Le covid-19 fait tousser, étouffer et parfois mourir, mais il a aussi réussi à figer une grande partie du monde. Arrêt sur l’image.
L’épidémie à coronavirus occupe tous les médias, et une bonne partie de la meute en réseau où l’on s’échange les complots. Ce virus minuscule est ainsi devenu la seule réalité malgré son invisibilité, éclipsant toutes les autres informations, toutes les autres réalités aussi énormes soient-elles. Le monde n’est vu que sous l’angle de l’épidémie : combien de contaminations, combien de pays confinés, combien en réanimation, combien de morts ? Comment font les autres, quelle stratégie ont-ils adoptée ? Pourquoi ont-ils des masques et pas nous ? Pourquoi dépistent-ils les contaminés sur une large échelle et pas nous ?
On se dit aussi que les Chinois après nous avoir envoyé un virus pour la deuxième ou troisième fois, sans doute en copinant un peu trop avec les animaux sauvages, nous vendent des masques pour nous en protéger. Les Chinois ont toujours été de remarquables commerçants, mais ils paraissent tout de même un peu mal à l’aise. Que la Chine soit une des principales usines du monde est une chose, que tous les pays finissent par prendre conscience de leur dépendance malsaine à leur égard en est une autre. Pour bien commercer, il faut être discret. Les autorités chinoises sont des spécialistes du masque, les gens sortent masqués, et ceux qui les dirigent ont une fâcheuse tendance à masquer la réalité.
Illustration : Vladimir Kush