.

    Voir également : « 128. Du gras à moudre »

     

    [1] Beurre, fromage, certaines viandes dites grasses (mouton, agneau...), charcuteries, sauces, plats cuisinés, pâtisseries, produits industriels comme les biscuits.

    [2] L'huile de tournesol, d'olive, d'arachide, de colza, d'avocats, d'amandes, de noisettes, de pépins de raisins, de soja, de maïs et les poissons. Les oléagineux : Noix, noisettes, pignons de pins, amandes ou encore graines de tournesol


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  • Cet article de François-Xavier Ajavon est paru le 2 janvier dans Causeur.fr. Bien sûr, c’est une fiction sur la société de demain, encore que…Je me suis permis de le reproduire ci-dessous :

    Le meilleur des mondes (selon François-Xavier Ajavon)"Les campagnes #Balancetonporc, les cris d’indignation contre Tex, miss France et Antoine Griezmann ne sont qu’un début. Lorsque tout le Mal aura été expurgé de notre société, notre beau pays pourra enfin respirer. Bienvenue dans la France d’après, féministe, égalitaire et parfaite.

    9h. Au dernier étage du Conseil supérieur de l’audiovisuel, esplanade Johnny Hallyday, face à la Seine, un opérateur est au maximum de sa concentration. Un animateur de jeu télévisé vient de faire une blague sexiste. Un drone est immédiatement envoyé dans le studio en question afin de pulvériser le coupable. Le public est maintenant habitué. Depuis que le CSA a obtenu des pouvoirs très élargis, on ne badine plus avec l’humour. A la télévision, d’ailleurs, la plupart des animateurs ont été remplacés par des androïdes ayant les traits de Michel Drucker.

    10h. Dans le métro parisien, le service de la Pudeur s’active. Plusieurs usagers ont dénoncé sur Twitter des publicités nauséabondes. En ligne de mire : une pub DIM sur laquelle on voit une femme légèrement vêtue, l’annonce d’une expo Picasso au Louvre sur laquelle on peut distinguer des seins, et une affiche pour un régime amincissant, ciblée par une asso anti-grossophobie.

    14h. Petite révolution : c’est aujourd’hui qu’entre en vigueur l’interdiction du jambon-beurre-cornichon. Sous la pression d’une association hygiéniste, le beurre a été banni au nom du principe de précaution. Sous l’influence d’une association musulmane, la viande de cochon a été interdite. Une association féministe a obtenu l’interdiction des cornichons, dont la forme phallique avait une emprise néfaste sur la jeunesse. Le jambon-beurre se négocierait déjà 1,5 bitcoin sur le Dark Net.

    16h. A Neuilly, un lycéen est exclu de son établissement pour avoir utilisé à trois reprises le passé simple dans des dissertations. Pour les deux premières infractions, l’e-prof l’avait seulement sermonné en envoyant des décharges dans son clavier.

    21h. Un jeune homme timide a enfin invité sa collègue à dîner. Comme c’est un premier rendez-vous, les deux jeunes gens sont escortés par des agents du service de Prévention du harcèlement. Si tout se passe bien, ils iront peut-être au cinéma. Cette semaine à l’affiche : une comédie musicale inclusive racontant le combat d’un groupe de sourds-muets pour le bien-être animal et contre la vaccination obligatoire. Ça fera une bonne soirée."

    Le meilleur des mondes (selon François-Xavier Ajavon)

    Cette illustration ne fait pas partie de l'article


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