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190. Une maladie plus politique que médicale

 

En avril 2015, le Comité Consultatif national d'éthique (CCNE) s’était déclaré favorable au maintien des restrictions pour le don de sang par les homosexuels masculins, restrictions qui datent de 1983 et étaient fondées sur la forte prévalence du VIH dans cette population (jusqu’à 70 % dans certaines cohortes américaines) et ont été maintenues en raison de l’existence d’une "fenêtre sérologique silencieuse" où les tests de dépistage peuvent s'avérer négatifs alors que le sang prélevé est contaminé. Cette « fenêtre » peut durer de 3 à 6 semaines, mais en cas de traitement prophylactique, elle peut durer 3 mois.

On comprend la position du Comité Consultatif national d'éthique lorsque l'on jette un coup d'oeil sur l'encadré ci-dessous :

En France, en 2011 :

- Environ 6 100 personnes ont découvert leur séropositivité au VIH. Pas de diminution par rapport aux années précédentes.

- L’infection au VIH touche 3 fois plus les hommes que les femmes.

- Les deux groupes les plus concernés sont les homosexuels masculins (40%), les découvertes étant pour eux en progression depuis 10 ans, et les hétérosexuel(le)s né(e)s à l’étranger (40%), dans 75 % des cas en Afrique Sub-Saharienne. Il faut y ajouter les utilisateurs de drogues IV.

- Pour les homosexuels masculins les comportements à risque ont augmenté de 32% en 2004 à 38% en 2011, et l’incidence (nouveaux cas) de l’infection à VIH est chez eux 200 fois plus élevée que chez les hétérosexuels. La prévalence (nombre de cas dans la population) est 65 fois plus élevée. 19% des transgenres seraient séropositifs (Lancet 2012) 

- Pour la syphilis (comme pour les autres maladies sexuellement transmissibles), le nombre de cas récents est en augmentation chez les homo-bisexuels masculins, qui représentent toujours la grande majorité des cas rapportés.

Les homosexuels masculins ne sont pas les seules populations à avoir plus de risque d'être contaminées. Ce n'est pas l'homosexualité elle-même qui est en cause (cela ne concerne pas par ex. les lesbiennes) mais les pratiques sexuelles (multiplicité des partenaires, rapports anaux) qui peuvent très bien être le fait des hétérosexuels.

Le CCNE en avril dernier a tenu compte, pour conseiller le maintien de la prohibition, de travaux récents qui estiment que la levée de l’interdiction multiplierait le risque de transmission du virus du sida par 4 lors d’une transfusion.*

Mais voilà, cette « réforme » était une promesse de campagne de François Hollande et une demande de longue date des associations LGBT.

Et hier, le 4 novembre 2015 - Le ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine, a annoncé, dans les colonnes du Monde, la levée progressive de l’interdiction du don du sang pour les homosexuels. Elle a expliqué vouloir « procéder par étapes » : « Dans un premier temps, le don du sang sera ouvert aux homosexuels n’ayant pas eu de relations sexuelles avec un autre homme depuis douze mois. Les homosexuels pourront donner leur plasma s’ils sont dans une relation stable depuis quatre mois ou s’ils n’ont pas eu de relations sexuelles sur la même période... » en concluant :« C’est la fin d’un tabou et d’une discrimination ».

Evidemment, cette condition préalable d'abstinence pendant un an a bien fait rigoler les homosexuels (du moins, je le suppose) sur la toile. Voici quelques gazouillis relevés par le Huffington post :

- "Si je comprends bien, c'est ok pour les gays qui seraient croyants mais pas pratiquants. Le ridicule n'est pas loin!"

- "deux couples mariés monogames l'un hétérosexuel et l'autre gay pas traités de la même façon: discrimination"

- "Proposons aux hétéros de faire aussi un pas en pratiquant l'abstinence 1 an avant leur don de sang"

- "Un an d'abstinence !? Est-ce qu'ils peuvent ajouter ne pas avoir de moustiques dans sa chambre"

- "[Dernière minute] Pour donner leur sang, les homosexuels devront au préalable avoir résolu le conflit israélo-palestinien"

- "Conditions aux homos pour le don du sang : - 1 an d'abstinence sexuelle - Manger un nombre impair de grains de riz sur les 6 derniers mois"

- "Seul les embryons clonés de moins de 12 mois et nourris au lait d'amande Bjorg pourront donner leur sang, d'après Marisol Touraine".

Si ces gazouillis ne manquent pas d'esprit, ils dénotent une certaine confusion des problèmes.

