• Quand on cherche à avoir la peau des autres.

     

    Quand on cherche à avoir la peau des autres.

    Après la transsexualité, voilà que l’on discute du transracialisme. Un article lui est consacré dans Slate : "Le transracialisme existe-t-il (et pourquoi serait-il moins accepté que la transidentité ?"). Ce sujet m’a paru bizarre (je m’étonne encore des bizarreries de notre société « progressiste ») au point de le lire jusqu’au bout, et il m’en a fallu du courage puisque le temps de lecture annoncée est de 25 minutes. Je ne sais plus qui disait : « pour être lu, il faut être court et con ». Cet article est loin d’être bref, mais il est peut-être con.

    A l’époque où il existait une discrimination agressive à l’égard des noirs, il se trouvait évidemment des personnes ayant des ancêtres noirs, mais sans avoir l’apparence de la négritude, cherchant à se faire passer pour des blancs pour ne pas subir cette discrimination : exemple compréhensible de transracialisme.

    Mais remarquons que nous sommes tous des « transraciaux », puisqu’il est admis que les lointains ancêtres de tous les humains dispersés sur la planète étaient africains, donc noirs. Et il ne faut pas remonter si loin, nous sommes tous des mélanges ethniques plus ou moins complexes. Il est évident que la couleur de la peau saute aux yeux lorsqu’elle est minoritaire, ainsi Obama a une ascendance et noire et blanche, mais il n’a jamais été considéré comme un blanc ni même comme un métis.

    L’article traite surtout du cas de blancs voulant se faire passer pour noirs avec le plaisir un peu maso de rejoindre une minorité au passé marqué par la souffrance. On pourrait penser, car on peut assister aux USA à une discrimination inversée, que se faire passer pour noir permet d’en retirer un avantage comme d’entrer plus facilement à l’université (tels les hommes se faisant passer en Amérique du Sud pour des transsexuels féminins pour pouvoir se présenter aux élections dans le quota des femmes), mais des personnes à la peau blanche disent se sentir noires. Ces postulants au transracialisme n’ont subi aucune discrimination qu’il s’agisse d’eux ou de leurs ascendants, alors comment peut-on se sentir noir, ou blanc, ou jaune sans le moindre substratum ou contexte social ? Voilà que le concept de race, surtout promu paradoxalement par les noirs, revient en force en remplaçant l’apparence « racialisante » et la filiation par le ressenti !

    Le ressenti, aussi aberrant soit-il, tend à effacer la réalité. « Je choisis ce que je veux être » ou « je suis une fake-personne, acceptez-moi ». Nous risquons de tomber dans le délire : « je suis Napoléon, c’est mon ressenti » ou même : « je me sens chien, c’est mon droit ».

    Les vrais noirs voient d’un mauvais œil l’arrivée de ces faux noirs. Pourquoi ? parce que ces derniers usurpent le statut de victime. Il y a des gens qui tiennent à ce statut, ne serait-ce que pour donner un sens à leur vie.

    Illustration Edouard Manet : « Olympia »

    « L’imaginaire de l’homo sapiens274. La chimie ! Vous dis-je »

  • Commentaires

    1
    Souris donc
    Lundi 6 Août à 17:37

    Mais ras le bol des trans et du ressenti. L'article de Slate est un gloubiboulga indigeste. Ils s'extasient sur l'expression "po chapé" (peau échappée, peau sauvée).

    Dans les 80 expressions que possède le créole pour les nuances de couleur de peau, ma préférée : "taketé co dinde" = tacheté comme une dinde. Pour les mulâtres à taches de rousseur.

     

      • Lundi 6 Août à 18:21

        Un gloubiboulga de 25 minutes à la lecture. Le trans finit, en effet, par nous mettre en transes. Les générations montantes, pauvres bichettes, ont un sensibilité à fleur de peau.

    2
    Orage
    Lundi 6 Août à 17:40

    Je suis blanche, sacrément blanche (je n'arrive pas à bronzer) et j'ai épousé un Vietnamien sans pour autant bénéficier de leurs cheveux noirs et soyeux ni du fait  que l'âge n'a pratiquement pas de prise sur elles. Quelle injustice! Que me conseillez-vous?

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      • Lundi 6 Août à 18:25

        Avoir une descendance : les eurasiens ou eurasiennes sont souvent beaux ou belles.

    3
    Lundi 6 Août à 19:18

    Les lointains ancêtres étaient Africains. Sans doute. Ou peut-être.

    Mais DONC noirs? Conclusion hasardeuse.

