Publié le 31 Mars 2020

Arrêt sur l’image

Le covid-19 fait tousser, étouffer et parfois mourir, mais il a aussi réussi à figer une grande partie du monde. Arrêt sur l’image.

L’épidémie à coronavirus occupe tous les médias, et une bonne partie de la meute en réseau où l’on s’échange les complots. Ce virus minuscule est ainsi devenu la seule réalité malgré son invisibilité, éclipsant toutes les autres informations, toutes les autres réalités aussi énormes soient-elles. Le monde n’est vu que sous l’angle de l’épidémie : combien de contaminations, combien de pays confinés, combien en réanimation, combien de morts ? Comment font les autres, quelle stratégie ont-ils adoptée ? Pourquoi ont-ils des masques et pas nous ? Pourquoi dépistent-ils les contaminés sur une large échelle et pas nous ?

On se dit aussi que les Chinois après nous avoir envoyé un virus pour la deuxième ou troisième fois, sans doute en copinant un peu trop avec les animaux sauvages, nous vendent des masques pour nous en protéger. Les Chinois ont toujours été de remarquables commerçants, mais ils paraissent tout de même un peu mal à l’aise. Que la Chine soit une des principales usines du monde est une chose, que tous les pays finissent par prendre conscience de leur dépendance malsaine à leur égard en est une autre. Pour bien commercer, il faut être discret. Les autorités chinoises sont des spécialistes du masque, les gens sortent masqués, et ceux qui les dirigent ont une fâcheuse tendance à masquer la réalité.

Illustration : Vladimir Kush

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 30 Mars 2020

Et ce qui devait arriver, arriva. La pharmacovigilance signale des patients hospitalisés pour des complications liées à la prise d’hydroxychloroquine en automédication. Des décès ont même été signalés provoqués par des troubles du rythme cardiaque puisque ce médicament en allongeant la durée de l’activité électrique du cœur provoque parfois un « emballement » des ventricules sur un mode particulier (torsades de pointe) mortel en l’absence de traitement. Le contraire peut se voir, c’est à dire un ralentissement excessif du cœur.

Lorsqu’un médecin prescrit ce médicament, il a en tête ces effets indésirables possibles, il enregistre un électrocardiogramme avant (pour mesurer la durée de l’activité électrique du cœur : « intervalle QT »), examen qui sera renouvelé par la suite, il s’enquiert de tout ce qui pourrait favoriser une intolérance, et notamment des autres médicaments pris par le patient et dont certains peuvent également allonger la durée de l’activité électrique du cœur, leur association avec la chloroquine étant alors catastrophique.

Je suis certain que l’équipe de Raoult prend toutes ces précautions, et je ne sais pas si la chloroquine est efficace ou non dans l’attente des essais en cours. Mais on se demande ce qui a pris à cet infectiologue renommé de faire tout ce cinéma, de faire ces déclarations fracassantes et dont les premières devraient entamer sa crédibilité puisqu’il a claironné au début de la pandémie que le covid-19 n’était qu’une petite infection facile à traiter en se basant sur un petit essai foireux.

Les conséquences de son show est, certes, que la chloroquine, dont on connaît depuis longtemps l’action antivirale in vitro, a été incluse dans des essais plus sérieux que les siens, mais aussi que la publicité déraisonnable faite à cet antipaludéen a conduit les gens à vouloir à tous prix se procurer le médicament « miracle », aux dépens des malades habituellement traités par le plaquenil pour d’autres affections, à le prendre sans la moindre précaution, à titre préventif ou pour des symptômes peut-être à tort attribués au covid-19.

Ce show sur la place publique a provoqué une polémique bien française où se sont mêlés des politiciens et des personnalités des plus diverses, évidemment totalement incompétentes, mais venant à la rescousse du génie rebelle, allant à contre-courant des autorités médicales « officielles » lesquelles voudraient le faire taire. Ainsi un homme de talent s’est-il transformé en gourou dont il a un peu l’allure.

Voilà un des aspects de la démocratie médicale tant vantée. La médecine est censée se conformer à l’opinion. Et pourquoi pas un referendum pour le choix des prescriptions médicales ?

Note : Comme ses pairs ont critiqué le protocole de son essai, Raoult affiche un mépris pour la méthodologie utilisée habituellement pour démontrer l’efficacité d’un médicament. Certes, cette méthodologie (groupe contrôle, double aveugle etc…) est critiquable mais c’est la seule que nous avons. En dehors d’elle, on retombe dans l’empirisme d’antan. C’est un peu à lui que se réfère Raoult car les découvertes au cours de l’histoire n’ont été basées que sur l’empirisme (comme la vaccination), mais celui-ci a été aussi à l’origine de conduites délétères de la part des médecins qui ont amené à plus de morts que de guérisons.

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Publié le 29 Mars 2020

Le germe d’un complotIl est tout de même étonnant de constater qu’un Français sur 4 (26%) pense que le coronavirus est une fabrication humaine, et plus inquiétant encore, que près d’un Français sur 5 (17%) est persuadé qu’il s’agit d’une fabrication intentionnelle.

