Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Header cover

Le cimetière des livres

Place Clichy, par temps sec, deux Afro-Français étalent sur le trottoir une bibliothèque de vieux livres dont personne ne veut plus. Ils alignent ces dépouilles serrées les unes contre les autres dans ce long caveau où des génies se mêlent aux inconnus.

Elles attendent. Elles savent qu’elles reprendront vie si un acheteur, pour un à trois euros, les ouvrent à nouveau.

C’est le miracle des livres, il suffit de les ouvrir, d’en lire les lignes superposées pour que la vie surgisse, que des personnages s’expriment et que des aventures inattendues se déroulent d’une page à l’autre. On tourne les pages comme tournent les aiguilles du temps jusqu’au mot fin.

Et le livre meurt à nouveau, et redevient dépouille sur une étagère de bibliothèque, sur l’étal d’une rue, ou sur les bords de la Seine attendant qu’une famille veuille bien l’adopter et lui redonner vie.

C’est ainsi que les livres ne meurent jamais vraiment.

Pour l’instant.

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
B
Le concept d’ « Afro-Français » n’a pas encore été certifié par France Inter. <br /> Pour le moment nous vous incitons à user du terme « issu de la diversité post-coloniale ».<br /> Attention, vous êtes sur la mauvaise pente et les forces progressistes ont reçu un signalement.
Répondre
D
On pourrait me rétorquer également que toute l'humanité est d'origine africaine.
D
Comme le disait un acteur noir : "je ne suis pas issu de la diversité, mais de la Courneuve". La diversité elle-même n'a pas vocation à enfanter. L'universalisme m'aurait engagé à ne faire aucune référence à l'habitus. Mais je voulais signaler que les vendeurs qui mettaient à la disposition du public des livres uniquement écrits par des blancs étaient des noirs. Etait-il préférable d'écrire : "deux noirs étalent...", en faisant référence à un trait physique plutôt qu'à l'origine ? Le langage est devenu de plus en plus politique et porteur de pièges.
B
"des génies se mêlent aux inconnus...." <br /> N'est il donc pas possible que des génies soit méconnus, et des inconnus soient des génies ?
Répondre
B
Très habile <br /> 😁
D
Bien sûr, mais je ne dis pas qui sont les génies et qui sont les inconnus parmi tous les auteurs dont les oeuvres sont côte à côte.
B
Je n'ai jamais tué personne.<br /> Quelques-uns ou plusieurs, trop nombreux, de mes amis, sont morts de leur belle mort. <br /> D'autres ont préféré une autre compagnie que la mienne.
Répondre
D
J'apprécie cette vision poétique que je n'avais pas saisie alors qu'il est évident que les livres sont le plus souvent des amis comme ils peuvent être parfois des ennemis.
B
Je comparais mes livres à des amis<br /> Licence poétique parlant de livres
D
Je n'ai pas compris votre commentaire par rapport à mon billet, aussi ai-je pensé que c'était peut-être une citation.
B
Comment et pourquoi "Quel est le livre"?
D
Quel est le livre ?
C
Nous, les gens de notre génération, vivons encore dans un certain fétichisme du livre, noble objet et unique clé d'accès au savoir, au papier si doux au toucher que ce serait un sacrilège de corner les pages, et puis... et puis cette odeur d'encre d'imprimerie, quel bonheur olfactif !<br /> <br /> Mais je crains que ce sentiment ne nous survive pas.
Répondre
C
Je voudrais préciser (parce que j'ai écrit des articles sur le sujet) que je ne fais pas partie des fétichiste du livre papier. Ca fait longtemps que je suis passé à la liseuse.
D
C'est malheureusement possible avec la disparition d'un plaisir où les sens entrent en jeu.
P
Je suis réfractaire à la télé. Une fois fait le tour de quelques blogs, je me replonge dans mon livre.
Répondre
D
Chaque plongée est un plaisir.
L
Comme vous dites, Pour l'instant !<br /> Et c'est bien dommage, c'est tellement passionnant de lire !
Répondre
D
Je pense, en effet, que l'écran a nettement dépassé le livre.