Publié le 29 Mars 2018

"Des médecins du quotidien ont décidé d'alerter sur la part grandissante de pseudo-médecines à l'efficacité non prouvée et aux promesses fantaisistes qui sont proposées aux patients.

Sous couvert d'une prétendue innocuité bien moins évidente qu'il n'y paraît et produisant un discours à la limite du complotisme, entretenant la confusion dans l'esprit du public entre médecine scientifique et croyances, ces « disciplines » à la tête desquelles trône l'homéopathie font beaucoup plus de mal que de bien.

Ainsi ces médecins demandent l’exclusion de ces disciplines ésotériques hors de la caution que leur apportent les médecins ou les institutions médicales. Il est important que les patients cessent d'être abusés par ces remèdes illusoires, juste bons à profiter des effets contextuels. Même si nous reconnaissons l’utilité de ces effets contextuels, ils s’appuient sur un discours ésotérique et fallacieux qui ne font pas le cœur et l'efficacité de ce que devrait être la médecine scientifique basée sur des preuves."

Ce texte introduit une tribune, signée par 124 médecins et publiée le 19 mars 2018 dans le Figaro, s’élevant contre la place de plus en plus grande que prennent les médecines alternatives utilisées par des médecins eux-mêmes. Le diplôme médical donnant en quelque sorte une caution scientifique à ces traitements, d’autant plus que leur pratique est parfois enseignée (donc aux frais de la société) dans le cadre hospitalo-universitaire. Ajoutons que l’ex-ministre de la Santé Roselyne Bachelot a apporté son soutien à l’homéopathie avec comme preuve le succès de la méthode sur son chien, en déclarant sur LCI :

"J'ai évidemment lu avec beaucoup d'intérêt votre tribune. D'abord, c'est une tribune qui est, pour résumer, contre l'homéopathie. Le titre contre la montée des "fake médecines" met un peu dans le même paquet toutes sortes de thérapeutiques qui peuvent relever purement du charlatanisme. Est-ce qu'on peut rappeler quand même que l'homéopathie pour être remboursée doit être pratiquée par des docteurs en médecine qui sont des gens qui ont obtenu le même diplôme que le vôtre ? Moi j'ai soigné mon chien à l'homéopathie. Là, l'effet placebo est assez limité, mais enfin peut-être qu'il me voyait avec mon tube de granules et qu'il se disait 'Cette femme-là me veut du bien'… C'est peut-être ça qu'il s'est passé, parce ça marchait très très bien".

Nombre de sociétés savantes dans le monde (dont l’Académie de Médecine en France et le Conseil scientifique des académies des sciences européennes : Eaasae) sont à l’unisson (mais avec moins de virulence) de cette tribune.

Cette querelle à l’intérieur même du milieu médical ne semble pas devoir cesser, et comme il fallait s’y attendre les médecins homéopathes (Ils sont 5000 en France) ont vivement réagi à cette tribune, s’agissant de leur gagne-pain, appuyés par le laboratoire Boiron le premier fabricant mondial de granules homéopathiques (1) dont certains sont remboursés par l’Assurance maladie à hauteur de 30%. (2)

« Dans un communiqué, Union Collégiale indique avoir été rejoint dans cette initiative par le Syndicat des Médecins Indépendants Libéraux Européens, le Syndicat de la Médecine Homéopathique, le Syndicat des Mésothérapeutes Français, et des médecins libéraux pratiquant ces médecines alternatives dénoncées dans la tribune »

Et des plaintes disciplinaires ont été déposées devant l'Ordre des médecins contre les médecins signataires de cette tribune qui met les deux pieds dans le plat.

Les partisans des médecines alternatives se disent scandalisés par cette tribune "anti confraternelle, sectaire et réactionnaire de quelques médecins / qui revendiquent / la disparition du champ médical de l’homéopathie mais aussi de l’acupuncture et de la mésothérapie".

C’est vrai que cette tribune est anti-confraternel car le Conseil de l’Ordre et les autres confrères nous invitent toujours à nous taire sur les conneries que les autres peuvent faire. Mais il faut aussi ajouter que si cela n’était pas le cas, le monde médical risquerait d’exploser.

Enfin, traiter de réactionnaires des médecins qui veulent s’appuyer pour leur pratique sur des preuves scientifiques est du plus haut comique : l’hypothèse plus ou moins farfelue de Hahnemann sur laquelle est basée l’homéopathie date de 1796, quant à l’acupuncture elle a plus de 5000 ans !

Ce qui ne retire rien à l’intérêt de l’écoute du patient que peut avoir un homéopathe, et de l’effet placebo des granules homéopathiques dont la seule nocivité serait de retarder un traitement efficace pour une maladie sérieuse dont on peut espérer qu’elle n’échapperait pas à un médecin suffisamment compétent pour ne pas se contenter de l’homéopathie.

(1) En 2017 le chiffre d'affaires du laboratoire Boiron a été de 618 millions € avec un bénéfice net de 78 millions €

(2) En 2016 l'Assurance maladie a remboursé 128,5 millions € pour l'homéopathie. En Allemagne (Hahnemann était saxon)) le remboursement peut aller jusqu'à 100% et le marché de l'homéopathie aurait été de 600 millions € en 2016 (1/3 de la population aurait recours à ces granules)

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Publié le 29 Mars 2018

Dessin de Pessin paru dans Slate le 27 mars 2018

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Publié le 28 Mars 2018

Il avait eu du succès de son vivant. Il est mort en 1964, à l'âge de 66 ans. Il était de ceux qui ont connu les deux guerres : gazé pendant la première et arrêté par la Gestapo pendant la seconde, mais libéré grâce à l'intervention de Jean Paulhan auprès d'un sculpteur allemand.

