Publié le 31 Août 2020

D’un côté nous avons les autorités chinoises qui proclament quasiment la fin de l’épidémie au coronavirus cuvée 2019 dans leur pays en montrant des foules joyeuses fêtant l’évènement, les gens les uns contre les autres, le visage découvert et souriant.

D’un autre côté, en Europe et spécialement en France, on nous annonce qu’il faudra vivre longtemps avec ce virus qui semble se plaire sous nos cieux et qui n’aurait donc pas l’intention de disparaître. L’Europe (en dehors de la Suède) met le masque, la Chine le retire.

Qui croire ? Bien sûr, il faut se méfier de la propagande chinoise qui affirme la disparition de l’épidémie et présente celle-ci comme une victoire du régime, en sous-entendant que ce régime est, de ce fait, bien plus efficace que tous les autres et pourrait ainsi devenir un modèle pour le monde entier. Attitude qui, au passage, permettrait de faire oublier la responsabilité des Chinois dans l’éclosion de maladies infectieuses ces dernières décennies.

Mais il est fort possible qu’ils aient réellement fait disparaître l’épidémie dans leur pays, et le masque a fait partie de la panoplie préventive contre la transmission du virus. Mes précédents billets montrent que je suis partisan du port du masque, un des obstacles à la transmission interhumaine du virus, tout en étant conscient que cette contrainte est le plus souvent inutile dans le cours d’une journée.

Car il faut garder raison. Aujourd’hui, en France, des milliers de tests de dépistage ont été effectués (on approche du million de tests par semaine). La cohorte testée est devenue importante. Certes, la proportion de cas positifs augmente, mais elle n’est actuellement que d’environ 4%. Je ne connais pas les caractéristiques de la population testée, mais il est probable qu’un grand nombre de personnes qui se font tester ont des symptômes ou craignent d’avoir contracté la covid. On encourage d’ailleurs ces personnes à se faire tester en demandant aux autres de ne pas le faire pour éviter d’engorger les centres de dépistage. On peut donc raisonnablement penser que s’agissant de la population générale le taux de contamination pourrait être inférieure à 4%, mais l'estimation devient difficile en raison de la proportion des faux négatifs qui peut atteindre environ 30% des cas testés.

L’évaluation de la contamination dans la population générale ne pourrait être valable que si l’on teste une cohorte représentative de celle-ci et on n’est pas certain que ce soit le cas pour celle qui est actuellement testée, notamment pour ce qui concerne la proportion de jeunes dont on sait qu’ils peuvent être des porteurs asymptomatiques du virus.

Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, si l'on admet qu’environ 95% des personnes rencontrées ne sont pas porteuses du virus, celui-ci ne disposerait finalement que d’un petit cheptel. Si les gestes barrières étaient bien respectés, dont le masque, il ne ferait pas long feu, à moins que la contamination prenne des voies que nous ignorons, mais l’exemple de la Chine n’est pas en faveur de cette hypothèse.

On peut donc craindre que plus il y aura de personnes qui ne suivront pas les directives préventives, plus l’épidémie sera prolongée, plus longtemps nous devront porter le masque, plus on aura une surmortalité, plus l’économie ira mal et plus le chômage augmentera.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 29 Août 2020

L’affirmation du titre est une évidence, sinon on approcherait de la fin de l’histoire des sciences. Mais c’est aussi une définition possible de l’incertitude, état qui accompagne tout fait nouveau, et qui aujourd’hui prédomine devant l’épidémie actuelle. Une décision prise dans l’incertitude devient donc sujet à caution et source de discussions dans les pays où il est permis de discuter et où l’on passe son temps à le faire. La mise en cause de la décision parasite l’action qui en découle au risque de rendre incertain son résultat, ce qui aboutit à une nouvelle discussion sur son opportunité.

Ce billet fait suite au billet 335 où j’exprimais vainement le vœu que mes confrères mettent un peu la sourdine dans leurs interventions dans les médias dont la teneur, pour nombre d’entre elles, va à l‘encontre des décisions gouvernementales.

A commencer par Didier Raoult qui pérorait le 27 août dans son fief, flanqué de deux femmes politiques, édiles de la mairie de Marseille, son masque sur le menton barbu et parlant à peu de distance aux deux autres qui le portaient correctement. L’une d’entre elles a félicité la sommité de sa position « révolutionnaire » correspondant à la sienne (il me semble pourtant que cet édile est plutôt de droite). J’ai beau chercher, je ne vois pas en quoi la position de Raoult est révolutionnaire, à moins de considérer que ses interventions dans les médias et les réseaux sociaux le sont. Lors de cette conférence de presse (simultanée avec celle du Premier ministre, ce qui ne doit pas être un hasard), l’oracle de Marseille s’est encore vanté d’une mortalité plus faible à Marseille qu’à Paris, sous-entendant ainsi que tous les médecins hospitaliers parisiens sont des incompétents confrontés à son génie. Il a souligné ainsi que le nombre de patients en réanimation est “deux fois plus faible à Marseille qu’à Paris, et une mortalité deux fois plus faible également parmi les cas diagnostiqués et hospitalisés”. Mais il a ajouté : “Nous, on hospitalise plus qu'à Paris, on pense qu'il faut traiter les gens le plus tôt possible”. Ce qui veut dire qu’en hospitalisant des patients peu malades, on a évidemment moins de gens en réanimation et que la mortalité globale est évidemment plus faible. Sacré Raoult.

