7 Novembre 2018
Un de mes patients, chef d’entreprise venant de prendre sa retraite, m’avait dit jadis : « lorsque j’étais en activité, je faisais mille choses, enchaînant les déplacements, les réunions, les décisions, mais à présent que je suis à la retraite, la moindre des choses à faire me pose un problème, et je finis par m’angoisser pour n’importe quoi »
Mon tour est venu. Loin de donner la sagesse, l’âge fait parfois de chaque monticule à enjamber, une montagne à escalader. Une escalade qui, le plus souvent, n’aura pas lieu mais que l’on anticipe bêtement.
On dit que l’âge nous permet de relativiser les évènements, de les considérer avec une certaine distance, voire un détachement amusé. C’est vrai pour les évènements extérieurs, comme les péripéties politiques ou les déclarations des politiciens dont le comique de répétition, pourtant attendu, tient toutes ses promesses alors que celles qu’elles annoncent sont rarement tenues. Par contre, relativiser les évènements personnels devient moins évident, et des actions à accomplir, même anodines, finissent parfois par préoccuper sans raison.
Si l’expérience nous rend souvent désabusé, elle ne nous rend pas sage pour autant et encore moins désinvolte. La désinvolture est plus l’apanage de la jeunesse que de la vieillesse et pourtant cette dernière ne risque plus grand-chose, sinon le maximum, et c’est ce maximum qui devrait rendre insignifiants les petits tracas de la vie quotidienne.
Illustration par Rembrandt : « Le philosophe en méditation »