Je n'ai pas trop aimé les sculptures exposées (beaucoup de têtes). Sa peinture fait partie du style "informel" et du "tachisme" pour la dernière partie de son oeuvre, notamment la série des "objets" qui m'a laissé complètement froid. Réfugié dans un atelier proche du lieu ou les tortionnaires de la Gestapo et de la milice déposaient leurs victimes, Fautrier a peint une longue série de têtes d'otages, dont voici un exemple : Otage n° 3, tableau peint en 1945. Chair et souffrance y sont exprimées

L'exposition Jean FautrierM

Mais ce que j'ai aimé, ce sont ses premiers tableaux, ceux de sa période noire et grise :

L'exposition Jean Fautrier

Trois vieilles femmes (1923)

L'exposition Jean Fautrier

Tête de femme au bordel 1923

L'exposition Jean Fautrier

Andrée Pierson de dos à sa toilette. Son premier modèle et sa première compagne

L'exposition Jean Fautrier

Lac bleu I.

Fautrier connaissait bien la montagne. A bout de ressources après la crise de1929, il était devenu moniteur de ski pendant 5 ans et a même géré un hôtel.

J'ai été étonné par sa représentation des fleurs, inhabituelle par les couleurs sombres utilisées, mais que j'ai beaucoup aimée :

L'exposition Jean Fautrier

Bouquet de lys

L'exposition Jean Fautrier

Bouquet de fleurs noires

L'exposition Jean Fautrier

Forêt

L'exposition Jean Fautrier

Les grands arbres. Tableau plus tardif 1958, comme le suivant

L'exposition Jean Fautrier

Tourbe.

L'exposition Jean Fautrier

Les deux pichets. Une fin de visite qui s'arrose.

 

 

 

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Publié le 27 Mars 2018

Une matinale désopilanteComme beaucoup j’écoute la radio en début de matinée avec une tendance de plus en plus prononcée à écouter du jazz, musique presque toujours joyeuse et belle lorsqu’elle est mélancolique.

Mais ce matin je ne regrette pas d’avoir écouté Christophe Castaner, membre du gouvernement, interrogé par Demorand sur France Inter. J’ai eu droit à une prestation tragi-comique à propos de la conduite à tenir après l’attentat de Carcassonne, dernier opus d’une longue liste d’assassinats perpétrés par des musulmans dits radicalisés, la radicalisation n’étant reconnue qu’au moment de la tuerie ou de sa préparation car avant les assassins ne sont que de modestes fichés S, intouchables car trop nombreux (25000 dit-on !).

J’ai d’abord eu droit à l’inusable et répété « vivre ensemble ». Le gouvernement marche toujours au son de cette antienne sans vouloir comprendre (apparemment) que les assassins effectifs ou potentiels n’ont aucunement l’intention de vivre avec nous. Ils veulent simplement nous convertir ou nous tuer. Depuis le temps, il faut être idiot pour ne pas le comprendre.

Ensuite, Mr Castaner étant très en forme, j’ai eu droit au sempiternel traitement social du fanatisme islamique. Avec un désopilant : il veut se marier, il ne trouve pas d’appartement, alors il bascule dans la radicalisation. Merde, je n’ai pas les moyens de me payer un appartement pour m’installer alors je prends ma kalach. et je fais un carton. Il faut comprendre. D’ailleurs on se demande pourquoi les très nombreux non musulmans qui sont dans le même cas ne font pas la même chose en sortant déçus d’une agence immobilière.

Hein, avouez, il ne fallait pas rater ça.

Puis Demorand interroge le substitut du gouvernement sur l’antisémitisme en France et les nombreuses agressions dont les Juifs sont victimes alors qu’ils ne représentent que 1% de la population française. A propos des deux vieilles dames ayant échappées au nazisme mais succombées à l’islamo-fascisme, l’exploit ayant constitué à battre et défenestrer la première, à poignarder et à brûler la seconde.

Castaner comme Demorand ont parlé du nouvel antisémitisme, et à aucun moment il n'a été dit qu’il est le fait d'arabes ou de musulmans. Il ne faut surtout pas dire ce qui est pour ne pas stigmatiser (j’ai également eu droit à la « stigmatisation »).

Silence, on tue.

Mais ce nouvel antisémitisme n’a rien de nouveau : dès qu’il est devenu puissant, Mahomet – un modèle – a liquidé les tribus juives de Médine en reconnaissance de l’avoir accueilli lorsqu’il avait été chassé de la Mecque.

Bien sûr, toutes les suggestions des auditeurs pour faire face au progrès de l’islamisme (le mot progrès associé à l’islamisme me semble être un oxymore), ont été repoussées, d’abord parce que nous sommes un état de droit, un droit qui protége davantage les assassins potentiels que les futures victimes, ensuite parce que les experts disent que telle ou telle mesure ne servirait à rien. Nous savons en effet que les experts savent tout, et en particulier les résultats d’une mesure qui n’a jamais été essayée.

Finalement, je me demande si cette matinale était si désopilante que ça.

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Publié le 26 Mars 2018

Aujourd’hui, à Paris, il fait un peu frisquet mais le soleil réchauffe dans un ciel bleu à peine maculé de quelques petits nuages d’un beau blanc, exempts pour l’instant de menace. Le petit arbre derrière moi est toujours fleuri malgré le froid récent, la honte pour les grands arbres qui n’exhibent que des bourgeons à peine visibles.

Je lis paisiblement sur un banc lorsque des soldats apparaissent dans l’allée.

