Publié le 30 Juin 2019

Les Américains ont élu un président absurde peut-être parce que beaucoup d’entre eux le sont. Bien entendu, les Etats-Unis sont une fédération d’états dont les législations peuvent être très différentes d'un état à l'autre sur les sujets sociétaux. Tout peut se voir de l’obscurantisme aux lois les plus permissives.

Pour donner un exemple d’absurdité, la Californie interdit la vente de l'e-cigarette (dont on vient de montrer en France qu’elle a permis en 7 ans à 700000 personnes de se sevrer du tabac) tout en permettant l’usage du cannabis à titre récréatif dont la nocivité pour la santé, et celle des autres si l’on conduit sous l’emprise de cette drogue, est certaine. D’après l’institut contre le cancer :

« Une forte consommation de cannabis peut provoquer certaines maladies des voies respiratoires.

Le consommateur de cannabis est exposé à un risque accru de psychose et de schizophrénie.

La fumée de cannabis contient de nombreuses substances cancérigènes que l'on retrouve aussi dans la fumée de tabac (hydrocarbures aromatiques, nitrosamines, aldéhydes...), parfois même en plus grande concentration.

On absorbe plus de goudron et de monoxyde de carbone en fumant du cannabis qu'en fumant du tabac ».

Peut-être que les entreprises du tabac ne sont pas étrangères à cette décision californienne, car si la nocivité du cannabis est certaine comme celle du tabac, celle de la e-cigarette reste encore à démontrer et son aide au sevrage du tabac semble efficace.

Autre absurdité, cette fois juridique, Slate rapporte qu’une femme en Alabama, enceinte de 5 mois, a perdu son bébé après avoir reçu une balle dans le ventre à la suite d’une dispute. Ce qui est étonnant, est que cette femme victime d’une blessure par balle et ayant perdu son enfant, est poursuivie pour homicide involontaire de son enfant à naître et placée en détention jusqu’à son procès. Dans cet Etat où l’avortement est interdit, on lui reproche de ne pas avoir su protéger son fœtus. La tireuse, elle, responsable directe de la blessure de la femme enceinte et de la mort du fœtus, n’a pas été inculpée car c’est sa victime qui aurait déclenché la dispute. On voit qu’en Alabama, le foetus est plus précieux que la femme qui le porte, et qu’il est tout à fait admis d’abattre son adversaire lors d’une simple dispute. Absurde, non ? Ou inquiétant.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 28 Juin 2019

Suicides intéressés

« Deux kamikazes se sont fait exploser, l'un sur la principale avenue de la capitale de la Tunisie, l'autre devant la porte du complexe de Gorjani, où sont rassemblés des services de la Garde nationale et de la police judiciaire » (Huffpost le 28/06/19).

Double attentat revendiqué par le fantôme de « l’état islamique ».

Ces deux islamistes ne sont pas des kamikazes. Ce terme qualifie essentiellement les pilotes japonais jetant volontairement leur avion, avec sa charge explosive, sur des navires américains pendant la IIème guerre mondiale. Tactique désespérée mais d’un bon rapport qualité/prix puisque le sacrifice d’un seul avion, et d’un seul pilote permettait d’endommager sérieusement ou même de détruire des navires surarmés et de tuer nombre d’ennemis.

Là il ne s’agit pas d’un acte patriotique tentant de protéger son pays et les siens, mais d’un acte fanatique soutenu par une religion. Acte paradoxal, car dans les trois religions monothéistes le suicide est une offense à Dieu, seul maître de notre destinée. Particulièrement paradoxal en islam ou le suicide conduit en Enfer :

« Et ne vous tuez pas vous-mêmes. Allah, en vérité, est Miséricordieux envers vous. Et quiconque commet cela, par excès et par iniquité, Nous le jetterons au Feu, voilà qui est facile pour Allah. » (Coran 4 : 29-30).

Sans savoir ce qui pousse ces musulmans à se suicider en tentant de tuer à l’aveugle les autres, dont des musulmans, il est fort à parier que ceux qui « lavent leur cerveau » (« laver » n’étant pas le terme approprié, « salir » serait peut-être plus adéquat), leur font miroiter une récompense, et s’agissant d’une récompense post mortem, il ne peut s’agir que du paradis.

Il faut vraiment être persuasif, car si l’on se réfère au verset ci-dessus (peut-être ignoré par les intéressés ou occulté par les laveurs de cerveaux), l’explosé, les organes éparpillés (très déconseillés en islam), se croyant en route pour le paradis aura la désagréable surprise de se retrouver en enfer.

Il est vrai que pour un incroyant, le destin post mortem de ces suicidés sera à ses yeux moins dramatique que prévu par le Coran puisque le supplice éternel ne s’ajoutera pas à la mort.

Le paradis est toujours décrit comme un merveilleux jardin où l’eau abonde, ce qui est compréhensible car les religions monothéistes sont nées dans des régions chaudes ou même désertiques du Moyen Orient où l’eau est précieuse. En islam s’y ajoutent des femmes, ce qui rend le paradis encore plus séduisant.

Pour l’incroyant, la promesse du paradis est une merveilleuse arnaque, à l’égal des escroqueries qui vous promettent monts et merveilles en prenant votre argent que vous ne revoyez plus. L’argent, c’est peu de chose comparé à la vie, mais il faut se rendre à l’évidence, il est impossible de démontrer l’escroquerie, et donc de punir les coupables. C’est pour cela que pour un incroyant, le paradis est la plus grandiose et la plus parfaite des escroqueries.

Illustration : Bosch "Le jardin des délices"

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Publié le 26 Juin 2019

 

Une arme de contrainte massive

« C'est une première en France. Le tribunal administratif de Montreuil a donné raison à une mère et sa fille qui avaient poursuivi l'État français pour "carence fautive". Selon la justice, les autorités n'ont pas pris de mesures suffisamment efficaces pour réduire la pollution atmosphérique. »

Habitant Saint-Ouen à l'époque, tout près du périphérique, les deux femmes ont attribué aux particules fines leurs difficultés respiratoires : bronchites chroniques, crises d'asthme à répétition… pathologies accentuées lors des pics de pollution. Ce qui est vraisemblable, d’autant plus que l’état de santé de ces personnes s’est amélioré après avoir déménagé à Orléans sur les conseils de leur pneumologue.

Le tribunal a estimé que les seuils de concentration de certains gaz polluants avaient été dépassés de manière récurrente entre 2012 et 2016 dans la région Île-de-France, et les mesures mises en œuvre insuffisantes au regard des obligations fixées notamment par les directives européennes et transposées dans le code de l'environnement.

Mère et fille ont donc réclamé 160 000 euros en réparation du préjudice subi. Mais cette demande d’indemnisation a été rejetée, « le tribunal estimant que le lien de causalité entre leurs maladies respiratoires et l'insuffisance des mesures prises par l'État n'était pas "directement" établi ». Un peu de bon sens, tout de même, l'Etat ne débourse que l'argent du contribuable et cette indemnisation c'est nous qui devrions la payer.

Cette décision de justice a satisfait nombre d’associations prêtes à s’engouffrer dans la brèche et une cinquantaine de recours ont déjà été déposés par d'autres victimes de la pollution. Logiquement des millions d’autres recours seraient à prévoir.

