Dessin publié dans Slate
Comme beaucoup d’éditorialistes l’ont remarqué, cette infection par le nouveau coronavirus qui se déploie comme une pandémie à travers le monde nous donne le spectacle d’une société en train de rétropédaler vers le passé, et peut-être d’une ébauche de ce que pourrait être la société future si le programme prôné par certains écologiques est appliqué.
Les frontières se ferment, mais leur fermeture n’a sûrement pas l’efficacité du masque FFP2 pour faire obstacle au passage du virus. Ce retour vers le passé donne un frisson de satisfaction aux partisans du protectionnisme, mais si l’on peut arrêter une grosse marchandise, il est plus difficile d’arrêter un germe minuscule partisan du libre-échange.
Par contre cette fermeture et ses conséquences ont bien mis en évidence l’interdépendance des Etats et pointé du doigt la dépendance de la plupart des sociétés occidentales pour la fabrication des objets et des produits chimiques, pourtant de première nécessité, confiée imprudemment à des puissances étrangères, après avoir abandonné elles-mêmes les entreprises qui les produisaient, et en livrant, de surcroît, aux pays du bout du monde la technologie qui permet de les produire.
Quant aux écologistes, ils n’en demandaient pas tant : décroissance, chute des déplacements sur terre, sur mer et dans les airs, spéculation en berne, baisse de la consommation, même si certains, pris d’une peur archaïque, constituent des stocks, notamment de papier Q dont l'abondance est l’indice d’une société qui tient à ses fondements.