Publié le 29 Juin 2020

Trans en transes

La romancière J.K Rowling, autrice des aventures de Harry Potter, a eu le malheur de déclarer que seules les femmes ont des règles. Depuis cette déclaration particulièrement osée, elle subit une campagne d’intimidation par la meute en réseau groupant ceux qui considèrent qu’elle s’est ainsi livrée à une discrimination envers les transgenres. Pourtant le fait est avéré : les transgenres n’ont pas de règles. Il n'est plus admis qu’une vérité soit dite si elle est gêne certains.

Dans la foulée, des employés de Hachette UK qui édite les ouvrages de J.K. Rowling ont voulu refuser de travailler sur ses romans. Il arrive ainsi de plus en plus (ce fut le cas pour l’autobiographie de Woody Allen) que des employés des maisons d’édition en exprimant leur désaccord avec les opinions d’un auteur ou leur désaveu de sa personnalité ou en brandissant des accusations même non prouvées à son égard, veulent exercer une censure, en quelque sorte privée, purement émotionnelle et subjective, en se référant à la ligne du politiquement correct du moment, et une simple rumeur est suffisante pour que ces censeurs improvisés s'opposent à l ‘édition d’un ouvrage.

Dans nos démocraties la liberté d’expression est ainsi menacée par n’importe qui à propos de n’importe quoi. La morale, ou soi-disant telle, tend à remplacer les idées et le débat. Quand on parle de morale, on vise souvent le souci de ménager la susceptibilité des identités revendiquées aussi farfelues soient-elles.

Pour en revenir à la déclaration de J.K. Rowling, en affirmant que seules les femmes ont des règles, elle ose dire qu’un homme transformé en femme n’en est pas une, puisque dépourvu d’utérus, ce qui conduit également à l’impossibilité de procréer. Il faut se rendre à l’évidence, chez les mammifères, dont l’homo sapiens fait partie, seules les femelles sont équipées pour procréer. Sur les campus américains où fleurissent les aberrations, on parle, pour ne vexer quiconque, de personnes pourvues ou non d'un utérus. J'ignore si l'on parle aussi de personnes pourvues ou non d'un cerveau en état de fonctionner correctement.

Les trans changent de genre, on peut difficilement dire qu’ils changent vraiment de sexe car malgré toutes les transformations anatomo-hormonales subies, celles-ci ne sont que comportementales et de façade, l’intérieur, organique, cellulaire et génétique reste celui livré à la naissance. Un transgenre est un transgenre, ni plus, ni moins. Mais il est évident que franchir le pas de la transformation et le maintien de la transgression biologique (à moins de se contenter d'affirmer son genre en conservant sa barbe) sont difficiles, voire éprouvants, ce sont des démarches qui s’imposent donc pour ces personnes comme une nécessité, même si le résultat ne peut être qu'incomplet.

J’espère que ma faible audience m'évitera les remontrances.

Illustration : l'égérie de Calvin Klein (image rapportée par "Souris Donc") 

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 28 Juin 2020

La noirceur du blanc

Depuis qu’un policier américain sadique a étouffé sous son genou un homme dont il n’avait pas respecté ses droits d’être humain, peut-être parce sa victime avait un peu plus de mélanine dans sa peau que dans la sienne, un vent purificateur ne cesse de souffler aux USA en se propageant au reste du monde.

Une partie des politiques comme les commerçants s’évertuent, plus par intérêt que par vertu, dans une concurrence effrénée, à se montrer les plus politiquement corrects dans des initiatives antiracistes parfois surprenantes pour ne pas dire ridicules.

L’Oréal vient de bannir « blanc », « blanchissant » et « clair » dans le langage de présentation de certains de ses produits. D’autres marques suivront probablement pour être dans le vent de cette hystérie vertueuse collective.

Mais il reste bien du travail pour noircir le blanc et blanchir le noir, puisque le statut cutané devient plus important que celui d'être humain.

Pour donner quelques exemples qui devraient nous engager à corriger le privilège du blanc et promouvoir le noir :

Pourquoi au jeu d’échecs donnerait-on la priorité aux blancs pour commencer la partie ?

Pourquoi une note musicale blanche vaudrait-elle deux temps, alors que la noire ne vaut qu’un temps ?

Pourquoi une lessive devrait-elle laver plus blanc et pas plus noir ?

Et prenons simplement la lumière : le spectre de la lumière blanche est composé de la somme des longueurs d’onde correspondant aux couleurs que nous percevons. Toutes. Alors que le noir, c’est l’absence de lumière reçu par l’oeil. Le noir, c’est l’absence. Un objet est vu noir lorsqu’il ne réfléchit ou n’émet pas de lumière. Intolérable.

Il reste beaucoup à faire, notamment dans les expressions. Si le coquin "nègre en chemise" de nos pâtisseries a été à juste titre débaptisé, l'expression "broyer du noir" devrait être évitée depuis la mort George Floyd. 

