23 Novembre 2018
J’ai rarement vu un matraquage publicitaire aussi acharné, aussi continu, aussi renouvelé, aussi diffusé, notamment sur les radios privées. Il faudrait être sourd ou aveugle ou retiré du monde connecté pour ne pas savoir qu’aujourd’hui, devinez quoi ? Nous sommes le « Black Friday ». En anglais, c’est mieux, d’autant plus que cette provocation de fièvre consommatrice nous vient de l’univers anglo-saxon. C’est mieux, car « vendredi noir » ce n’est pas encourageant du tout : ça sent la catastrophe, un attentat terroriste, ou, pour être moins pessimiste, un encombrement sur les routes du week-end.
D’un côté nous avons ce « Black Friday » qui veut nous pousser à une consommation effrénée et de l’autre les « gilets jaunes » qui manifestent car leurs porteurs n’ont plus les moyens de consommer. Il faut avouer que ce noir matraquage sur le jaune ne manque pas de piquant par son côté sadique.
Illustration par Bernard Buffet : « La guêpe »
J'ASSUME
"J'assume" est un élément de langage de plus en plus répandu dans le monde politique. On a entendu Macron le marteler à plusieurs reprises, je ne sais plus en quelles occasions, ou Hidalgo toujours droite dans ses bottines. C'est à présent Hulot, le Don Quichotte partisan des moulins à vent, qui l'a proclamé hier quand il a été interrogé sur la taxe carbone dont il fut le promoteur. Un Don Quichotte qui prétend sauver la planète en assurant d'urgence la transition énergétique dans l'hexagone.
"J'assume", sous-entend que la discussion est close que l'on ait tort ou raison, la décision étant assumée avec un semblant de courage. "J'assume" est une fin de non-recevoir, c'est à dire une impasse bornée.
SEMEURS DE MERDE
Il ne s'agit en aucun cas des "gilets jaunes". Je ne me le permettrais pas, d'autant plus qu'ils viennent demain à Paris et il vaut mieux être prudent. On sait comment ces mouvements spontanés de foule commencent, mais on ne sait jamais comment cela peut se terminer : voyez la révolution de 1789, qui pouvait prévoir la tournure qu'elle allait prendre.
Non, il s'agit de l'appel par l'hôpital St Antoine aux volontaires sains pour faire don de leurs selles afin d'évaluer l'efficacité de la transplantation de microbiote fécal dans la rectocolite hémorragique. Les selles étant rémunérées à hauteur de 50 euros, l'hôpital est débordé par les appels. C'est la première fois que l'on peut tirer un bénéfice de ce type d'exonération. La recherche de merde se porte bien en France.