Cette méfiance du « on ne nous dit pas tout » touche de préférence les gens que l’on peut considérer comme insatisfaits ou dans une situation instable. Ainsi, 27% des moins de 35 ans pensent que le virus a été développé “intentionnellement” dans un laboratoire contre 6% des plus de 65 ans. Les vieux sont-ils naïfs ou sages ? 22% des pauvres le croit également contre 4% pour les catégories aisées. Mais le complotisme des jeunes et des pauvres n’est rien à côté de celui des sympathisants du RN dont 40% estiment qu’un laboratoire (chinois ?) a volontairement créé ce virus. On ne voit pas très bien dans quel but car s’il s’agit d’une préparation à une guerre bactériologique on connaît des germes qui provoquent un taux de mortalité bien plus élevé que le covid-19, et il est peu vraisemblable que des écologistes radicaux (s'il y en a en Chine) viseraient ainsi à dépeupler le monde. Seuls 29% des sympathisants RN pensent que le virus est d’origine naturelle (l’élite ?) et 15% que sa création est accidentelle.

Force est de constater que les sympathisants de la République en marche paraissent plus sensés car ils ne sont que 2% à penser que le virus a été fabriqué “intentionnellement” en laboratoire, et 7% “accidentellement”. La grande majorité (84%) pense qu’il est apparu de manière naturelle. De là à penser qu’ils ne sont ni jeunes, ni pauvres et qu'ils sont moins cons...

Source : une étude de l’Ifop publiée le 28 mars 2020.

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Publié le 28 Mars 2020

Il y a pas mal d’années, une gigantesque panne d’électricité à New-York s’est soldée par une flopée de naissances supplémentaires neuf mois après.

Ce confinement quasi mondial risque de pousser la planète à copuler abondamment pour varier les plaisirs en chambre, et la contemplation quasi permanente des écrans passant en boucle l’extension de l’épidémie et sa menace de mort ne peut que pousser les couples à s’adonner aux plaisirs terrestres avec cependant le frein possible de la présence inopportune des enfants.

Les écologistes peuvent se réjouir de la diminution de la pollution et d’une décroissance dont ils n’auraient pas osé rêver, mais dans un proche avenir ils devront déchanter en voyant la population terrestre bondir en comblant largement les pertes provoquées par le covid-19.

La situation est d’autant plus préoccupante que nous risquons fort de manquer de préservatifs. Car, bien sûr, les préservatifs ne sont pas fabriqués en Europe. Notre continent se retrouve encore à poil et montre sa nudité au monde entier. La honte.

En raison du confinement, les trois usines de Karex Berhard, l’un des plus grands producteurs de capotes (1 sur 5 vendues dans le monde), a été à l’arrêt en Malaisie pendant une semaine, de quoi provoquer, d’après The Guardian, un déficit d’au moins 100 millions de préservatifs. Heureusement la production a repris en partie le 27 mars, en vertu d'une exemption spéciale pour les “industries critiques”, mais avec seulement 50% des effectifs. C’est dur. La pénurie est certaine car les autres lieux de production, la Chine, l’Inde et la Thaïlande sont dans la même situation.

La France comme les autres pays européens ne sont même plus capables de fabriquer leurs capotes anglaises.

On est baisé. La honte.

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Publié le 27 Mars 2020

UBULes confinis de la CGT atteints de la forme sénile du covid-19, marquée par une confusion et des chutes, déposent des préavis de grève pour tout le mois d'avril pour la fonction publique (dont fait partie le personnel des hôpitaux) avec des revendications maximales.

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Publié le 25 Mars 2020

311. Le coronavirus n’est pas racisteLes Africains ont d’abord cru que le covid-19 était une maladie de Blancs. Il semble donc que pour les Noirs, tout ce qui n’est pas noir est blanc, comme sur une portée de partition, y compris les Jaunes qui ont apparemment une appétence particulière pour les animaux sauvages, porteurs de virus inédits, et à qui ils attribuent des vertus secrètes dont certaines portent sur le sexe.

Bien entendu, le coronavirus n’est aucunement raciste, il frappe avec égalité tout le monde, et si la majorité en réchappe, certains en meurent (comme dit la fable) quelle que soit leur couleur de peau, que l’animal soit humain ou pas.

La chloroquine auréolée à Marseille fait un sacré Raoult et s’est répandue comme une trainée de poudre en franchissant la Méditerranée à la vitesse de la lumière. Les Africains qui s’en servent contre le paludisme la connaissent bien et comme le covid-19 n’est manifestement plus une maladie réservée au Blancs, comme ils l’avaient espéré, peut-être en rigolant, les pharmacies africaines sont dévalisées. Le gouvernement marocain a même racheté le stock de Nivaquine (une forme de chloroquine) de l’usine Sanofi de Casablanca.

Evidemment, je n’ai pas d’avis autorisé sur la chloroquine, je sais qu’elle peut avoir des effets secondaires sérieux – secondaire, curieux terme pour des effets qui peuvent entraîner la mort – notamment cardiaques, car en allongeant la durée de l’activité électrique du cœur elle peut provoquer de graves troubles du rythme, le muscle cardiaque lui-même peut être atteint, ce qui implique une surveillance cardiologique pendant le traitement et la connaissance des associations médicamenteuses. Bien d’autres organes sont parfois touchés, comme l’œil, mais sans exagérer la fréquence de toutes ces complications.