Illustration : le grand Louis Armstrong

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 27 Juin 2020

 

330. Matériel humain

Les Cubains arrivent en Martinique et sont accueillis à bras ouverts :  un pneumologue, deux spécialistes en médecine interne, un infectiologue, deux anesthésistes, trois radiologues, deux néphrologues, un hématologue, un urgentiste, encadrés par un chef de brigade et un directeur administratif.

La France devient ainsi le troisième pays européen, après l’Italie et Andorre, à recevoir l’aide directe de professionnels de santé cubains. Il faut avouer qu’ils sont dans tous les coups durs, qu’il s’agisse de catastrophes, d’épidémies ou de guerres. Avec les cigares, les médecins sont ce que l’Etat cubain produit de mieux et mes confrères cubains sont, depuis des décennies, les produits d’exportation les plus rentables pour le pays puisqu’ils pourraient rapporter jusqu’à 11 milliards (4 fois plus que ce rapporte le tourisme) en déployant près de 30.000 médecins cubains à l’année dans une soixantaine de pays.  A l’occasion de la pandémie de coronavirus, Cuba aurait envoyé près de 2000 professionnels de santé en mission temporaire dans 27 pays.

Les salaires des médecins sont perçus par l’État cubain qui n’en reverse qu’une faible partie au personnel médical (ce qui est aussi un frein à la désertion, deux soignants cubains en Andorre ont demandé l’asile politique en Europe). Dans quelle mesure ce travail à l’étranger est-il un travail forcé ? Les médecins sont largement exploités, même s’ils sont volontaires pour partir, Dans Le Point, la journaliste Claire Meynial estime que « la plupart des médecins gagnent à peine une cinquantaine de dollars par mois à Cuba, et beaucoup, plongés dans la misère, acceptent les missions par nécessité ». Certains parlent même d’esclavage (une ONG espagnole, « Prisoners Defenders », qui a déposé une plainte à la Cour pénale internationale contre Cuba pour « esclavage ».) ou de trafic d’êtres humains . Mais le service rendu est d’une autre nature que l’objectif des trafics d’êtres humains habituels : « La chercheuse américaine Julie Feinsilver relève qu'en 2010, les médecins cubains ont prescrit un traitement à plus de 85 millions de patients, réalisé plus de 2,2 millions opérations, et vacciné plus de 9,2 millions de personnes »

Il faut rendre hommage à l'astuce de Fidel Castro (et sans doute de Che Guevara qui était médecin) d'avoir mis sur pied ce fructueux trafic d'êtres humains déployés dans le monde en cas de nécessité et qui n'arrivent  dans les zones en détresse pour faire - en principe - que le bien, à condition qu'ils soient réellement compétents, et que l'on ne les incite pas à gonfler leur activité..

Je me sens tout de même un  peu gêné que la France ait été obligée de faire appel à Cuba et à ses esclaves médicaux.   

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Publié le 25 Juin 2020

J’ai assisté à une bonne partie de la prestation de Didier Raoult devant la commission parlementaire sur la gestion de la crise sanitaire, que je trouve d’ailleurs prématurée car elle n’est pas terminée. C’était plutôt amusant, non pas à cause du sujet qui ne prête pas à rire, mais du personnage interrogé. Il m’a semblé :

- Que Raoult crache tout de même dans la soupe. Le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a pas été tendre pour les autorités médicales alors que celles-ci n’ont pas été avares dans le passé en subventions pour la création de son institut. Le présenter comme un rebelle, quasiment un « gilet jaune », contre les "mandarins" et l’élite, dont il a dit lui-même, en riant, qu’il en faisait partie, est une plaisanterie (interview de Pujadas).

- Que le plus souvent il n’a pas répondu aux questions lorsqu’elles étaient précises en se perdant dans des digressions verbeuses (dont la remarque savoureuse dans sa bouche : "quand on parle trop, on risque de dire des bêtises") qui aboutissaient presque toujours à lui et ce qu’il avait fait. Notamment pour ce qui concerne les études sur l’efficacité du traitement qu’il a proposé. Critiquer la méthodologie par randomisation pour évaluer les traitements est licite. Dire que l’on utilisait la méthode par comparaison et que la plupart des découvertes ont été faites de cette façon est vrai. Par contre il n'hésite pas à comparer la mortalité de la région marseillaise avec celle de la région parisienne, en avançant des chiffres très discutables, comme argument à l’appui de sa thérapeutique et il affirme avec aplomb des choses fausses. Comparer ce qui n'est pas comparable et taire les comparaisons et les études lorsqu'elles sont moins flatteuses pour son protocole est à la limite de l'honnêteté.

- Qu’il est méprisant à l’égard des autres, les traitant : certains d’incompétents et d’autres de corrompus, sans la moindre preuve.