Exactement six. Pas moins. Trois sur chaque côté de l’allée. Ils marchent lentement, le béret basque sur la tête, lourdement chargés, l’arme automatique noir à la hanche dont le canon passe sous mon nez, le casque à la ceinture recouvert d’un camouflage, les multiples poches du torse aux chaussures pleines d’objets mystérieux dont la destinée m’échappe. Et bien qu’il fasse frisquet l’un des soldats, le visage concentré, essuie de sa main libre une goutte de sueur sur son front.

Ils passent d’un pas lourd, conscients de leur inutilité, mais peut-être servent-ils de cibles comme des paratonnerres ? Non, des décisions décisives ont sans doute été prises en haut lieu : la troupe a été envoyée au parc Monceau.

Ma voilà rassuré.

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Publié le 25 Mars 2018

« Ce samedi 24 mars, les femmes, mais aussi les hommes, marchent / pour la cinquième fois / en France et en Europe contre l’endométriose, cette maladie encore mal connue, qui pourrait toucher jusqu'à 10% des femmes en âge de procréer » (la presse)

262. La maladie citoyenne

L’une des marraines, issue, bien entendu, du monde du spectacle, a déclaré : "Tout peut arriver, continuez à y croire et vous battre".

L’endométriose est liée à l’existence de cellules de la muqueuse de l’utérus en dehors de celui-ci. Ces cellules ectopiques sont habituellement situées sur la muqueuse de la partie terminale de l’intestin (sigmoïde et rectum). Ces dernières, bien que placées au mauvais endroit, subissent le sort de la muqueuse utérine et notamment l’influence des hormones entrainant des manifestations diverses, surtout douloureuses, au moment des règles.

On ne peut donc pas lutter contre l’endométriose "Tout peut arriver, continuez à y croire et vous battre" est une déclaration assez curieuse, c’est un peu comme si l’on déclarait devoir croire à la lutte finale contre les pieds plats, cela étant dit avec tout le respect que je dois à ces femmes très handicapées pendant leur période de fertilité.

On ne lutte pas contre l’endométriose (et on ne marche pas pour…), on doit la dépister et la traiter, ce n’est pas un problème de société, mais un problème médical. En fait, cette marche me paraît plus destinée aux médecins qu’au public ou aux autorités, et le message sérieux est, et rien d’autre : médecins, sachez faire le diagnostic pour pouvoir nous traiter ! Mais le diagnostic comme le traitement ne sont pas toujours simples.

Jusqu’aux années 80 du siècle dernier, la maladie était discrète, on s’efforçait même de la cacher aux autres, elle gardait la chambre. Depuis, de la chambre, elle est descendue dans la rue. Les malades s’organisent en associations, forment des groupes de pression, protestent jusqu’à l’insulte, réclament, défilent et manifestent. Ils s’estiment injustement frappés et exigent que tout soit fait pour qu’ils puissent recouvrir la santé, qui, comme chacun le sait, est un droit.

La maladie est devenue un problème politique depuis l’apparition du SIDA frappant surtout les homosexuels. Mais les chercheurs et les médecins n’ont pas eu besoin des manifestations de rue à l’époque pour trouver le virus responsable du SIDA et le traitement d’une maladie mortelle touchant des millions de personnes, sa gravité était une motivation bien suffisante pour stimuler les biologistes et les médecins.

262. La maladie citoyenne

Si l’on comprenait l’angoisse des personnes atteintes ou menacées par la SIDA pour les pousser à descendre dans la rue au siècle dernier, on comprend moins les manifestations revendicatives récentes alors que le traitement existe et est distribué gratuitement en France, qu’il suffit par ailleurs de mettre un préservatif ou d’éviter les comportements à risque pour ne pas contracter la maladie. Dans ces conditions on peut trouver déplacé que les gouvernements soient aujourd’hui considérés par les manifestants comme coupables des comportements à risque que nombre d’entre eux continuent à avoir, attitude que l’on peut juger irresponsable sur le plan médical puisque pérennisant la maladie. Ce n'est pas le gouvernement, quel qu'il soit, qui est désespérant mais ceux plus que celles qui ne prennent pas les précautions nécessaires pour éviter la contagion.

262. La maladie citoyenne

On peut également s’étonner des manifestations des patientes traitées par le Lévothyrox réclamant l’ancienne formule du médicament alors que la nouvelle formule est identique pour le produit actif (l’hormone thyroïdienne) la seule différence portant sur deux excipients sans effet notable, les troubles ressentis ne pouvant s’expliquer que par un manque d’information et un gigantesque effet nocebo (perception de troubles que l’on craint de ressentir) amplifié par les médias et les réseaux sociaux.

Manifester pour demander au gouvernement en place de supprimer une maladie (par ordonnance, peut-être ?) ou pour intervenir dans la composition d’un médicament en se basant uniquement sur le ressenti et la crainte, c’est aller loin dans l’expression citoyenne de la maladie.  

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Publié le 23 Mars 2018

Notre ministre de l’Intérieur a déclaré à propos de l’assassin de Carcassonne et de Trèbes qui a tué aujourdhui au nom de son dieu : « il avait 26 ans et était connu pour des faits de petite délinquance et nous l'avions suivi et nous pensions qu'il n'y avait pas de radicalisation, mais il est passé à l'acte brusquement ». Cette déclaration amène à me poser quelques questions naïves

- J’aimerais d’abord que l’on me définisse ce qu’est la radicalisation – que l’on pourrait plus exactement appeler : fanatisme islamique – alors qu’il semble que ce petit délinquant devenu un grand assassin était d’après Le Parisien un homme "très actif sur les réseaux sociaux salafistes" qui "avait été incarcéré à Carcassonne en 2016" et était "soupçonné d'avoir effectué un voyage en Syrie". Si cette dernière affirmation est exacte, il s’agissait donc d’un voyage touristique en zone de guerre.