D'abord, de quoi s'est mêlé le candidat Hollande en promettant la levée de l'interdiction ? Quelle est sa capacité pour juger des modes de contamination d'une maladie infectieuse ? Depuis quand donner son sang est-il un droit ? Depuis quand prendre des précautions vis à vis d'une population pour éviter la propagation d'une pandémie est-il une discrimination de cette population ? Comme l'avait d'ailleurs déclaré l'association Aides en juin 2012 à rebours des réactions actuelles : « le don du sang n’est pas fait pour démontrer l’égalité des droits»**

Le don du sang n’est pas un droit mais une offre généreuse et seul le corps médical devrait pouvoir juger de son opportunité, n’est-il pas ahurissant que les politiques et les groupes de pression ne cessent de s’en mêler ? L’interdiction est  largement étayée par les constatations actuelles (mais elles peuvent changer dans l’avenir) et ne cherche aucunement à nuire aux personnes visées. Il s’agit avant tout d’un problème médical : protéger la population contre une infection. Isoler un malade contagieux n’est pas une discrimination du malade en tant qu’être humain, mais une protection des autres. Un navire que l’on met en quarantaine n’est pas une discrimination des passagers, mais un isolement des porteurs possibles d’une maladie contagieuse, parmi ces passagers certains ne sont pas atteints mais ils risquent de l’être ou de transmettre la maladie, d’où leur isolement obligatoire. La situation est semblable pour les homosexuels masculins, environ 60% d’entre eux n’ont pas ou n’ont plus de comportements à risque, mais la difficulté est d’en être certain, et la prudence s’impose.

Le principe de précaution n'est-il pas inscrit dans la Constitution ? Il semble qu'il soit à géométrie variable selon l'influence des groupes de pression.


* D’après le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) qui avait consacré son numéro du 23 octobre 2012 à la sécurité des produits sanguins, si tous les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) s’abstiennent de donner leur sang le risque de transmettre le virus du sida serait de 1 sur 5700000 dons. Entre 2008 et 2010, 28 séroconversions sont survenues chez les donneurs réguliers, 23 étaient de hommes et 12 d’entre eux ont admis a posteriori leurs rapports sexuels réguliers avec des hommes, de ce fait, le risque actuel est estimé a 1 sur 2900000. En excluant du don de sang que les homosexuels multipartenaires au cours des 12 derniers mois, le risque pourrait s’élever au pire à 1 sur 700000, soit 4 fois plus élevé qu’aujourd’hui.

** Le président actuel de Aides a réagit de la même façon :« Le don du sang n’est pas un droit, c’est un geste de solidarité qui doit d’abord assurer la sécurité des receveurs. Or, cette avancée par étapes s’explique. Déjà par la prévalence du sida chez les homosexuels qui représentent encore 40 % des nouvelles contaminations chaque année. En outre, on ne dispose pas de données scientifiques suffisantes concernant le don du sang dans cette population ». Une réaction de bon sens.

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F
A force de vouloir tout régenter les incompétences sont légion... mais le ridicule ne tuant pas nous n'avons pas fini de rire (jaune)<br /> Bonne journée Dr WO
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Z
Pas complètement Doc; mais le toubib pense que c'est le contre coup du décès de maman. Tout m'est revenu en pleine figure, les trois deuils que j'ai assumé seul, celui de mon frangin en 1986, celui de mon père en 2002 et celui de maman. J'ai fermé les yeux aux trois, et ce sont des images qui repassent en boucle dans ma tête. San compter ma frangine qui le lendemain du décès de maman à contacté un notaire pour défendre ses intérêt. Dur, dur !<br /> Le médecin m'a prescrit des analyses, a augmenté la dose du prazépam 5mg (anti-anxiolytique) le soir (3 cachetons au lieu de 2) et la dose de setraline 50mg (anti-dépresseur), que je prends matin et soir, a doublé la dose du soir (2 cachetons au lieu de 1). Avec les nouvelles doses, j'ai dormi un peu plus. Je le revois dans 15 jours. On verra bien.
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L
De toutes façons depuis que le sieur hollande et sa bande  sont au  pouvoir, la France, régresse à vitesse grand V! <br /> Est-ce pour finir avec la "race blanche" si contestée ? Nous irons tous manger très vite les pissenlits par la racine si le le soi-disant pouvoir continue à prendre ses délires pour argent comptant!<br /> Nous sommes en plein désert! Saoudite et quatari bien sûr!
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Z
Encore une décision déconnante, une fois de plus.... L'homosexualité n'est pas en cause, mais bien entendu les pratiques sexuelles, et les injections de drogue sans aiguilles stériles. Ce gouvernement marche sur la tête.<br /> Bonne soirée de la part d'une ZAZA qui émerge tout doucement de sa coquille !
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