- Qu’il est prétentieux :  il a raison, les autres ont tort ou ne savent pas. Un petit exemple de sa prétention : racontant l’anecdote, bien connue par ceux qui s’intéressent à l’histoire ou à la médecine (voir 46), de Louis XIV prenant du quinquina (à l’origine de la quinine et de la chloroquine) contre la fièvre, puis imité par la Cour, Raoult a précédé son récit par un « vous ne le savez peut-être pas, mais… ». Il est fort possible que cette historiette fût ignorée des parlementaires, mais pourquoi faire une remarque sur leur éventuelle ignorance ?

Le mépris mégalomaniaque à l'égard de ceux qui sont en désaccord avec ses positions, et les approximations de Didier Raoult, noient dans son verbiage, que ses partisans (dont Bigard, ce qui devrait l'inquiéter) qualifient de truculence, ce qu'il apporte de vrai ou d'intéressant.

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Publié le 23 Juin 2020

Être anti-quelque chose est déjà une position radicale qui n’engage pas à la discussion et à la conciliation. Rien n’est plus proche de la radicalité d’un camp que la radicalité du camp opposé. Des communistes sont passés aisément dans le camp fasciste, c’est souvent au nom de la liberté que se sont installées des dictatures, des comportements privant les autres de liberté ou des épurations meurtrières.

Quand les antis deviennent prosAujourd’hui, nous avons les « antifas » dont il est préférable de ne pas développer la dénomination en « antifascistes » car leur comportement est manifestement fasciste, similaire à celui des bandes nazies, les sections d’assaut, brisant les vitrines des commerçants juifs, et exerçant leurs violences contre les opposants à Hitler, mais les SA comportaient au départ une mouvance anticapitaliste, ce que les black blocs prétendent être.

Aujourd’hui, nous avons des antiracistes dont le comportement est manifestement identitaire et raciste jusqu’à crier « sales juifs », insulte suprême contre des Blancs qui sont peut-être eux-mêmes antisémites. L’antisémitisme semblant toujours être le point de convergence de tous les racismes.

Anti-quelque chose, c’est une voie pour en devenir partisan et donc pro. C’est aussi en faire profession.

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Publié le 22 Juin 2020

La convention citoyenne pour le climat, qui réunissait 150 personnes tirées au sort mais basée sur le volontariat (ce qui a probablement exclu celles qui ne s'intéressaient pas à l'écologie), a accouché d’une série de mesures où dominent les interdictions et les sanctions, certaines d'entre elles n'ayant rien à voir avec l'écologie. Il est probable que ces citoyens, à qui ont été confiées de lourdes responsabilités, ne connaissaient pas grand-chose sur la question en dehors des connaissances sélectionnées par le flux médiatique. Ils ont donc été sans doute fortement influencés par les experts amenés à les déniaiser. C’est ce qui arrive quand on demande à des gens qui ne connaissent pas vraiment une question d’y répondre, et ils l’ont fait jusqu’à parler d’écocide et de modification de la Constitution. Ce qui me rappelle le fameux principe de précaution que Chirac a fait introduire stupidement dans la Constitution.

A côté de cette floraison d’interdictions et d’injonctions qui risquent de s’abattre, avec les meilleures intentions du monde, sur la société française et qui ne modifieront en aucune façon le climat à l’échelle planétaire, on voit aussi l’inverse à l’égard des institutions et notamment de la police. Mélenchon voudrait la désarmer pour qu’elle soit respectée en assurant l’ordre à mains nues, ce qui permettrait aux voyous les pillages en toute liberté. Des « antiracistes » autoproclamés réclament que la police se dispensent d’immobiliser les délinquants et même proposent l’interdiction de les poursuivre s’ils s’échappent, ce qui permettrait à la délinquance de s’épanouir enfin librement.

La tendance est donc de contraindre le citoyen hexagonal pour régler une situation planétaire préoccupante, et qui ne préoccupe que modérément la plupart des autres pays, mais de ne pas trop gêner le délinquant des « quartiers sensibles » qui règle à sa façon le chômage endémique dans des activités parfaitement écologiques, en utilisant le plus souvent des produits naturels, et en brûlant périodiquement des voitures tant exécrées par les écologistes.

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Publié le 21 Juin 2020

 

328. Le préservatif du visage

Un médecin infectiologue intervenant sur LCI, il y a quelques jours, a comparé le masque sanitaire à un préservatif pour se protéger du coronavirus comme le condom (le bien nommé) le fait pour les maladies sexuellement transmissibles. Une comparaison qui n’est pas dénuée de sens et qui peut frapper les esprits. BHL intervenant après le médecin s’était élevé sur le fait que l’on puisse comparer un visage à un sexe, ce qui prouve qu’il n’avait rien compris à l’objectif de cette démarche médicale et que le texte ci-dessous vient illustrer :

« Dans une note publique, les autorités sanitaires de New-York encouragent la population à être créative et à adopter des positions sexuelles plus sûres pendant l’épidémie de coronavirus.