J’avoue que cette décision administrative me rend perplexe. Je ne conteste évidemment pas le rôle néfaste de la pollution atmosphérique sur les maladies respiratoires, mais où va s’arrêter ici la responsabilité de l’Etat ? On estime ainsi que l’Etat est maître de tout l’environnement, et qu’il est dans ses possibilités de le modifier à sa guise. Il est certain qu’il existe des « obligations », mais c’est un peu théorique, ce sont plus des objectifs que l’on doit s’efforcer d’atteindre que des règles à appliquer. Les associations écologiques vont se saisir de cette arme juridique pour obliger l’Etat à prendre des mesures plus contraignantes pour l’ensemble de la population. On peut prévoir que ces mesures ne seront pas toujours possibles et pas toujours efficaces. Doit-on fermer le métro parisien où la pollution en particules fines est nettement plus importante que sur le périphérique ?

Ajoutons que plus la responsabilité de l’Etat augmente, plus la responsabilité de l’individu diminue, ce qui conduit à une infantilisation du citoyen. La canicule actuelle montre à quel point l’Etat va jusqu’à nous materner en s’adressant à la population comme à des enfants irresponsables en multipliant les conseils les plus élémentaires. Mais s’il ne le faisait pas, on lui reprocherait de ne pas le faire.

Illustration : Monet "Gare St Lazare"

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Publié le 25 Juin 2019

Canicule

On nous chauffe tellement les oreilles avec la canicule que l’on a failli ne pas remarquer tout de suite qu’Erdogan avait pris un coup de froid à Istanbul.

Trump souffle le chaud et le froid sur l’Iran, mais à force de s’échauffer, cette tête brûlée risque de péter une durite et nous avec.

Ça chauffe dans le ménage de Boris Johnson. Sa compagne lui a demandé de dégager de chez elle. Il est plus facile de sortir d’un appartement que de l’Union européenne.

Echaudé par les résultats aux dernières européennes, le parti LR est en train de fondre.

Le PS, lui, descendu aux enfers à coups de fronde, est déjà fondu. Hollande grillé, Cazeneuve pointe son nez, mais ça sent le réchauffé.

Mélenchon totalement insoumis aux insoumis a toujours, comme Maduro, la fièvre du pouvoir jusqu’à enfiler bizarrement un gilet jaune à Belfort pour se réchauffer, et ses troupes en furent refroidies.

Le réchauffement climatique risque de monter à la tête des verts, attention au coup de chaleur.

A Bruxelles, Loiseau, s’est rôtie elle-même en se brûlant les ailes.

Malgré la canicule, Macron manque-t-il de chaleur ? Ses relations avec les autres dirigeants européens se sont rafraîchies.

A Grenoble une dizaine de musulmanes en chaleur ont investi illégalement, mais sous l’œil des journalistes dûment avertis, une piscine pour y barboter recouvertes d’un burkini pour ne pas prendre froid. Leurs hommes sont restés au foyer.

Illustration : Giorgio De Chirico

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Publié le 23 Juin 2019

Expositions 

© Victor Frankowski AI-Da, l'humanoide artiste, dans son atelier

Le 12 juin, ont été exposées à Oxford les "oeuvres" de ce robot humanoïde au stéréotype féminin, encore imposé par la société,  dénommé Al-Da,  et l'exposition - la première du genre - a été intitulée : "Unsecured Futures". "L'artiste" observe son modèle avec des caméras placées dans ses yeux. Les images capturées sont analysées par un algorithme qui transmet ensuite les informations à son bras mécanique.

Expositions

Dessin au crayon. Il parait que les dessins de "l'artiste" algorithmique seraient totalement imprévisibles. je veux bien le croire. Chaque oeuvre devient ainsi unique.

Expositions

Sculpture plutôt étonnante après une modélisation en 3D à partir d'un dessin.

"Depuis l’ouverture de l’exposition, la galerie ne désemplit pas. Et surtout, en moins de dix jours, toutes les œuvres d’Al-Da se sont déjà vendues, pour plus d'un millions d'euros. Le galeriste prévoit de tout reverser à la recherche sur l’intelligence artificielle. Aidan Meller dit avoir monté cette expo pour faire réfléchir sur l’IA et ses dérives possibles. Mais pour quelques spécialistes de l’art, c’est Al-DA elle-même la dérive. Une journaliste d’ArtNet a ainsi écrit que cette jolie humanoïde qui peut créer une "œuvre d’art" toutes les 45 minutes représentait juste "la concrétisation d’un fantasme misogyne et capitaliste" (Nina Godart BFM TV). J'ignore si l'exposition comportait un buffet où l'on servait des boissons alcoolisées. Mais l'alcool n'est pas nécessaire pour expliquer ce jugement quand on a une tendance gauchiste et féministe radicale. Reste que cette journaliste n'a pas tort de considérer que dépenser de telles sommes pour des "oeuvres" bidons est un scandale. Mais puisqu'il s'agit d'une journaliste spécialisée en art, j'espère qu'elle a une réaction semblable pour des oeuvres contemporaines réalisées par des artistes en chair et en os et qui sont parfois inférieures (à mes yeux) à celles réalisées par ce robot doté d'une intelligence très artificielle, néanmoins fournie par des intelligences naturelles (de la société de robotique de Cornouailles, Engineered Arts, et des ingénieurs de Leeds).

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Publié le 20 Juin 2019

Des valseuses pour toutesDans le JT de Pernaut, le journaliste Michel Izard a osé commenter des images extraites d’un match de football joué par des femmes de la façon suivante : "Avec des gestes si délicats, au bout de doigts si fins, on peut comprendre que certains rêveraient d'être à la place de la balle. Mais l'essentiel est ailleurs, dans ce jeu léger de jambes. Pour faire comme les garçons, pour faire du tricot sur la pelouse : une maille à l'endroit, une maille à l'envers... Et donner le tournis ou la rage de vaincre, entrer du bout du pied dans la ronde des jongles, numéro d'artiste de la Japonaise Hasegawa, même si la quête de grâce ne fait pas toujours dans la dentelle." 

Les réactions n’ont pas tardé, et le journaliste, qui voulait sans doute faire dans le compliment voire dans le madrigal, fut accusé de sexisme. Il se répand à présent en excuses et se dit "dévasté" d'avoir commis une telle abomination.

On se demande vraiment en quoi l’auteur de ce commentaire s’est livré à une discrimination basée sur le sexe. La première phrase un peu coquine n’a rien de dégradant, à moins que la féminité le soit. "Tricoter avec les jambes" n’est pas à la portée de tout le monde et les images montrées permettaient d'utiliser cette image assez courante. Et de quoi un commentateur sera-t-il accusé lorsqu'il dira d’un footballeur mâle qu’il « tricote » avec les jambes en faisant une maille à l'endroit, une maille à l'envers ?

Ce commentaire se voulait amusant, il n’est pas sûr qu’il le soit, mais de toute façon on ne peut plus sourire. Invoquer la moindre différence, même si elle est plutôt favorable, est interprétée comme une agression. En fait, le processus est unidirectionnel. Une femme peut se moquer d’un homme sans que sa remarque soit considérée comme discriminatoire. En voici un exemple : à la suite du commentaire de Michel Izard, des images de Cristiano Ronaldo en action ont été commentées sur le site féministe Madmoizelle par la journaliste surnommée Queen Camille et relayée près de 10 000 fois sur Twitter : "Le regard lointain, la mâchoire carrée, Avec une jolie boucle d'oreille, pour faire comme les filles. Le jeune homme réalise son rêve de petit garçon. Ses muscles saillants de mâle dominant étourdissent l'adversaire, il est évident que certains rêveraient d'être ce short qui enserre sa taille. L'objectif est simple, marquer un but et pourtant pas si facile. Le puissant athlète exprime une rage virile"... 

