Mes confrères défilent en brochettes sur le petit (de moins en moins petit) écran : infectiologues, épidémiologistes, virologues, immunologues, urgentistes (on a même un néphrologue) pour nous parler de la covid-19, et des facéties de ce virus exotique qui a pris possession du monde à la barbe de ses dirigeants qu’ils soient démocratiques ou dictatoriaux. C’est un virus apolitique même si l’opinion que l’on a de lui semble dépendre de la position politique.
Les journalistes sont enchantés, ils ont de quoi remplir, et les médecins sont flattés, rien ne les prédisposait à une célébrité aussi longue, elle dépasse nettement le quart d’heure d’Andy Warhol. L’un d’eux a même été pratiquement sanctifié.
Tout ce beau monde est là pour causer. Et ça cause. Soit pour dire la même chose, soit pour se contredire eux-mêmes, soit pour s’opposer, étalant le débat médical devant le public, quand ce n’est pas leur ignorance sur ce qui se passe et surtout ce qu’il faut faire. Et c’est là que le bât blesse.
Les uns vous disent que le masque (ce putain de masque) a la même efficacité que le préservatif pour protéger du SIDA, les autres vous disent que ça rassure, que l’on peut ainsi voir sur les visages qu’il existe une épidémie, que ça ne sert à rien en plein air, que le problème est dans les mains…etc…En fait mes confrères ne savent pas grand-chose, surtout pour ce qui concerne l’évolution même de l’épidémie sur laquelle ils sont évidemment interrogés alors qu'ils n'ont pas de réponse en dehors des constatations que chacun peut faire. On ignore la contagiosité à partir des surfaces inertes, la persistance du virus dans l’air et la durée de sa virulence hors du corps humain, les études étant contradictoires et, il faut l’avouer, difficiles à faire. Quant à l'hydroxychloroquine, la querelle fut sanglante mais le combat cessa faute de combattants...
Alors, au moment où les autorités ont tendance à imposer de plus en plus le masque dans les lieux fréquentés clos ou pas clos, on assiste à ce déballage qui fait les délices des médias et la perplexité du public qui ne sait plus à qui se vouer, mais qui engage certains à discuter le bien-fondé des décisions en criant à la dictature.
Vous me direz : le public a le droit de savoir, mais quand on ne sait pas vraiment, est-il nécessaire de partager avec aplomb une ignorance plus ou moins savante ?
Alors conservons notre bon sens : qui peut le plus, peut le moins. Ce virus pénètre par le visage et sort du visage, le couvrir est un barrage même s’il n’est pas totalement hermétique, il évite aussi que vous touchiez votre visage avec les mains quand elles ont traîné sans avoir été lavées. Bien sûr que ce masque est le plus souvent inutile, mais il peut être utile une seule fois pendant la semaine et cela suffit pour le porter au milieu de vos congénères, et si eux le portent aussi vous pouvez être rassurés et s'ils se tiennent de surcroît à distance vous pouvez l'être pleinement. (Voir aussi 309 et 331)
A mon humble avis, je ne vois pas ce que l’on peut dire de plus, alors, chers confrères si vous cessiez d’envahir les écrans pour répéter tout et parfois son contraire ou faire des prévisions dont la plupart se sont révélées fausses jusqu'à présent.