Si l’abstinence demeure, pour les chercheurs, la manière la plus efficace d’éviter les risques d’infection, le département de Santé de la ville de New-York semble avoir trouvé une meilleure idée pour ne pas s’en priver. Dans une note publique, les autorités sanitaires invitent les citoyens à adopter des positions sexuelles plus sûres pendant l’épidémie de coronavirus. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu'elles ne manquent pas d’originalité.

Alors que le coronavirus se transmet notamment par gouttelettes de salive, le département de la Santé newyorkais suggère que les personnes portent un masque lors de leurs ébats. “Soyez créatifs avec les positions sexuelles et les barrières physiques, comme les murs, qui permettent le contact sexuel tout en empêchant le contact face-à-face”, explique-t-il. Les experts exposent également la possibilité de se masturber ensemble tout en gardant une distance.

Il est également conseillé de choisir un partenaire auquel la personne fait confiance. Toutefois, si un rapport a lieu hors du cercle proche, les autorités appellent les personnes à surveiller l’apparition d’éventuels symptômes du Covid-19 et à se faire tester cinq à sept jours après l’acte ou au moins une fois par mois. Des précautions supplémentaires doivent s’imposer pour les personnes de 65 ans et plus, davantage sensibles.

Pour rappel, des traces de la maladie dans le sperme de certains malades du Covid-19 avaient été trouvées par des chercheurs chinois en mai dernier. Mais le département de Santé de New-York rappelle que les données ne sont pas assez étayées sur ce sujet pour assurer que le coronavirus est une maladie sexuellement transmissible. D’autres scientifiques ont également émis des réserves quant à ces résultats. »

Source : egora.fr, texte signé L.C. paru le 15-06-2020 [avec CNN et BFMTV]

L'illustration (revisitée) serait de l'artiste ukrainien Sergey Prokopchuk

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 19 Juin 2020

Le poids de l’Histoire

En France, les commémorations constituent une des principales activités des présidents de la République, c’est le fameux arrosage des chrysanthèmes. Une activité qui leur reste toujours même quand ils n’ont guère de pouvoir, mais qui vient inutilement alourdir leur agenda lorsqu’ils en ont. Il ne leur serait cependant pas pardonné de ne pas entretenir les chrysanthèmes déposés par le passé.

Les commémorations servent à faire revivre l’Histoire, elles se multiplient avec le temps, leur suppression, comme leur apparition, ayant une signification politique. A l’opposé, la chute des statues et l’autodafé des œuvres d’art cherchent à la faire disparaître ou à la rendre plus convenable pour ceux à qui elle ne convient pas. Glorifier ou réviser l’Histoire montre combien l’histoire des morts pèse sur celle des vivants.

L’enfant est innocent. Il est innocent à la fois de sa brève histoire et de celle des autres dont il est ignorant. L’enfant prend l’autre tel qu’il est, sans histoire, dans les deux sens du terme.

Que se passerait-il si les peuples naissaient vierges de leur histoire et de celle des autres comme les enfants ? S’ils ne revivaient pas l’histoire des morts dont on leur fait un récit parfois dévoyé ? Il ne resterait qu’une vision lucide du présent. Ni orgueil, ni décadence. Ni regrets, ni culpabilité, ni revendications post-historiques.

Serait-on encore raciste si la colonisation et l’esclavage disparaissaient des mémoires ? Ce qui conduirait aussi à l’abrogation par amnésie de l’héritage victimaire revendiqué par les descendants de ceux qui les avaient subis.

Que deviendraient les Juifs débarrassés du poids ancestral des bûchers, des pogroms et de leur quasi extermination en Europe, peut-être ne seraient-ils plus juifs ou vus comme tels s’ils ne pratiquent pas un judaïsme orthodoxe. Et sans doute que sans l’Histoire, l’antisémitisme lui-même disparaîtrait.

L’Histoire est comme la langue, la meilleure et la pire des choses. Elle nous fait et nous détruit. Elle est explosive, mais la faire disparaître de l’enseignement pour que les êtres humains ne soient que ce qu’ils sont est impossible : chaque pierre nous la rappelle. Et que resterait-il des religions sans leur histoire légendaire ?

En définitive, l’Histoire est plus nocive que bénéfique (elle l'est en nous transmettant les créations artistiques et les découvertes). Elle a été souvent tragique pour les générations passées et elle fournit bien de motifs de tragédie pour les générations futures et davantage encore quand elle est dévoyée.

