15 Novembre 2018
De Gaulle a mis fin à la guerre d’Algérie et il est heureux qu’il l’ait fait. Indépendamment de toute considération sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, si les partisans de l’Algérie française et du maintien des trois départements d’Afrique du Nord dans le giron national avaient eu gain de cause, la moitié de la population française serait aujourd’hui musulmane, sans compter la guerre civile contre les islamistes qui déchira par la suite l’Algérie indépendante et dont la France aurait probablement héritée.
Comme chacun le sait, De Gaulle fut obligé de faire face à de graves rébellions, à une menace de coup d’Etat militaire et à plusieurs tentatives d’assassinat dont celle du Petit- Clamart (après les accords d’Evian) dont il a échappé par miracle avec son épouse et son gendre, sa Citroën DS ayant été criblée de balles. Ce dernier attentat fut exécuté par des membres de l’OAS (Organisation Armée Secrète) et planifié par le lieutenant-Colonel J.M Bastien-Thiry qui fut fusillé.
Le pèlerinage du 9 novembre dernier à Colombey-les-Deux-Eglises nous donne une bonne occasion de ricaner car on a vu défiler un lot de descendants idéologiques de ceux qui voulaient la mort de De Gaulle. Ceux qui considèrent aujourd’hui que la France est menacée d’être submergée par une invasion musulmane, alors que leurs ascendants idéologiques, œuvraient dans une vision à courte vue, les armes à la main, pour qu’un jour ou l’autre les musulmans deviennent majoritaires dans le pays.
Les morts ne ricanent pas, sinon De gaulle aurait pu s’ébaudir en voyant défiler pour lui rendre hommage, des représentants de la droite et de l’extrême droite dont le président du groupuscule Siel, Karim Ouchikh, Renaud Camus qui théorise le « grand remplacement », un représentant du Rassemblement national (et on connaît les opinions qu’avait J.M. Le Pen lors de la guerre d’Algérie), Florian Philippot (qui n’a jamais caché sa sympathie pour le général) et Nicolas Dupont-Aignan accompagné de 200 sympathisants.
Sans trop faire dans la fiction, je pense que l’on n’a peu de chance de se tromper en supposant que tous ces admirateurs de De Gaulle aujourd’hui auraient été hier ses détracteurs les plus féroces, jusqu’à souhaiter sa mort, et auraient défendu l’Algérie française (comme le fit J.M Le Pen et bien d’autres sans être de la même tendance politique). Ils auraient sans doute sympathisé au début des années 60 avec l’OAS en rébellion contre l’Etat français, et peut-être même que certains en auraient fait partie.
L’histoire ne manque pas d’ironie, avec le temps et les troubles de mémoire de ses acteurs, la haine peut se transformer en dévotion et vice versa.