Et alors, on s’en fout…

Il est certain que toutes les communautés qui ont eu à souffrir des autres ont une hypersensibilité qui les fait réagir au quart de tour. Cette réaction est aussi le fait de ceux qui ne sont pas touchés mais se considèrent comme des gardiens vigilants de l’orthodoxie du langage. La crainte d’être aussitôt montré du doigt virtuel par la meute en réseau aboutit à créer une autocensure de l’expression jusqu’à l’absurde et à rabougrir le sens de l’humour jusqu’à sa disparition. Je ne sais même pas si de l’humour sur les animaux ne soulèverait pas les protestations des antispécistes.

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Publié le 18 Juin 2019

292. Les Français sont mal dans leur peauLe 12 juin dernier, l’Assurance maladie a fourni les données de remboursement et livré une analyse médicalisée des 140 milliards d'euros environ dépensés pour les 56,7 millions de personnes en France, bénéficiaires du régime général en 2017. Les dépenses ont progressé de 14% en 6 ans.

292. Les Français sont mal dans leur peau

Le poste le plus important (22% des dépenses globales) est constitué par les « hospitalisations ponctuelles » qui ne sont pas liées à des maladies spécifiques (ce sont par ex. les coloscopies, fractures du col du fémur, chirurgie de la cataracte…) et qui ne peuvent que croître en raison du vieillissement de la population.

Si les dépenses concernant les maladies cardiovasculaires et des cancers (notamment le cancer du poumon) augmentent au cours du temps, on est tout de même frappé par le fait que parmi les maladies, ce sont celles de la sphère psychiatrique qui entrainent les dépenses les plus importantes avec plus de 20 milliards d’euros ! C'est ce qu'ont coûté, en 2017, les remboursements de soins, d'hospitalisations et traitements en lien avec la santé mentale. « Dans le détail, les troubles névrotiques et de l'humeur ont généré 5,3 Md€ de remboursements, les troubles psychotiques 4,4 Md€, les antidépresseurs ou régulateurs de l'humeur 2,4 Md€, les anxiolytiques 2,2 Md€. Plus de 7 millions de personnes furent concernées cette année-là, bien que leur nombre ait légèrement baissé en cinq ans (-132 000) ». Il faut donc admettre que près de 13% de la population française sont mal dans leur peau au point de prendre un traitement.

Il faut rapprocher cette constatation du fait que le peuple français est le plus pessimiste au monde (des peuples en guerre et/ou dans la misère l’étant bien moins) et il vient seulement d’être dépassé dans sa vision noire de l’avenir par le Japon.

Selon MEDIA-PRESSE.INFO du 1er février 2018 : La France est un cas unique de dégringolade dans le monde, les autres pays restant à un niveau similaire à celui de 2012 ou 2013. Ci-dessous l’évaluation de l’optimisme dans le monde, le premier chiffre entre parenthèse indiquant les gens très convaincs et le second les relativement convaincus. La moyenne mondiale est de 76 % (31/45).

Plus de 90 % d’optimistes : Colombie 93 % (65/28), Pérou 93 % (66/27).

Plus de 80 % d’optimistes : Chili 88 % (56/32), Chine 88 % (32/56), Mexique 87 % (48/39), Inde 87 % (46/41), Russie 85 % (52/33), Afrique du Sud 85 % (44/41), Brésil 84 % (46/38), Hongrie 84 % (33/51), Argentine 83 % (42/41), Etats-Unis 80 % (29/51).

Plus de 75 % d’optimistes : Serbie 78 % (33/45), Malaisie 77 % (25/52), Pologne 77 % (24/53), Canada 76 % (20/56), Australie 76 % (18/58).

Plus de 70 % d’optimistes : Espagne 74 % (21/53), Arabie Saoudite 74 % (33/41), Suède 72 % (20/52).

Plus de 60 % d’optimistes : Turquie 69 % (28/41), Corée du Sud 69 % (22/47), Allemagne 67 % (15/52), Royaume-Uni 66 % (14/52), Belgique 65 % (12/53), Italie 60 % (12/48).

Moins de 60 % d’optimistes : France 55 % (14/41), Japon 44 % (6/38).

Quand on voit les dépenses sociales consacrées aux Français, Tesson n’aurait-il pas raison quand il dit qu’ils sont au Paradis et se croient en Enfer ? Si les Français se sentent aussi pessimistes et même malheureux au point d'en souffrir, la France vue de l’extérieur ne connaît pas la pire des situations.

Selon Psychomédia du 20 mars 2019, le rapport de l’ONU qui classe pour 2019 156 pays selon le niveau de bonheur perçu par leurs citoyens, d'après leur évaluation de leur propre vie. Le classement serait en particulier expliqué par le PIB par habitant, le soutien social, l'espérance de vie en bonne santé et la liberté de faire des choix de vie : les pays en tête sont :

  1. Finlande 2. Danemark 3. Norvège 4. Islande 5. Pays-Bas 6. Suisse 7. Suède 8. Nouvelle-Zélande 9. Canada 10. Autriche

La France est passée de la 23e à la 24e place (sur 156) mais pas à la dernière si l’on suivait leur vision de l’avenir et leur santé mentale. Alors pourquoi les Français prennent-ils autant de tranquillisants et de psychotropes ? Les Français ont peut-être des raisons de ne pas être satisfaits de leur sort, mais il semble aussi que quoi que l’on fasse pour les satisfaire, ils ne le seront jamais au point de verser dans la pathologie pour 13% d'entre eux avant de verser...dans la révolution. Point de vue plus flatteur que de considérer que les Français sont plus volontiers atteints de maladies mentales.

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Publié le 17 Juin 2019

Des chaussures qui nous font marcher

Cette paire de chaussures usées peinte en 1886 par Van Gogh a suscité bien des commentaires. Il les aurait trouvées dans un marché aux puces parisien et l’on dit que comme elles ne lui allaient pas, il les aurait transformées en modèle. Notons que si c’était le cas, son dénuement devait être grand étant donné leur état d’usure.

Le philosophe Martin Heidegger s’était laissé aller en son temps à un commentaire un peu délirant :

"Le paysan regarde par l'ouverture sombre de l'intérieur des chaussures sa difficile marche. Dans la lourdeur raide de la chaussure, il y a la ténacité accumulée de sa lente marche à travers les sillons étendus et toujours uniformes d’un champ balayé par un vent brut. Sur le cuir gisent l'humidité et la richesse du sol. Sous la semelle glisse la solitude du sentier. Le soir tombe. Dans les souliers vibre l'appel silencieux de la terre, son don tranquille de la maturation du grain et son refus inexpliqué de la désolation de la jachère du champ hivernal. "

Pour certains ces chaussures usées représenteraient le symbole de la vie même du peintre, les autres ont imaginé pour elles les chemins les plus divers.