Illustration : Bernard Buffet

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 17 Juin 2020

Le privilège blanc

Photo prise en mars 2009, Bd des Batignolles à Paris, la veille d'une manifestation pour l'écologie

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Publié le 15 Juin 2020

Quelques propositions Traoriennes

Le discours d’Emmanuel Macron a pointé hier, à juste titre, le dévoiement de l’antiracisme vers le séparatisme, et son opposition au révisionnisme de l’Histoire qui juge les personnages d’hier selon les principes d’aujourd’hui, jusqu’à déboulonner les statues, débaptiser des rues ou faire disparaître des œuvres d’art.

L’exemple vient des campus étatsuniens où le multiculturarisme a surtout abouti à culpabiliser les Américains d’origine européenne. Les « antiracistes » en France aimerait l’imposer dans le pays : « pour une République multiculturelle et postraciale ». On se demande comment une société qui réintroduit les races pourrait être « postraciale ». Ils seraient également partisans d’établir, comme aux USA, des statistiques ethniques qui permettraient « d’évaluer l’efficacité des politiques publiques et privées » pour lutter contre la discrimination dont on voit la réussite aux USA

L’idéal républicain vise à promouvoir les personnes sur leurs compétences, il serait dommage de ne pas s’en tenir à ce critère, à condition, bien sûr, qu’il soit appliqué de façon rigoureuse, mais les « racisés » estiment qu’il ne l’est pas. Les partisans de Mme Traoré, comme Lagasnerie, assurent que la police et l’école sont les deux faces d’une même pièce ayant pour but « L’élimination sociale des Noirs et des Arabes »*. Ce drôle de philosophe estime donc que les professeurs éliminent volontairement les élèves noirs et arabes en s’opposant à leur progression ? J’avais pensé bêtement que l’école pouvait être un moyen de s’élever. Encore faut-il y travailler et même y être présent. Les exemples de réussites scolaires puis universitaires ne manquent pas parmi les Noirs et les Arabes quand ils le veulent et s’en donnent la peine.

Les statistiques ethniques peuvent aussi mettre en évidence, à l’inverse de l’universalisme, quelques traits dominants dans les populations se disant discriminées, comme le succès dans les sports, mais aussi le taux élevé de délinquance (aux USA la proportion de Noirs dans la population serait de 13% mais ils seraient responsables de 50% des délits). Est-ce souhaitable si l‘on veut lutter contre le racisme ? Il est vrai que les sociologues contournent l'absence de statistiques ethniques par des estimations indirectes comme celle des noms et des prénoms.

Assa Traoré a réussi à réunir des milliers de personnes contre les violences policières autour de la mort de son frère Adama survenue en 2016 après sa fuite et son interpellation, saisissant l’occasion du scandale planétaire provoqué par le meurtre aux USA de George Floyd par un policier. Il faut cependant reconnaître que 4 ans, c’est long pour avoir une décision juridique.

S’il m’est arrivé d’entendre le discours surréaliste d’un meneur accusant la France d’être un « pays raciste esclavagiste et terroriste » lors d’une manifestation Traorienne, je n’ai pas entendu les discours d’Assa Traoré, j’ai simplement relevé des extraits rapportés dans un article de Marianne du 12/06/20 qui montrent l’aspect politique de ses revendications soutenues par des égarés d’une gauche obligée de changer de peuple après avoir été rejetée par le précédent :

- « Toutes les techniques d’immobilisation doivent être interdites… » (et même pour certains...les poursuites !). Alors comment appréhender quelqu’un qui ne veut pas obtempérer, en fuyant ou en étant violent ? Ne pas l’immobiliser c’est lui permettre de fuir avec son butin ou sa drogue. Le droit à la délinquance en somme. Il est vrai que la famille Traoré en serait ravie.

- En 2018 : « renverser le système ne /pouvait/ passer que par une révolution, une belle révolution pour récupérer cette France » Mme Traoré veut récupérer la France. Noble ambition comme dirait De Gaulle, dont les statues tiennent encore par leurs boulons, mais jusqu’à quand ? Certaines ont déjà été taguées.

- Lors d’une manifestation le 26 mai 2018, elle a même indiqué la voie à suivre : « En Afrique, ils vont renverser le président, ils renversent le palais, ils entrent dans le palais. Ça se passe comme ça, en Afrique, pourquoi ça devrait pas se passer comme ça en France ? »

C’est vrai ça, pourquoi ne pas prendre exemple sur l’Afrique ? Un bon petit coup d’Etat pour mettre au pouvoir un galonné autocrate, parfois sanguinaire, souvent corrompu jusqu’à la moelle, tellement bon pour ses compatriotes qu’il les pousse à s’expatrier en France pour avoir de meilleures conditions de vie, mais dont ils ne sont apparemment pas satisfaits à les voir manifester et exposer leurs malheurs comme le rappeur Bouba ou l’acteur Omar Sy.

Mme Taubira (incroyable ! Une ancienne ministre noire d’un gouvernement français !), a tenu à proclamer sur les ondes que Mme Assa Traoré « est une chance pour la France ». Vraiment ? Passer par le ministère de la Justice laisse des traces.

