Le confinement m'avait rendu plus ou moins cul-de-jatte. Aujourd'hui, j'ai décidé d'accomplir un exploit : réaliser la montée de la colline du Sacré-Coeur. C'était dur, mais c'est fait. La tarte à la crème est toujours là, d'une blancheur éblouissante sous ce soleil qui nous nargue depuis des semaines. A la fin de ma marche, je me suis demandé si je n'avais pas dépassé les 100 km qui me sont impartis.
Je ne me souviens pas si la dernière fois où je suis venu ici la balustrade était déjà surchargée de cadenas. A voir leur nombre, les amoureux expriment toujours le voeu improbable de rester liés pour la vie. J'ai toujours trouvé que symboliser l'amour par un cadenas est plus déprimant que touchant.
Dans ce bel immeuble, qui fend l'air comme la proue d'un navire, vivait un de mes amis. Une fenêtre de son appartement trouait cette proue comme un hublot. Je regarde toujours cet immeuble avec nostalgie car cet ami a disparu.
Vont-ils mettre un cadenas sur la balustrade ? Trop occupés à abolir la distanciation physique
Devant le Sacré-Coeur, on rencontre toujours des gens pittoresques, mais c'est la première fois que je vois un passant mettre bas sa culotte, sans doute pour se rafraichir, tout en portant un col de fourrure en pleine chaleur.