Dans une lettre à son frère Theo, Vincent Van Gogh s’exprime de façon plus simple sur la poésie des choses ordinaires : "Il est bon d'aimer autant de choses que l'on peut.… Je vois des peintures ou des dessins dans les plus pauvres cottages, dans les coins les plus sales. Mon esprit est tourné vers ces choses-là avec un élan irrésistible. La poésie nous entoure partout, mais la mettre sur papier n’est, hélas, pas aussi facile que de la regarder. Je rêve ma peinture, puis je peins mon rêve. "

Magritte ne le contredirait pas :

Des chaussures qui nous font marcher

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Publié le 14 Juin 2019

291. Bien nommer les choses

Image du film de Woody Allen « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe... sans jamais oser le demander ! » : l'attente des spermatozoïdes.
Un de mes confrères (que je ne connais pas) du nom de Grégoire Moutel a affirmé dans une interview au Point que « le désir d’enfanter est un droit fondamental ». Cette formulation, pour le moins absurde, résume assez bien l’état d’esprit de nos contemporains, du moins sous nos climats, le désir est devenu un droit et ce droit est même fondamental aux yeux de certains : « Puisque j’ai envie de ça, on doit me le donner », « si l’autre a droit à quelque chose, la collectivité se doit de me l’offrir par souci d’égalité ». Par cette affirmation, le Dr Moutel est partisan du droit à l’enfant, et l’enfant devient ainsi un objet de consommation à disposition. Le désir transformable en droit suscite la naissance d'associations d'individus éprouvant le même désir afin de peser sur l'Etat pour que son objet leur soit procuré.

La « procréation médicalement assistée » (PMA) est une dénomination qui n’a plus de sens. Technique biomédicale introduite pour pallier les infertilités pathologiques d’un couple hétérosexuel, elle est devenue une technique utilisée en dehors de la pathologie, à moins de considérer l’impossibilité féminine de faire un enfant sans mâle ou sans sperme comme une pathologie, ou l’homosexualité comme une maladie, en l’occurrence une phobie sexuelle de l'autre sexe plutôt qu'une attirance pour le même avec la constitution de couples infertiles d'individus fertiles.

Le « médicalement » dans la PMA est assez irritant car il ne s’agit plus de médecine. Le terme d’AMP que certains préfèrent utiliser est encore plus signifiant, car dans « assistance médicale à la procréation », le premier terme est « assistance », et peut-on refuser à quelqu’un une assistance, de surcroît médicale ? On est quasiment dans la compassion.

L’insémination artificielle d’une femme permet à celle-ci d’obtenir du sperme anonyme en rejetant son producteur que l'on préfère en général maintenir dans les limbes en tant que fantôme paternel impuissant (le comble). Nous ne sommes plus dans le soin mais dans l’utilisation d’une technique identique à celle des vétérinaires pour satisfaire un désir et une convenance, alors que les intéressées sont normalement fécondes mais rejette le rapport hétérosexuel (ce qui est parfaitement leur droit).

De ce fait PMA ou AMP ne permet pas de bien nommer les choses, et si l’on ne veut pas employer la dénomination « insémination artificielle » qui sent un peu trop l’étable, pourquoi ne pas parler de PHS : « procréation hors sexe » (« hors copulation » ou « hors coït » manque d’élégance  et « sans rapport » manque de précision), cela permettrait d’évacuer la médecine de cette affaire où elle s'est un peu fourvoyée.

Texte tiré de la chronique médicale n°219 :

Pour ma part, je serais partisan de permettre la PMA pour celles qui désirent y recourir mais à condition que la société ne la prenne en charge qu’à titre thérapeutique comme le veut la loi actuelle.

Celles qui recourent à la PMA à l’étranger le font à leur frais, il serait plus simple pour elles de la faire en France de la même façon, la situation législative en serait plus claire et les garanties médicales plus sûres.

J’entends d’ici la vague de protestation des vierges effarouchées :

Comment ! On sépare les femmes en deux catégories : les lesbiennes et les hétérosexuelles ! Discrimination intolérable ! Homophobie ! Et pourquoi pas, racisme ! Seulement :

1 Avoir un enfant n’est pas un droit, mais une faculté que l’on possède ou pas, que l’on désire utiliser ou pas.

2 Les lesbiennes peuvent avoir des enfants par un rapport hétérosexuel mais qu’elles refusent par convenance personnelle en manifestant de facto une sorte de discrimination à l’égard de l’homme. Il me semble inconvenant de demander à la société d'assurer leur fécondation.

3 Elles désirent préférentiellement se procurer du sperme anonyme pour créer des enfants d’emblée orphelins de père (l’auto-insémination avec le sperme d’un ami volontaire ne pose aucune difficulté réelle).

4 L’homosexualité n’étant pas une maladie, le recours à l’Assurance maladie n’a pas lieu d’être.*

5 Il est logique que la PMA pour convenance personnelle soit payante comme l’est la chirurgie esthétique pour convenance personnelle (bien différente de la chirurgie réparatrice qui, elle, est prise en charge). Il existe aussi une inégalité entre celles ou ceux qui ont les moyens financiers d’embellir leur apparence et celles ou ceux qui ne les ont pas. Celles qui sont laides sans pouvoir s’embellir souffrent probablement plus qu’une lesbienne sans enfant, car celle-ci sait qu’elle pourrait en définitive s’en procurer un d’une façon ou d’une autre, ce qui exclut toute inégalité réelle et définitive.

* Axel Kahn, qui est partisan de la PMA pour les lesbiennes, considère (dans Le Point du 13/07/17) que ce "droit" est la conséquence du mariage homosexuel et que l'on peut ranger dans la pathologie "l'infertilité" d'un couple dont les deux membres sont fertiles mais pas ensemble (ce qui peut exister pour un couple hétérosexuel). Raisonnement un peu tordu qui, de toute façon, ne peut pas s'appliquer aux femmes seules et qui donne au passage un caractère pathologique à l'homosexualité.

Voir aussi : « 158. Les 343 fraudeuses »,« 210. La médecine au service du désir » et # Ne balance pas ton sperme

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Publié le 12 Juin 2019

Un bon rapport risque/bénéfice

Il est certain que le monde du travail change. Des métiers disparaissent, d’autres surgissent adaptés à l’évolution de la société ou aux circonstances. Evidemment, on peut assister à l’apparition de jobs éphémères, un peu comme la vente du muguet qui, toutefois, se renouvelle chaque année à la même date.

Nous espérons que « la boxe de gendarme » restera éphémère, mais le rapport est tel que l’on peut redouter à l’avenir sa diffusion. Le travail au corps de l’ex boxeur Christophe Dettinger qui aura duré moins d'une minute lors de l’acte 8 des gilets jaunes a été rémunéré 145.152 € déposés (en 48 h !) par 8000 donateurs sur une plateforme de collecte de dons astucieusement lancée par un proche du travailleur manuel.

Comme les choses ne sont pas très claires quant à la destinée de cet argent récolté par la société Leetchi, une enquête a été confiée à la BRDA. C’est là que j’ai appris que la BRDA veut dire : « brigade de répression de la délinquance astucieuse ». Une dénomination qui rend un hommage admiratif aux escrocs. A ce propos d’escrocs : « l’épouse de Christophe Dettinger réclame environ trois millions d’euros de dommages et intérêts à la société Leetchi qui a procédé à la collecte. Selon elle, la cagnotte serait restée ouverte un mois et demi si la plateforme ne l’avait pas fermée au bout de deux jours. La plaignante a donc multiplié ce que la collecte avait rapporté par le nombre de jours manquants »

Vous voyez que la « boxe de gendarme » peut rapporter gros. On vit une époque formidable.