* Remarquons, en passant, que les Noirs ne demandent aucun compte et aucune excuse aux Arabes sur l'esclavage, plus important que celui des  Européens, auquel ils se sont livrés pendant des siècles, et qu'ils continuent à pratiquer en certains lieux.    

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Publié le 14 Juin 2020

Manifestation Place de la République le 13/06/20

"Le Conseil d’État a levé ce samedi 13 juin l’interdiction des rassemblements de plus de dix personnes, imposée dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire, rétablissant la liberté de manifester, dans le respect des “mesures barrières”...

"Le juge administratif affirme donc qu’une interdiction ne pourrait être justifiée que “lorsque ces mesures barrières ne peuvent être respectées ou que l’événement risque de réunir plus de 5000 personnes”, 

"Le juge administratif a tenu à préciser que “conformément à la loi”, toute manifestation sur la voie publique devait “faire l’objet d’une déclaration préalable” et pouvait être interdite par les autorités de police ou le préfet, “s’ils estiment qu’elle est de nature à troubler l’ordre public, y compris pour des motifs sanitaires, ou lorsque les circonstances locales l’exigent”. (Tirés du Huffpost du 14/06/20).

J'ai la nette impression que nous vivons dans deux mondes parallèles : celui des institutions qui tournent en roue libre et sans prise véritable sur celui de la réalité. On pourrait me rétorquer que l'Etat a pu imposer la privation quasi totale de circuler pendant la période de confinement, mais plus que l'Etat, c'est la peur qui fut le moteur principal de l'obéissance. La peur a disparu et les mondes parallèles sont réapparus.

La France peut se targuer d'être la championne mondiale dans la production des grèves et des manifestations. Les grèves ne s'exportent pas, mais par contre, les manifestations peuvent être reprises à l'étranger comme ce fut notamment le cas en 1968. Deux productions dont l'excès ne rapporte que la ruine. Le monde idéologique parallèle au monde réel  .

Ce qui est étonnant est que la mort de deux personnes à la suite d'une interpellation par la police, celle de George Floyd dans des circonstances connues, et celle d'Adama Traoré dans des circonstances que l'on ignore, a conduit à honorer deux délinquants par des milliers de personnes et pour le premier dans de multiples pays. Une mort indue, mais purificatrice jusqu'à la quasi béatification des voyous avec l'éclosion d'une "génération Adama".

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Publié le 13 Juin 2020

Le racisme compassionnel

Cette photo (AFP) montre l'hommage agenouillé, plutôt que par une minute de silence, rendu par les démocrates du Congrès américain à George Floyd le 8 juin 2020. Photo parue dans Slate illustrant un article de Claire Levenson qui relate "l'étrange course aux actes de contrition" qui déferle sur les USA après le meurtre par un policier d'origine européenne de cet Américain d'origine africaine. Des actes de contrition dont certains ont un lourd parfum commercial.

En faire trop, ce n'est pas de la justice. La justice c'est l'égalité des droits et la compassion peut être aussi une forme de mépris. Yann Moix n'est pas un personnage que j'apprécie vraiment, mais je suis d'accord avec lui lorsqu'il dit dans un de ses articles récents :

"Je me souviens de Pierre Desproges écrivant : « Quand un Noir dit qu'un Blanc est con, on dit que le Blanc est con. Quand un Blanc dit qu'un Noir est con, on dit que le Blanc est raciste. » C'était en 1985. Et c'est à méditer en 2020.

Car la question est là : une foule noire est-elle d'abord un nombre ou une couleur ? Frapper un Noir parce qu'il est noir, c'est du racisme. Mais céder aux Noirs parce qu'ils sont Noirs, c'est pour moi la définition même du racisme. Autoriser aux Noirs une manifestation interdite parce que c'est une manifestation noire, c'est du racisme. Du racisme anti-Noir. Être plus méchant avec un Noir qu'avec un Blanc, c'est du racisme anti-Noir ; être plus gentil avec un Noir qu'avec un Blanc, c'est encore du racisme anti-Noir. Le racisme réside dans le seul fait de distinguer une couleur, de « voir » la couleur. Le racialisme est déjà du racisme."

Comme Ben Gourion, le fondateur de l'Etat d'Israël, disait qu'Israël ne sera vraiment un Etat que lorsqu'il aura ses putains, l'absence de racisme c'est pouvoir traiter autrui de con quelle que soit son apparence et aussi le droit d'être traité de con.

 

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Publié le 10 Juin 2020

Expérimentations grandeur nature

D’aucuns se sont demandés pourquoi des manifestations de milliers personnes, serrées les unes contre les autres, rassemblées à travers la France à l’occasion d’un événement survenu aux Etats-Unis, le meurtre par étouffement de George Floyd par un policier, et auquel le cas Traoré que la justice française n'a pas encore tranché a été vite assimilé, ont été autorisées tout en étant interdites pour des raisons sanitaires. La raison qui vient à l’esprit est que le gouvernement ne pouvant les empêcher, les a permises.

