On sait que les entreprises et le commerce se sont emparés des préoccupations écologiques pour apparaître comme vertueux dans leur communication en prétendant tenir compte de ces préoccupations. L'écologie est devenue un argument de vente en utilisant un langage approprié dans leur publicité même s'il ne correspond à rien de concret. On constate donc une débauche de « durable », de « renouvelable » ou « d'écochose ».
Nous sommes également préoccupés par le terrorisme qui ne fait que croître depuis une décennie, et le réchauffement climatique s'accentuant parallèlement, il était tentant de les rapprocher en faisant du second une cause du premier.
C'est ainsi qu'il est espéré que la réunion de Paris du 30 novembre permettra de mettre sur pied « un plan fort contre le changement climatique [qui] contribuerait également à neutraliser certaines des causes profondes du terrorisme » (Mollie Reilly, Le Huffington Post).
On ne peut contester que la sécheresse retentissant sur les ressources agricoles risque de provoquer ou a pu provoquer des migrations de populations, une instabilité de la société, et une impuissance politique devant les conséquences des conditions climatiques . « Ces déficits de gouvernance favorisent les idéologies extrémistes et les conditions propices au développement du terrorisme. »(rapport du Pentagone de 2014)
Pour des études américaines on a là la cause de la guerre civile en Syrie.
Il est certain que des conflits risquent d'éclater dans l'avenir pour s'approprier des ressources et notamment les sources d'eau, et que les migrations elle-mêmes peuvent être à l'origine de conflits, mais n'est-il pas un peu sommaire de considérer le réchauffement climatique comme une cause profonde du terrorisme ? Deux phénomènes peuvent évoluer dans le même sens sans qu'il y ait un rapport de cause à effet, même si l'un peut aggraver l'autre.
N'y a-t-il pas là un argument un peu spécieux (pour ne pas dire opportuniste) pour pousser les pays à prendre des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique ? Car si le réchauffement climatique n'aura ses effets désastreux que dans l'avenir, le terrorisme est vécu dans le présent, et malheureusement les gouvernants sont plus sensibles au présent qu'à l'avenir.