Les Africains ont d’abord cru que le covid-19 était une maladie de Blancs. Il semble donc que pour les Noirs, tout ce qui n’est pas noir est blanc, comme sur une portée de partition, y compris les Jaunes qui ont apparemment une appétence particulière pour les animaux sauvages, porteurs de virus inédits, et à qui ils attribuent des vertus secrètes dont certaines portent sur le sexe.
Bien entendu, le coronavirus n’est aucunement raciste, il frappe avec égalité tout le monde, et si la majorité en réchappe, certains en meurent (comme dit la fable) quelle que soit leur couleur de peau, que l’animal soit humain ou pas.
La chloroquine auréolée à Marseille fait un sacré Raoult et s’est répandue comme une trainée de poudre en franchissant la Méditerranée à la vitesse de la lumière. Les Africains qui s’en servent contre le paludisme la connaissent bien et comme le covid-19 n’est manifestement plus une maladie réservée au Blancs, comme ils l’avaient espéré, peut-être en rigolant, les pharmacies africaines sont dévalisées. Le gouvernement marocain a même racheté le stock de Nivaquine (une forme de chloroquine) de l’usine Sanofi de Casablanca.
Evidemment, je n’ai pas d’avis autorisé sur la chloroquine, je sais qu’elle peut avoir des effets secondaires sérieux – secondaire, curieux terme pour des effets qui peuvent entraîner la mort – notamment cardiaques, car en allongeant la durée de l’activité électrique du cœur elle peut provoquer de graves troubles du rythme, le muscle cardiaque lui-même peut être atteint, ce qui implique une surveillance cardiologique pendant le traitement et la connaissance des associations médicamenteuses. Bien d’autres organes sont parfois touchés, comme l’œil, mais sans exagérer la fréquence de toutes ces complications.
Je pense que pour l’instant, dans l’incertitude où l’on est quant à l’efficacité de la chloroquine sur le vivant (son activité serait nette in vitro), l’attitude du gouvernement est prudente en réservant le médicament aux cas graves, mais il n’est pas certain qu’il ait raison. Par contre prendre la chloroquine pour des formes bénignes ou à titre préventif c’est prendre des risques inutiles. Voir la queue de gens qui paraissent bien portants devant le service de Raoult pour éventuellement bénéficier de ce traitement me paraît aberrant, à moins que leur but soit de se faire tout simplement tester.