Non, ne soyons pas superficiels, cette raison avancée ne tient pas compte de la finesse de notre ministre de l’Intérieur. En effet, j’ai le « soupçon avéré » qu’il s’agit en fait d’expérimentations grandeur nature et sur une vaste échelle. Le gouvernement a pensé, dans sa sagesse, que si, après avoir rassemblé des cohortes de milliers personnes sans distanciation physique possible, hurlant à pleine voix et postillonnant à plein tube, aucune nouvelle flambée de l’épidémie au coronavirus n’apparaîtrait une dizaine de jours après ces expérimentations, il pourrait sans crainte permettre la pleine réouverture des restaurants. Chapeau.

Expérimentations grandeur nature

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Publié le 7 Juin 2020

Les « black panthers » d’importation

Le rappeur Booba participe mais n'a guère à se plaindre de sa situation en France

Malgré l’interdiction des manifestations pour raison sanitaire, celles-ci ont eu lieu pour protester contre les violences policières et le racisme attribué à la police. En réunissant des milliers de personnes déconfinées un peu partout en France, espérons que le coronavirus n’est pas venu se joindre aux protestataires pour passer amicalement de l’un à l’autre en profitant des vociférations.

Les commentateurs ont insisté sur le mélange entre des protestataires sincères ou par intérêt politique, mettant genou à terre, et des minorités qui cherchent plus à s’isoler qu’à s’intégrer. Des minorités agissantes qui protestent contre un racisme, qui existe, mais qu’elles ont elles-mêmes contribué à amplifier en revendiquant le statut de « racisé », en organisant des réunions sans y admettre les Français dont la peau ne contient pas autant de mélanine que la leur, en introduisant ainsi à nouveau la notion de race qui avait été plus ou moins effacée par la biologie.

Il a été souligné la volonté de certains Noirs français, d'utiliser l'assassinat monstrueux de George Floyd par un policier américain connu pour ses violences, pour tenter de calquer la réalité américaine où les Noirs furent jadis esclaves, et où le profil ethnique est précisé officiellement, sur la réalité française qui s’efforce d’être universaliste et n’a jamais connu l’esclavage sur le territoire métropolitain. Et le clan Traoré, bien connu des services de police, profitant de l'occasion pour mettre sur le même plan la mort d'un des leurs après une interpellation et dont la cause reste encore indéterminée mais peut-être liée à son état de santé préexistant, avec celle de George Floyd qui n'avait aucunement résisté à la sienne, et dont on a vu l'agonie pendant plus de 8 minutes, le cou écrasé par le genou du policier.

Ce repli communautaire conduit à vouloir démontrer qu’il existe en France un racisme institutionnel, alors que l’Etat, me semble-t-il, s’efforce de l’éviter en raison, justement, d’un précédent historique qui est l’antisémitisme institutionnel et meurtrier dont l’Etat français fit preuve pendant la Deuxième Guerre Mondiale.

Ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe pas de racisme à l’échelon individuel, qu’il s’agisse de membres de la police ou de tout autre institution.

On peut se demander en définitive les motivations de ces Noirs qui oeuvrent pour ce repli communautaire en levant le poing à la manière des « Black panthers » américains, qui, eux, avaient bien des raisons de le lever afin d’obtenir un statut qui aujourd’hui n’est pas encore le statut égalitaire que connaît la France. Cherchent-ils à tirer des avantages en se victimisant ? Ou à se venger d’un passé qu’ils n’ont pas connu (même s’ils ont eu parfois à souffrir de leur négritude) sur des descendants qui ne sont pas responsables de ce passé ? Peut-être les deux.

Ces Noirs français affirment souffrir de discrimination. N’étant pas dans leur peau, je n’affirmerais sûrement pas le contraire, même si dans mon expérience je n’en ai pas constatée. Mais dire comme l’a écrit l’écrivaine Despentes que la République française n’a jamais eu de ministres noirs, c’est faire preuve d’une ignorance étonnante.

Parmi les commentaires qui ont suivi les manifestations, j’ai entendu à de multiples reprises que parmi les discriminations, on citait la proportion importante de Maghrébins et de Noirs présents dans les prisons. Souligner ce fait sous-entend que les juges français mettraient préférentiellement en prison les Maghrébins et les Noirs, et qu’ils les condamneraient en raison de leur origine et non pour avoir commis des délits, ce qui n’a guère de sens. Pourquoi les commettent-ils, ça, c’est une autre histoire, mais cela peut expliquer qu'ils sont fréquemment confrontés à la police et souvent présents dans les tribunaux.. 

