Le discours d’Emmanuel Macron a pointé hier, à juste titre, le dévoiement de l’antiracisme vers le séparatisme, et son opposition au révisionnisme de l’Histoire qui juge les personnages d’hier selon les principes d’aujourd’hui, jusqu’à déboulonner les statues, débaptiser des rues ou faire disparaître des œuvres d’art.
L’exemple vient des campus étatsuniens où le multiculturarisme a surtout abouti à culpabiliser les Américains d’origine européenne. Les « antiracistes » en France aimerait l’imposer dans le pays : « pour une République multiculturelle et postraciale ». On se demande comment une société qui réintroduit les races pourrait être « postraciale ». Ils seraient également partisans d’établir, comme aux USA, des statistiques ethniques qui permettraient « d’évaluer l’efficacité des politiques publiques et privées » pour lutter contre la discrimination dont on voit la réussite aux USA
L’idéal républicain vise à promouvoir les personnes sur leurs compétences, il serait dommage de ne pas s’en tenir à ce critère, à condition, bien sûr, qu’il soit appliqué de façon rigoureuse, mais les « racisés » estiment qu’il ne l’est pas. Les partisans de Mme Traoré, comme Lagasnerie, assurent que la police et l’école sont les deux faces d’une même pièce ayant pour but « L’élimination sociale des Noirs et des Arabes »*. Ce drôle de philosophe estime donc que les professeurs éliminent volontairement les élèves noirs et arabes en s’opposant à leur progression ? J’avais pensé bêtement que l’école pouvait être un moyen de s’élever. Encore faut-il y travailler et même y être présent. Les exemples de réussites scolaires puis universitaires ne manquent pas parmi les Noirs et les Arabes quand ils le veulent et s’en donnent la peine.
Les statistiques ethniques peuvent aussi mettre en évidence, à l’inverse de l’universalisme, quelques traits dominants dans les populations se disant discriminées, comme le succès dans les sports, mais aussi le taux élevé de délinquance (aux USA la proportion de Noirs dans la population serait de 13% mais ils seraient responsables de 50% des délits). Est-ce souhaitable si l‘on veut lutter contre le racisme ? Il est vrai que les sociologues contournent l'absence de statistiques ethniques par des estimations indirectes comme celle des noms et des prénoms.
Assa Traoré a réussi à réunir des milliers de personnes contre les violences policières autour de la mort de son frère Adama survenue en 2016 après sa fuite et son interpellation, saisissant l’occasion du scandale planétaire provoqué par le meurtre aux USA de George Floyd par un policier. Il faut cependant reconnaître que 4 ans, c’est long pour avoir une décision juridique.
S’il m’est arrivé d’entendre le discours surréaliste d’un meneur accusant la France d’être un « pays raciste esclavagiste et terroriste » lors d’une manifestation Traorienne, je n’ai pas entendu les discours d’Assa Traoré, j’ai simplement relevé des extraits rapportés dans un article de Marianne du 12/06/20 qui montrent l’aspect politique de ses revendications soutenues par des égarés d’une gauche obligée de changer de peuple après avoir été rejetée par le précédent :
- « Toutes les techniques d’immobilisation doivent être interdites… » (et même pour certains...les poursuites !). Alors comment appréhender quelqu’un qui ne veut pas obtempérer, en fuyant ou en étant violent ? Ne pas l’immobiliser c’est lui permettre de fuir avec son butin ou sa drogue. Le droit à la délinquance en somme. Il est vrai que la famille Traoré en serait ravie.
- En 2018 : « renverser le système ne /pouvait/ passer que par une révolution, une belle révolution pour récupérer cette France » Mme Traoré veut récupérer la France. Noble ambition comme dirait De Gaulle, dont les statues tiennent encore par leurs boulons, mais jusqu’à quand ? Certaines ont déjà été taguées.
- Lors d’une manifestation le 26 mai 2018, elle a même indiqué la voie à suivre : « En Afrique, ils vont renverser le président, ils renversent le palais, ils entrent dans le palais. Ça se passe comme ça, en Afrique, pourquoi ça devrait pas se passer comme ça en France ? »
C’est vrai ça, pourquoi ne pas prendre exemple sur l’Afrique ? Un bon petit coup d’Etat pour mettre au pouvoir un galonné autocrate, parfois sanguinaire, souvent corrompu jusqu’à la moelle, tellement bon pour ses compatriotes qu’il les pousse à s’expatrier en France pour avoir de meilleures conditions de vie, mais dont ils ne sont apparemment pas satisfaits à les voir manifester et exposer leurs malheurs comme le rappeur Bouba ou l’acteur Omar Sy.
Mme Taubira (incroyable ! Une ancienne ministre noire d’un gouvernement français !), a tenu à proclamer sur les ondes que Mme Assa Traoré « est une chance pour la France ». Vraiment ? Passer par le ministère de la Justice laisse des traces.
* Remarquons, en passant, que les Noirs ne demandent aucun compte et aucune excuse aux Arabes sur l'esclavage, plus important que celui des Européens, auquel ils se sont livrés pendant des siècles, et qu'ils continuent à pratiquer en certains lieux.