- Selon France info, L'assaillant était "inscrit au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT)". Dans ce cas en quoi consiste cette prévention qui paraît manifestement inopérante car on ne s'adresse pas à une maladie ?

- Avec ces antécédents, Collomb paraît surpris que le sus-pas nommé soit brusquement passé à l’acte. Parce qu’il est bien connu qu’un terroriste passe lentement, progressivement, à l’acte afin d’avertir les services de police dont il est bien connu.

- Enfin que veut exactement dire « suivi » car il est bien entendu impossible de mettre un policier derrière tout individu suspect, de surcroît un pseudo non radicalisé. Un suivi qui n’a pas empêché cet individu de s’armer et de tuer.

Cependant, il serait injuste de critiquer la compétence des services policiers qui ont montré leur efficacité par ailleurs dans des situations difficiles où les assassins cherchent à mourir, et en déjouant des attentats d'après ce qui nous a été annoncé. S'il existe une prévention, peut-être devrait-elle s'établir bien en amont, mais ce qui nécessiterait la modification d'une législation qui, en définitive, protège davantage les criminels potentiels que les futures victimes .

L'assassin d'aujourd'hui serait Marocain ou Franco-Marocain. Dans le premier cas en tant qu’étranger, on pouvait estimer qu’il était indésirable en France. En tant que Franco-Marocain, on regrette le tollé qui a suivi la proposition de Hollande de déchoir éventuellement de la nationalité française une personne ayant une double nationalité avec l’argument très discutable que l’on créerait ainsi une inégalité. Mais s’il existe une inégalité, elle est dans l’autre sens, en faveur des binationaux par rapport aux Français qui n’ont qu’une seule nationalité. Combien de binationaux en délicatesse avec la justice française sont partis se réfugier dans l’autre pays dont ils ont également la nationalité. Les Français qui ne sont que Français n’ont pas cet avantage. Où est l’inégalité ? D’autant plus qu’il me semble qu’il existe dans le code pénal la possibilité de déchoir de sa nationalité un Français qui n’en a qu’une, et si l'exil n'existe plus, on pourrait peut-être le remettre à la mode.

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Publié le 21 Mars 2018

Aujourd’hui, j’ai attrapé un an de plus. Certes, ça m’est venu progressivement, un peu chaque jour, mais ce matin c’est officiel : je suis affligé d’un deuxième chiffre différent. L’impact psychologique est cependant moins grave que lorsque c’est le premier qui change. Encore une illusion.

Il est de coutume de souhaiter dans ce cas un « joyeux anniversaire ». Lorsque l’on est jeune, vieillir est presque toujours joyeux, c’est acquérir plus de force, plus de connaissances, et plus d’autonomie. Passé un certain âge, un anniversaire est le signe du grignotage d’une vie descendante.

Néanmoins, quel que soit l’âge, un anniversaire réserve une vraie joie : celle d’être encore en vie.

J’ai cherché une illustration de cette joie de vivre et je l’ai trouvée dans un tableau de Picasso :

« Deux femmes courant sur la plage ». Je ne connais aucun autre tableau qui exprime à ce point le mouvement, la vitalité et la liberté.

Joie de vivre

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Publié le 20 Mars 2018

Une déclaration gratuite« Les transports en commun gratuits à Paris ? Anne Hidalgo y réfléchit »

Avec la perspective de limiter le nombre de voitures circulant dans Paris pour diminuer la pollution. La piétonisation des berges de la Seine ayant eu comme effet d’aggraver les embouteillages et de gêner ceux qui travaillent, de permettre aux oisifs de musarder le long de la Seine mais sans diminuer la pollution pour autant.

Le raisonnement serait donc le suivant : les gens attirés par la gratuité abandonneront leur véhicule pour saturer davantage trains, autobus, métro et trams. On voit que Mme Hidalgo ne prend pas souvent le métro, la voiture officielle et gratuite dont elle dispose et qu’elle utilise largement étant tout de même plus confortable que le corps à corps aux heures de pointe assorti d’une pollution maximum en microparticules dangereuses.

Ce qui voudrait dire aussi que les gens prendraient leur véhicule (notamment lorsqu’ils habitent la banlieue) uniquement par mesure d’économie. Il faut croire que Mme Hidalgo n’achète pas sa voiture, ne paye aucun frais dessus qu’il s’agisse de l’assurance, de l’entretien et bien sûr de l’essence. Il me semble évident que les gens n’utilisent pas leur voiture pour économiser le prix d’un ticket, d’un billet ou du passe Navigo. Dans la région parisienne, les gens prennent à présent leur véhicule par nécessité et il est donc très probable qu’ils continueront à le prendre.

Ajoutons que la gratuité a un prix que les Parisiens paieront d’une façon ou d’une autre. Et que les expériences faites dans de grandes villes comme Seattle n’ont pas eu de lendemain.

N’oublions pas que les élections municipales ont lieu dans deux ans et finalement cette déclaration, même si elle n’aboutit à rien de concret, n’est pas si gratuite que ça.

NB. Que les éventuels visiteurs n’habitant pas la région parisienne veuillent bien m’excuser pour ce billet qui ne présentent pour eux aucun intérêt. Mais il est possible que ce soit également le cas pour ceux qui y habitent.

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Publié le 19 Mars 2018

Le temps recule

Excellente nouvelle : le temps recule. A deux doigts du printemps il fait à nouveau froid, la neige a recouvert les branches des arbres prêts à fleurir, et coiffé les arbustes désorientés d’un béret blanc.