Mais il n’est pas le seul à jeter le trouble. Les autorités sanitaires imposent le masque pratiquement partout dans les zones où la contamination semble fâcheusement amorcer une courbe exponentielle, mais des médecins sur les plateaux de TV affirment que le masque ne sert à rien en plein air. On se demande donc pourquoi les asiatiques, sans doute des demeurés, qui comptent cependant beaucoup moins de morts que nous, le mettent tous dans la rue en cas d’épidémie. L’argument de nos professeurs est que l’on n’a jamais démontré la contamination en plein air. Mais mes chers confrères, a-t-on démontré qu’elle ne peut pas exister ? A-t-on démontré que dans la rue une personne parlant fort à une autre, même à 1 mètre, ne peut pas lui transmettre le virus ? Il paraît que le virus s’envole, mais s’il s’envole justement dans les narines du vis-à-vis ? C’est bien connu les mouvements de l’air écartent gentiment le virus dans la bonne direction.

Un des arguments de l’inutilité du masque en plein air est l’absence de foyers après les grandes réunions qui ont lieu malgré les directives. Mais comment le sait-on ? Ces gens se sont largement dispersés, ils n’ont pas été dépistés à la sortie de la réunion, la période d’incubation peut même être supérieure à deux semaines, et les formes asymptomatiques sont les plus nombreuses, surtout s'il s'agit de sujets jeunes, ce qui est habituellement le cas dans ces réunions.

Parmi ces infectiologues, il y en a un (Pr Caumes) qui, pour montrer les incohérences du port du masque dans la rue, a déclaré en substance et pas peu fier de sa remarque : « des gens masqués vont passer dans la rue devant des terrasses où les consommateurs ne sont pas masqués ». Mais cher professeur, je ne vois pas où est l’incohérence. Cette disposition évitera aux gens sur le trottoir de contaminer, s’ils stationnent et parlent fort (notamment lorsqu’ils téléphonent) ceux qui sont en terrasse et qui, eux, n’ont aucune protection. Puis-je me permettre de vous trouver un peu idiot pour un spécialiste des maladies infectieuses. 

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 26 Août 2020

Ce qui est bien illustré par deux articles parus aujourd'hui dans le Canard enchaîné :

Les monothéismes ont été créés par et pour les hommes

Evidemment, quand le notaire est Dieu lui-même, faire appel à une juridiction humaine est inconvenant. Quand le président tunisien affirme de surcroît que "la loi successorale / définie par le Coran / est basée sur l'équité et la justice", on se demande s'il n'est pas influencé par les tweets de Trump en affirmant une absurdité avec aplomb.

Les monothéismes ont été créés par et pour les hommes

Et en Amérique du Sud, ce n'est pas la première fois que le clergé condamne davantage la fillette violée, en raison de l'avortement qu'elle a dû  subir, que le violeur, souvent un membre de sa famille. La famille c'est sacrée. Et la vie d'un foetus a plus de valeur que celle d'une fillette de dix ans. Les voies de l'intégrisme sont plus impénétrables que celles de Dieu.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 25 Août 2020

La marge

Une marge se situe à la périphérie, espace ou latitude à l’extérieur du principal. Nous constatons aujourd’hui que la marge tend à devenir le principal d’un événement. Si des individus se rassemblent pour fêter ou protester, le motif du rassemblement finit par disparaître avalé par la marge. Sur un devoir, la marge sert à porter des corrections, pour un événement la marge sert à détruire : violences, incendies, agressions.

C’est ainsi que les médias annoncent qu’en marge d’une manifestation, qui passe de plus en plus au second plan, tant et tant de voitures ont été incendiées, tant et tant de vitrines ont été brisées, tant et tant de commerces (de préférence de luxe) ont été dévalisés, tant et tant de personnes ont été interpellées. Mais à ma connaissance on dit moins combien de personnes ont été relâchées ou condamnées à quoi que ce soit, sauf pour quelques cas exemplaires. Par contre, nous avons droit à un discours musclé et sans concessions du ministre de l’intérieur, à lui de trouver une formule originale par rapport à ses prédécesseurs.

Il est vrai qu’une marge ça ne compte pas, et comme le dit une indigéniste (victime perpétuelle de la colonisation) que l’on voit régulièrement sur les plateaux de TV, il faut comprendre la misère sociologique de tous ces acteurs désespérés de la marge, et se poser la question de la légitimité de la violence policière à leur égard. Autrement dit, la violence gratuite (bien que le pillage soit plutôt rentable) serait plus légitime que la violence policière qui tente de maintenir l’ordre et s’exerce même parfois simplement pour se défendre lorsque les forces de police subissent, et de plus en plus, des attaques ciblées.

On ne peut que constater le nombre croissant de gens qui s'installent en marge de la société française et que la marge s'élargit en bouffant la page blanche.

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Publié le 23 Août 2020

D’un virus à l’autreJe ne sais pas si vous êtes au courant mais ce soir le PSG doit affronter le Bayern de Munich en finale de la ligue des champions de l’UEFA. En fait, cette question est idiote car qui n’est pas au courant ? Les médias en regorgent, n’hésitant pas à parler d’évènement historique, rien de moins. Il est vrai que cela nous change un peu des conversations autour de la covid-19 et du bal masqué qui fait danser toute la planète.

Les images des excités du football nous montrent que l’on est passé d’une hystérie à l’autre. De la fièvre déclenchée par un minuscule ballon moléculaire porté par un postillon à celle propagée par un gros ballon de cuir poussé par les pieds. On passe d’un supporter du PSG, la larme à l’œil, déclarant, la gorge serrée, qu’il attend ça depuis un demi-siècle à un commerçant des Champs-Elysées qui barricade avec anxiété la devanture de son magasin. Car le virus du football peut être aussi dévastateur que le coronavirus qui, dans son refuge cellulaire, suit également l’affaire de près et se régale à l’avance des perspectives touristiques promises par les rassemblements de furieux aussi ivres d’une défaite que d’une victoire. Voir « Le footisme, maladie universelle ».