Je pense que pour l’instant, dans l’incertitude où l’on est quant à l’efficacité de la chloroquine sur le vivant (son activité serait nette in vitro), l’attitude du gouvernement est prudente en réservant le médicament aux cas graves, mais il n’est pas certain qu’il ait raison. Par contre prendre la chloroquine pour des formes bénignes ou à titre préventif c’est prendre des risques inutiles. Voir la queue de gens qui paraissent bien portants devant le service de Raoult pour éventuellement bénéficier de ce traitement me paraît aberrant, à moins que leur but soit de se faire tout simplement tester.

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Publié le 24 Mars 2020

Je ne parle pas de celui pour limiter au minimum les contacts entre les humains dont la fréquentation est souvent décevante. Je ne parle pas de l’intérêt médical, encore que je me demande pourquoi la Suède et les Pays-Bas où les mesures sont minimales, le taux des contaminés est le même qu’en France, et nous devons constater que, sans confinement, la Corée du Sud a pu contrôler l’épidémie, il est vrai qu’il s’agit d’un pays développé qui avait les moyens de le faire.

Je parle du silence qui s’est abattu sur Paris à tel point que lorsqu’un véhicule égaré passe dans la rue, je vais à la fenêtre pour voir qui peut bien être cet intrus. Les voitures de police sont rares et summum de la jouissance : plus de manifestations de rue : plus de gilets jaunes, plus de CGT, plus de black blocs, plus de féministes excitées, plus de foules revendicatives aux banderoles débiles.

Le silence. Le calme avant la tempête.

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Publié le 22 Mars 2020

Les religions et le coronavirusL'Église évangéliste Shincheonji en Corée du Sud en rassemblant ses fidèles au début de la pandémie, et par son comportement a facilité la propagation du virus. Même chose pour le rassemblement évangélique de Mulhouse. En ce moment, en Afrique, les fidèles se précipitent dans les églises, malgré les autorités : "Soyons responsables. Nous allons tous mourir et ensuite aller en enfer !", a lancé le porte-parole du gouvernement zimbabwéen, Nick Mangwana. En cause, l'affluence dans les églises de Harare, dimanche, malgré l'interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes. Mégaphone à la main, la police de Lagos, ville tentaculaire de 20 millions d'habitants, tentait, elle aussi d'empêcher les fidèles de se rendre dans les églises, d'habitude bondées au Nigeria. » (AFP).

Des prédicateurs islamiques affirment que des phrases magiques adressées à Allah sont capables de protéger les musulmans de toute contamination. L’un d’entre eux (vidéo signalée par Carlus dans les commentaires de l’article précédent) devant une belle bibliothèque pour faire sérieux révèle une phrase magique à répéter trois fois dans la journée en affirmant qu’avec cette incantation, le fidèle n’aura plus rien à craindre et sera totalement protégé " SAUF SI DIEU EN A DECIDE AUTREMENT" (réserve dite très vite et à peine audible). Imparable. Mais dangereux, ne pas prendre de précautions risque de pousser Allah à en décider autrement pour le crédule et ses proches.

Des Marocains sortent dans la rue malgré le confinement pour prier : "Allah Akbar, Dieu est grand et seul à pouvoir nous aider", ont scandé les fidèles réunis à Tanger, Fès ou encore Tétouan (nord), certains parlant du nouveau coronavirus comme d'une "épreuve divine",

Ces attitudes nous ramènent au temps des pestes dévastatrices du Moyen Âge où tous les moyens étaient recherchés pour amadouer le Ciel : prières, processions, pénitences et flagellations. Lors de la peste du XIVème, des centaines d'hommes et de femmes venant d'Aix-la-Chapelle exécutaient jusqu'à épuisement une danse de Saint Guy sur la place publique, et allaient de ville en ville : Cologne, Metz et Erfurt, entraînant les spectateurs dans leurs convulsions frénétiques. La Confrérie de la Croix arrivant de Hongrie, traversait l'Europe, les frères tête couverte et yeux baissés, portaient des costumes sombres avec une grande croix rouge sur la poitrine. Ils exécutaient en public, deux fois par jour, des flagellations avec des fouets à triples lanières terminées par des pointes de fer. Leur venue était annoncée par des sonneries de cloches. La compagnie continuait sa tournée de ville en ville à moins que la peste de la décime.  Ces démonstrations impressionnantes, comme on pouvait s’y attendre, étaient toutes inefficaces. Les hommes d'Eglise s'efforçaient de déterminer le péché responsable. Il variait selon les pays. On incriminait l'impiété, l'opéra ou le théâtre ou les habits trop voyants ou les longs souliers pointus, attribuant à Dieu des préoccupations pour le moins frivoles.

Sommes-nous si loin du XIVe siècle ? Aujourd’hui les gens se précipitent en Afrique et sans doute ailleurs, dans les églises et dans les rues pour prier Dieu de les épargner ou adressent à Allah une phrase magique censée assurer une protection totale sauf  si Dieu en décide autrement.

Reste tout de même que les autorités religieuses, aujourd'hui, ne perdent pas leur bon sens, ne recherchent pas le péché à l'origine de la punition divine (bien que certains pourraient bien avoir leur idée là dessus*) et demandent aux fidèles de rester chez eux, de ne pas se rassembler dans les églises ou les mosquées et l'esplanade de La Mecque est déserte. Ce qui montre le peu de confiance qu'elles ont dans l’intervention divine considerée sans doute comme moins efficace que le masque FFP2.