Pas de doute, nous retournons en hiver.

Peut-être allons-nous rajeunir.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 18 Mars 2018

Bête et incroyable

Un spécialiste en "exploration de conscience" a été embauché par un hôpital pour effectuer un "nettoyage énergétique" en "neutralisant les flux d'énergies négatives" du bâtiment. Ce "chasseur de mauvaises ondes", par ailleurs concessionnaire automobile, a été rémunéré 95 000€. Il ne s’agit pas d’un hôpital (lieu où l’on croit tout de même aux preuves scientifiques) dans un pays où la superstition fait partie de la culture, mais d’un hôpital autrichien avant son ouverture.

Le diocèse de Vienne a fait remarquer, non sans ironie, qu'"une simple bénédiction aurait été moins coûteuse". Il est regrettable dans cette affaire que la municipalité n’ait pas recouru à un appel d’offre en matière d’absurdité.

Source : Egora.fr / AFP

Bête et méchant

Il s’agit d’un pays : le Salvador, pays très très catholique où règne le crime et où l’avortement est non seulement interdit mais les fausses couches spontanées sont également soupçonnées d’avoir été provoquées (le soupçon étant d’autant plus fort quand la grossesse est secondaire à un viol). La perte d’un fœtus est ainsi assimilée à un « homicide aggravé », puni de 30 à 50 ans de réclusion. Voir « Bonté christique ».

Dans ce pays bête et méchant, une bonne nouvelle : Maira Figueroa vient d’être libérée de prison. Cette femme âgée de 34 ans avait passé quinze ans derrière les barreaux car à l’âge de dix-neuf ans, enceinte (après avoir été violée), elle a été victime d’une hémorragie.

Source : JIM.fr

Bête et rigolo

Il est dommage que les violeurs du Salvador n’aient pas pu disposer du "slip contraceptif" pour homme, conçu par un médecin toulousain et dont la fonction est de remonter les testicules. Porté quinze heures par jour, « il augmenterait la température des testicules et permettrait ainsi une limitation de la spermatogénèse et une infertilité réversible ». Ce dispositif a été présenté dans le cadre du colloque « contraception pour tou.te.s » (pitié pour la langue française !) qui s’est tenu à  Rennes le 10 mars. Ce caleçon aurait pour acronyme : RCT pour "remonte couille toulousain ».

Source : JIM.fr

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Publié le 16 Mars 2018

Le juge qui a libéré Bertrand Cantat en 2007, déplore « sa mise au pilori en place médiatique » considérant qu’il a purgé sa peine (pas trop longtemps tout de même), qu’il n’est pas un assassin puisqu’il n’a pas voulu donner la mort, et qu’il a le droit de se réinsérer en reprenant ses anciennes activités.

Les avis sont partagés, chacun y va du sien, et il n’y a aucune raison pour que je ne donne pas le mien, qui n’a, je vous l’accorde aucun intérêt. Je vais donc rejoindre la meute médiatique en aboyant discrètement.

La purge est d’abord un terme médical de libération des intestins de ce qui l’encombre. Un nettoyage, une remise à neuf. On efface tout pour pouvoir recommencer comme si rien ne s’était passé. Est-ce que dans le cas de Cantat l’incarcération purgative l’a remis à neuf en effaçant tous ses travers anciens et éventuellement encore présents ? Peut-être. Je sais bien que plus rien devoir à la société après avoir purgé sa peine est un postulat juridique sans doute nécessaire, mais s'Il y a des délits comme le vol qui s'effacent aisément après la peine accomplie, l'incarcération d'un tueur n'efface jamais la mort de sa victime.

La personnalité de ce chanteur n'est guère attachante. Son passé montre qu’il n’a pas cessé d’être violent à l’égard de ses compagnes dont l’une s’est suicidée. Sa personnalité violente a-t-elle été purgée ? Peut-être. Avant sa libération conditionnelle il a été examiné par des « experts ». On connaît la valeur des expertises dans l’évaluation des personnalités limites et il est impossible d’évaluer à froid ce que deviendrait cette personnalité sous l’effet de la drogue, de l’alcool ou simplement de la jalousie. Marie Trintignant a tout de même été tuée parce qu’elle avait reçu un message de son ex. lui demandant benoîtement de ses nouvelles.

La profession de Cantat n'est pas banale, se réinsérer dans toutes ses activités anciennes, c'est l’amener à se produire sur scène, à se pavaner en cherchant l’approbation, voire l’amour de son public, à être applaudi en tant qu’individu dont le talent devrait faire ainsi oublier ce qu’il a été par ailleurs, c’est à dire une brute s’attaquant aux femmes dont il est aimé et avec la responsabilité de la mort de deux d’entre elles.

On pouvait espérer de cet individu un peu plus de discrétion. Rien n’empêchait Cantat de se réinsérer en composant des chansons et même à les enregistrer. Mais se pavaner sur une scène, devant ses fans qui ne trouvent rien à y redire, me paraît culotté et sans pudeur après ses exploits brutaux, purgés ou pas.

Notons que des hommes accusés d’agressions sexuelles, souvent sans jugement ou même avec un jugement les innocentant, sont mis au ban de la société et ne pourront plus exercer leur profession notamment dans le spectacle, alors que l’on trouve juste qu’un Cantat, dont l’agression sur sa compagne fut mortelle, reprenne ses spectacles sur scène après quelques années de prison. Le viol est un crime mais est-il plus grave que de frapper sa compagne jusqu'à la tuer ?