Défaite D’un virus à l’autre

 

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Publié le 21 Août 2020

335. Chers confrères, si vous pouviez un peu la fermer !Mes confrères défilent en brochettes sur le petit (de moins en moins petit) écran : infectiologues, épidémiologistes, virologues, immunologues, urgentistes (on a même un néphrologue) pour nous parler de la covid-19, et des facéties de ce virus exotique qui a pris possession du monde à la barbe de ses dirigeants qu’ils soient démocratiques ou dictatoriaux. C’est un virus apolitique même si l’opinion que l’on a de lui semble dépendre de la position politique.

Les journalistes sont enchantés, ils ont de quoi remplir, et les médecins sont flattés, rien ne les prédisposait à une célébrité aussi longue, elle dépasse nettement le quart d’heure d’Andy Warhol. L’un d’eux a même été pratiquement sanctifié.

Tout ce beau monde est là pour causer. Et ça cause. Soit pour dire la même chose, soit pour se contredire eux-mêmes, soit pour s’opposer, étalant le débat médical devant le public, quand ce n’est pas leur ignorance sur ce qui se passe et surtout ce qu’il faut faire. Et c’est là que le bât blesse.

Les uns vous disent que le masque (ce putain de masque) a la même efficacité que le préservatif pour protéger du SIDA, les autres vous disent que ça rassure, que l’on peut ainsi voir sur les visages qu’il existe une épidémie, que ça ne sert à rien en plein air, que le problème est dans les mains…etc…En fait mes confrères ne savent pas grand-chose, surtout pour ce qui concerne l’évolution même de l’épidémie sur laquelle ils sont évidemment interrogés alors qu'ils n'ont pas de réponse en dehors des constatations que chacun peut faire. On ignore la contagiosité à partir des surfaces inertes, la persistance du virus dans l’air et la durée de sa virulence hors du corps humain, les études étant contradictoires et, il faut l’avouer, difficiles à faire. Quant à l'hydroxychloroquine, la querelle fut sanglante mais le combat cessa faute de combattants...

Alors, au moment où les autorités ont tendance à imposer de plus en plus le masque dans les lieux fréquentés clos ou pas clos, on assiste à ce déballage qui fait les délices des médias et la perplexité du public qui ne sait plus à qui se vouer, mais qui engage certains à discuter le bien-fondé des décisions en criant à la dictature.

Vous me direz : le public a le droit de savoir, mais quand on ne sait pas vraiment, est-il nécessaire de partager avec aplomb une ignorance plus ou moins savante ?

Alors conservons notre bon sens : qui peut le plus, peut le moins. Ce virus pénètre par le visage et sort du visage, le couvrir est un barrage même s’il n’est pas totalement hermétique, il évite aussi que vous touchiez votre visage avec les mains quand elles ont traîné sans avoir été lavées. Bien sûr que ce masque est le plus souvent inutile, mais il peut être utile une seule fois pendant la semaine et cela suffit pour le porter au milieu de vos congénères, et si eux le portent aussi vous pouvez être rassurés et s'ils se tiennent de surcroît à distance vous pouvez l'être pleinement. (Voir aussi 309 et 331)

A mon humble avis, je ne vois pas ce que l’on peut dire de plus, alors, chers confrères si vous cessiez d’envahir les écrans pour répéter tout et parfois son contraire ou faire des prévisions dont la plupart se sont révélées fausses jusqu'à présent.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 19 Août 2020

334. Coucou, le revoilàJe m’étonnais de ne plus entendre le Pr Raoult. Il vient de réapparaître dans une interview accordée aujourd’hui à Cnews, interview que je n’ai pas vue ou entendue et dont je n’ai lu que des extraits dans la presse. Je dois au préalable dire que je ne connais probablement pas le centième de ce qu’il sait sur les maladies infectieuses, ce domaine étant loin de ma spécialité. Ses points de vue étant originaux, il n’est pas inutile d’en prendre connaissance.

Comme Trump, dont on s’est beaucoup moqué, il attribue lui aussi l’augmentation du nombre de contaminations à la pratique accrue des tests de dépistage. Ce n’est pas illogique, et pour une fois le président américain ne méritait pas les ricanements lorsqu’il avait déclaré la même chose. Toutefois, avec le temps et une épidémie persistante, il est probable que le nombre de contaminés augmentent sans que la diffusion des tests en soit la cause. Il ne faut pas accuser le thermomètre de donner de la fièvre.

Notre professeur au cours de l’interview sort une banalité : “Plus on s'affole, moins on soigne bien”. Mais suivez mon regard : “On n’organise pas de lutte en ayant peur”…“Il faut enlever ceux qui ont peur et mettre ceux qui ont du courage devant”. Je ne vois pas très bien ce qu’il a voulu dire. Que veut dire « courage » pour un médecin en dehors d’aller porter secours à un blessé sous la mitraille ou de soigner des infectés comme l’ont fait les soignants en pleine épidémie. Quand il s’agit de prendre des décisions préventives et/ou thérapeutiques (ce que semble sous-entendre Raoult), le médecin ne prend aucun risque, c’est le malade qui en prend puisqu’il subit les conséquences d’une mauvaise décision. Paroles aussi verbales que vainement critiques. Pour les politiques, le courage est d'appliquer, dans l'incertitude, une bonne décision alors qu'elle est impopulaire.

Il note que « dans les cas qu’on trouve, on est en train de regarder, entre ceux qu'on trouve maintenant et ceux que l'on trouvait en février ou en mars, ce n'est plus la même maladie”…Il s’agirait désormais de formes “très bénignes”…“sans troubles de la coagulation”.

Ce n’est plus la même maladie ? Je ne peux en juger (c'est possible en cas de mutation du virus), mais ce n’est peut-être plus la même population qui se contamine, peut-être est-elle plus jeune et les jeunes ont toujours fait pour la plupart des formes bénignes ou asymptomatiques.