Illustration : Metsys "Le prêteur et sa femme"

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Publié le 9 Juin 2019

290. La secte des « antivax »Les gens qui s’opposent aux vaccinations ont leurs activistes qui se sont constitués en une véritable secte, imperméables à toute logique ou raisonnement, interprétant les faits dans leur sens ou les niant tout simplement. C’est une croyance hors de la raison et, comme telle, elle peut devenir menaçante et agressive.

C’est ainsi qu’aux USA, au Canada ou en Australie des parents qui ont perdu un enfant en bas âge, celui-ci n’ayant pas été vacciné, ou habitant dans une région où la couverture vaccinale est insuffisante pour assurer une protection collective, sont harcelés et accusés sur Facebook par des activistes « antivax » d’avoir tué leur enfant afin d’exonérer l’absence de vaccination de toute responsabilité : « Tu es une mauvaise mère. Tu as tué ton enfant. Tu méritais que cela arrive à ton fils. Tout cela est faux –ton enfant n'existe pas » (message reçu par une mère du Midwest aux USA) – « Ils nous ont traité de tueurs d'enfants et dit qu'on avait le sang d'autres bébés sur les mains. Ils nous ont dit de nous suicider » (selon une mère australienne). Les parents sont éventuellement menacés, si, après cette douloureuse épreuve, ils décident de militer en faveur de la vaccination. « Un article de CNN indique aussi que trois pédiatres américains connus pour leur défense des vaccins ont reçu tellement de menaces en ligne qu'ils ont désormais des agents de sécurité à leurs côtés lorsqu'ils font des conférences sur ces questions » (Slate).

Le rejet des vaccinations comme prophylaxie « non naturelle » des maladies infectieuses peut aboutir à des absurdités qui seraient risibles s’il ne s’agissait pas d’une question de vie ou de mort. Récemment, un couple bourguignon, parents de deux enfants de 2 et 4 ans non vaccinés, a passé une annonce sur le Bon Coin pour trouver des personnes atteintes de rougeole afin d’exposer leurs enfants à la contamination pour qu'ils développent une immunité naturelle ! "Recherche de cas de rougeole en France" a été publiée sur le Bon coin le 29 mai, l'annonce a, depuis, été désactivée. "Nous sommes parents de deux enfants de 2 et 4 ans. Nos petits n'ont pas encore eu la rougeole et ne sont pas vaccinés pour cela. Nous ne préférons pas qu'ils le soient comme nous l'avons été : de manière naturelle". Le couple s’est plaint ensuite dans un tweet d'avoir été censuré par le site de petites annonces…

Ce retour à la nature finit par faire peur. Cette volonté de balayer science et progrès conduirait à l’extrême à revenir à la condition animale.

Les écologistes ont leur part de responsabilité dans cette dérive, mais on peut justement devenir  écologiste parce que l'on est porté par un goût parfois déraisonnable pour le naturel. Quand on voit la députée européenne Michelle Rivasi être réticente aux vaccinations et prôner le traitement du cancer par l’homéopathie que tous les étudiants en médecine devraient apprendre à son avis (voir "287. Des écologistes irresponsables"). Quant à Yannick Jadot (en tête du baromètre des hommes politiques) s’il n’est pas contre les vaccins (mais en plaçant Mme Rivasi en deuxième position sur sa liste aux européennes), il considère que l’homéopathie est efficace, peu importe ce qu’il y a dedans, ce qui est la définition même du placebo. Aussi, je me demande si lui-même n’est pas un placebo qui donnera l’illusion de l’efficacité dans la mesure où il fait fi des données scientifiques.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 8 Juin 2019

 

On va tous mourir : c’est grave, docteur ?
Paris, le samedi 8 juin 2019 – Puisque certains de nos articles sont régulièrement critiqués pour les "idéologies" qu’ils paraîtraient servir (pro vaccin, pro pesticide voire d’une manière globale pro industrie), nous avons estimé qu’il n’y avait guère de risque majeur supplémentaire (mais comment l’évaluer ?) à évoquer la question des discours écologistes catastrophistes, autour du réchauffement climatique. Doutant qu’elle soit suffisante pour éviter toute remarque, nous ne manquerons néanmoins pas, par principe, de prendre une précaution : rappeler en préambule que nous ne nions nullement la réalité du réchauffement climatique, ni la responsabilité des activités humaines dans ce phénomène. Cependant, nous estimons qu’il n’est pas inutile de s’interroger sur les discours qui sont véhiculés autour de ce thème, sur leur pertinence et leurs limites ; comme nous le faisons dans ces colonnes quotidiennement sur de nombreux autres sujets.
Le sacrifice de la (peut-être même pas) dernière chance
Il faut éviter avec un zèle parfait toute source d’information pour ne pas savoir que la fin de la planète ou de l’humanité (ou les deux) est (très) proche. Et que si nous ne faisons rien, elle le sera plus encore. « C’est donc partant de ce postulat aussi sain que pondéré et malgré la logique un peu scabreuse qui admet bizarrement que la catastrophe est certaine mais qu’il n’est pas trop tard pour se sacrifier qu’on se retrouve actuellement avec une véritable bousculade de petits articles (…) dont l’idée générale est qu’avec ce qu’on observe actuellement, c’est certain, nous allons tous mourir » résume ironiquement l’auteur du blog Hastable sur le site Atlantico.fr dans un billet intitulé La maladie catastrophiste de l’écologie.
Souviens-toi d’Haroun Tazieff
En réalité, cela fait longtemps que l’on nous promet une mort certaine. Il n’a pas fallu attendre Greta Thunberg, jeune fille suédoise qui depuis quelques mois a été accueillie par de nombreuses instances dirigeantes pour professer sa triste parole. Certains se souviennent ainsi par exemple qu’en 1992 une enfant de 12 ans, Severn Cullis-Suzuki avait fait sensation lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro où elle avait tenu un discours remarqué sur l’état inquiétant de la planète. Au-delà de ces rafraichissantes prises de paroles juvéniles, depuis plusieurs décennies, scientifiques, journalistes, responsables politiques, vedettes de cinéma, peoples, n’hésitent pas à tenir des propos apocalyptiques pour éveiller les consciences.