 

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Publié le 15 Mars 2018

Une littérature apocalyptique

Une littérature, mais également les images qui peuvent en être tirées : les films, les téléfilms, les BD et autres étant toujours précédés et/ou accompagnés d’écrits.

Cette littérature apocalyptique est celle de la science-fiction qui pourrait troquer son nom pour celui de science-affliction tellement les récits de l’avenir qu’elle dépeint sont désespérés. Certes, l’avenir se termine toujours mal qu’il s’agisse de l’avenir de chaque individu - bien que les religions vous promettent un avenir radieux si vous le méritez avec une garantie de durée éternelle - qu’il s’agisse de la terre ou du soleil, l’une et l’autre étant destinés à disparaître dans un délai que l’on peut calculer. Pour l’Univers, je ne me mouillerai pas.

Je n’ai lu aucun récit optimiste. Je comprends bien qu’un récit où tout baigne serait ennuyeux et peu vendeur, alors les auteurs rivalisent en général dans le pire.

J’ai lu beaucoup de science-fiction dans ma jeunesse et j’ai récemment un peu renoué avec. Bien sûr, les auteurs imaginent des mondes futurs différents mais on retrouve, le plus souvent, trois thèmes plus ou moins associés :

D’abord, le totalitarisme : l’individu est écrasé et uniformisé dans une société ou une communauté dont il doit suivre les règles contraignantes et dont il ne peut s’extraire. L'homme se robotise et le robot s'humanise. Le monde futur est policier et surveillé, et l’on persuade l’individu que cette structure totalitaire a été mise en place pour son bien, qu’il n’y a aucun salut en dehors. Ce qui laisse la place à quelques héros rebelles.

Ensuite, L’inégalité. Le monde est divisé en clans inégaux et séparés. La société du futur est une juxtaposition imperméable de castes, les unes plus avantagées que les autres.

Enfin, la planète est irrespirable. Soit après une guerre mondiale destructrice laissant une terre en ruine et pelée, soit par l’évolution de la biosphère sous l’effet d’une humanité irresponsable. Ce dernier thème est nettement plus présent dans les ouvrages plus récents.

On voit que les auteurs de cette littérature apocalyptique jouent sur trois thèmes du présent :

- La crainte du totalitarisme et pour eux la démocratie ne semble avoir aucun avenir.

- La montée des inégalités qui, elles, auraient un bel avenir.

- L’aggravation de la pollution, l’accumulation des déchets, la disparition des espèces.

Où est la fiction ?

Illustration : une image de « Soleil vert »

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Publié le 13 Mars 2018

 

Les surprises du surgelé

En parcourant Slate, Je suis tombé sur cette belle photo[1] : aurore sur la ville de Longyearbyen, capitale d’un archipel norvégien situé près du pôle nord. On apprend dans l’article que les règles imposées à ses habitants ne manquent pas d’originalité et s’expliquent par le grand froid qui règne dans cette cité. On peut s’étonner qu’il y ait encore des habitants en ce lieu, d’autant plus que les municipalités n’acceptent plus de nouveaux habitants. Il est tout de même surprenant qu’il puisse y avoir des candidats pour affronter des conditions de vie aussi difficiles et qu’ils soient repoussés.

Que les êtres humains qui postulent ne se sentent pas discriminés, car les chats non plus n’ont pas droit de cité, mais dans leur cas c’est pour protéger les volatiles. Les chômeurs, comme les chats, sont priés d’aller voir ailleurs, car chacun doit pouvoir survenir à ses besoins. Les habitants ne peuvent même pas trouver un peu de chaleur dans l’alcool car sa vente est contingentée, son prix étant dérisoire le risque d’alcoolisme est élevé.

Le plus étonnant est qu’il est interdit de naître et surtout de mourir à Longyearbyen. Naître, c’est compréhensible : il n’y a pas d’hôpital et les femmes vont accoucher sur le continent. Pas de maisons de retraite et les patients en phase terminale, eux, sont transportés 0slo, à 2000 km, pour y mourir. La municipalité ne veut pas depuis 1950 qu’ils meurent dans la ville car les cadavres conservés par le froid ne se décomposent pas. Cependant pour les réchauffer l’incinération reste possible.

C’est ainsi que l’on a retrouvé en ce lieu polaire des cadavres bien conservés et porteurs du virus de la grippe H1N1, encore prêts à l’action. Virus qui avait été responsable de la pandémie mondiale de 1918-1919 et dont la mortalité a été estimée entre 50 et 100 millions de terriens. Elle a provoqué en Europe bien plus de morts que la guerre en tuant une part de ceux qui avaient échappé au massacre, comme Apollinaire. Un des remèdes utilisés fut le rhum qui pouvait permettre de mourir dans l'ivresse. Cette grippe a été qualifiée d’espagnole en raison de la censure imposée pendant l’année 1918 par les belligérants afin de ne pas démoraliser les troupes au combat en leur signalant l’apparition d’un adversaire bien plus redoutable que l’ennemi. Par contre les espagnols qui n’étaient pas engagés dans le conflit ont informé la population du fléau, le messager devenant en quelque sorte le responsable de la pandémie. Il semble que ce sont les troupes américaines qui auraient transporté le virus d’origine aviaire d’un continent à l’autre.

Cette grippe survenue il y a un siècle fut la plus grande pandémie des temps modernes. Mais lors d’une réunion récente de l’OMS, une maladie X a été inscrite comme fléau possible dans l’avenir, car l’OMS s’attend à la survenue d’une maladie jusqu’ici inconnue dont on ne connaît ni l’origine, ni la prévention, ni le traitement. Nous voilà rassurés et bien avancés.