Puisque la maladie est devenue – à ses yeux – bénigne, on comprend qu’il ne soit guère formel sur l’utilisation de masques : “Si les masques peuvent rassurer c'est une chose, mais je suis inquiet qu'on fasse une fixation trop importante dessus, parce que maintenant c'est les gens qui vont vouloir faire la loi”. Aussi est-il partisan de la recommandation plutôt que de l’obligation. Il donne au masque un intérêt comme signal, celui qu'“il y a une maladie contagieuse qui circule”, mais il nous accorde toutefois que le masque joue un rôle physique de protection.

Mais professeur, si vous recommandez, cela veut dire que l’on peut aussi se dispenser de la recommandation, et que des contaminés, surtout s’ils sont asymptomatiques, continueront à diffuser le virus et peut-être à tuer. Vous avez dit vous-même devant la commission parlementaire que plus l’on parle, plus on risque de dire des bêtises. Vous auriez mieux fait de vous taire plutôt que d’envoyer un tel message qui va conforter les réfractaires au masque. Je ne vous dis pas merci.    

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 18 Août 2020

Le coq aux plombs

 Ceruti, Giacomo, dit il Pitocchetto ; 1691–1768 "Nature morte au coq mort"

J’aime bien le coq au vin. J’ose espérer que le coq dans mon assiette n’a pas été abattu en raison de son chant un peu trop matinal mais pour être consommé. Ce qui compte c’est pourquoi l’on meurt, car il est scandaleux de mourir pour avoir chanté et tout à fait normal pour être mangé. Ce qui compte aussi c’est la façon de donner la mort, car tuer par un coup de feu est autrement plus répréhensible que d'égorger. 

Aussi je pense pouvoir manger mon coq en toute tranquillité sans déclencher une salve de protestations et des milliers de protestataires apposant leur signature au bas d’une pétition réclamant justice pour mon coq marinant dans du vin.

Peut-on parler ici de discrimination ? Pourquoi demander justice pour l’un et pas pour l’autre ?

En mai dans le village de Vinzieux, un coq prénommé Marcel fut tué d’un coup de feu par un voisin exaspéré par ses chants. Et voilà que plus de 75000 personnes au 17/08/20  ont signé une pétition (cliquez ici pour voir cette pétition) lancée par le propriétaire du coq mort au chant d’honneur, dénonçant « un acte barbare » et réclamant « justice pour le coq Marcel ». Un habitant de la commune ardéchoise de 450 âmes a déclaré, ému, “Nous avons été profondément choqués par ce drame”. Signalons que le tueur de gallinacé insensible au côté patrimonial sonore du chant du coq a reconnu les faits et sera jugé début décembre par le tribunal de Privas.

Ne disons plus que les autorités se désintéressent de la ruralité : « Le conflit autour du coq Maurice avait incité l’Assemblée nationale à voter en janvier une proposition de loi introduisant la notion de “patrimoine sensoriel” des campagnes dans le droit français. Elle doit prochainement être présentée aux sénateurs ».

Le sensoriel de mon coq au vin est incontestable, mais est-il recommandé de manger son patrimoine ?

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 17 Août 2020

333. Hippocrate, Pasteur, réveillez-vous !

D’après Rue89Strasbourg, une médecin du Bas-Rhin, âgée de 60 ans, naturopathe, homéopathe et adepte de “l’hypnose humaniste” “médecin de la conscience” et non "big pharma” envoie au sein d’un groupe “contre le masque obligatoire, pour la liberté de respirer et de sourire” un certificat de complaisance sur lequel il n’y a plus qu’à ajouter son nom et son prénom : “Les masques c’est un faux problème. Imaginez, quand un petit enfant se promène avec un masque, c’est une muselière. Le problème, c’est la dictature qui monte”, dit-elle, en affirmant par ailleurs avoir réussi à guérir des malades du Covid avec des méthodes alternatives. “J’ai prescrit pour tout le monde des vitamines, des huiles essentielles, etc… Pour moi le masque, comme les vaccins, c’est un mensonge". Elle préconisait également aux patients de “se rapprocher de la nature, de prier, voire même de répéter une succession de chiffres pour se protéger du Covid”… “Radiée ou pas radiée, cela importe peu, d’autres l’ont été avant moi… Moi je m’irradie au soleil, je respire la lumière. J’ai prêté serment devant Dieu et devant Hippocrate, pas devant Bill Gates et ‘Big Pharma’, les labos pharmaceutiques", a-t-elle affirmé, interviewée par la radio locale France Bleu. 

Je ne condamne pas a priori une position différente de celle du commun. Les progrès scientifiques viennent le plus souvent d'une position originale, voire révolutionnaire, qui s'oppose à ce qui est admis par tout le monde. Encore faut-il amener des arguments à la thèse défendue, et quand il s'agit d'un traitement, il faut aussi démontrer qu'il n'est pas nocif et qu'il est au moins aussi efficace que la conduite thérapeutique admise. Ici, cette médecin se contente d'affirmer sans démontrer, son point de vue est essentiellement idéologique et non scientifique, c'est du charlatanisme dangereux pour ses patients et on peut se demander si son cas ne relève pas de la psychiatrie.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 17 Août 2020

 

De la victime au bourreau

Goya : "Décapitation"

Des conneries dangereuses volant en escadrilles au-dessus des USA risquent de venir renforcer les nôtres. C'est Peggy Sastre qui le signale dans Le Point, son regard vigilant toujours effaré par ce qu'elle voit Outre-Atlantique. Mais quand il s'agit de conneries dangereuses, l'océan est vite franchi, et les équipes susceptibles de les réceptionner sur notre sol sont déjà sur pied. Je rapporte ici son éditorial intitulé : "Le retour de la terreur".

« Le climat politique actuel m'empêche d'exprimer mes opinions parce que d'autres personnes pourraient les juger offensantes. » Dans cette assertion d'un sondage mené par le Cato Institute et publié le 22 juillet, 62 % des Américains se reconnaissent. Une proportion en hausse depuis la dernière mouture de cette enquête, réalisée en 2017, où ils n'étaient « que » 58 %.

