Il semble qu’Emmanuel Macron est plus apprécié à l’étranger que dans son propre pays. Que Bolsonaro ou Erdogan ne l’apprécie pas du tout serait plutôt à son avantage qu’à ses dépens.
Sa visite au Liban est très commentée, certains sont favorables, d’autres sont contre, arguant que le Liban est indépendant depuis 1944 et qu’il est outrecuidant d’intervenir dans la politique intérieure de ce pays. Un insoumis au bon sens a osé comparer les mouvements protestataires des Libanais à ceux des gilets jaunes en France. Le goût de l’opposition systématique pousse à dire les pires sottises. La critique de la gouvernance du Liban est évidemment justifiée, mais donner des leçons aux dirigeants libanais dans leur propre pays alors que l’on est soi-même contesté pour la sienne pourrait paraître paradoxal. Notons simplement qu’aucun président français n’a échappé aux contestations violentes. Les Français sont ainsi faits qu’ils n’apprécient leurs dirigeants qu’une fois morts.
Confronté à la foule libanaise désespérée qui demandait son aide à Macron, il y a eu cette extraordinaire prière d’une jeune femme : « reprenez-nous ! », une Libanaise réclamant le rétablissement du protectorat de la France sur le Liban (qu’elle n’a jamais connu), autrement dit une « recolonisation ».
Un joli pied de nez à nos « décoloniaux » qui n’ont jamais été colonisés eux-mêmes, qui crachent sur la France, mais à qui il ne viendrait jamais à l’idée de retrouver le pays de leurs ancêtres indépendant depuis des décennies. Il est vrai qu’il est plus confortable de jouer les victimes perpétuelles dans un pays plutôt généreux que de contribuer au développement de leurs pays d’origine qui, pour la plupart, ont connu bien des malheurs depuis leur l’indépendance au point que l’on attribue à un vieux sage africain cette question à son fils : « l’indépendance, ça va durer longtemps ? ».
Illustration : Bernard Buffet : « Don Quichotte »