Le rappeur Booba participe mais n'a guère à se plaindre de sa situation en France
Malgré l’interdiction des manifestations pour raison sanitaire, celles-ci ont eu lieu pour protester contre les violences policières et le racisme attribué à la police. En réunissant des milliers de personnes déconfinées un peu partout en France, espérons que le coronavirus n’est pas venu se joindre aux protestataires pour passer amicalement de l’un à l’autre en profitant des vociférations.
Les commentateurs ont insisté sur le mélange entre des protestataires sincères ou par intérêt politique, mettant genou à terre, et des minorités qui cherchent plus à s’isoler qu’à s’intégrer. Des minorités agissantes qui protestent contre un racisme, qui existe, mais qu’elles ont elles-mêmes contribué à amplifier en revendiquant le statut de « racisé », en organisant des réunions sans y admettre les Français dont la peau ne contient pas autant de mélanine que la leur, en introduisant ainsi à nouveau la notion de race qui avait été plus ou moins effacée par la biologie.
Il a été souligné la volonté de certains Noirs français, d'utiliser l'assassinat monstrueux de George Floyd par un policier américain connu pour ses violences, pour tenter de calquer la réalité américaine où les Noirs furent jadis esclaves, et où le profil ethnique est précisé officiellement, sur la réalité française qui s’efforce d’être universaliste et n’a jamais connu l’esclavage sur le territoire métropolitain. Et le clan Traoré, bien connu des services de police, profitant de l'occasion pour mettre sur le même plan la mort d'un des leurs après une interpellation et dont la cause reste encore indéterminée mais peut-être liée à son état de santé préexistant, avec celle de George Floyd qui n'avait aucunement résisté à la sienne, et dont on a vu l'agonie pendant plus de 8 minutes, le cou écrasé par le genou du policier.
Ce repli communautaire conduit à vouloir démontrer qu’il existe en France un racisme institutionnel, alors que l’Etat, me semble-t-il, s’efforce de l’éviter en raison, justement, d’un précédent historique qui est l’antisémitisme institutionnel et meurtrier dont l’Etat français fit preuve pendant la Deuxième Guerre Mondiale.
Ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe pas de racisme à l’échelon individuel, qu’il s’agisse de membres de la police ou de tout autre institution.
On peut se demander en définitive les motivations de ces Noirs qui oeuvrent pour ce repli communautaire en levant le poing à la manière des « Black panthers » américains, qui, eux, avaient bien des raisons de le lever afin d’obtenir un statut qui aujourd’hui n’est pas encore le statut égalitaire que connaît la France. Cherchent-ils à tirer des avantages en se victimisant ? Ou à se venger d’un passé qu’ils n’ont pas connu (même s’ils ont eu parfois à souffrir de leur négritude) sur des descendants qui ne sont pas responsables de ce passé ? Peut-être les deux.
Ces Noirs français affirment souffrir de discrimination. N’étant pas dans leur peau, je n’affirmerais sûrement pas le contraire, même si dans mon expérience je n’en ai pas constatée. Mais dire comme l’a écrit l’écrivaine Despentes que la République française n’a jamais eu de ministres noirs, c’est faire preuve d’une ignorance étonnante.
Parmi les commentaires qui ont suivi les manifestations, j’ai entendu à de multiples reprises que parmi les discriminations, on citait la proportion importante de Maghrébins et de Noirs présents dans les prisons. Souligner ce fait sous-entend que les juges français mettraient préférentiellement en prison les Maghrébins et les Noirs, et qu’ils les condamneraient en raison de leur origine et non pour avoir commis des délits, ce qui n’a guère de sens. Pourquoi les commettent-ils, ça, c’est une autre histoire, mais cela peut expliquer qu'ils sont fréquemment confrontés à la police et souvent présents dans les tribunaux..