Les religions et le coronavirus

Le coronavirus n'oserait pas s'attaquer au dieu de la Corée du Nord, le seul sans masque et dont les postillons sont sacrés

Illustration : Chaim Soutine : "L'homme en prière"

* Hani Ramadan, le frère de Tarik Ramadan (dont on connait les agissements) déclare que la pandémie actuelle « est le fait que les hommes se livrent ouvertement à la turpitude, comme la fornication et l'adultère, ce qui déclenche des maladies et des épidémies nouvelles ».

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Publié le 22 Mars 2020

La fange

Le pire peut faire des heureux. A côté d’Edvy Plenel, la moustache hérissée à la Staline, se réjouissant par provocation de la descente des bourses, les vrais heureux sont certains écologistes comme Antoine Buéno qui déclare : « le coronavirus, une aubaine pour la planète ». Par humanité je ne souhaite ni à l’un, ni à l’autre d’étouffer au point d’avoir un tube enfoncé dans le larynx et relié à un respirateur.

On sait que les circonstances exceptionnelles font aussi bien surgir des héros que remonter la fange. Les vols se multiplient. Les masques qui manquent si cruellement aux soignants sont dérobés, la chloroquine dont on espère une efficacité sur le covid-19 disparaît des pharmacies, les voitures des soignants sont fracturées pour y dérober des caducées ou des macarons afin de pouvoir circuler plus librement, des antennes des « Resto du cœur » sont dévalisées et de grandes quantités de produits alimentaires destinés aux plus démunis ont été emportés.

La liste des méfaits par des malfrats sans conscience ne s’arrêtera sûrement pas là.

La menace exacerbe les sentiments. Elle peut faire naître la générosité et l’entraide comme elle peut faire apparaître la part mauvaise de l’être humain, masquée sous une mince pellicule civilisée, jusqu’à la violence et le meurtre pour se venger d’un coupable présumé aussi innocent soit-il ou pour sa survie comme les épidémies d’antan nous l’ont montrée.  

Illustration : Bernard Buffet "L'enfer"

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 20 Mars 2020

Le président de la République a pris des accents Churchilliens pour déclarer que nous étions en guerre. Une guerre civile un peu spéciale où l’ennemi invisible utilise les tanks constitués par les Français eux-mêmes, opposés les uns aux autres, et où les armes sont leurs postillons et les aérosols projetés par leurs toux et de leurs éternuements.

Une guerre spéciale où en pleine bataille, les combattants veulent passer leurs chefs en cour martiale.

C’est ainsi que des combattants en première ligne, c’est à dire des médecins groupés en un collectif intitulé « C19 » attaque Agnès Buzyn et Edouard Philippe pour mise en danger des personnes. Il faut dire que l’ancienne ministre de la santé, sans doute dépitée par son échec aux municipales de Paris, avait affirmé dans un entretien au Monde le 17 mars dernier, avec une élégance dont je ne la savais pas capable, avoir alerté le Premier ministre du danger que courait la France face au coronavirus dès le début de l’épidémie. “Quand j’ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. Je suis partie en sachant que les élections n’auraient pas lieu”, “On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade”. Ceci, après avoir officiellement minimisé le danger et elle s’est donc présentée aux municipales en pensant qu’elles n’auraient pas lieu. Bizarre. Mais si elle dit vrai à propos de l’épidémie, il y a manifestement un retard à l’allumage. Ce collectif 19 a déclaré dans un communiqué : “Il est clair que c’est par négligence coupable que le Premier ministre, mais aussi l’ancienne ministre de la Santé, n’ont pas anticipé une crise dont ils savaient manifestement la gravité, et qu’ils ne pouvaient, en tout état de cause ignorer”. Mais il est toujours facile de faire des prévisions rétrospectives. A l’époque personne ne pensait que l’épidémie diffuserait aussi vite et partout. Il est vrai que la crise hospitalière était manifeste avant l’épidémie, mais ce n’est pas le gouvernement actuel qui en est le seul responsable. (J’ai moi-même protesté contre la fermeture de lits et la suppression des « petites » urgences, il y a bien longtemps)

Macron appelait à l’union nationale face au péril et voilà qu’une association représentant des patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) porte plainte contre X pour "mise en danger délibérée de la vie d'autrui face au manque d’informations et de moyens de prévention". « À travers cette plainte, nous visons toute la chaîne de responsabilités de l'Etat en matière de politique sanitaire", a indiqué le président de l'association.

Mise en danger délibérée ?! Nous voilà bien. Pour ce qui concerne les informations nous en sommes abreuvés jusqu’à la nausée, quant aux mesures "barrières" ils sont répétés sans cesse et partout. Cependant,  on pourrait reprocher au gouvernement, outre les directives contradictoires, un manque d'anticipation pour les masques, les tests de dépistage et le contrôle sanitaire strict aux frontières, ce qui oblige les responsables à trouver des arguments du type "ça ne sert à rien" pour rendre logique la pénurie de matériel ou des décisions tardives.

Je veux bien croire que les patients atteints de BPCO sont effrayés par cette épidémie virale à laquelle ils seraient particulièrement sensibles en les exposant certainement à un risque vital, mais en accuser l’Etat me semble extravagant et aucun Etat n’a pu prévenir la pénétration de l’épidémie dans son territoire. C’est encore une fois donner à l’Etat une fonction de maternage en déresponsabilisant le citoyen. Le seul procès que les patients atteints de BPCO pourraient faire à l’Etat est celui de leur avoir vendu des cigarettes, le tabagisme étant, et de loin, la cause principale de leur maladie, mais personne ne les a obligés à fumer.