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 6 Juin 2020

Le peuple, c’est moi

Le gouvernement du Venezuela ayant accusé la France d’avoir accordé l’asile à l’opposant Juan Guaido dans son ambassade de Caracas, Mélenchon et ses compagnons se sont immédiatement indignés, faisant confiance à la déclaration du ministre des Affaires étrangères vénézuélien.

Les mélenchonistes semblent avoir une certaine sympathie pour les dictateurs. On se souvient de l’éloge lyrique de Mélenchon, proche du délire, de Fidel Castro lors de sa disparition qui l’avait apparemment bouleversé. Quant à Chavez et Maduro, ce sont des modèles qui ont réussi à ruiner un pays riche au point de provoquer l’exode d’une partie de sa population.

Comme les politiques sortent des tweets plus vite que leur ombre, nous avons eu droit immédiatement, avant toute confirmation, et malgré le démenti du gouvernement français, à celui de Mélenchon le 5 juin :

« Au peuple du Venezuela. C'est Macron qui accueille dans notre ambassade le putchiste Guaido agent de Trump, pas le peuple français ! Ne tournez pas votre colère contre la France qui reste l'amie des peuples qui luttent pour leur dignité. »

Comme on le voit, Mélenchon parle au nom de la France et du peuple français. Comme il a prétendu incarner à lui seul la République, il est le peuple de France. Dans son ubiquité planétaire, il connait même les sentiments du peuple vénézuélien. Mais nous savons que ceux qui parlent au nom du peuple, ce sont presque toujours ceux qui le font définitivement taire quand ils arrivent au pouvoir.

Nous avons également eu le tweet rigolo de Raquel Garrido :

« Et, pendant ce temps là, Emmanuel Macron ne trouve rien de mieux à faire que de venir au secours du protégé de Donald Trump le putschiste Juan Guaido, recueilli à la résidence de France à Caracas. C’est De Gaulle qui avait décidé l’acquisition de cette résidence. S’il savait... »

On se demande ce que De Gaulle, mué en agent immobilier, vient faire là-dedans. Les insoumis gaullistes sont une chimère intéressante alors que leurs prédécesseurs exécraient le général, ses opposants de gauche le traitant de dictateur, c'est peut-être ce côté qui plait aux insoumis. Il est vrai aussi que Marine Le Pen y fait souvent référence alors que ses prédécesseurs d’extrême droite voulaient l’assassiner. De Gaulle est un monument ouvert au public et que n’importe qui peut visiter à sa guise et selon ses besoins.

Illustration Yue Minjun

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 2 Juin 2020

Allo, maman, bobo

Je ne connais pas Philippe Lellouche, je ne l'ai jamais écouté comme je n'écoute jamais RMC où il animait une émission : "A l'affiche", et qu'il n'animera plus car dans un communiqué, les syndicats du groupe ont dénoncé des propos sexistes et misogynes "inacceptables"

En effet le « Jeudi 28 mai, alors qu’il évoquait un sondage sur l’évaluation des Français concernant leur beauté, Philippe Lellouche soutenait que “les femmes les plus virulentes contre les hommes”, “les grandes féministes acharnées”, “les méchantes, les hargneuses” étaient “des moches” et “des frustrées”. “Au même titre que le vrai misogyne est celui qui n’aime pas les femmes. »

Pour ma part, je lui reprocherais une généralisation simpliste car il y a de grandes féministes qui sont fort jolies, ce qui ne les empêche pas d’être éventuellement « méchantes et hargneuses », et elles n’ont aucune raison d’être frustrées surtout lorsqu’elles sont lesbiennes.

Ainsi dès qu’un homme parle de certaines femmes de façon caustique, et là il s'agissait spécifiquement des "grandes féministes acharnées" et non pas de la gent féminine en général, il est condamné pour sexisme et perd son boulot. Je pense que des femmes ne se privent pas d’être caustiques vis à vis des attitudes masculines, va-t-on un jour les condamner pour sexisme ? Voir un florilège de haine de quelques "grandes féministes acharnées" à l'égard des hommes dans "La douceur féminine n'est plus ce qu'elle était"

Ainsi la moitié de l’humanité finit par être considérée comme une minorité fragile, hypersensible, intouchable (malheureusement pas par les brutes) et que le langage doit ménager. Le jugement et les plaisanteries sont devenus des crimes même lorsqu’ils ne recèlent aucune violence, à moins de considérer l’ironie comme telle. S’il y a crime, c’est celui de faire des plaisanteries de mauvais goût.

Les échanges surtout dans le monde médiatique se doivent d’être précautionneux, aseptisés, lisses, sans la moindre aspérité à l’image d’un suppositoire, pour ne heurter personne, pour ne pas choquer des esprits de plus en plus fragiles qui, sous nos climats, aspirent de plus en plus au maternage.

Illustration : Bernard Buffet : "La plage"

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Rédigé par Dr WO

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