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Je n’étais pas très attiré par le sujet du film « Emilia Pérez » de Jacques Audiard racontant les aventures d’un narcotrafiquant mexicain, chef d’un cartel, atteint d’une dysphorie du genre et dont le rêve depuis l’enfance était de devenir femme. Le film relate les circonstances de sa transformation médico-chirurgicale et psychologique et les évènements qui en découlent. Ce film fut l’occasion d’une polémique car une journaliste avait déterré sur les réseaux sociaux des déclarations de la personne transgenre qui joue le rôle central, Karla Sofia Gascon, peu amènes sur l’islam et sur George Floyd qui fut étouffé par un policier américain. Le metteur en scène du film s’était empressé de désavouer son actrice pour préserver les promesses de récompenses, Césars et Oscars, il en récolta néanmoins quelques-unes (voir aussi « La régurgitation du passé »).
J’ai finalement vu le film et j’ai été épaté, c’est un bon film. Il fallait être culotté pour le réaliser. D’abord pour le sujet et ensuite pour la forme puisqu’il s’agit d’une « comédie musicale », forme de plus en plus rare, où l’on chante et où l’on danse et les acteurs le font très bien. La réalisation est remarquable avec des scènes étonnantes et la musique est belle. J’ai beaucoup aimé le chœur final chantant la musique superbe que Brassens avait mis sur le poème « Les passantes » d’Antoine Pol.