Avoir la tête trop haute empêche de regarder ses mains. Marine Le Pen a eu tort de dire sans cesse qu'elle avait raison alors qu'elle avait tort, ça les a énervés...peut-être un peu trop. En tant qu'avocate, elle devrait savoir que les juges sont susceptibles...d'appliquer la loi. Sarkozy en sait quelque chose. Le bracelet porté à la cheville assorti à l'écharpe devient tendance, comme d'estimer que la Justice n'est pas assez sévère pour les autres et trop pour soi.
Un de mes amis profondément religieux, devant mes doutes sur les croyances, m’a assené un argument qu’il considérait comme définitif : alors, si Dieu n’existe pas, d’où vient la conscience ?
D’abord, il est aussi vain d’affirmer que Dieu existe que d’affirmer qu’il n’existe pas. On ne peut avancer de preuves ni dans un sens ni dans l’autre. Les monothéismes ont construit un Dieu anthropomorphique, juge incommode, mais fort commode pour trouver une cause à toute chose, et comme Dieu est incréé, la quête s’arrête là à la satisfaction des croyants. Mais de la même façon on peut avancer que l’univers est incréé : il existe tout simplement, sans faire intervenir une divinité quelconque avec un projet finaliste dont nous sommes la fin, ou que l’univers est Dieu lui-même et que nous en faisons partie sur un mode malheureusement fini, ce qui permettait à Spinoza de raser la divine barbe blanche qui le gênait beaucoup. Mais avec ou sans Dieu et quels que soient ses attributs et l’endroit où on le met, le mystère reste le même.
La quête causale est une des caractéristiques de l’humain. Evidemment, je ne sais pas d’où vient la conscience, je me doute bien qu’elle a un rapport avec la masse de neurones connectés que nous avons dans le crâne, puisque la première disparait avec la seconde, mais c’est tout ce que nous savons. Quand on ne trouve pas la cause d’un phénomène, on cherche à tout prix à en trouver une et Dieu vient combler notre ignorance, ce qui est d’une facilité reposante, mais pas une preuve de son existence.
La recherche de la causalité est le moteur des sciences. Mais même là, il ne faut pas trop se faire d’illusions. On observe et on détaille de plus en plus l’enchaînement des faits et on peut même aller loin dans l’étude des phénomènes physicochimiques, mais les savants finissent toujours par se heurter à des « pourquoi » insolubles. Les causes nous échappent encore plus en biologie. Par exemple, les mécanismes de la génétique sont démontés avec précision, on peut dire comment ça marche, mais pas pourquoi. Pourquoi les choses se déroulent-elles de cette façon et pas autrement ? Et pourquoi ces mécanismes très complexes fonctionnent-ils spontanément et à une vitesse stupéfiante ? La seule chose que l’on peut dire est que s’ils ne fonctionnaient pas de façon aussi remarquable, nous ne serions pas là pour en causer.
Et cela vous étonne que des savants, fatigués de rechercher des causes insaisissables car reculant sans cesse, puissent devenir croyants ?
Michel-Ange : "La création du monde" au plafond de la Chapelle Sixtine où l'on voit Dieu s'en aller après la création de la Lune en découvrant la Sienne.
Fabien Roussel, secrétaire général du Parti communiste français vient de rejoindre la porte-parole du gouvernement en affirmant que « le racisme anti-blanc » existe bien, il a ainsi décontenancé sa propre famille politique et suscité des réactions outrées de plusieurs députés de gauche après avoir dit sur le plateau de CNews « Bien sûr que le racisme anti-blanc existe, comme le racisme anti-noir, anti-chinois, anti-asiatique... C’est terrible ce racisme de toutes sortes ».
Ce qui est scandaleux pour ces députés de « gauche » est que Fabien Roussel, censé être de gauche, utilise une formule et un concept couramment utilisés par l’extrême droite, ce qui aux yeux de la « gauche » est automatiquement condamnable sans envisager un seul instant que l’extrême droite puisse avoir raison de les utiliser. Jugement qui découle du fameux : « d’où tu parles » qui conduit à estimer vrai ou faux le discours selon le lieu partisan d’où il provient. La vérité du discours importe peu, il est vrai ou faux en fonction de la personne qui le prononce.