 

[1] aurora over longyearbyen | Christer van der Meeren via Flickr CC License by

 

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 10 Mars 2018

Journalistes, coupez l’antienne !En cette période d’agitation féministe, j’ai entendu ce matin pour la centième fois peut-être la citation de Simone de Beauvoir : « On ne nait pas femme, on le devient ».

Les journalistes ont la fâcheuse habitude d’ouvrir des tiroirs, d’en sortir des phrases toutes mâchées et de les répéter dès que l’occasion se présente. Mais celle de Simone finit par donner la nausée à force d’être servie sur les plateaux depuis que la parole des femmes s’est libérée, sans doute pour donner à l’auditoire l’illusion d’avoir lu du Beauvoir, mais je suis persuadé que peu l’ont lu et que peu en lise (pour ce qui me concerne j’ai lu dans ma jeunesse le « Deuxième sexe », livre sans doute fondamental puisque sans cesse cité, mais qui m’a laissé, disons, un souvenir très flou, j’étais probablement trop jeune).

« On ne nait pas femme, on le devient », on comprend bien ce que voulait dire Simone de Beauvoir, qui, pour sa part, fut une hétérosexuelle largement assumée : la société impose à la femme un rôle stéréotypé, ce qui n’est pas faux, et cette affirmation a de quoi plaire puisqu’elle cadre bien avec les études sur le genre. Mais on pourrait aussi interpréter cette phrase d'une façon contraire : la femme doit acquérir sa féminité.

Reste que la phrase est fondamentalement idiote. En dehors des rares anomalies congénitales, on nait femme (ou homme) et même si l’on désire changer de sexe, le sexe de naissance et le profil biologique qui lui correspond resteront imprimés dans les cellules malgré une inondation hormonale artificielle. Non seulement on nait femme (ou homme), mais on le reste. Ce qui n’empêche pas d’avoir la liberté ou la contrainte de se comporter comme l’autre sexe et de vouloir en acquérir les attributs.

Alors Mesdames et Messieurs les journalistes, si vous coupiez l’antienne !

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 8 Mars 2018

Le syndrome de JohnnyJe suis d’une ignorance crasse en matière pipolesque. J’avoue aussi que depuis toujours je retiens mal les noms propres, sauf quand il s’agit de noms de maladies lorsqu’elles portent celui du découvreur, ce qui prouve bien que j’étais fait pour la médecine.

Ce préambule est une manière d’excuse car quand j’ai lu dans la presse les noms d’Ashton Kutcher et de Mila Kunis qui forme un couple d’acteurs stars d’Hollywood, donc fort connus, j’ai été atterré d’ignorer jusqu’à leur existence, mais soulagé d’avoir pu vivre sans les connaître.

A présent le mal est réparé : je les connais. Ils ont trouvé une façon efficace de se faire connaître et donc de se faire un peu de publicité, ce qui est toujours bon à prendre quand on a un métier où il préférable de ne pas se faire oublier. Pour avoir leurs bobines dans les journaux, ils ont profité de la querelle intestine qui frappe la famille du défunt Hallyday pour annoncer à qui veut les entendre (et apparemment tout le monde les a entendus) qu’eux aussi comptent déshériter leurs enfants au profit d’œuvres charitables.

Il faut avouer que ce sont des gens responsables et prévoyants malgré leur profession, terrain propice à l’excentricité, car leurs enfants sont aujourd’hui âgés respectivement de 3ans et de 15 mois, bambins privés par ailleurs de cadeaux de noël afin que leur vie ne soit pas trop douce.

Je pense que malgré leur initiative courageuse et bien médiatisée, je ne retiendrai par leurs noms.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 6 Mars 2018

Contre les violences

De Cantat cherchant à se pavaner sur scène, à l'heure où l'on s'élève contre les violences faites aux femmes.

On tremble pour son micro qu'il étrangle d'une seule main.

Il est vrai que "micro" étant du genre masculin, ne risque sans doute rien.

 

Contre les violences

A l'école où certains et certaines préfèrent en rire qu'en pleurer.

C'est amusant le harcèlement ?

L'essentiel est de montrer sa bobine pour la bonne cause et de préférence à son avantage.

Dommage que l'on n'ait pas trouvé un ruban coloré à mettre en évidence et s'accordant avec son teint.

 

Contre les violences

Faites à  la vérité où la chute d'un cache d'ordinateur d'un "journaliste" du Média illustre son indépendance proclamée en faisant PHI de la vraisemblance.

"Plus le mensonge est gros, plus il passe". Cette fois il n'est pas passé, car il était vraiment trop gros. La propagande, ça ne s'improvise pas.

Contre les violences

En Syrie, où l'on assiste à une démonstration un peu trop poussée de déconstruction.

Les entreprises du bâtiment en rêvaient, Bachar l'a fait.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 5 Mars 2018

259. Odeurs et politique

On se souvient de la réflexion d’Edouard Herriot : « La politique, c'est comme l'andouillette, ça doit sentir un peu la merde, mais pas trop. » et de la sortie de Chirac lors d’une diner-débat du RPR en 1991 parlant des populations d’origine africaine : « Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur, eh bien le travailleur français sur le palier devient fou. » 

Et bien un laboratoire de psychologie suédois[1] dont les chercheurs cherchaient un objet de recherche, objectif principal de certains chercheurs, ont soumis 160 personnes à des questionnaires. « Le premier interrogeait leur conception sociale, fiscale et morale, le deuxième recueillait leur avis sur des citations de candidats aux élections présidentielles américaines et le dernier, évaluait leur degré d’aversion envers différentes odeurs humaines. » (Journal international de Médecine).