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Publié le 19 Mars 2020

Confiné chez moi comme tout le pays, loin de la horde de mes semblables, je pense que Blaise Pascal avait bien raison de dire : "Tout le malheur des hommes est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre". Devant la fenêtre ouverte où entre le soleil, je lis « Les papiers de Jeffrey Aspern » d’Henry James, un récit désuet d’une élégante futilité. La rue vide est d’un silence suspect. Ce matin j’ai entendu les croassements inquiétants d’un corbeau, attendait-il un cadavre ? Et cet après-midi j’ai eu la surprise d’entendre le cri déchirant d’une mouette perdue bien loin de la Seine ! Et plus tard, dans la cour, les trilles superbes d’un oiseau dont j’aurais aimé connaître le nom. Curieuse impression du retour des animaux joyeux dans la ville désertée, attirés par le silence.

L’immeuble en face semble désert, ses habitants sont-ils partis apporter leurs germes en province sous le regard hostile des campagnards et la réprobation furibarde des médecins de campagne ?

La vue de l’immeuble en face sans vie est plutôt monotone. Un peu de verdure ne m’aurait pas déplu. Pour la mer, il faut attendre un réchauffement climatique plus conséquent.

Demain, nous serons vendredi. « Une vidéo circule sur les réseaux sociaux montrant un étrange appel à la prière, lancé par un muezzin qui, à la fois, signale l’heure du rite et invite les auditeurs à prier chez eux. Une première depuis des siècles de convocations ». (Kamel Daoud). L’esplanade de La Mecque serait entièrement déserte. Ce virus est un mécréant. C’est la fin des prières de rue, mais sur les marchés de Barbès dans la foule bêtement compacte, ce mécréant s’est converti.

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Publié le 17 Mars 2020

309. Masques sans bergamasquePlutôt que de danser, nous voilà confinés. Tous les pays étaient prévenus des capacités de ce covid-19 depuis que ses promoteurs chinois les avaient expérimentées. Les Italiens, plus disciplinés que les Français, ont été les premiers européens à subir en force l’invasion virale alors qu’ils avaient plutôt l’habitude d’une pénétration plus visible dans leur péninsule. Confinés avant nous, ils se sont étonnés de notre laxisme incohérent. Les autorités françaises déconseillaient logiquement à nos compatriotes de se rendre en Italie, tout en permettant à des centaines d’Italiens du nord de l’Italie, où se trouvaient les foyers les plus importants de l’épidémie, de se rendre à Lyon pour un putain de match de football, un sport qui semble faire perdre la raison aux responsables. Macron réclame la fermeture des frontières de l’Union européenne, alors que les foyers les plus importants de l’épidémie se situent actuellement en Europe, après avoir affirmé que la fermeture des frontières nationales n’avait aucune utilité.

Les discours sont martiaux, mais depuis des semaines les choses étaient claires, les masques, eux, n’étaient pas là. Ils arrivent quasiment après la bataille. Pour masquer cette défaillance, les experts (dont je ne suis pas) nous serinent que le masque FFP1 (chirurgical) ne protège pas d’une contamination, et ne serait utile que porté par un malade afin d’éviter de contaminer les autres. Raisonnement absurde car on nous dit par ailleurs que la majorité des personnes atteintes n’ont aucun symptôme, ne se savent pas porteuses du virus tout en ayant la faculté de contaminer. Pour être efficace il eût donc fallu que tout le monde porte un masque dès le démarrage de l’épidémie lors des déplacements ou des réunions, et peut-être que le confinement n’aurait pas été rendu nécessaire. Mais il n’y avait pas assez de masques d’où leur inutilité proclamée (ce qui serait le cas si les mesures "barrières" étaient scrupuleusement respectées), et sur laquelle on revient sans le proclamer à mesure qu’ils arrivent dans les pharmacies, si l’on en croit l’annonce du président de la République, mais qui restent réservés au personnel soignant, ce qui prouve bien que le masque, en tout cas le FFP2, est utile pour se protéger, à condition de ne pas transporter le virus sur les mains et de toucher son visage.

Et que dire de la légèreté de la plupart des Français, surtout des jeunes dont on sait à présent que nombre d’entre eux peuvent aussi se retrouver dans les hôpitaux, qui, ces derniers jours, marchaient en groupe, se faisaient la bise, se tenaient côte à côte sur les bancs et les pelouses des parcs. Ces Français qui ont toujours du mal à comprendre qu’il faut laisser un écart entre chacun et éviter de parler fort pour ne pas postillonner, tousser ou éternuer dans le creux de son coude et en se tournant pour éviter des projections sur son voisin même s’il est à un mètre. Et pourtant on ne peut pas reprocher cette fois aux autorités de ne pas avoir répété le message à satiété. Il faut se mettre dans la tête que cela n’arrive pas qu’aux autres. 