    Cela permettrait de dire que les noirs sont plus proches de nos lointains ancêtres que nous, donc moins avancés dans l'évolution. Et ouvrirait la porte à des théories racistes. Dans un sens ou dans l'autre: j'ai entendu une enseignante (je visitais le musée de l'Homme) expliquer à son groupe de jeunes élèves que l'homme est apparu en Afrique et qu'en quittant ce continent, il a peu a peu dégénéré pour devenir l'homme européen actuel à la peau blanche et aux cheveux clairs.

    L'origine africaine de l'homme repose essentiellement sur la découverte de Lucy. On découvrira peut-être ailleurs (en Asie) d'autres hominidés.

     

      • Lundi 6 Août à 19:35

        J'avoue avoir hésité à écrire ce "donc noirs" car évidemment je n'en sais rien et ce ne sont pas les squelettes retrouvés qui peuvent nous renseigner sur la couleur de la  peau des Africains de l'époque. Ce n'est qu'une probabilité, mais je ne pense pas que l'origine africaine de l'humanité soit aujourd'hui discutée.

      • Lundi 6 Août à 19:38

        Une "enseignante" idiote qui parle de dégénérescence et non d'adaptation...performante.

    4
    Lundi 6 Août à 21:12

    Pas du tout d'accord avec les précédents commentaires...clown !

    La "dysphorie raciale" existe bel et bien et à toujours existé, et existera toujours, et a toujours été reconnue et encouragée :

    ... jusque de nos jours et dans notre pays où un acteur, Omar S., acteur préféré des français, lassé de ses rôles de nègre rigolard de service dans une courte série de Canal +, se tourne maintenant vers des personnages reflétant sa vraie nature et sa vraie personnalité en jouant le rôle du docteur Knock et, bientôt, celui d'Arsène Lupin.

     

    Une récente et brillante démonstration nous est fournie par Arnaud Gauthier Fawas

      • Lundi 6 Août à 22:10

        Pourtant Omar Sy ne craint aucune discrimination, on ne comprend donc pas pourquoi il veut absolument se faire passer pour un blanc ou que les réalisateurs cherchent à le "transracialiser" (le vocabulaire français ne cesse de s'enrichir). Quant A.G.F, il a besoin d'un bon psychiatre.

      • Souris donc
        Mardi 7 Août à 10:12

        Il faut que ce soit au niveau du vécu le plus intime, au niveau du ressenti le plus profond. Du côté gauche. 

        Car quand le Carnaval de Dunkerque fait défiler sa Nuit des Noirs, c'est raciste.

        Mais le film de Chatiliez, pesamment didactique, "Agathe Cléry" où Valérie Lemercier devient noire, est salué par la critique.

        Conclusion, il y a le bon transracialisé et le nauséabond qui se permet de rire. 

      • Mardi 7 Août à 10:38

        Le film Agathe Cléry renforce la victimisation d'une communauté. La Nuit des noirs est tout de même une manifestation péjorative en mettant l'accent sur la civilisation noire telle qu'elle était à l'arrivée des européens en Afrique noire. A l'opposé, le film Rabbi Jacob se moque gentiment de la communauté juive religieuse sans dévalorisation.

    5
    Orage
    Mardi 7 Août à 10:10

    Sauriez-vous à quoi est dû ce fatras qui suit mon commentaire?

      • Mardi 7 Août à 10:20

        Aucune idée. Vouliez-vous insérer une image ?

    6
    Orage
    Mardi 7 Août à 10:29

    Pas du tout. Peut-être un problème avec javascript.

      • Mardi 7 Août à 10:40

        Ce genre de problème qui me dépasse.

    7
    Mercredi 8 Août à 08:51

    Le désir n'est pas nouveau. Entre Nino Ferrer qui "voudrait être noir " et Claude Nougarou qui s'adresse à Armstrong pour lui dire " je suis blanc de peau, quel manque de pot", des artistes ont voulu dire à leur façon leur solidarité avec leurs frères humains noirs de peau.

    Mais c'était sur le ton de l'humour et du clin d'oeil. 

    Aujourd'hui, tout devient ridicule et ce "transracialisme" est aussi pitoyable intellectuellement  que le racisme lui-même. 

     

    NB : concernant l'origine géographique de l'homme, un ami étudiant l’anthropologie me faisait remarquer qu'au tout début de cette science les anthropologues français et allemands se disputaient sur le point de savoir si l'humanité était apparue ... en France ou en Allemagne !  smile

      • Mercredi 8 Août à 09:44

        "Au-delà des bornes, il n'y a plus de limites". La protection extrême de l'individu et le respect de ses désirs aussi farfelus soient-ils conduisent notre société au ridicule.

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