Le hic : certaines des prévisions funestes ne se sont pas réalisées. C’est que ce décrypte sur le blog collectif Mythes mancies et mathématiques  (blog tenu par Benoît Rittaud enseignant chercheur en mathématiques à l’université Paris-13), Cédric Moro (Consultant indépendant sur les risques majeurs) (les participants à ce blog se présentent généralement comme « climato-réalistes »). « Les discours alarmistes sur le climat ne datent pas d’hier. Grâce à la numérisation des archives audio-visuelles et à leur mise en ligne sur internet, il est possible aujourd’hui de démentir les prévisions climato-catastrophistes assénées de manière très officielle dans la deuxième moitié du siècle dernier » observe-t-il. Il cite entre autres l’exemple d’Haroun Tazieff qui en 1979 affirmait que « des pays entiers » seraient « noyés sous les eaux en l’an 2000 » ; une prédiction, qui concernait par exemple la ville de Nice, qui heureusement (pour le tourisme) ne s’est pas vérifiée.
Celle qui deviendra Famine…
Après avoir également cité (entre autres) les « prophéties les plus apocalyptiques » de René Dumont, il évoque le rapport sur les changements climatiques publié en 2007 par le GIEC. « Pour l’Afrique, le GIEC écrivait noir sur blanc en 2007 : "D’ici 2020, 75 à 250 millions de personnes devraient souffrir d’un stress hydrique accentué par les changements climatiques.  Dans certains pays, le rendement de l’agriculture pluviale pourrait chuter de 50 % d’ici 2020. On anticipe que la production agricole et l’accès à la nourriture seront durement touchés dans de nombreux pays, avec de lourdes conséquences en matière de sécurité alimentaire et de malnutrition" ». Alors que nous approchons dangereusement de 2020, nous pouvons avec soulagement constater qu’ « aucun des pays d’Afrique n’a vu chuter les rendements de son agriculture pluviale de 50 % sur ces 12 dernières années pour des raisons d’origine atmosphérique. C’est même la tendance tout à fait contraire. La sous alimentation en Afrique est d’abord liée à la présence de conflits et pour les dernières années (…) par la présence d’un phénomène El Niño particulièrement puissant en 2015-2016, phénomène naturel et limité dans le temps. Dans tous les cas, même si le problème de la malnutrition et de la sous-alimentation est un enjeu majeur pour l’humanité entière et pour le continent africain en particulier, force est de constater que les prévisions du GIEC sur l’impact majeur du climat dans ce domaine se sont avérées fausses. En 2016, il y avait environ 224 millions d’Africains souffrant de sous-alimentation toutes causes confondues (guerres, instabilités politiques, spéculations, récessions, inflations, faiblesse des prix à l’export des matières premières, aléa météorologiques exceptionnels et enfin, tendance climatique…). Selon la FAO elle-même, les conflits (et non le climat) sont la première cause de sous-alimentation : "En Afrique subsaharienne, la majorité des personnes sous-alimentées en 2016 vit dans des pays touchés par des conflits". La FAO parle bien du "changement climatique" comme d’un facteur important affectant la sécurité alimentaire du continent mais lorsque l’on y regarde de plus près, elle y inclut en fait n’importe quel aléa météorologique, comme il y en a toujours eu sur le continent, mettant l’occurrence d’un événement météorologique catastrophique telle qu’une inondation, une sécheresse ou un cyclone d’une année particulière sur le compte du changement climatique (…). Dans tous les cas, les scénarii catastrophiques du GIEC sur la baisse drastique de la production alimentaire et l’augmentation sensible de la malnutrition en Afrique, pour des raisons climatiques, ne sont pas produits ».
Le jour des fous
Certains pourraient considérer que si la fin (et non la faim) justifie les moyens, est-ce si grave de se tromper ? Beaucoup de tenants des discours catastrophistes estiment en effet que l’urgence est telle qu’elle peut bien souffrir quelques approximations. Pourtant, ce catastrophisme pourrait se révéler contre-productif, voire dangereux.

Contre-productif quand les prophéties sont tellement marquées que certains jugent qu’elles relèvent d’un délire psychiatrique. C’est ainsi que le docteur Laurent Alexandre dont on sait qu’il ne redoute jamais d’être attaqué sur les réseaux sociaux qualifie certaines sorties récentes : « La dérive psychiatrique du discours écologique est grave. Fred Vargas explique que 4 milliards de terriens vont mourir de chaleur dans les prochaines années et sur Europe1 Apathie affirme qu’il fera 55 degrés en France dans 30 ans. Il faut plus de psychiatres ! » a-t-il ainsi déploré cette semaine sur Twitter, alors qu’il a régulièrement regretté que la forme d’autisme dont souffre Greta Thunberg n’ait pas conduit ses parents à vouloir la protéger davantage des possibles manipulations médiatiques.
Mort du catastrophisme éclairé
Au-delà de ce risque de ridiculisation du discours, même si beaucoup continuent à croire en la force de « l’heuristique de la peur défini par Hans Jonas » qui veut que « toute peur n’est pas nécessairement paralysante » comme le rappelait récemment le politologue Luc Semal dans Libération, certains commencent à voir les limites de cette mécanique. Sur son blog hébergé par Mediapart, Nicolas Haeringer, membre de l’ONG environnementale 350.org prend ainsi ses distances. « La catastrophe est un objet politique complexe, difficilement saisissable » observe-t-il en préambule avant d’évoquer le cas de Nicolas Hulot. « Longtemps, Nicolas Hulot a cru (…) au "catastrophisme éclairé". Il était convaincu que l’idée même de l’inéluctabilité de la catastrophe finirait bien par nous pousser à agir. La catastrophe de trop finirait bien par arriver, non pas celle de trop dans le sens où elle rendrait la terre définitivement invivable. Celle de trop dans le sens où nous cesserions d’accepter de subir le cours des choses. Cette approche est loin de faire l’unanimité, en particulier auprès de celles et ceux, dont je suis, qui sont convaincu.e.s que les mobilisations sociales sont le facteur décisif de changement car nous savons que les êtres humains, lorsqu’ils et elles s’organisent ensemble, ont une extraordinaire capacité à faire bouger la ligne démarquant ce qui est possible de ce qui ne l’est pas » écrit le militant.
Dévoiement du discours scientifique pour servir une religion
Ce détachement de cette doctrine du catastrophisme s’explique notamment par la prise de conscience que ces discours catastrophistes pourraient servir des idéologies politiques non démocratiques. Ceux qui pourfendent avec une ironie incisive les discours catastrophistes le pressentent bien quand ils établissement des parallèles entre l’écologie apocalyptique et les religions. « On nous propose une flagellation d’ampleur biblique, l’expiation de nos péchés d’Occidentaux dodus par un supplice quasi-génocidaire avec zéro assurance que ça serve quelque chose » écrit par exemple l’auteur d’Hashtable. Plus constructifs que ces critiques épidermiques, Antoine Chellet et Romain Felli, deux politologues suisses (Institut d’études politiques, historiques et internationales, Université de Lausanne) ont décrit en 2015 dans la revue VertigO les incompatibilités entre la démocratie et le catastrophisme futuriste. Parmi de nombreuses observations pertinentes, les deux auteurs évoquent entre autres les décalages entre les discours scientifiques et les théories catastrophistes relevant : « la littérature scientifique a aujourd’hui en partie abandonné la perspective uniquement centrée sur les impacts, et le catastrophisme implicite qu’elle impliquait. Ce changement dans le discours scientifique reste cependant très largement ignoré des discours catastrophistes qui mobilisent, de manière tronquée, les analyses des spécialistes du réchauffement climatique pour valider leurs prédictions».
Totalitaires or not ?
Plus globalement, ils observent « Les images du futur qui sont utilisées dans les discours catastrophistes  (…) produisent des positions politiques antidémocratiques ». Ils le mettent en évidence en signalant comment ces théories sont concentrées sur la défense conservatrice d’ordres établis (et naturels) censément meilleurs. Beaucoup d’ailleurs rappellent comment ils ont pu servir et servent des déclarations eugénistes (que l’on a pu entendre par exemple dans la bouche de René Dumont ou qui conduisent certains extrémistes à refuser de se reproduire pour réduire leur empreinte carbone... et protéger une planète vide de sa population). Face à cette situation, les deux auteurs préconisent « de réaffirmer un principe d’incertitude » et de promouvoir une « analyse de la multiplicité (et de l’imbrication) des crises du métabolisme socio-écologique ». Mais tous ne partagent pas une telle appréciation. Ainsi, Luc Semal maître de conférences en science politique au Muséum national d’histoire naturelle juge pour sa part que « Le catastrophisme peut contribuer à esquisser une démocratique écologique » à travers les mobilisations et les participations citoyennes.