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Publié le 15 Mars 2020

L’altération de l’altérité 2


Le mois dernier j’ai commenté le rejet de l’autre en tant que différent : différence sexuelle, de couleur de peau, d’origine, de statut, de comportement, d’opinion, de religion. Un rejet qui exclue toute communication, tout débat, l’autre étant condamné pour ce qu’il est et ce qu’il pense. Sa parole devient inaudible, sa présence, son existence même n’est plus tolérée, on finit par s’en protéger comme c’est le cas dans les universités américaines, et comme nous en avons vu quelques exemples chez nous où l’on a interdit violemment à d’autres de parler, leur parole étant devenue intolérable pour des esprits sans tolérance, et pour tout dire : idiots

Avec l’épidémie actuelle, l’autre est devenu officiellement dangereux, sa présence n’est tolérée qu’à un mètre de distance, sa parole à possibles émissions virales est dangereuse, et il faut s’en méfier Cette situation liée à l’épidémie ressemble bigrement à l’intolérance identitaire décrit dans le paragraphe précédent et que l’on pourrait donc qualifier de pathologique par analogie.

La première fois que l’on m’a cédé une place assise dans le métro, j’ai appris brutalement que j’étais devenu vieux aux yeux des autres. Aujourd’hui on me le rappelle avec insistance, on stigmatise ma fragilité et cela finit par m’exaspérer. J’ai l’impression que les gens me regardent avec commisération, comme un condamné à mort à brève échéance.

Je vais aller me promener.

Illustration : Joseph Ducreux : "Peur"

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Publié le 13 Mars 2020

Ascenseur pour l’échafaudL’ascenseur est un lieu où je me sens toujours un peu mal à l’aise. Je ne suis aucunement claustrophobe, je n’ai pas la hantise de voir la cabine chuter, mais on ne peut jamais exclure son arrêt intempestif avec la perspective d’une attente longue, confiné dans un espace étroit sans la possibilité de faire quoi que ce soit, y compris le nécessaire. On n’est pas toujours dans des quartiers où les parois nous offrent des gravures graveleuses pour nous distraire, bien que les motifs soient toujours les mêmes et l’imagination des artistes un peu limitée.

La gêne s’accroit dans les petites cabines qui ne contiennent que deux ou trois personnes. Une promiscuité imposée, des odeurs testées, avec la nécessité de contrôler son regard afin que celui-ci soit suffisamment vide pour ne donner lieu à aucune interprétation équivoque, surtout lorsque son vis-à-vis ou son côte-à-côte est une femme lorsque l'on est un hétérosexuel des plus classiques.

A présent avec l’épidémie de covid-19, la promiscuité dans l’ascenseur devient un danger bien que le lieu ne se prête pas aux postillons, le silence étant habituellement respecté. Cependant, la présence du virus ne peut être exclue sur les parois mêmes de la cabine où il peut résister plusieurs heures dans l’attente d’un hôte bienveillant car il n’est pas impossible qu’un voyageur solitaire précédent se soit permis d’éternuer ou de tousser sans précaution étant seul dans la cabine.

Ce matin devant un ascenseur ne contenant que deux personnes nous étions deux à l’attendre. La dame m’a interrogé du regard puis m’a demandé : « que fait-on ? ». Je lui ai répondu : « dos à dos ». C’est la position qui me semble la moins dangereuse. La dame n’a présenté aucune réticence pour adopter cette position. Il n’y a plus qu’à attendre 14 jours pour savoir si elle était satisfaisante.  

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Publié le 12 Mars 2020

Retour futur vers le passé

Dessin publié dans Slate

Comme beaucoup d’éditorialistes l’ont remarqué, cette infection par le nouveau coronavirus qui se déploie comme une pandémie à travers le monde nous donne le spectacle d’une société en train de rétropédaler vers le passé, et peut-être d’une ébauche de ce que pourrait être la société future si le programme prôné par certains écologiques est appliqué.

Les frontières se ferment, mais leur fermeture n’a sûrement pas l’efficacité du masque FFP2 pour faire obstacle au passage du virus. Ce retour vers le passé donne un frisson de satisfaction aux partisans du protectionnisme, mais si l’on peut arrêter une grosse marchandise, il est plus difficile d’arrêter un germe minuscule partisan du libre-échange.

Par contre cette fermeture et ses conséquences ont bien mis en évidence l’interdépendance des Etats et pointé du doigt la dépendance de la plupart des sociétés occidentales pour la fabrication des objets et des produits chimiques, pourtant de première nécessité, confiée imprudemment à des puissances étrangères, après avoir abandonné elles-mêmes les entreprises qui les produisaient, et en livrant, de surcroît, aux pays du bout du monde la technologie qui permet de les produire.

Quant aux écologistes, ils n’en demandaient pas tant : décroissance, chute des déplacements sur terre, sur mer et dans les airs, spéculation en berne, baisse de la consommation, même si certains, pris d’une peur archaïque, constituent des stocks, notamment de papier Q dont l'abondance est l’indice d’une société qui tient à ses fondements.

