Après les attentats d'hier la grande majorité des réactions politiques nationales (et internationales, même de ceux qui soutiennent plus ou moins les terroristes) ont été celles que l'on pouvait attendre : compassion, hommage aux forces de l'ordre, solidarité, fermeté, mesures sécuritaires renforcées dont on verra en pratique ce qu'elles vont ajouter en efficacité à celles qui existent déjà.
Et bien sûr « des terroristes qui se disent «islamistes» (qui se revendique, absurdement, de l’islam) » (Aude Lorriaux, Slate.fr). Absurde ? Quand on crie « Allah est grand » avant de tirer et quand l'Etat islamique revendique les attentats de Paris en se référant à la volonté d' « Allah le très miséricordieux », il serait en effet absurde de considérer que ces assassinats de masse ont quelque chose à voir avec l'islam.
Comme après les assassinats dans la rédaction de « Charlie hebdo » où l'on a rapidement entendu des « ils l'ont bien cherché », les victimes devenant les coupables, aujourd'hui on ne manque pas d'accuser l'Etat français. Accusation attendue de la part d'une bonne partie de la droite qui souligne les failles sécuritaires de la part du gouvernement. On peut sans doute mieux faire, mais il est bien difficile d'éradiquer une menace de la part de terroristes prêts à donner leur vie pour une cause délirante si les soutiens à ce terrorisme ne sont pas supprimés. Les attentats ne manquent pas sous les régimes autoritaires.
Plus originale est la mise en accusation sur le mode : « la France l'a bien cherché » :
« Que dire, aussi, de la complaisance de l’extrême-gauche à l’égard de l’horreur islamiste ? « Cette barbarie abjecte en plein Paris répond à la violence tout aussi aveugle et encore plus meurtrière des bombardements perpétrés par l'aviation française en Syrie suite aux décisions de François Hollande et de son gouvernement », déclare le Nouveau Parti Anticapitaliste dans un communiqué : « Nous refusons toute union nationale avec les responsables des guerres, la bourgeoisie, Hollande, Sarkozy et Le Pen. » Même tonalité de Lutte Ouvrière, qui proclame n’avoir « aucune solidarité avec l’Etat français et avec ses dirigeants politiques. » (Thibaut Pézerat, Marianne).
On voit donc que cette extrême-gauche se révèle l'alliée "objectif" (qualificatif dont elle raffole) de l'Etat islamique.
Pour couronner la mise en accusation, nous avons également droit à celle de Bachar El-Assad puisqu'il vient de déclarer que l'attitude de la France à son égard a contribué à l'expansion de l'Etat islamique. Sous-entendu de la part du bourreau de son peuple que c'est bien fait pour nous, alors qu'il comptait plus ou moins sur les islamistes pour mater ses rebelles.