Mensonge pieux ou stratégie de la peur ? Pour vous faire une idée sur la rhétorique de la catastrophe et sur les dangers de crier au loup trop tôt, vous pouvez lire :

Les écrits d’Hashtable : https://www.atlantico.fr/decryptage/3566327/la-maladie-catastrophiste-de-l-ecologie

Le blog Mythes, mancies et mathématiques : https://mythesmanciesetmathematiques.wordpress.com/2018/10/15/le-catastrophisme-climatique-des-annees-60-a-80-a-lepreuve-des-faits/

Les interventions de Laurent Alexandre sur Twitter : https://twitter.com/dr_l_alexandre?ref_src=twsrc%5Egoogle%7Ctwcamp%5Eserp%7Ctwgr%5Eauthor

L’interview de Luc Semal dans Libération : https://www.liberation.fr/debats/2019/05/08/luc-semal-le-catastrophisme-peut-contribuer-a-esquisser-une-democratie-ecologique_1725713

Le blog de Nicolas Haeringer : https://blogs.mediapart.fr/nicolas-haeringer/blog/030918/le-catastrophisme-desenchante

L’article d’Antoine Chellet et Romain Felli et dans VertigO :https://www.erudit.org/fr/revues/vertigo/2015-v15-n2-vertigo02433/1035830ar/

 

Aurélie Haroche

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Publié le 7 Juin 2019

 

Rompus du 7.06.19

Il est assez amusant de constater qu’entre les édiles actuels de la mairie de Paris et les postulants pour prendre leur place, l’affrontement tourne essentiellement autour des trottinettes. Les adultes se sont emparés de ce jouet mobile pour enfant, mais comme ce sont de grands paresseux, pour leur éviter de pédaler en tirant la langue, les opérateurs leur ont ajouté un moteur électrique qui leur permet de percuter le piéton à grande vitesse en envahissant les trottoirs. Même lorsque la trottinette cesse d’être opérationnelle, elle continue à être nocive quand abandonnée sur le trottoir, de préférence moins visible en étant couchée, elle donne l’occasion au piéton de s’étaler en se prenant les pieds dedans. Des mesures sérieuses de rétorsion sont annoncées et font justement l’objet du débat enflammé entre édiles en place et ceux qui veulent les remplacer. Mais comme le flic se fait rare dans les rues de Paris en dehors des jours de manifestation, j’escompte quelques difficultés à les faire appliquer.

Rompus du 7.06.19

« Alain Finkielkraut s’était permis des commentaires sur le plateau de CNews au sujet de la compétition du Mondial féminin qui débute vendredi 7 juin. “Oh c’est pas possible, s’était-il écrié à la question de la journaliste. Mais après on va faire le rugby féminin mais arrêtez l’égalité, l’égalité ! Bien sur l’égalité, mais un peu de différences !” Devant l’insistance de la journaliste, qui soulignait le sexisme de ses propos, le philosophe a poursuivi : ”Ça ne me passionne pas, ce n’est pas comme ça que j’ai envie de voir les femmes…”.

Pour la pratique des sports, il me semble évident que les femmes sont à même de pratiquer tous les sports si elles le désirent. La réaction de Finkielkraut, qu’il a parfaitement le droit d’exprimer étant un avis personnel et qui ne devrait susciter aucune condamnation, est l’expression du regard qu’il a sur la féminité. Ce n’est pas un regard désobligeant, bien au contraire, mais que l’on pourrait qualifier de « stéréotypique ». Je pense qu’il attribue plus de douceur (et sans doute de beauté) aux femmes qu’aux hommes, mais je ne pense pas (du moins je l’espère), qu’il préfèrerait les reléguer à la cuisine et aux tâches ménagères. Il réclame le maintien des différences, aucunement pour le droit, mais sans doute sur le plan physique et le choix des activités. Pour ce qui concerne les activités il n'y a, à mon avis, aucune raison que les femmes ne puissent pas les envisager toutes. Par contre sur le plan biologique et physique les différences sont évidentes, sinon les compétitions sportives seraient mixtes et les hommes accoucheraient. Ce n’est pas parce que des féministes imbéciles veulent remplacer dans les universités américaines « femme enceinte » par « humain enceint » que cela change quoi que ce soit. Voir « 144. Liberté, Egalité, Absurdité »

Rompus du 7.06.19

« De la couleur pour l’égalité. Un TGV -ou plutôt un "InOui" de la SNCF a été partiellement « pelliculé » aux couleurs arc-en-ciel à l’occasion du mois des fiertés [1], rapporte Têtu. Selon Têtu, le train circulera entre le 5 juin et le 7 juillet et pourra être aperçu sur les lignes Paris-Reims, Paris-Strasbourg, Paris-Luxembourg, Paris-Allemagne et Luxembourg-Montpellier (via Dijon). »

Qu’un homme préfère avoir des rapports sexuels avec un homme plutôt qu’une femme ou qu’une femme préfère en avoir avec une femme plutôt qu’avec un homme ou que d’autres aient suffisamment d’appétence pour une alternance, m’indiffère totalement. Par contre, je ne vois pas où est la fierté d’avoir une orientation sexuelle qui signerait la fin de l’humanité, à moins d’être écologique jusqu’à l’absurde, et j’aimerais en tant qu’hétérosexuel assumé, sans honte mais sans fierté, que l’on cesse un peu de me rabattre les oreilles avec cette promotion de l’homosexualité ou du changement de sexe.

Rompus du 7.06.19

 

[1]  La décoration fait référence à Stonewall, du nom d'un bar de New-York qui était fréquenté par les homosexuels, une descente de police dans ce bar en 1969 avait été suivie par des émeutes 

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 5 Juin 2019

"Quand l’université devient tribunal

Aux Etats-Unis, des étudiants en mal de victimisation font trembler les enseignants.

PAR PEGGY SASTRE*

Sur les campus de l’anglosphère, les profs ont la trouille. Dans un mélange de consumérisme étudiant, d’emploi académique précaire et de pleutrerie administrative mal camouflée en bienveillance « pastorale », l’ambiance est radioactive. Les élèves peuvent accuser leurs enseignants d’à peu près n’importe quoi et, dans les procédures disciplinaires kafkaïennes qui en découlent, ces derniers n’ont quasiment aucun moyen de se défendre sans bousiller leur carrière et leur santé. Récemment, un professeur new-yorkais était sous le coup d’une plainte pour violation du Titre IX (la législation fédérale sanctionne les discriminations sexuelles dans les établissements recevant des subsides publics) à cause de deux « crimes » perpétrés dans ses cours de psychologie : avoir parlé de « sexualité féminine » et indiqué que l’anorexie touchait davantage les femmes blanches que les noires. Soit une expression anodine et une réalité scientifique pouvant d’ailleurs s’étendre à tous les troubles du comportement alimentaire. Dans le monde universitaire américain, l’hubris de la « culture de la victimisation »est désormais telle que des enseignants sont admonestés pour avoir voulu transmettre leur savoir, la raison d’être de leur travail. 

