Le pire peut faire des heureux. A côté d’Edvy Plenel, la moustache hérissée à la Staline, se réjouissant par provocation de la descente des bourses, les vrais heureux sont certains écologistes comme Antoine Buéno qui déclare : « le coronavirus, une aubaine pour la planète ». Par humanité je ne souhaite ni à l’un, ni à l’autre d’étouffer au point d’avoir un tube enfoncé dans le larynx et relié à un respirateur.
On sait que les circonstances exceptionnelles font aussi bien surgir des héros que remonter la fange. Les vols se multiplient. Les masques qui manquent si cruellement aux soignants sont dérobés, la chloroquine dont on espère une efficacité sur le covid-19 disparaît des pharmacies, les voitures des soignants sont fracturées pour y dérober des caducées ou des macarons afin de pouvoir circuler plus librement, des antennes des « Resto du cœur » sont dévalisées et de grandes quantités de produits alimentaires destinés aux plus démunis ont été emportés.
La liste des méfaits par des malfrats sans conscience ne s’arrêtera sûrement pas là.
La menace exacerbe les sentiments. Elle peut faire naître la générosité et l’entraide comme elle peut faire apparaître la part mauvaise de l’être humain, masquée sous une mince pellicule civilisée, jusqu’à la violence et le meurtre pour se venger d’un coupable présumé aussi innocent soit-il ou pour sa survie comme les épidémies d’antan nous l’ont montrée.
Illustration : Bernard Buffet "L'enfer"