La « gauche » écarte le terme de « racisme » car pendant de longs siècles la France n’ayant été peuplée que par des Blancs, il n’y a pas de connotation historique d’oppression et qu’il n’y a en France – pour l’instant - aucune discrimination sociale inhérente au faible contenu mélanique de la peau. A moins de considérer que le départ plus ou moins obligé des Blancs de certains quartiers dits « défavorisés » est une forme de discrimination négative.
A la définition du racisme établissant une hiérarchie des « races » à partir de différences évidentes ou supposées, s’est substituée une définition basée uniquement sur les différences qui portent surtout sur des traits physiques en attribuant à celui qui en est porteur des moeurs censées exister pour tous les membres du groupe que l’on rejette sans tenir compte de chaque individualité. Le rejet de ces différences conduise à l’hostilité, voire à la haine indistincte pour l’ensemble du groupe.
Dans la xénophobie la différence ne porte que sur le fait que l’objet du rejet est de provenance étrangère sans qu’il y ait vraiment d‘autres différences en dehors de la langue. La xénophobie, s’il n’est pas un racisme, n’est pas exempte d’hostilité et même de violence si la proportion des étrangers dans un lieu donné est jugée excessive par rapport aux autochtones.
Le racisme est toujours une attitude de haine qui conduit trop souvent à la violence sur tous les individus du groupe rejeté en se basant sur des différences visibles ou supposées, même si l’objet du rejet est de nationalité française. Ces différences peuvent porter sur l’aspect physique ou la façon de s’habiller surtout si elle a connotation religieuse et on attribue, à tort ou à raison, à ces signes extérieurs des caractères mentaux et un bagage identitaire a priori hostiles d’autant plus qu’il peut l’être parfois.
Est-ce que les « racisés » peuvent éprouver un rejet haineux à l’égard des Blancs ? Bien sûr que oui, par revanche de l’ancien dominé à l‘égard de l’ancien dominateur, surtout s’il estime être encore dominé ou discriminé, et il a tout intérêt à proclamer qu’il l’est toujours, même s’il ne l’est plus.
Le racisme devenu le rejet haineux de l’autre que l’on estime de nature différente a de multiples racines possibles et parfois contradictoires. La haine anti-juive en est un des exemples : pour les nazis le Juif était considéré comme un sous-homme (le fait que des génies comme Einstein était juifs ne les gênait pas) en établissant ainsi un racisme hiérarchique qui touchait également d’autres minorités. Par contre pour la plupart des antisémites, les Juifs, malgré leur petitesse démographique, sont accusés de chercher à dominer le monde et d’occuper indûment des postes-clefs, un jugement hiérarchique inverse de celui des nazis.
La gauche qui proteste contre la notion de racisme anti-Blanc en invoquant l’histoire du racisme, devrait aussi tenir compte de l’histoire qui est également à l’origine de la haine à l’égard des Blancs jugés globalement et définitivement responsables du racisme ancien et présent à l’égard des « racisés ».
Dimanche dernier nous sommes allés à la Bourse du Commerce rénovée pour voir la collection Pinault « Corps et âmes ».
Le monument lui-même vaut le déplacement. Tout est circulaire un peu comme une arène romaine, il ne manque que les sièges dans les gradins.
Les œuvres exposées : peintures, photos, sculptures, films sont pour la plupart des œuvres d’artistes afro-américains ou africains.
A mon avis, le chef d’œuvre de cette exposition est le fascicule d’explications sur lequel est précisé que le livret est fabriqué en papier recyclé et que l’on nous invite « à le déposer dans l’urne de sortie pour être à nouveau recyclé ou réutilisé dans une logique d’usage circulaire écoresponsable ». Je me suis donc senti coupable de le conserver pour le ramener chez moi. J’ai en effet la fâcheuse habitude de lire les explications des œuvres après les avoir vues.
