L’être humain a des orifices que l’on ne montre aux autres que dans l’intimité. L’autrui habilité à les voir, et éventuellement à en tirer parti, étant déterminé en fonction de son orientation sexuelle. Il nous restait quelques orifices que l’on exposait librement au grand air : les narines et la bouche, mais nous ne pourrons plus, pour un temps, les exposer qu’avec parcimonie, à nos risques et péril lorsque l’on mettra bas les masques.
Je parle des vrais orifices, ceux qui mènent dans la profondeur de nos corps, car les orifices auriculaires qui resteront visibles, plus chez les hommes que chez les femmes, ne conduisent, en fait, qu’à une impasse car l’on tombe très vite sur le mur du tympan, et il n’y a rien à espérer du nombril, que la mode féminine expose parfois à la vue des passants, et qui n’est que le souvenir d’un orifice tubulaire.
Le masque a des avantages. Barrière des postillons, il filtre aussi toutes les saloperies que l’on peut inhaler, les unes étant les formes lilliputiennes de la vie, les autres venant des déchets de l’activité humaine. Le masque a aussi l‘intérêt de cacher les vilains nez, les vilaines bouches et les vilaines dents. Le masque sanitaire ne cache que ce qui peut être laid dans un visage, car si les yeux sont parfois ordinaires, ils ne sont jamais laids. Tout dans le regard, souvent moins mensonger que la parole, et moins trompeur que les expressions.