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Les impertinences du Dr WO

La haine n’est plus ce qu’elle était

De Gaulle a mis fin à la guerre d’Algérie et il est heureux qu’il l’ait fait. Indépendamment de toute considération sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, si les partisans de l’Algérie française et du maintien des trois départements d’Afrique du Nord dans le giron national avaient eu gain de cause, la moitié de la population française serait aujourd’hui musulmane, sans compter la guerre civile contre les islamistes qui déchira par la suite l’Algérie indépendante et dont la France aurait probablement héritée.

Comme chacun le sait, De Gaulle fut obligé de faire face à de graves rébellions, à une menace de coup d’Etat militaire et à plusieurs tentatives d’assassinat dont celle du Petit- Clamart (après les accords d’Evian) dont il a échappé par miracle avec son épouse et son gendre, sa Citroën DS ayant été criblée de balles. Ce dernier attentat fut exécuté par des membres de l’OAS (Organisation Armée Secrète) et planifié par le lieutenant-Colonel J.M Bastien-Thiry qui fut fusillé.

La haine n’est plus ce qu’elle était

Le pèlerinage du 9 novembre dernier à Colombey-les-Deux-Eglises nous donne une bonne occasion de ricaner car on a vu défiler un lot de descendants idéologiques de ceux qui voulaient la mort de De Gaulle. Ceux qui considèrent aujourd’hui que la France est menacée d’être submergée par une invasion musulmane, alors que leurs ascendants idéologiques, œuvraient dans une vision à courte vue, les armes à la main, pour qu’un jour ou l’autre les musulmans deviennent majoritaires dans le pays.

Les morts ne ricanent pas, sinon De gaulle aurait pu s’ébaudir en voyant défiler pour lui rendre hommage, des représentants de la droite et de l’extrême droite dont le président du groupuscule Siel, Karim Ouchikh, Renaud Camus qui théorise le « grand remplacement », un représentant du Rassemblement national (et on connaît les opinions qu’avait J.M. Le Pen lors de la guerre d’Algérie), Florian Philippot (qui n’a jamais caché sa sympathie pour le général) et Nicolas Dupont-Aignan accompagné de 200 sympathisants.

Sans trop faire dans la fiction, je pense que l’on n’a peu de chance de se tromper en supposant que tous ces admirateurs de De Gaulle aujourd’hui auraient été hier ses détracteurs les plus féroces, jusqu’à souhaiter sa mort, et auraient défendu l’Algérie française (comme le fit J.M Le Pen et bien d’autres sans être de la même tendance politique). Ils auraient sans doute sympathisé au début des années 60 avec l’OAS en rébellion contre l’Etat français, et peut-être même que certains en auraient fait partie.

L’histoire ne manque pas d’ironie, avec le temps et les troubles de mémoire de ses acteurs, la haine peut se transformer en dévotion et vice versa.

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S
La nostalgie prendra-t-elle bientôt place dans votre chrestomathie personnelle, Doc ?<br /> Elle y aurait sa place ! 
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P
Ils ne sont pas contents? Ils devraient.
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P
Les partisans de l'Algérie française d'alors sont bien contents d'avoir perdu: ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent. 
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L
Comme le paysage n'offre plus de grands hommes, la nostalgie les fait honorer de Gaulle aujourd'hui, qu'hier il voulaient flinguer!
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C
L'hommage à De Gaulle c'est pour tenter de jeter un voile pudique sur leur passé collectif de collaboration avec l'ennemi,  leur haine des juifs, des noirs, des homosexuels et des femmes émancipées. <br /> Mais ne crions pas victoire trop vite : Zemmour  et quelques autres se dépensent sans compter (et avec quelque succès) pour redonner à l'extrême droite la fierté de ses fondamentaux idéologiques.
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B
C'est ben vrai, ça... (ou "Le prestige n'est plus ce qu'il était")<br /> (sous-titre: "tout fout l'camp")<br /> <br />                                                       octobre 1959<br /> <br />                                                       novembre 2018<br />  
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