C’est donc une fois revenu chez moi que j’ai constaté que je n’avais rien compris à cette exposition, car toutes les œuvres délivraient des messages décrits dans ce livret avec un lyrisme à vous couper le souffle. Les œuvres d’art délivrent à présent des messages politico-historiques. Fini l’émotion et la beauté, l’art est devenu cérébral. Ce qui permet à des peintres (en bâtiment ?) de ne rien mettre sur un tableau en faisant confiance à votre cerveau pour le remplir.
Dans cette exposition, les œuvres existent incontestablement et pour celles qui attirent le regard, plus surprenantes que belles. Mais qu’est-ce que la beauté ? Peut-être que la beauté réside dans le message, mais je n’ai compris pratiquement aucun de ceux qui m’ont été délivrés alors que leur secret était enfoui dans ma poche, c’est malin.
Beau portrait
Là, le message m'a échappé
Le surveillant est en adéquation avec les oeuvres
"La musique y devient une présence à la fois terrestre et onirique comme une consolation de l'âme...et voguant vers le néant, ou des musiciens jouant du xalam dans une décharge à ciel ouvert en plein Nairobi (Kenya) représentés par Armitage" (le livret)
"Entre violence, sexisme et affirmation d'un corps libéré, les oeuvres dansent une chorégraphie où l'immobilité et la passivité cèdent la place à la remise en mouvement des énergies vitales retrouvées. la représentation des corps devient polyphonique et laisse transparaître la fragilité autant que les pulsations dynamiques d'un corps qui reprend possession de son rapport à l'autre et au monde. Aux nus allongés du passé répondent...les peintures de Kerry James Marshall. Pour la toile intitulée Beauty Examined (ci-dessus), ce dernier revisite ... La leçon d'anatomie (1632) peinte par Rembrandt". Ben voyons...
Pour finir nous avons eu droit à huit tableaux monumentaux du peintre allemand Georg Baselitz qui "parachève la danse des corps" et qui "s'adresse autant au corps qu'à l'esprit" (le livret)
"Dans l'obscurité, dramatiques et spectaculaires, les huit tableaux suspendus dans l'espace forment un huis clos, un théâtre où le corps vieillissant de l'artiste est le seul protagoniste. Inspirés notamment des dernières peintures de Pablo Picasso, mais aussi des oeuvres de Lucas Cranach l'Ancien, d'Egon Schiele ou encore d'Edvard Munch, ces corps semblent danser à l'envers"(le livret). En effet ce peintre à la manie de représenter les figures tête en bas, ce qui lui a permis de se singulariser. Notons que le corps représenté ici a une hématospermie.
Heureusement que j'ai amené le livret de l'exposition chez moi.
Sur Cnews fin mars 2021 "Jean-Paul Hamon avait vivement critiqué l'attitude du chanteur lors d'un rassemblement contre les mesures de restriction anti-Covid le week-end précédent à Nice, en pleine troisième vague. Face à une foule de 350 personnes, Francis Lalanne avait appelé à ne pas porter le masque : "Mettez-le sur le front, à la ceinture, en boucles d’oreilles. Vous pouvez aussi vous en servir pour ramasser les merdes des chiens", avait-il déclaré, avant d'exhorter son public à s'embrasser."
Et les soumis à Mélenchon manifestent aujourd'hui contre les discriminations et le racisme. Heureusement que Joseph Goebbels ne peut plus leur réclamer de droits d'auteur
Le wokisme a conduit les gens « éveillés » à instaurer aveuglément une tyrannie des minorités basées sur des critères cutanés ou sexuels jusqu’à effacer socialement des personnes dont la mine ou le discours ne leur plaisait pas et à faire disparaître de l’histoire les traces qui heurtaient leur sensibilité à fleur de peau. Ces excès ont favorisé la venue au pouvoir de Donald Trump, mais les trumpistes s’empressent aujourd’hui de pousser le balancier à l’opposé ce qui les conduit à commettre les mêmes absurdités par un effet miroir.