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Publié le 10 Mars 2020

Saluts périlleux 2J’ai récemment lu un article où l’auteur mettait l’accent sur l’infantilisation de la population orchestrée par l’Etat : n’embrassez pas qui vous voulez, lavez-vous les mains toutes les heures, gardez vos postillons pour vous en épargnant votre vis-à-vis, ne toussez pas dans l’atmosphère ni dans vos mains, ne vous touchez pas le visage (Trump a avoué que ça lui manquait. Il est vrai que l’on se palpe le visage plusieurs centaines de fois par jour !)), méfiez-vous des poignées de porte, des touches de clavier, ayez peur de la souris etc… Effectivement ce sont des recommandations répétées un peu agaçantes. L’auteur de l’article s’élève donc contre tous ces conseils omniprésents (ils incitent également à la panique) qui suggèrent que les gens sont un peu demeurés et irresponsables. L’ennui, c’est qu’ils le sont et qu’ils ne pensent pas à tout, les médecins eux-mêmes commettent des erreurs. Je vois autour de moi des gens qui en se rencontrant se font la bise double ou triple. Certes, j’ai aussi remarqué qu’il s’agissait le plus souvent de personnes plutôt jeunes estimant sans doute que le covid-19 ne tue que les vieux, ce qui n’est pas entièrement faux.

Depuis Semmelweiss (voir 295) on sait que les mains sont les meilleurs vecteurs des germes partagés, et la poignée de mains est le symbole de la confiance aveugle que l’on accorde à la personne à qui on serre la main, notamment quant à son hygiène.

Saluts périlleux 2

Il y a plus de 10 ans j’avais publié un petit article que je réédite ci-dessous :  

Lorsqu’on se rencontre, on se salue. Poignée de main et plus si affinité. Mais nous sommes avertis que le virus guette, prêt à sauter véhiculé par une gouttelette des orifices d’autrui à vos propres orifices ou à être convoyé par la main amicale. Alors que faire ? Parler de profil ? Se laver les mains dès que possible après en avoir serré une étrangère ? En cachette, bien sûr, si on ne veut pas vexer autrui.

Se saluer n’est donc pas aussi simple qu’il parait. Et que dire de la poignée de main elle-même qui peut déjà vous éclairer sur l’autre. Je ne parle pas de la main moite qui est un handicap et sur laquelle il ne faut porter aucun jugement. Je veux parler de deux opposées. La main énergique qui vous broie les phalanges et provoque une douleur (surtout si l'on porte une bague, ce qui est souvent le cas des femmes qui peuvent en porter plusieurs). Cet excès d’énergie me parait toujours suspect, cette main broyeuse peut cacher une faiblesse : donner l’apparence de la force qui n’existe pas. A l’opposé, rien n'est plus désagréable que la main molle qui se dépose dans la vôtre comme un steak décongelée, il est à craindre que son propriétaire soit à l’image de sa main.

Mais en ligne, je peux vous saluer sans appréhension

Illustration : Klimt « Hygie »

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 8 Mars 2020

La journée de la femme

Bernard Buffet : "Les folles" 1972

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Mars 2020

Cette photo a été prise aujourd'hui à 12h par Fanny Arlandis. Elle est parue dans Slate. Ce sont des migrants bloqués à la frontière grecque. Ils avaient été encouragés par Erdogan à se rendre en Grèce, porte d'entrée de l'Europe.

La question que l'on peut se poser : où sont les femmes ? Peut-être que quelques-unes sont perdues dans la foule, mais très peu. Les hommes partent en laissant femmes et enfants sous les bombes ? A moins qu'il ne s'agisse que de célibataires ou qu'ils ne fuient pas une guerre.

Il n'y a pas de place en Arabie Saoudite ? Ou dans un autre pays de la fameuse "communauté des croyants" ? Mais les pays des mécréants sont bien plus séduisants.

Sans Issue

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 5 Mars 2020

Aux armes, citoyennes !

"Allons n’écoutez pas ces rumeurs. Cette histoire épidémie est très exagérée"

Dans le fond, ce médecin n’a pas entièrement tort, le taux de mortalité provoqué par le covid-90 est heureusement faible (surtout si l’on pouvait comptabiliser les formes inapparentes) même s’il reste supérieur à celui de la grippe saisonnière, cependant, celle-ci laisse chaque année quelques milliers de morts sur le carreau en raison du nombre de personnes atteintes. Mais en regardant ce dessin on peut se poser la question : le médecin veut-il, ainsi accoutré, se protéger du virus ou...de la femme assise devant lui ?

Le taux de bêtise tend, lui, à augmenter inexorablement. Son expression militante a même atteint la plus grande partie de la salle Pleyel lors de la remise des César où l’on a hésité à prononcer le nom de Roman Polanski comme si le prononcer était contagieux. Le grand vainqueur de la soirée étant devenu un pestiféré innommable comme le dit Sébastien Le Fol, qui ajoute que le nommer aurait été cautionner le viol qu’il a commis en 1977. Par « principe de précaution », il est donc déconseillé d'aller voir ses films qui sont manifestement des vecteurs de sa perversité, un signe de complicité avec leur réalisateur et d'appartenance avec lui au camp du Mal. Saluons le courage des innombrables spectateurs qui ont pris le risque de le faire

« La cérémonie des César 2020, c’était la fête des voisins vigilants… Les nouveaux justiciers comptaient bien transformer la salle Pleyel en prétoire avec, d’un côté, les dominants, et de l’autre, les dominés et les offensés. Chacun était sommé de choisir son camp. Quelle était donc l’alternative à Polanski ? Le narcissisme indécent de Florence Foresti ? L’indigénisme et le racialisme militants d’Aïssa Maïga ? ».