Quand on s'émeut des effets socialement délétères du « politiquement correct » et, plus généralement, des atteintes à la liberté d'expression, on s'entend souvent répondre : « Vous dites ça car vous n'êtes qu'un sale vieux réac nostalgique du temps où l'on pouvait dire des trucs racistes à la machine à café et mettre une main au panier de sa secrétaire en toute impunité. » L'argument est séduisant (la preuve, il est répandu), mais peu conforme aux données disponibles. L'enquête Cato révèle ainsi que l'autocensure se moque pas mal des frontières partisanes. Si les républicains sont effectivement les plus nombreux à se réprimer (77 %), elle est autant majoritaire chez les démocrates (52 %) que chez les indépendants (59 %) et les centristes/modérés (64 %).

Rééquilibrage

Culture américaine oblige, l'universalité du problème est également confirmée dans les statistiques ethniques : 65 % des Hispaniques, 64 % des Blancs et 49 % des Noirs choisissent de taire leurs opinions par peur de choquer leurs congénères. La crainte n'est pas qu'une question de politesse : les sondés sont 34 % à droite, 31 % à gauche et 30 % au centre à penser qu'ils pourraient « être privés d'une opportunité professionnelle voire se faire licencier si leurs opinions politiques venaient à être connues ». Et le pouvoir économique n'est en rien une protection : l'autocensure touche 60 % des individus ayant un revenu supérieur à 100 000 dollars et 58 % de ceux chez qui il est inférieur à 20 000 dollars.

Il en va d'une autre antienne désormais psalmodiée à l'envi : la vague contemporaine d'ostracisme pour cause d'opinions divergentes ne serait qu'un juste rééquilibrage, une manière pour les sans voix de se faire entendre. Dans une récente tribune au Monde, c'est l'argumentaire que déroule Laure Murat. Chaudement installée à son poste de professeure de littérature à l'UCLA, elle nous explique que la « cancel culture » (sorte de boycott organisé après une déclaration maladroite sur Internet) n'est que le « dernier recours d'une population sans autre voix que l'Internet » et l'« outil le plus récent d'une contestation politique de plus en plus intense, issue des minorités et de la gauche radicale américaine, s'inscrivant dans le combat des droits civiques et du féminisme, excédées par l'impunité du pouvoir et la passivité des institutions face au racisme, à l'injustice sociale, au sexisme, à l'homophobie, à la transphobie, entre autres ». C'est beau, mais c'est faux.

Des exemples flagrants

Si la « cancel culture » n'est effectivement qu'un mot nouveau pour désigner un phénomène sans doute aussi ancien que l'aptitude humaine à exprimer et censurer des opinions, elle a le goût de cendre des révolutions qui, plus tôt que tard, finissent par passer leurs propres enfants à la casserole, histoire d'avoir toujours un truc à grignoter. Sur Twitter, le compte EverythingOppresses liste depuis la mi-juillet des cas de « cancelling » dépassant de loin l'énième star hollywoodienne qui se flagelle pour avoir commis le très grave péché d'avoir un jour porté des tresses africaines.

À l'heure où j'écris ces lignes, il en est à 165 occurrences, dont les 125 premières concernent le commun des mortels. Ce sont deux femmes forcées à stopper leur activité de restauration ambulante parce qu'elles y servaient de la nourriture mexicaine en étant blanches. C'est un électricien viré manu militari parce que la photo de ses doigts arrondis en « OK » a circulé sur Twitter et qu'on l'a accusé d'être un sympathisant du KKK – il est à 75 % non-Blanc et ne connaissait pas la signification suprémaciste du geste. C'est un cuisinier qu'on licencie pour une blague comportant le mot « esclave ». C'est un étudiant musulman dont on saccage la porte de sa chambre de dortoir pour avoir publié un article satirique sur ses camarades d'extrême gauche. C'est la directrice d'une école canadienne qui se retrouve sans emploi pour avoir fait jouer Le Marchand de Venise de Shakespeare dans son établissement. C'est tout et n'importe quoi, comme seules savent le faire les purges qui, pour camoufler les psychopathes en roue libre à la manette, se donnent des grands airs de salut public."

 

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Publié le 15 Août 2020

Des brèves qui soulagent« Téhéran crie victoire, samedi 15 août, après le rejet à une écrasante majorité par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution américaine visant à prolonger l’embargo sur les armes en Iran…Seuls deux des quinze membres du Conseil ont voté pour la résolution. Deux autres, la Russie et la Chine, ont voté contre et les onze membres restants du Conseil se sont abstenus, parmi lesquels la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, alliés européens des Etats-Unis. Si le texte avait obtenu neuf voix favorables, Pékin et Moscou – qui entendent pouvoir vendre des armes à Téhéran dans un avenir proche – auraient certainement mis leur veto en tant que membres permanents » (Le Monde). C’est ainsi que l’Iran pourra continuer à fournir en armes ses filiales au Moyen Orient, au Liban, au Yémen, en Syrie…

Des brèves qui soulagent« Grâce à un arrêté préfectoral, la jauge passe de 5000 à 9000 spectateurs pour la Cinéscénie du parc vendéen Le Puy du Fou ce samedi 15 août. » Pas d’inquiétude : le virus craint les Chouans. Mais une telle décision est-elle le fait du prince ou celui-ci craint-il la famille de Villiers ?

 

Des brèves qui soulagent

A Lourdes, le Seigneur reconnaitra les siens

Des brèves qui soulagent« Lors de la cérémonie nationale d'hommage aux six humanitaires tués dimanche, le Premier ministre à appeler les associations à ne pas quitter le Niger ». Les ONG meurent mais ne se rendent pas. C'est désarmant. Le journal nous engage par ailleurs à revivre la cérémonie en hommage aux six morts.

