« Deux kamikazes se sont fait exploser, l'un sur la principale avenue de la capitale de la Tunisie, l'autre devant la porte du complexe de Gorjani, où sont rassemblés des services de la Garde nationale et de la police judiciaire » (Huffpost le 28/06/19).
Double attentat revendiqué par le fantôme de « l’état islamique ».
Ces deux islamistes ne sont pas des kamikazes. Ce terme qualifie essentiellement les pilotes japonais jetant volontairement leur avion, avec sa charge explosive, sur des navires américains pendant la IIème guerre mondiale. Tactique désespérée mais d’un bon rapport qualité/prix puisque le sacrifice d’un seul avion, et d’un seul pilote permettait d’endommager sérieusement ou même de détruire des navires surarmés et de tuer nombre d’ennemis.
Là il ne s’agit pas d’un acte patriotique tentant de protéger son pays et les siens, mais d’un acte fanatique soutenu par une religion. Acte paradoxal, car dans les trois religions monothéistes le suicide est une offense à Dieu, seul maître de notre destinée. Particulièrement paradoxal en islam ou le suicide conduit en Enfer :
« Et ne vous tuez pas vous-mêmes. Allah, en vérité, est Miséricordieux envers vous. Et quiconque commet cela, par excès et par iniquité, Nous le jetterons au Feu, voilà qui est facile pour Allah. » (Coran 4 : 29-30).
Sans savoir ce qui pousse ces musulmans à se suicider en tentant de tuer à l’aveugle les autres, dont des musulmans, il est fort à parier que ceux qui « lavent leur cerveau » (« laver » n’étant pas le terme approprié, « salir » serait peut-être plus adéquat), leur font miroiter une récompense, et s’agissant d’une récompense post mortem, il ne peut s’agir que du paradis.
Il faut vraiment être persuasif, car si l’on se réfère au verset ci-dessus (peut-être ignoré par les intéressés ou occulté par les laveurs de cerveaux), l’explosé, les organes éparpillés (très déconseillés en islam), se croyant en route pour le paradis aura la désagréable surprise de se retrouver en enfer.
Il est vrai que pour un incroyant, le destin post mortem de ces suicidés sera à ses yeux moins dramatique que prévu par le Coran puisque le supplice éternel ne s’ajoutera pas à la mort.
Le paradis est toujours décrit comme un merveilleux jardin où l’eau abonde, ce qui est compréhensible car les religions monothéistes sont nées dans des régions chaudes ou même désertiques du Moyen Orient où l’eau est précieuse. En islam s’y ajoutent des femmes, ce qui rend le paradis encore plus séduisant.
Pour l’incroyant, la promesse du paradis est une merveilleuse arnaque, à l’égal des escroqueries qui vous promettent monts et merveilles en prenant votre argent que vous ne revoyez plus. L’argent, c’est peu de chose comparé à la vie, mais il faut se rendre à l’évidence, il est impossible de démontrer l’escroquerie, et donc de punir les coupables. C’est pour cela que pour un incroyant, le paradis est la plus grandiose et la plus parfaite des escroqueries.
Illustration : Bosch "Le jardin des délices"