Une des conséquences de la distanciation physique au-delà de la performance de saut en longueur du coronavirus est l’explosion de la téléconsultation médicale. Elle est passée de 60000 sur toute l’année 2019 à plus de 1 million depuis le mois de mars 2020 !
Le rêve : plus d’attente dans les salles du même nom, infestées de journaux périmés et d’individus anxieux, plus de tripotages de la part du médecin, et pour le médecin plus de palper, plus de toucher, plus de percussion, plus d’embouts dans les oreilles pour ausculter, et parfois plus d’odeurs.
Cependant il faut encore parler, interroger, bien qu’un formulaire à remplir devient de plus en plus courant et parfois obligatoire… et il faut encore regarder. Pour la peau, des photos avec le smartphone seraient plus précises que le regard à distance. Pour le reste une bonne imagerie (radios, échographies, scanners, IRM…) serait plus performante que l’examen clinique bien que beaucoup plus ruineux.
Quant au médecin il n’est pas nécessaire que son écran se situe en France, il pourrait se situer dans un pays francophone. Et un petit accent exotique ne manquerait pas de charme.
Tout ça n’a pas échappé au « Ségur de la santé ». Lors de l’ouverture le 25 mai dernier, le premier ministre Edouard Philippe s’est d’ailleurs félicité de ce « choc de simplification maintes fois espéré jamais observé » : « Beaucoup de médecins, beaucoup de patients, se sont parfaitement approprié / la télémédecine /. Je pense que l’on doit tirer ensemble les enseignements de cette évolution pour voir dans quelles conditions nous pouvons la prolonger. »
C’est vrai que c’est une simplification choquante. Un rêve ou un cauchemar ?