On dit beaucoup de bien de Jean Castex, c'est sûrement vrai, mais je n'arrive pas à le prendre au sérieux. Peut-être est-ce sa façon de parler, de dire des évidences d'un ton définitif. Il me fait un peu penser à Bourvil vantant "l'eau ferrugineuse", sketch dont les plus âgés se souviendront.

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Publié le 14 Août 2020

Lectures légères

Lectures légèresJe viens de terminer un polar italien : « Les mains vides » de Valerio Varesi où l’on assiste aux déambulations d’un commissaire à travers les rues de Parme, à la fois accablé par une chaleur torride et par sa ville gangrénée par la pègre mi-étrangère (de l’est), mi-italienne et par la corruption. Ce polar ne manque pas à la tradition des polars italiens, comme ceux de Donna Leon qui se déroulent dans Venise, où les policiers découvrent toujours les coupables mais n’arrêtent que les seconds couteaux en laissant prospérer les notables mouillés. Ces polars du sud, peut-être en raison du soleil et de la beauté des villes, malgré le cynisme qui y règne sont finalement moins désespérants que les polars du nord : Islande, Ecosse, Suède…imprégnés d’un climat gris et froid, riches en policiers alcooliques souvent divorcés dont les enfants se droguent  plus ou moins. Les séries télévisées du nord ont également ce goût amer en se déroulant dans des rues monotones aux maisons laides sous un ciel bas et aux personnages tristes à pleurer.

Mais le soleil de Marseille ne suffit pas à éclairer les romans sombres et très bien écrits de Jean-Claude Izzo où son héros Fabio Montale ne se fait plus d'illusions sur sa ville dans "Total Khéops", "Chourmo", et "Solea".

Lectures légèresPour ce qui concerne les romans d’un genre différent que j’ai lu pour me distraire, je suis un peu irrité par un procédé qui me semble de plus en plus utilisé par les auteurs : le morcellement spatio-temporel, l’abandon du temps linéaire au profit d’un désordre chronologique savamment orchestré avec des sauts multiples du présent au passé et vice versa, ce qui est un procédé facile pour créer du suspense en vous privant périodiquement de dessert. Procédé utilisé habilement dans l’excellent « Changer l’eau des fleurs » de Valérie Perrin, de façon plus grossière dans « Le gang des rêves » de Luca Di Fulvio, et de façon diabolique dans « L’Enigme de la chambre 622 » du Genevois Joël Dicker. Ce dernier livre est un phénomène de librairie : premier dans les meilleures ventes de la Fnac pendant 9 semaines, il est encore en deuxième position à la onzième semaine. Dans l’hôtel où j’ai passé mes vacances, nous étions trois à le lire. Son intrigue est particulièrement alambiquée avec des sauts dans le temps et dans l’espace plusieurs fois dans un même chapitre, ce qui finit par nous désorienter. L’auteur abuse du procédé jusqu’à la malhonnêteté et son œuvre finit par perdre sa qualité de roman pour endosser celui du feuilleton. La plupart des gens ont aimé ce livre et se sont laissés embarquer dans une intrigue invraisemblable et atomisée.

Illustration ; Renoir, Vuillard, Magritte.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 12 Août 2020

332. Des chiffres et de l’être« Le Premier ministre Jean Castex a annoncé mardi 11 août la prolongation jusqu'au 30 octobre de l'interdiction des évènements de plus de 5 000 personnes, soulignant que la situation épidémique en France s’est dégradée. Les préfets auront la « possibilité d'y déroger avec la vérification du strict respect des consignes sanitaires » (les journaux)

Cette limite des 5000 personnes me rend perplexe. Pourquoi 5000 et pas 4000 ou 6OOO ? Tout rassemblement est une source de contamination. Deux personnes proches qui se parlent est l’occasion pour un virus de passer de l’une à l’autre, à cheval sur un postillon ou transporté plus élégamment par un aérosol. Ce qui compte est de faire obstacle à cette migration. 10000 personnes qui se réunissent en portant toutes un masque couvrant la bouche pour ne pas émettre et couvrant le nez pour ne pas recevoir, en se lavant les mains avant et après de se réunir, en évitant entre temps de se toucher le visage et les yeux, exposent à moins de danger de propagation du virus que 10 personnes dans un milieu clos ne prenant aucune précaution.

Je sais bien que ceux qui nous dirigent doivent prendre des décisions, mais ces décisions ont parfois l'allure d'oukases dont on se demande la justification. C'est en particulier le cas des décisions chiffrées qui paraissent le plus souvent totalement arbitraires.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 11 Août 2020

Informations absurdes

L'absurde est le point commun des chaînes d'informations continues. L'image se doit d'être remplie en boucle et quand l'information manque, les boucles sont de plus en plus serrées. De ce point de vue, la covid-19 est une aubaine qui n'en finit pas. Et cerise sur le gâteau, nous avons la canicule qui va achever de faire de la place dans les EHPAD sans espérer que la raréfaction transitoire de la clientèle conduise à faire baisser les prix de ces auberges de vieillesse.

Le comique involontaire des interviews est réjouissant. Les journalistes se déplacent un peu partout en France pour demander aux gens s'il fait chaud. La personne interrogée est d'une franchise rafraîchissante en affirmant, à la surprise du journaliste qui lui tend son micro avide d'avoir l'information - "oui, il fait chaud". Le journaliste connait son métier, il va plus loin : - et que faites-vous ? La personne interrogée qui se liquéfie sur place pourrait lui répondre : - "vous me faites suer". Non, trop heureux de son quart d'heure de célébrité, l'interviewé détaille les mesures intelligentes, bien qu'attendues, qu'il prend qui dépendent de sa personnalité et du lieu où il se trouve, ce qui donne tout son intérêt à l'enquête. Cela va de - "je cherche de l'ombre" - variante : "je ferme les volets" - je prends des douches - variante : - je me baigne -. Les deux dernières réponses dénotant un certain niveau de vie. Nous n'avons pas les solutions trouvées par ceux qui dorment dans la rue, sans volets et sans douche.

