Ces derniers jours nous avons vu apparaître sur nos lucarnes un Nostradamus juvénile prophétisant une hécatombe après le dé-confinement si l’on n’enfermait pas les vieux jusqu’en février 2021. Ce jeune savant (et PDG d'une boîte d'expertise en matière de santé), sûr de lui, avait vu l’avenir, non pas dans une boule de cristal ou le marc de café, mais à partir d’une modélisation mathématique, c’est à dire d’une étude statistique dont on sait depuis les frères Goncourt qu’il s’agit de la forme la plus élaborée du mensonge.
Peut-être que notre matheux visionnaire voit juste, nous n’en savons rien, et lui non plus, puisqu’il ne peut pas comparer deux réalités dont une seule se réalisera. Il a donc construit un modèle fictif qu’il nous balance comme une certitude.
Bon, il fait son boulot (et un peu de pub au passage), mais il manque de prudence en étant péremptoire. Il faut en effet remarquer :
1° Que la Suède sans confinement déplore – jusqu’à présent – un taux de mortalité inférieur à celui de la France, même si comparer les pays entre eux en la matière est sujet à caution.
2° La modélisation mathématique ne tient compte que des paramètres existants sans pouvoir tenir compte de ceux qui peuvent apparaître ne serait-ce que la modification du virus lui-même.
3° Les études statistiques comporte toujours des écarts et une erreur d’estimation se solde par une amplification exponentielle.
4° Je suppose que la modélisation a été incapable de prendre en compte, car elle est ignorée – la mortalité provoquée par le maintien du confinement sur des sujets âgés pendant neuf mois supplémentaires. Le temps d’une gestation, celui de la mort.
Les modélisations ont une fâcheuse tendance à nous faire peur, mais aussi à se tromper.