Cette photo (AFP) montre l'hommage agenouillé, plutôt que par une minute de silence, rendu par les démocrates du Congrès américain à George Floyd le 8 juin 2020. Photo parue dans Slate illustrant un article de Claire Levenson qui relate "l'étrange course aux actes de contrition" qui déferle sur les USA après le meurtre par un policier d'origine européenne de cet Américain d'origine africaine. Des actes de contrition dont certains ont un lourd parfum commercial.
En faire trop, ce n'est pas de la justice. La justice c'est l'égalité des droits et la compassion peut être aussi une forme de mépris. Yann Moix n'est pas un personnage que j'apprécie vraiment, mais je suis d'accord avec lui lorsqu'il dit dans un de ses articles récents :
"Je me souviens de Pierre Desproges écrivant : « Quand un Noir dit qu'un Blanc est con, on dit que le Blanc est con. Quand un Blanc dit qu'un Noir est con, on dit que le Blanc est raciste. » C'était en 1985. Et c'est à méditer en 2020.
Car la question est là : une foule noire est-elle d'abord un nombre ou une couleur ? Frapper un Noir parce qu'il est noir, c'est du racisme. Mais céder aux Noirs parce qu'ils sont Noirs, c'est pour moi la définition même du racisme. Autoriser aux Noirs une manifestation interdite parce que c'est une manifestation noire, c'est du racisme. Du racisme anti-Noir. Être plus méchant avec un Noir qu'avec un Blanc, c'est du racisme anti-Noir ; être plus gentil avec un Noir qu'avec un Blanc, c'est encore du racisme anti-Noir. Le racisme réside dans le seul fait de distinguer une couleur, de « voir » la couleur. Le racialisme est déjà du racisme."
Comme Ben Gourion, le fondateur de l'Etat d'Israël, disait qu'Israël ne sera vraiment un Etat que lorsqu'il aura ses putains, l'absence de racisme c'est pouvoir traiter autrui de con quelle que soit son apparence et aussi le droit d'être traité de con.