Le 28 mai, une tribune publiée dans The Atlantic dénonçait les périls que ce climat fait peser sur la science. Luana Maroja, professeure de biologie au Williams College et directrice de son programme de biochimie, y détaille comment des faits scientifiques sont victimes de la même censure qui occulte des opinions politiques ou des expressions artistiques jugées offensantes par des étudiants qui se métamorphosent en gardes rouges maoïstes. Après avoir banni la formule « femme enceinte » (remplacée par humain enceint) et interdit (ou voulu interdire) des pièces de théâtre jugées « racistes » (mais néanmoins écrites par des Afro-Américains), des élèves en viennent à ne plus vouloir entendre parler de QI, d’héritabilité (le degré de transmission génétique d’un trait, physiologique ou comportemental) ni de sélection de parentèle (une des plus grandes avancées de la théorie darwinienne, permettant notamment de comprendre la coopération et l’altruisme dans le monde animal). Entre autres justifications de leur « dénialisme biologique », les étudiants prétendent que le QI a été inventé pour ostraciser des minorités, que l’héritabilité est un mythe et que la sélection de parentèle légitime le népotisme de Trump. Trois contre-vérités, mais si Luana Maroja cède aux griefs de ses étudiants, comment s’y prendra-t-elle pour les sortir de l’erreur si la simple mention de ces phénomènes devient un sacrilège ? 

Attaque contre les Lumières. Il y a deux ans, des étudiants d’Evergreen patrouillaient sur leur campus armés de battes de base-ball à la recherche d’un professeur de biologie, Bret Weinstein, coupable à leurs yeux de racisme pour avoir critiqué le bien-fondé d’une journée d’exclusion des Blancs. Dans le Wall Street Journal, son épouse, Heather Heying, elle aussi biologiste, dénonçait une « attaque contre les valeurs des Lumières : la raison, le questionnement et le dissentiment. Les extrémistes de gauche en ont après la science. Pourquoi ? Parce que la science recherche la vérité et que la vérité n’est pas toujours convenable ». En écho au célèbre poème de Martin Niemöller, déporté en 1937, Heying intitulait sa tribune : « D’abord, ils sont venus chercher les biologistes ». L’analogie n’est pas exagérée, car vouloir faire taire un enseignant et se boucher les yeux et les oreilles face à des faits qui nous « outragent » est un carburant à ignorance. Une lacune où germent les despotes et prospèrent les tortionnaires."

* Peggy Sastre est essayiste. Dernier livre paru : « Comment l’amour empoisonne les femmes » (Anne Carrière, 2018).

ILLUSTRATION : DUSAULT POUR « LE POINT »

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 4 Juin 2019

brèves du 4.06.19

Recherche d’emploi : Homme politique expérimenté cherche parti politique à couler. Les républicains s’abstenir.

Social : Des familles d’accueil sont prêtes à prendre en charge des républicains sans domicile fixe.

Sport : Larcher cherche des cordes à son arc, mais sa cible est toute trouvée.

Objets perdus : les joueurs de tennis français à Roland-Garros.

Circulation : Un capitaine a tenté d’entrer son paquebot dans Venise. Personne ne lui a dit que son navire est trop gros pour servir de vaporetto.

People. Trump est à Londres : God save the queen.

Fait divers. M. Campion choisit A. Benalla pour assurer sa sécurité à la foire du Trône. D'un trône à l’autre.

Spiritualité : L’abbé Michel qui avait utilisé l’église du Planquey pour s‘enrichir en détournant plus de 100000 € de l’argent de la quête (sur 11 comptes bancaires), vient de se racheter en composant un nouveau chant de messe : « Emmanuel Macron, grosse tête de con, on vient te chercher chez toi... » devant ses ouailles revêtues de chasubles jaunes.

Message destiné à Michel Serres : « Je vous attends », signé Saint Pierre.

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Publié le 1 Juin 2019

Chacun a pu voir sur nos lucarnes les manifestations de joie, que j’ai trouvées déplacées pour ne pas dire indécentes, de ceux qui soutiennent les parents de Vincent Lambert lorsque le 20 mai la cour d’appel de Paris a ordonné la reprise de l'alimentation et de l'hydratation maintenant en vie cet homme de 42 ans, tétraplégique en état végétatif irréversible depuis dix ans, et qui avaient été arrêtées le matin même par les soignants du CHU de Reims.

Le CDPH, comité de l'ONU, avait demandé à la France de suspendre l'arrêt des traitements dans l'attente d'un examen du dossier sur le fond. L’ONU, dont on a pu admirer à plusieurs reprises et dans bien des domaines le degré d’absurdité des décisions, tient à examiner sur le fond un dossier qui a été examiné et réexaminé depuis 10 ans !

Les juges de la cour d’appel se référant à cette décision onusienne (qui n’a aucune force juridique en France et le gouvernement français vient de déposer un pourvoi en cassation) ont estimé que l'Etat français devait "faire respecter les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées le 3 mai 2019 tendant au maintien de l'alimentation et l'hydratation" de Vincent Lambert.

On considère donc ce pauvre homme tétraplégique, sans aucune conscience (ou "minimale") et sans espoir de la retrouver, simplement comme un handicapé ! Jusqu’où peut aller un handicap ? Quand je dis "aucune conscience", à vrai dire, je n'en sais rien, mais si la conscience persiste chez cet homme, elle devrait être insupportable pour lui.

Ceux qui s'opposent à l'euthanasie passive parlent de respect de la dignité humaine, mais je ne vois pas en quoi on respecte la dignité de cet adulte en le maintenant dans un état bien inférieur à celui d'un nourrisson, et si sa conscience est suffisante pour qu'il s'en rende compte, cet amour que l'on entend lui prodiguer en le maintenant de force dans cet état de dépendance absolue me semble proche du sadisme. En fait, ses parents tiennent à le maintenir en vie non pas pour lui, mais pour eux.

Cette affaire est évidemment dramatique. Une famille déchirée autour d’un être humain perdu et dont la sépulture provisoire est depuis dix ans un lit d’hôpital. Il faut admirer au passage le travail des soignants du CHU de Reims qui ont maintenu les fonctions vitales de ce patient en évitant les complications du décubitus. On discute, en effet, de savoir si l'alimentation et l'hydratation sont des soins ou pas, mais l'intervention régulière (probable) des kinésithérapeutes est évidemment un traitement. Le maintien en vie de cet homme perdu a dû coûter fort cher à la collectivité. Dans notre société, on admet ce coût lorsqu’il persiste un espoir, ce qui ne semble pas être le cas ici. On peut se demander, avec une certaine cruauté, si les parents de Vincent Lambert ne devraient pas prendre eux-mêmes en charge leur fils à leur domicile, et à leurs frais, afin de le maintenir dans son état végétatif jusqu’à leur propre mort.

Bernard Buffet : "L'enterrement"

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Rédigé par Dr WO

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