C’est ainsi que le 7 mars, le département des archives de la Défense a reçu l'ordre de supprimer la photo du bombardier Enola Gay porteur de la bombe atomique larguée sur Hiroshima, en raison du mot « gay », alors qu’il s’agit du nom de la grand-mère du pilote. Un pilote qui voulait ainsi rendre hommage à son aïeule. Certes, il y avait peut-être une autre façon de rendre hommage à une personne que l’on aime que de baptiser de son nom l’instrument d’un massacre instantané de plus de 100000 humains. Plusieurs noms d'ingénieurs de l'armée comportant ces trois lettres « GAY » ont subi le même sort. « Un glissement inquiétant vers l'absurde : 26000 images ont déjà été signalées, et 100000 publications pourraient être concernées par cette croisade «anti-woke». Une politique signée Pete Hegseth, ministre de la Défense et ex-animateur de Fox News. Parmi les autres documents rayés : une photo de Jeannie Leavitt, première pilote de chasse du pays (parce qu’il s’agit d’une femme ???) ; celles des Tuskegee Airmen, les premiers pilotes noirs de l'armée, mais aussi d'Harold Gonsalves, un Marine latino tué en 1945. Cet effacement ne touche pas que les archives. Selon le New York Times, 8000 pages de sites officiels ont disparu depuis février ».
La bêtise est la chose du monde la mieux partagée, mais elle ne grandira sûrement pas l’Amérique.
Comment peut-on être libertarien comme Elon Musk qui estime que le rôle régulateur de l’Etat doit être limité au strict nécessaire, et avoir des sympathies pour les régimes autoritaires où l’Etat est omniprésent et l’espace de liberté réduit à son minimum, jusqu’à soutenir leurs partisans et faire en public ce qui ressemblait fort à un salut nazi qu’eux-mêmes évitent d’ébaucher ? Est-ce que la Kétamine rend incohérent ?
Comment se dire patriote soucieux de l’intérêt de son pays et avoir des sympathies, et parfois un désir de soumission en arguant de pacifisme, pour des régimes qui se déclarent :
- Soit ennemi de la France comme la Russie de Poutine dont les propagandistes n’ont pas hésité à la menacer en montrant de quelle façon Paris serait détruit avec une bombe nucléaire russe.
- Soit adversaire comme l’est devenu Trump qui la menace, comme il le fait pour d’autres, de sanctions économiques ?
Nous savons cependant que des nationalistes connus pour leurs convictions largement étalées ont pu pactiser sans beaucoup de réticence avec les envahisseurs allemands de la France lors de la Deuxième guerre mondiale jusqu’à les aider dans leurs basses œuvres et, pour certains, jusqu’à s’enrôler dans leur armée ?
Comment se déclarer maître en tractations jusqu’à enseigner dans un livre comment bien les mener et accorder, avant même de les débuter, la plupart des demandes formulées par l’adversaire comme semble le faire Trump, face à Poutine, sinon pour en faire un partenaire, sur le dos des Européens et au détriment de la France, dans les pourparlers pour le dépeçage de l’Ukraine ?
La carte vitale, après la carte d’identité, peut être dématérialisée et figurer dans son smartphone. Les objets disparaissent au profit du virtuel. Si un objet peut être détruit, il faut de vastes destructions catastrophiques prolongées pour détruire tous les objets. Je trouve cette dématérialisation inquiétante par sa fragilité. L’intégralité du virtuel peut être effacée en une fraction de seconde par la disparition de l’énergie électrique ou par une cyberattaque généralisée touchant aussi bien les individus que tous les organismes, administrations, banques, hôpitaux, défense etc. Des œuvres d’anticipation, notamment cinématographiques, ont bien montré ce que pouvait advenir des cités si l’informatique devenait brutalement défaillante. Est-ce bien raisonnable de quitter la matière aussi légèrement pour le vide ? Mais je pense que tout est prévu et qu’il n’y a pas matière à se faire du souci pour les générations futures quand je serai moi-même dématérialisé pour suivre le mouvement malgré moi.
Aujourd'hui, temps superbe sur Paris et quand il fait aussi beau, j'ai tendance, pour la n-ième fois, à me rapprocher du soleil en montant sur la Butte. Je suis la cohorte des touristes. Montmartre est le meilleur endroit pour pratiquer les langues étrangères. A cette occasion j'ai pu vérifier que les jeunes femmes japonaises ou sud-coréennes s'habillent souvent en petites filles : jupette et chaussettes hautes, ce qui pourrait donner le sentiment à ceux qui voudraient éventuellement les aborder d'être pédophiles.