Au terme de cette étude, un tantinet limitée tout de même, l’équipe suédoise a conclu dans un article paru dans la revue Royal Society Open Science que la répugnance pour les odeurs de sueurs, d’urines, de selles et d’autres du même acabit est corrélée à l’inclinaison pour l'autoritarisme, aux idées de droite et au soutien à Donald Trump, en affirmant que « La chimio-signalisation » était « un système primitif pour réguler le contact interpersonnel et l'évitement des maladies, caractéristiques essentielles de l'autoritarisme ». Les « attitudes sociales » serait ainsi enracinées dans des fonctions sensorielles primitives…

Est-ce à dire que le « peuple de gauche » a le nez bouché ? Car l'éventuelle tolérance aux odeurs "fortes" ne semble pas liée à de mauvaises conditions d'habitat, le "peuple de gauche" ne correspondant plus pour une grande partie à celui de la pauvreté. Par ailleurs la gauche a connu et connait encore une floraison de régimes et de militants autoritaires.

Illustration : Magritte

 

[1] Tullio Liuzza M et coll. : Body odour disgust sensitivity predicts authoritarian attitudes. R. Soc. open sci. 2018 5 171091; DOI: 10.1098/rsos.171091. Published 28 February 2018

 

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 3 Mars 2018

La culpabilité du thermomètreOn sait que la fièvre est officielle que lorsque la température corporelle est mesurée à l’aide d’un thermomètre, de là à penser que c’est le thermomètre qui donne de la fièvre, il n’y a qu’un pas.

Les médias sont les thermomètres d’une société. Dans les sociétés autocratiques il n’y a qu’un seul thermomètre et il ne donne qu’une seule température, celle imposée par le pouvoir. En autocratie, il est prudent que la population fasse semblant d’être en bonne santé et d'admettre que le pouvoir est sain.

Dans les sociétés libres, il existe de multiples thermomètres, ce qui ne veut pas dire que chacun d’eux donne la température exacte et que les thermomètres ne sont pas plus ou moins manipulés pour donner une température qui convient au pouvoir ou à la majorité ou aux idées dominantes. Mais le panel des thermomètres est le plus souvent assez large pour que l’on puisse se faire une idée correcte de la température ambiante.

Depuis quelques temps les thermomètres sont régulièrement accusés de créer la maladie dont on est atteint et de la fièvre qui vous consume.

Mélenchon parle régulièrement du « parti des médias » responsable de tout ce qui ne va pas pour lui. La webtélé « Le Média » qui lui est plus ou moins affiliée voit ses participants partir les uns après les autres (j’avais averti Mélenchon que, Miller, un des responsables de ce média, choisissait toujours le mauvais camp. Voir « un psychanalyste qui parle trop ») et bien sûr « les chefs de file du "Média" se défendent bec et ongles en dénonçant un "lynchage" de la part des médias mainstream » (Huffingtonpost.fr)

Après Fillon qui avait accusé la presse d'avoir révélé le côté argenté mais peu reluisant de sa personnalité, nous avons eu Wauquiez qui, après avoir dit ce qu’il pensait de ses petits camarades à des étudiants, a accusé les médias d'en avoir fait profiter tout le monde, comme on accuse un thermomètre de donner la température exacte ou le messager de la teneur du message. Il est vrai que Wauquiez a surtout accusé le thermomètre d’avoir pris sa température à son insu, ce qui peut s’avérer, en effet, assez désagréable.

Je pense que je ne prends aucun risque en disant que celui ou celle qui utilise sans cesse la malveillance des médias comme seul argument politique a toutes les chances d’être en mauvaise posture.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 2 Mars 2018

La parole est aux organes

Quand on parcourt les médias, il me semble que l’on n’a jamais autant parlé publiquement de sexe qu’aujourd’hui. Bien entendu, le sexe a toujours été présent comme une pièce essentielle de la pensée et des préoccupations humaines, l’être humain étant l'une des rares espèces à pouvoir copuler toute l’année et même quotidiennement dans les périodes fastes. C’est aussi le thème principal des créations artistiques mais dont on ne traitait ouvertement dans le passé que les préliminaires que sont la séduction et l’amour.

Aujourd’hui le sexe est dévoilé au grand jour sur la place publique, indépendamment de la pornographie qui est encore en résidence surveillée bien que totalement ouverte aux visiteurs, et il faut dire que la frontière entre porno et art est aisément franchie notamment dans le cinéma.

La libération de la parole sur les agressions sexuelles a rendu celles-ci omniprésentes dans les journaux en se révélant en rafales, et nous a permis de regarder par le trou de la serrure par le truchement de nombreux récits d’agissements plus ou moins criminels sans qu’aucun détail ne nous soit épargné.

Chacun ou chacune porte en bandoulière son orientation sexuelle et sa préférence pour pouvoir jouir, processus sensible qui me semble être du domaine privé et dont je me fous totalement.

Trois ministres féminines (ex ou en exercice) vont lire la pièce féministe d’Eve Ensler qui a connu et connaît encore un grand succès : « Les monologues du vagin ». Je n'ai ni vu la pièce, ni lu le texte, mais il est sans doute d’un grand intérêt pour lutter contre les violences faites aux femmes. Je dois cependant avouer que j’ai une réticence quant à son titre qui sent trop l’organe et se veut, sans doute volontairement, exhibitionniste.

Pour ma part – mais je ne suis pas ministre - je ne me vois pas lire un texte intitulé « Les causeries autour du pénis » ou « Les rêveries du trou du cul ». Il faut croire qu’il me reste un ridicule reliquat de pudeur ou que nombre de femmes en ont moins.

Courbet : "Le sommeil"

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Rédigé par Dr WO

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