Informations absurdes

Le "Miroir d'eau" de Bordeaux rebaptisé "Miroir d'urine" sur Google Maps.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 9 Août 2020

331. La révolte contre la médecine

Cette image montre une manifestation de 20000 Allemands environ descendus dans le rue à Berlin, le 1er août, pour s’élever contre les mesures imposées pour lutter contre la pandémie qui immobilise plus ou moins le monde depuis l’hiver dernier, avec comme slogan : « la fin de la pandémie, le jour de la liberté ». Notons que ces citoyens allemands décrètent la fin de la pandémie qu’ils estiment ainsi de leur décision. Peut-être que certains d’entre eux se rangent parmi les « complotistes » qui pensent que cette pandémie a été montée de toutes pièces ou même qu’elle n’existe pas.

Nous avons eu droit à une présence médiatique médicale dense et multi-quotidienne, ce qui a permis au public de voir les failles et les contradictions de la science médicale. Nous avons aussi assisté à des querelles entre les médecins, où la controverse très habituelle et très saine dans la sphère médicale s’est étalée dans les médias, touchant le public et devenant même matière politique. Chaque opinion sur la conduite médicale à suivre ayant ses partisans hors du milieu médical dont certains ont été – comme c’est devenu habituel aujourd’hui – jusqu’à menacer physiquement les médecins n’ayant pas la même opinion que la leur, opinion basée sur une croyance plus que sur des faits. Mais il faut admettre que devant un virus nouveau, les renseignements erronés initialement venus de Chine et les retournements du corps médical au fur et à mesure des constations, le public a été tenté de croire plutôt que de savoir, le savoir paraissant incertain, et une incertitude étalée quotidiennement au grand jour, ce qui n’est pas pour donner confiance.

La présence médicale dans les médias a-t-elle été excessive et continue-t-elle à l'être ? Oui, pour ce qui me concerne. Les journalistes se livrent depuis le début à une pêche aux médecins venus de tous les horizons et pas toujours du meilleur. Chaque médecin répétant ce que disait son voisin ou son prédécesseur sur le plateau, même quand il s’agissait d’une affirmation se révélant fausse par la suite. Mais était-ce inutile pour le public confronté pour la première fois à une pandémie ? En Occident, nous n’avions aucun des réflexes communs aux asiatiques proches de la Chine. N’avions-nous pas tendance à nous moquer des asiatiques marchant masqués dans la rue ? Moi-même j’avais un sourire narquois en voyant des Chinois masqués dans les rues de Paris quelques mois avant le déclenchement de la pandémie en Europe. La répétition est la méthode la plus efficace de la pédagogie et le masque est devenu un objet commun, on sort dans la rue muni d’un masque comme on se munit de ses clefs. Il faut en outre constater que la présence médicale itérative, la répétition ad nauseam des conseils préventifs ont permis aux politiques d’imposer des mesures liberticides, mais contre lesquelles une partie de la population se révolte.

A-t-elle raison de se révolter ? Un malade peut toujours refuser un traitement, une personne saine peut toujours refuser une prévention. L’un comme l’autre prend un risque pour lui-même. En cas d’épidémie grave, il ne s’agit plus de soi mais des autres (comme pour la vaccination où l'on n'est pas seul en cause). Il est licite de restreindre la liberté d’un individu s’il représente une menace pour les autres jusqu'à l’assigner à résidence. Toutes proportions gardées, on enferme un criminel s’il représente une menace pour la société. Si un individu est porteur d’une maladie contagieuse et qu’il ne fait rien pour ne pas contaminer les autres dont certains risquent de mourir de la maladie, n’est-ce pas criminel ?

Mais le point d’achoppement est le suivant : les mesures préconisées sont-elles les bonnes ? En matière médicale tout est basé sur la confiance, et elle a été fortement entamée par les tergiversations, notamment au sujet des masques à propos desquels on a assisté à une comédie de dupes tristement hilarante. On sait que lorsqu’un médecin fait une seule erreur, il n’a plus la confiance de son patient. Le doute sur l’opportunité des mesures médicales sévères est renforcé par le fait que d’autres conduites différentes ont été adoptées ailleurs mais dont l’efficacité n’a pas été clairement établie, notamment en Suède. Reste que dans les pays où les mesures que nous avons suivies sont mal conduites, la situation parait préoccupante.

Alors, faute de mieux, faites confiance à vos médecins. Quoi qu'il en soit, ce sont eux les mieux placés pour vous aider, la plupart conservent leur bon sens et ne cessent de s'informer et ils ont été plutôt bons pour prendre en charge les malades dans la tourmente, comme le furent les autres soignants.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 9 Août 2020

On a la cellule que l’on peut

Près de 400 maires auraient été agressés l’année dernière. Un maire en est mort, Jean-Mathieu Michel de la ville de Signes, un an après les responsables de ce meurtre ne sont toujours pas jugés. Les choses vont sûrement changer si l’on en croit les sénateurs :

« Le président de la commission des lois du Sénat - une institution dont le corps électoral se compose en grande majorité des élus des conseils municipaux- appelle ainsi de ses vœux “un plan gouvernemental pour la sécurité des maires”, comportant notamment la création de cellules d’accompagnement pour les élus agressés. » (huffingtonpost.fr)

La voilà la solution : une cellule psychologique. Les maires n’auront plus aucune raison de se plaindre, ils pourront raconter le déroulement de l’agression subie (s’ils peuvent encore parler), ça soulage. Qu’importe la plaie puisque l’on a le pansement.  

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 8 Août 2020

Les recoloniauxIl semble qu’Emmanuel Macron est plus apprécié à l’étranger que dans son propre pays. Que Bolsonaro ou Erdogan ne l’apprécie pas du tout serait plutôt à son avantage qu’à ses dépens.

