Plutôt que de danser, nous voilà confinés. Tous les pays étaient prévenus des capacités de ce covid-19 depuis que ses promoteurs chinois les avaient expérimentées. Les Italiens, plus disciplinés que les Français, ont été les premiers européens à subir en force l’invasion virale alors qu’ils avaient plutôt l’habitude d’une pénétration plus visible dans leur péninsule. Confinés avant nous, ils se sont étonnés de notre laxisme incohérent. Les autorités françaises déconseillaient logiquement à nos compatriotes de se rendre en Italie, tout en permettant à des centaines d’Italiens du nord de l’Italie, où se trouvaient les foyers les plus importants de l’épidémie, de se rendre à Lyon pour un putain de match de football, un sport qui semble faire perdre la raison aux responsables. Macron réclame la fermeture des frontières de l’Union européenne, alors que les foyers les plus importants de l’épidémie se situent actuellement en Europe, après avoir affirmé que la fermeture des frontières nationales n’avait aucune utilité.
Les discours sont martiaux, mais depuis des semaines les choses étaient claires, les masques, eux, n’étaient pas là. Ils arrivent quasiment après la bataille. Pour masquer cette défaillance, les experts (dont je ne suis pas) nous serinent que le masque FFP1 (chirurgical) ne protège pas d’une contamination, et ne serait utile que porté par un malade afin d’éviter de contaminer les autres. Raisonnement absurde car on nous dit par ailleurs que la majorité des personnes atteintes n’ont aucun symptôme, ne se savent pas porteuses du virus tout en ayant la faculté de contaminer. Pour être efficace il eût donc fallu que tout le monde porte un masque dès le démarrage de l’épidémie lors des déplacements ou des réunions, et peut-être que le confinement n’aurait pas été rendu nécessaire. Mais il n’y avait pas assez de masques d’où leur inutilité proclamée (ce qui serait le cas si les mesures "barrières" étaient scrupuleusement respectées), et sur laquelle on revient sans le proclamer à mesure qu’ils arrivent dans les pharmacies, si l’on en croit l’annonce du président de la République, mais qui restent réservés au personnel soignant, ce qui prouve bien que le masque, en tout cas le FFP2, est utile pour se protéger, à condition de ne pas transporter le virus sur les mains et de toucher son visage.
Et que dire de la légèreté de la plupart des Français, surtout des jeunes dont on sait à présent que nombre d’entre eux peuvent aussi se retrouver dans les hôpitaux, qui, ces derniers jours, marchaient en groupe, se faisaient la bise, se tenaient côte à côte sur les bancs et les pelouses des parcs. Ces Français qui ont toujours du mal à comprendre qu’il faut laisser un écart entre chacun et éviter de parler fort pour ne pas postillonner, tousser ou éternuer dans le creux de son coude et en se tournant pour éviter des projections sur son voisin même s’il est à un mètre. Et pourtant on ne peut pas reprocher cette fois aux autorités de ne pas avoir répété le message à satiété. Il faut se mettre dans la tête que cela n’arrive pas qu’aux autres.