En haut de l'avenue Junot, un théâtre haut perché
Quand je monte à Montmartre, je rends toujours hommage à deux statues :
La statue en bronze du "Passe-Muraille" réalisée par l'acteur Jean Marais en 1989 illustrant une nouvelle de Marcel Aymé qui habitait la rue et dont la statue a le visage (place Marcel Aymé).
Dans le square devant la basilique du Sacré Coeur, un arbre fleurit la statue d'une des victimes de la bêtise humaine
Cette « résurrection de Lazare » (il en existe une autre) peinte par Giotto di Bondone (1267-1337) au début des années 1300 est une fresque qui figure dans une chapelle de Padoue. Jésus de Nazareth ressuscite d’un geste son ami Lazare mort depuis au moins trois jours et qui commence à se décomposer. L’odeur qui se dégage de Lazare ne semble incommoder que deux personnes qui se couvrent le nez à la droite du tableau. A propos de nez, ceux peints par Giotto sont assez semblables : courts, droits et souvent en continuité avec le front. Le personnage qui commence à dérouler les bandelettes qui recouvrent le corps de Lazare semble demander au Christ s’il doit continuer. Il existe une belle symétrie entre les femmes agenouillées et l’un des deux ouvriers qui ont soulevé la dalle du tombeau de Lazare. Remarquons la petite taille relative des deux manœuvres par rapport aux autres personnages. Petit détail qui porte déjà en germe la future lutte des classes.
J’ai tenté de lire « Notre jeunesse » de Charles Péguy. Sa personne et sa vie ne peuvent que susciter du respect pour ses convictions et ses engagements. « Notre jeunesse » qui traite des suites de l’affaire Dreyfus et de ce que la politique en a fait est paru quatre ans avant sa mort au combat tout au début de Première guerre mondiale. On retrouve ce que l’on pourrait écrire aujourd’hui sur un désintérêt de la jeunesse (qui sera sacrifiée dans les tranchées peu de temps après) et les combines politiciennes (dont la constance reste un repère). Et j’ai abandonné – injustement et certainement à tort – ce texte au bout de cinquante pages pour une seule raison : le style. Abandonner un livre pour son style s’agissant de Charles Péguy peut paraître invraisemblable, mais je ne supportais plus son style incantatoire, répétitif où il écrit quatre ou cinq fois la même chose en utilisant des synonymes, si ce ne sont pas les mêmes mots dans un ordre différent. Et quand ce procédé stylistique se répète plusieurs fois dans la même page et de page en page, on fatigue.
Au bout de cinquante pages j’ai fermé le livre pour me reposer et je ne crois pas que j’aurais la force de le reprendre. Ce qui laissera totalement indifférent, et à juste titre, un éventuel visiteur qui se serait égaré sur ce blog pour y lire ces quelques lignes sans intérêt. Car comment parler de style littéraire quand on parle de guerre ou quand le chef de la première puissance mondiale se transforme en vendeur de voiture pour vanter les qualités d’un modèle produit par son « bouffon sous kétamine ».
Place Clichy, par temps sec, deux Afro-Français étalent sur le trottoir une bibliothèque de vieux livres dont personne ne veut plus. Ils alignent ces dépouilles serrées les unes contre les autres dans ce long caveau où des génies se mêlent aux inconnus.
Elles attendent. Elles savent qu’elles reprendront vie si un acheteur, pour un à trois euros, les ouvrent à nouveau.
C’est le miracle des livres, il suffit de les ouvrir, d’en lire les lignes superposées pour que la vie surgisse, que des personnages s’expriment et que des aventures inattendues se déroulent d’une page à l’autre. On tourne les pages comme tournent les aiguilles du temps jusqu’au mot fin.
Et le livre meurt à nouveau, et redevient dépouille sur une étagère de bibliothèque, sur l’étal d’une rue, ou sur les bords de la Seine attendant qu’une famille veuille bien l’adopter et lui redonner vie.