Sa visite au Liban est très commentée, certains sont favorables, d’autres sont contre, arguant que le Liban est indépendant depuis 1944 et qu’il est outrecuidant d’intervenir dans la politique intérieure de ce pays. Un insoumis au bon sens a osé comparer les mouvements protestataires des Libanais à ceux des gilets jaunes en France. Le goût de l’opposition systématique pousse à dire les pires sottises. La critique de la gouvernance du Liban est évidemment justifiée, mais donner des leçons aux dirigeants libanais dans leur propre pays alors que l’on est soi-même contesté pour la sienne pourrait paraître paradoxal. Notons simplement qu’aucun président français n’a échappé aux contestations violentes. Les Français sont ainsi faits qu’ils n’apprécient leurs dirigeants qu’une fois morts.

Confronté à la foule libanaise désespérée qui demandait son aide à Macron, il y a eu cette extraordinaire prière d’une jeune femme : « reprenez-nous ! », une Libanaise réclamant le rétablissement du protectorat de la France sur le Liban (qu’elle n’a jamais connu), autrement dit une « recolonisation ».

Un joli pied de nez à nos « décoloniaux » qui n’ont jamais été colonisés eux-mêmes, qui crachent sur la France, mais à qui il ne viendrait jamais à l’idée de retrouver le pays de leurs ancêtres indépendant depuis des décennies. Il est vrai qu’il est plus confortable de jouer les victimes perpétuelles dans un pays plutôt généreux que de contribuer au développement de leurs pays d’origine qui, pour la plupart, ont connu bien des malheurs depuis leur l’indépendance au point que l’on attribue à un vieux sage africain cette question à son fils : « l’indépendance, ça va durer longtemps ? ».

Les recoloniaux

Illustration : Bernard Buffet : « Don Quichotte »

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Publié le 4 Août 2020

Une royale voracité

Je suis sans doute d’une grande naïveté mais le cas de l’ex roi d’Espagne Juan Carlos, âgé de 82 ans, me rend perplexe, je n’arrive pas à le comprendre. Ce personnage qui serait passé dans l’histoire pour avoir rétabli la démocratie en Espagne, en s’opposant de surcroît à un coup d’Etat par la suite, a éprouvé le besoin de se lancer dans des magouilles dans ses vieux jours et le voilà en cavale comme un vulgaire escroc nécessiteux alors qu'il dispose d'un abondant superflu dans des lieux où l'argent n'a pas d'odeur. Avait-il besoin pour vivre, et à son âge, de ces dizaines millions d’euros de commissions occultes dont il est accusé d’avoir touchés ? La voracité des « grands » de ce monde me stupéfie encore.

Illustration : André Martins de Barros

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Publié le 3 Août 2020

Préparation à la nouvelle lutte finale« Ces derniers mois, nous avons constaté une forte augmentation des recherches en ligne de commerces appartenant à des Noirs. De voir tant de personnes chercher à soutenir la communauté noire nous a inspiré” (Jewel Burks du groupe Google).

Le groupe Google a donc créé l’icône ci-dessus pour signaler les commerces tenus par de Noirs si ceux-ci le souhaitent.

Cette initiative est à mon avis dans la veine raciste la plus pure, celle suivie par les nazis allemands pour signaler les commerces tenus par les Juifs, même si ce signalement n’a pas pour but de briser leurs vitrines mais de les favoriser. Cependant, marquer les différences en insistant sur ce qui nous sépare plutôt que sur ce qui nous rapproche, c’est aussi favoriser un jour ou l’autre leur rejet. Depuis le meurtre de George Floyd par un policier sadique, les Américains ne savent plus comment se faire pardonner, et deviennent fous.

Il est vrai que Google a déjà créé une icône pour signaler les commerces dirigés par une femme et une autre pour ceux qui sont “LGBTQ + friendly” d’après Courrier international. 

La lutte des classes est à présent remplacée par la lutte entre les genres et entre les couleurs de peau dans une société de plus en plus éclatée et de plus en plus tribale. Ne pas oublier que les maladies étasuniennes sont contagieuses pour tout l'Occident avec un temps d'incubation de plus en plus court

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Publié le 1 Août 2020

La mort comme récompense

Nous avons les martyrs de l’islam où la mort est conçue comme un accomplissement avec comme récompense un paradis d’autant plus séduisant qu’il possède un côté érotique que ne semble pas avoir le paradis des chrétiens. Bien que l’on puisse se poser la question en voyant la représentation du paradis par Hiéronymus Bosch dans « le jardin des délices » et en se demandant ce que font les deux individus, fesses à l’air, dans le coin en bas et à droite du tableau.

Aujourd’hui aux Pays-Bas il est proposé une loi, sans connotation religieuse, où la mort est envisagée comme un accomplissement :

« La proposition de Pia Dikstra prévoit d’étendre ce cas (l’euthanasie pour raisons médicales) aux personnes âgées de plus de 75 ans, et qui considèrent leur vie comme "achevée". Dans son exposé des motifs, la députée remarque « qu’il y a des personnes âgées qui, à un moment donné, considèrent leur vie comme achevées et souffrent d'une vie devenue trop longue pour elles. Tout ce qui devait être fait est fait. Tout ce qui a de la valeur est derrière eux. »

Bien sûr, cette personne de plus de 75 ans, très satisfaite de sa vie au point de vouloir la quitter, taillera auparavant une bavette avec un médecin généraliste et même un « conseiller en fin de vie » (espérons qu’il restera à ce conseiller encore quelques années à vivre) avant que lui soit accordé le droit de partir la tête haute.

Je me demande tout de même si une personne satisfaite de sa vie, et sans doute encore opérationnelle, a vraiment le désir de mourir sauf s’il souffre d’une dépression sévère.

Le génocide des vieux est en passe de s’organiser, en commençant par le volontariat comme dans le récit d’anticipation : « Soleil vert »

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Rédigé par Dr WO

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