Pour s’élever contre l’attribution à Roman Polanski du César de la meilleure réalisation que l’académie a osé lui décerner, les féministes outragées, emportées par une soif de vengeance contre la gent masculine, n’ont pas trouvé mieux que d’ouvrir un réseau de multiples officines de délation où chacune aura l’opportunité de déposer ses plaintes réelles ou vengeresses en dévoilant aux yeux de tous le nom des auteurs masculins réels ou supposés des méfaits subis et ainsi exhibés.

Dans le passé les femmes avaient une arme : le charme et la séduction qui leur permettaient de pallier leur situation sociale de dominées. C’est ainsi, pour citer un exemple, que les Gauloises ont amené par le mariage de nombreux Francs à se convertir au christianisme. Aujourd’hui, bien heureusement, la situation des femmes a changé. Elles n’ont pas déposé l’arme de la séduction, elle peut toujours servir, et les hommes ne s’en plaignent pas, mais certaines d’entre elles veulent à présent se servir d’une arme de dissuasion redoutable : la délation, capable de paralyser les hommes ou de ruiner leur vie.

La délation généralisée, surtout lorsqu’elle est anonyme, est le signe d’une société malade. Une maladie, ici, à transmission féminine.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 3 Mars 2020

EpidémiesLe coronavirus covid-19 s’installe en France. Il aime la fraternité pour que les gens se rapprochent les uns des autres afin de sauter de l’un à l’autre. L’un devient un danger pour l’autre, on s’éloigne de lui, on le surveille, on s’en protège, on s’en lave les mains, et on le regarde même avec hostilité si on lui trouve les yeux bridés.

Les rassemblements au-delà de 5000 personnes sont interdits. Pourquoi 5000 ? C’est déjà beaucoup. Ce qui compte c’est la proximité : 5000 personnes dans un espace qui en contient 10000, ça peut aller, mais 5000 dans un espace qui n’en contient pas plus, c’est une bonne occasion pour un covid-19 éventuellement présent de changer de domicile.

Certaines féministes, souvent d’orientation lesbienne, s’éloignent des hommes jusqu’à l’hostilité. Pour quelques-unes ce sont même des pestiférés tous atteints du virus du viol jusqu’à craindre qu’ils les touchent.

Une actrice du nom d’Adèle Haenel déclare haut et fort qu’elle a subi dans son adolescence des « attouchements » par je ne sais plus qui. Pour dire les choses vulgairement : elle aurait été pelotée par un butor. Mais bien heureusement, elle ne fut ni violentée, ni violée. Cela ne l’empêche pas de se faire passer pour une martyre et d’en faire des tonnes au point de dire que pour les agressions sexuelles « il faut croire toutes les femmes ». Un encouragement à la délation même non justifiée, aujourd’hui toujours suivie par un torrent de boue dans les médias et sur les réseaux en meute, avant toute preuve, toute enquête et tout recours à la justice. « La justice nous ignore, on ignore la justice » dit-elle et quand on ignore la justice, jeune écervelée, cela s’appelle du lynchage et cela conduit souvent à briser la vie de la personne ciblée. Ce fut le cas pour le premier « porc » balancé par une journaliste qui s’est fait transitoirement un nom, et qui n’avait en fait subie de sa part que quelques paroles vulgaires dans des vapeurs d’alcool.

EpidémiesAdèle Haenel s’est à nouveau illustrée en quittant la salle lors de l’annonce de la remise du « César » de la meilleure réalisation pour le film « J’accuse » à Roman Polanski (« un crachat sur les victimes »). Départ ostensible suivi par d’autres et notamment par la porte-parole du gouvernement Mme Ndiaye, Sibeth pour en faire autant.

Roman Polanski fit une énorme connerie il y a 43 ans, un viol sur mineure pour lequel il a été jugé et incarcéré aux USA, mais il est en fuite car un procureur veut refaire le procès en espérant un verdict plus lourd que le précédent. Sa victime, Samantha Geimer, lui a pardonné depuis longtemps, affirme ne pas avoir été traumatisée par le viol, et demande que l’on foute la paix à Polanski. Celui-ci porte cette croix depuis plus de 40 ans après avoir porté celle de l’épouvantable assassinat de sa deuxième femme Sharon Tate enceinte et proche de l’accouchement.

Une dizaine de femmes se sont par la suite manifestées pour affirmer qu’elles aussi avaient été violées par Polanski mais sans aucune preuve, et il n’est pas impossible que certaines d’entre elles voulaient en tirer quelque bénéfice substantiel. Ces déclarations tardives, dont on peut douter de la véracité, font du réalisateur un violeur en série, jugement sans appel aux yeux des accusatrices qui, contrairement à la seule victime reconnue, n’ont pas l’intention de lui pardonner et cherche à faire un enfer de sa vie et de celle de ses proches.

Lors de la cérémonie des « César », Florence Foresti, que j’ai connue mieux inspirée, s’est permise d’ironiser sur la petite taille de Roman Polanski, sans penser un instant que celle-ci pourrait s’expliquer par la malnutrition probable qu’a connue cet homme dans son enfance, prisonnier dans le ghetto de Cracovie, et dont il a réussi à s’échapper. Comme le dit Lambert Wilson, beaucoup des membres de la meute qui le poursuivent de leur hargne sont des minables à côté de ce grand cinéaste et de ce qu’il a vécu.

Epidémies

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 1 Mars 2020

Un exemple de paranoïa raciste des "racisés"

Cet article a été publié dans le Marianne du 28/02/20

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Rédigé par Dr WO

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