C’est ainsi que les livres ne meurent jamais vraiment.
Ce matin, après le petit déjeuner, je me suis rendu au Café du Commerce de LCI où j’ai eu la chance de rencontrer un économiste, un avocat de la Cour de cassation et un ancien du GIGN qui parlaient suffisamment fort pour que je puisse entendre leurs expertises sur la situation en Syrie où un millier de civils furent récemment massacrés. Au café du Commerce, l’intérêt est que les conversations passent d’un sujet à un autre et j’ai eu droit ensuite à leurs opinions sur la situation du monde et notamment sur les manoeuvres militaires conjointes de la Chine, de l’Iran et de la Russie. Sur ce sujet on a demandé son avis à Donald qui servait des bières aux Ukrainiens du quartier. Bien qu’il n’ait jamais été militaire son avis compte, et contre toute attente, il a trouvé ça plutôt cool. Un patron de bistrot doit toujours montrer qu’il a la situation en main, comme il a en main son torchon pour nettoyer ce qui le gêne.
Je n’étais pas très attiré par le sujet du film « Emilia Pérez » de Jacques Audiard racontant les aventures d’un narcotrafiquant mexicain, chef d’un cartel, atteint d’une dysphorie du genre et dont le rêve depuis l’enfance était de devenir femme. Le film relate les circonstances de sa transformation médico-chirurgicale et psychologique et les évènements qui en découlent. Ce film fut l’occasion d’une polémique car une journaliste avait déterré sur les réseaux sociaux des déclarations de la personne transgenre qui joue le rôle central, Karla Sofia Gascon, peu amènes sur l’islam et sur George Floyd qui fut étouffé par un policier américain. Le metteur en scène du film s’était empressé de désavouer son actrice pour préserver les promesses de récompenses, Césars et Oscars, il en récolta néanmoins quelques-unes (voir aussi « La régurgitation du passé »).
J’ai finalement vu le film et j’ai été épaté, c’est un bon film. Il fallait être culotté pour le réaliser. D’abord pour le sujet et ensuite pour la forme puisqu’il s’agit d’une « comédie musicale », forme de plus en plus rare, où l’on chante et où l’on danse et les acteurs le font très bien. La réalisation est remarquable avec des scènes étonnantes et la musique est belle. J’ai beaucoup aimé le chœur final chantant la musique superbe que Brassens avait mis sur le poème « Les passantes » d’Antoine Pol.
Donald Trump s’est fait connaître du public américain en participant à la première version de l’émission de télé-réalité « The Apprentice » sur le réseau NBC où il jouait son propre rôle comme célébrité du monde des affaires et dans laquelle il devait faire passer un entretien d’embauche à des postulants pour finalement proposer au dernier en lice après diverses épreuves un poste de cadre supérieur dans son entreprise.
On a eu l’impression dans sa confrontation avec Zelensky dans le bureau ovale transmise en mondiovision le 28 février 2025, que Trump rejouait l’émission « The Apprentice » en faisant passer au président ukrainien un entretien d’embauche, qu’il n’a malheureusement pas réussi, pour obtenir un poste dans l’entreprise américaine. Quoi qu’il en soit Trump est sorti très satisfait de son émission de télé-réalité puisque sa dernière phrase fut : « Je pense que nous en avons assez vu. Qu'en pensez-vous ? Ça va être un super moment de télévision, je vous le dis. » Le président des USA est avant tout un homme de spectacle et le spectacle qu'il préfère, étant à la tête du pays le plus puissant du monde, est celui où il peut insulter ou humilier les autres.
Les 297 médecins dont le diplôme a été obtenu hors Union Européenne (PADHUE), et recalés lors des épreuves de vérification des connaissances, ont entrepris depuis aujourd'hui une grève de la faim afin que ces épreuves manifestement trop difficiles pour eux soient remplacées par un examen sur dossier. On donne bien la bac à tout le monde.
Après l’attentat meurtrier de Mulhouse, où un individu de nationalité algérienne, en situation irrégulière, déjà condamné pour apologie de terrorisme, a frappé des passants à coups de couteau aux cris de « Allah Akbar », tuant une personne et faisant plusieurs blessés, l’exécutif a rapidement réagi en publiant une circulaire demandant aux préfets de s’assurer du « bon suivi socio-sanitaire des individus inscrits au fichier de signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) (sur lequel était inscrit l’assaillant de Mulhouse pour profil schizophrène)… « Les individus dont la prise en charge n'était pas assurée antérieurement devront être adressés vers un établissement de santé ou un professionnel de santé en ville »… « y compris lors de leur placement en rétention ou assignés à résidence ». Saluons la fermeté.
En décembre 2023, une personne avait été tuée au couteau à Paris, l’assaillant était suivi depuis plusieurs années pour des troubles psychiatriques. Le ministre de l’Intérieur à l’époque, Gérald Darmanin, avait alors évoqué un « ratage psychiatrique », car quelques mois avant l’attaque, un médecin avait jugé, que le futur assassin ne présentait aucun signe de dangerosité. Le ministre avait alors indiqué à cette occasion qu’entre 25 et 40 % des personnes suivies pour radicalisation présentent un trouble mental (des chiffres surestimés selon les psychiatres).
Ces évènements amènent quelques remarques :
1. La religion peut-elle rendre « fou » ? Nietzsche disait : « ce n’est pas le doute qui rend fou, c'est la certitude ». La croyance est une certitude et les fanatiques sont certains de posséder la vérité et s’emploient à l’imposer aux autres. Parmi toutes les religions, l’islam est de nos jours le grand producteur de fanatiques car ce n’est pas pour bonne conduite qu’ils pourront aller au Paradis rejoindre les 70 vierges promises, mais en mourant en martyr.
2. Si l’on considère qu’un tiers environ des « radicalisés » ont un trouble mental, on ne sait pas si c’est la « radicalisation » qui a provoqué le trouble mental ou l’inverse. Quoi qu’il en soit la tendance de l’exécutif pourrait être de renvoyer la responsabilité des actes du fanatique vers le psychiatre que l’on accusera de mal soigner ou de mal prévoir si son patient passe à l’acte. La médicalisation de l’assassinat a ses limites. Les psychiatres ne sont ni des gardiens de prison, ni des voyants capables de déterminer à coup sûr quel individu est dangereux ou pas, surtout dans un domaine où la simulation est aisée.
3. Peut-on soigner un trouble mental conduisant au fanatisme ? Ou peut-on traiter le fanatisme ? N’étant pas psychiatre, je répondrais seulement que cela me parait bien difficile. Comment être certain qu’un psychiatrique, même suivi, prendra son traitement s’il est laissé libre ? Le seul traitement efficace est de le remettre parmi les siens en l’expulsant vers son pays, là ou tout le monde a la même religion et où il trouvera alors moins de raisons d’assassiner ceux qui l’entourent. Mais que faire de ceux qui ont la nationalité française ? On ne sera jamais certain de contrôler un trouble mental surtout s’il se nourrit de religion. Il me semble que l’exécutif se fait beaucoup d’illusion en ce domaine ou cherche à diluer sa propre responsabilité.
Mohamed Amra, trafiquant de drogue, évadé en mai 2024 (deux morts), arrêté en Roumanie en février dernier, souriant, semblant heureux que sa cavale s'arrête enfin. Il s'était teint les cheveux en orange pour ne pas se faire remarquer.
En regardant sur l'écran les images fournies par les caméras de la salle d'interrogatoire ovale, le commissaire Poutine se dit que ses inspecteurs faisaient du bon boulot. Vance jouait au flic méchant et Trump, plus conciliant, jouait à celui qui veut rendre service en se disant piqué par l'ingratitude du prévenu. Celui-ci, persuadé de sa bonne foi, était venu seul, sans un avocat, et finit par perdre son calme sous les attaques conjointes des deux inspecteurs. Le prévenu devrait savoir qu'avec l'argent la financière est implacable. Le commissaire Poutine peut être satisfait, Zelensky ne tardera pas à capituler, ses amis seront incapables de le renflouer sans l'oncle d'Amérique.